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N° 343
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Youssef Ziraoui

“Le sexe intéresse les lecteurs marocains”

Driss Chahtane, Directeur
de publication d’Al Michaâl
(AIC PRESS)

Antécédents

1972. Naissance à Fès.
2000. DESA en Sciences de la psychologie à l’université de Fès.
2003. Diplômé de l’Institut supérieur de journalisme de Casablanca.
2005. Fonde l'hebdomadaire arabophone Al Michaâl.
2006. Est condamné à un an de prison avec sursis pour avoir publié une caricature du président algérien Abdelaziz Bouteflika.

Smyet Bak ?
Ali Chahtane.

Smyet mok ?
Tamou Zerouali.

Nimirou d’la carte ?
C4 84713.

Depuis la création de votre hebdomadaire, vous êtes régulièrement convoqué par la police. Vous avez pris un abonnement ?
(Rires) Non, pas du tout. Je fais mon travail le plus simplement du monde. Effectivement, de temps à autre, nous subissons quelques tracasseries. Je compte pas moins de cinq convocations chez la police.

À quelles occasions ?
Quand nous avons publié des photos de la princesse Lalla Hasna avec ses enfants, en 2007, ou lorsque nous avons réalisé une caricature du président algérien Abdelaziz Bouteflika.

Qu’y avait-il donc sur cette caricature ?
Il s'agissait d'un dessin de Bouteflika, pantalon baissé, à côté de la tombe de Hassan II.

C’est tout de même osé... À propos, qui a tué Hassan II ?
Dieu.

Il faudrait savoir. Dans la dernière livraison d’Al Michaâl, vous écriviez que le défunt roi aurait été assassiné…
Effectivement. Mais, nous n’avons pas cautionné cette information. Nous nous sommes contentés de la rapporter.

Sérieusement, Si Chahtane, quel est le degré de crédibilité de cette “information” ?
Cette information nous a été rapportée, nous l’avons relayée, tout en émettant des réserves quant à sa crédibilité.

À force d’en rajouter, vous n’avez pas peur que le Michâal (littéralement le flambeau) ne s’éteigne ?
Une autre génération reprendra le flambeau.

Et comment se porte-il aujourd’hui ?
Ça marche plutôt bien. Nous diffusons plus de 20 000 exemplaires par semaine, et nous en vendons près de 14 000.

Que répondez-vous à ceux qui vous qualifient de “presse de caniveau” ?
Je réponds qu’il faut continuer à faire notre métier. Avec du recul, on remarque que les dossiers “lourds”, qui prennent du temps à la réalisation, ne se vendent pas beaucoup. Les sujets jugés plus légers intéressent plus les gens.

Quels sont donc, d'après vous, ces sujets “vendeurs” ?
Les sujets de société, comme la prostitution, ou le sexe. En règle générale, le sexe intéresse le lecteur marocain.

Encore en 1èreannée en école de journalisme, vous avez tenté de lancer un journal. Vous êtes un rapide…
Il s’agissait d’un journal interne, diffusé au niveau de l'Institut. Le premier numéro a été une réussite. C’est pour ça qu’une fois diplômé, j’ai préféré créer ma propre publication, plutôt que travailler sous les ordres de quelqu’un.

Revenons aux morts célèbres. Qui a tué Ben Barka ?
On est sur le coup. C’est un dossier que nous envisageons de publier.

Et pour Kennedy, vous avez une petite idée ?
(Rires) Non, comme vous le savez, Kennedy n’est pas marocain.

Comment vous débrouillez-vous pour dénicher ce type d’infos ? Vous avez des espions un peu partout ?
Comme chaque rédaction, nous avons un réseau qui nous renseigne, et nous tentons de l’étoffer.

Vous avez déjà infiltré la police marocaine, voire internationale ?
Non. Mais nous y travaillons.

Quelle est votre définition du scoop ?
C’est un sujet surprenant, voire choquant, et de préférence jamais diffusé.

Vous n’en auriez pas un sous la main ?
(Rires) Non, désolé.

Vous êtes un journaliste beldi ?
Mi-beldi mi-roumi, noss-noss en fait.

Si vous n’aviez pas été journaliste, quel aurait été votre métier ?
J’aurais fait de la télé, mais toujours en tant que journaliste. J’aurais aimé animer une émission sur les sujets de société, comme le sexe, le statut de la femme, la psychologie des grandes personnalités de notre pays...

Vous n’auriez pas aimé faire du cinéma ?
Non, pourquoi ?

Parce que vous portez les mêmes costumes que Tony Montana, dans Scarface…
(Rires) C’est la première fois qu’on me la sort, celle-là.

Entre nous, ces costumes, vous les achetez où ?
Je ne fais de pub pour personne. Disons que c’est une marque espagnole plutôt connue !

 
 
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