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Peine de mort. Demain l'abolition ?
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Tendance. Icônes à la marocaine
Analyse. Arabes, êtes-vous mabouls ?
Algérie. Bouteflika, jamais deux sans trois ?
Logement. Des villas pas si économiques
Peinture. Visions d'Amérique
Littérature. La preuve, sans le miel
N° 343
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

Miloud Labied
(TNIOUNI)

Hommage. Noir et blanc


Auprès des Gharbaoui, Kacimi et Cherkaoui, il a donné aux arts plastiques du royaume leurs lettres de noblesse. À 69 ans, Miloud Labied s’en est allé, emporté par un cancer de la gorge fulgurant. C’est sous la férule de Jacqueline Brodskis, dans les années 50, que l’ex-môme de Oulad Youssef, près de Kelaât Sraghna, s’était initié à l’art figuratif, avant de s’embarquer dans une quête plus personnelle de la contemporanéité. Personnelle et même intime, au point d’être
marquée par des souvenirs d’enfance telle que la nudité de son père, aperçue un jour de pluie, alors que Miloud s’abritait sous un brasero, ce qui inspirera nombre de rondeurs et formes circulaires de son travail. “Chaque œuvre révélait une multiplicité de tableaux, explique le critique d’art Aziz Daki. Il aimait le mot chercheur”. Un chercheur de mieux en mieux coté ces derniers temps (depuis sa maladie ?) dont certaines pièces ont fait grimper les enchères “jusqu’à 500 000 dirhams”, poursuit Aziz Daki, qui retient le souvenir d’un artiste “désintéressé”. Chineur et collectionneur passionné d’estampes et lithographies, il réussit, il y a trois ans, à les rassembler dans une Fondation à son nom qui lui tenait à cœur. Sise en rase campagne – Tafroukt Assif El Mal, province de Chichaoua – et riche d’une quarantaine d’œuvres, dont certaines signées Dali, Hartung, Chagall, Buffet ou Calvo, son avenir est désormais incertain, craint Aziz Daki. “De même que le projet de faire un livre à partir des peintures naïves de sa mère Radia, mené avec la Fondation Edmond Amran Elmaleh. Trois jours avant sa mort, on lui avait présenté la maquette”.


Sortie. Robot, ce héros

Wall-E est bien solitaire sur une Terre transformée en décharge : les êtres humains, eux, sont en “voyage organisé” dans l’espace en attendant de retrouver une planète propre… Ce n’est pas pour autant qu’il se tourne les pouces rouillés. Programmé pour nettoyer les déchets de l’humanité, Wall-E a le cœur bien huilé : seul survivant dans sa petite conscience de tas de ferraille, il se prend d’amitié pour un petit cafard, qu’il recueille dans ses fouilles de ruines humaines, en plus d’une cassette de comédie musicale qu’il regarde en espérant trouver l’âme sœur. Les studios Pixar, maîtres incontestés ès comédies cultes animées (Le Monde de Nemo, 1001 pattes, Monsters & Co…) se surpassent à nouveau avec cette jubilation romantique et anticonsumériste, grand pas de petit robot dans l’univers de la 3D. Le tout, dans la délicate prouesse d’un silence quasi total. Un concentré d’émotion beau, inventif et envoûtant, même si la magie se dissipe un peu au fil du film.

Wall-E, au mégarama.



Disparition. Adieu, Depardieu

Sa mort a ressemblé à sa vie : fulgurante. Emporté par une violente pneumonie contractée lors de son dernier tournage en Roumanie, Guillaume Depardieu, 37 ans, fils d’un père aussi imposant qu’absent, a toujours brûlé l’existence par les deux bouts. Drogue, alcool, prostitution, coups d’éclat, accidents et maladie resteront associés à ce rebelle sulfureux et écorché vif, mais aussi talentueux acteur, qui laisse derrière lui une filmographie inégale mais diablement personnelle. Plus que jamais, ces derniers temps, la révélation des Apprentis (de Pierre Salvadori) semblait tutoyer un état de grâce (De la guerre, de Bertrand Bonello, Versailles, de Pierre Schoeller). Salut l’artiste.


Livre. Homme d’intérieur

Voici venu le nouveau roman de Siham Benchekroun. Auteur du best-seller made in Morocco Oser vivre, ce médecin de formation livre avec Chama une intrusion plutôt réussie dans le corps et l'âme d'un quasi-quadra marocain, qui écume aventures sans lendemain et relations “libres”. Une liberté qui se voit piégée dans l'amour de son amante “officielle”, qui le quitte, du jour au lendemain : la narration prend place, s’enchaînant accusations et descriptions désespérées d'un homme meurtri. Un livre où la sensibilité féminine de l’auteur et les questionnements humains de son protagoniste se confondent, en toute subtilité.


Nostalgie. Vigon à vie

Il a refait surface au dernier festival Jazzablanca, mais il y a mieux encore : le label Barclay (Universal) vient de rééditer un album contenant les meilleurs titres du chanteur soul marocain des sixties. The End Of Vigon, disponible en versions vinyle “Back to Black” et CD Vintage “Vinyl Replica”, ce sont