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Par Samir Achehbar
USFP. Les enjeux dun congrès
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Abdelouahed Radi, Fathallah
Oualalou et Mohamed Elyazghi.
(TNIOUNI)
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Les héritiers de Abderrahim Bouabid sapprêtent à désigner un successeur à Mohamed Elyazghi. Avec lobjectif de réunifier enfin leurs rangs. Y parviendront-ils ?
Cest lors de la deuxième semaine de novembre que les socialistes se réunissent à Skhirat pour boucler le deuxième round dun huitième congrès qui a débouché sur un blocage sans précédent. L'enjeu : définir l'avenir de l'USFP et, surtout, désigner une nouvelle direction et un successeur à Mohamed Elyazghi, poussé vers la sortie depuis le putsch de début décembre 2007.
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Lhomme malade
Du 13 au 15 juin dernier, les socialistes avaient tenu un huitième congrès qui sest terminé en eau de boudin. Les congressistes navaient même pas entamé les discussions sur les questions organisationnelles que les jeux étaient déjà faits. Le mode de scrutin de liste, ayant fait lobjet dun consensus de la direction sortante, na pu être adopté pour raison de graves divergences entre les différents clans. Un précédent dans lhistoire du parti, laminé, mais qui garde son poids dans léchiquier politique national. Décision fut donc prise de tenir un deuxième round en novembre, le temps de tout remettre à plat par le biais dun conseil national, sorte de Parlement du parti. Au fil des réunions de ce conseil fut alors abandonné le scrutin de liste : l'élection du premier secrétaire et du bureau politique se feront directement par les congressistes. Car, si trois sérieux candidats (Abdelouahed Radi, Habib El Malki et Fathallah Oualalou) étaient partis avec les chances qui étaient les leurs, les prétentions dun Jamal Rhmani, dun Ahmed Réda Chami ou dun Driss Lachgar avaient fini par redistribuer les cartes. En coulisses, le soutien, de fait ou prétendu comme tel, de Mohamed Elyazghi à tel ou tel autre candidat a également contribué à brouiller les pistes. Léternel second, comme le surnomme un cercle restreint de socialistes, continuait à tirer les ficelles, se payant même le luxe de lire une allocution où il épinglait ceux qui furent les siens. Driss Lachgar en premier, ainsi que dautres membres du Politburo sortant. A la décision de reporter le congrès, cest plutôt ce dernier qui jubilait. Et l'abandon du scrutin de liste arrange manifestement ses ambitions.
Retour à lancien mode
Le conseil national, après moult conciliabules, décida donc de revenir aux anciennes modalités. Sauf quau lieu délire le conseil national puis le bureau politique qui, à son tour, désigne le premier secrétaire, les congressistes voteront directement pour le choix de leur dirigeant et du reste des membres de la direction. Cela reviendrait à donner la même légitimité pour tous au moment où, pour le scrutin de liste, il suffisait que Mohamed Elyazghi, par exemple, appelle à rallier lun des camps ou clans pour faire pencher la balance en sa faveur, explique un membre du conseil national, qui a eu à travailler aux côtés de feu Mohamed Benyahia, président de la commission préparatoire. Exit donc les listes et place à la concurrence (loyale ?) entre divers candidats, déjà déclarés ou qui le seraient le jour J. Mais, sauf surprise de dernière minute, les dés sont déjà jetés. Les principaux candidats sont toujours en lice même si, en coulisses, on évoque des arrangements entre les membres de la direction sortante, de manière à préserver les pouvoirs en place. Mohamed Elyazghi fait, et fera, tout pour que ne soit pas remise en cause la participation de lUSFP au gouvernement El Fassi. Sinon, cela reviendrait à lui infliger, ainsi quaux autres cadors de l'USFP, un sérieux désaveu politique, indique ce membre de la direction sortante. Car lépouvantail dun retrait du gouvernement a été agité, de manière persistante, par certains membres du bureau politique
surtout ceux qui nont pas trop de plumes à y laisser. C'est notamment le cas de Driss Lachgar, qui a multiplié les signes d'apaisement envers Abdelilah Benkirane, nouvel homme fort du PJD.
Inquiétudes en haut lieu
Et pour cause : au lendemain de la formation du gouvernement El Fassi, des voix socialistes sétaient élevées pour appeler à un retour de lUSFP à lopposition aux côtés
du PJD et du Mouvement populaire. Dailleurs, les socialistes avaient mené la vie dure au gouvernement mené par lIstiqlal, et notamment à Salaheddine Mezouar à loccasion de lexamen de la Loi de Finances 2008. Au point que la direction socialiste avait fini par émettre un communiqué optant pour un soutien critique
au gouvernement dont elle constitue pourtant lossature ! Après léchec et cen était un du premier round du 8ème congrès national, même Mohammed VI aurait manifesté son inquiétude quant à la crise que traverse l'USFP. Et même si rien ne perturbe son légendaire mutisme, Abderrahmane Youssoufi aurait été convié par le roi (lors des funérailles de Mohamed Benyahia et Lahbib Fourkani) à intervenir pour mettre de lordre dans la maison socialiste.
Aujourdhui, comme l'affirme une source interne, les choses seraient rentrées dans lordre et une sorte de partage des pouvoirs aurait été déjà convenue entre les éléphants de lUSFP pour réussir La grand-messe de la deuxième semaine de novembre. Gêné par la tournure des événements chez son petit frère, même le parti de lIstiqlal a décidé de reporter son propre congrès national au 9 janvier 2009. Quant à lalliance de la gauche, qui devait déboucher sur la constitution d'un pôle (en guise de réplique à la boulimie dEl Himma rassembleur à tout bout de champ), elle a également été mise en veilleuse.
De toutes les manières, lUSFP est appelée à bien négocier le virage de son congrès, notamment après les piètres résultats des dernières élections partielles (19 et 21 septembre), et attaquer, en rangs serrés, les élections communales du 12 juin 2009. Une urgence renforcée par lalliance, pour les mêmes objectifs, du Parti authenticité et modernité (PAM) et du Rassemblement national des indépendants (RNI), et à laquelle pourraient bien se rallier les deux autres grosses pointures du pôle libéral : l'Union constitutionnelle et le Mouvement populaire. C'est dire si les enjeux de ce second round dépassent le partage du pouvoir au sein de l'USFP : de ses résultats peut dépendre même la (nouvelle) cartographie politique du royaume. |
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Mimétisme. Radi et El Himma, même combat ?
Quelques jours avant louverture du huitième congrès, en juin dernier, Abdelouahed Radi avait surpris son monde, et le commun des observateurs de la chose politique nationale, en annonçant quil demandera à être déchargé de ses fonctions de ministre de la Justice au cas où il prendrait les rênes de lUSFP. Lannonce, relayée par la MAP, avait fait grincer des dents ses challengers, surtout que lhomme semblait vouloir faire oublier son débarquement de la vice-présidence de lUSFP, début décembre 2007. Les socialistes, et pas seulement eux, navaient pu sempêcher de faire un parallèle entre la démarche de lactuel Garde des sceaux national et celle de Fouad Ali El Himma, quand ce dernier avait abandonné (avec l'aval du roi), juste avant les législatives du 7 septembre 2007, son fauteuil de ministre délégué à lIntérieur pour servir son pays autrement. Avec les résultats que lon sait. Selon son entourage, Abdelouahed Radi, le plus ancien des élus de la nation, tient toujours à son deal. Mais surtout à prendre la direction de lUSFP. On ne sait jamais : peut-être quil lui serait possible, en 2012, de rivaliser avec le député des Rhamna pour le poste de Premier ministre au nom de la fameuse méthodologie démocratique. À moins quun changement de cap nintervienne et que soit renvoyé le cabinet El Fassi, qui entame une difficile deuxième année dexercice. |
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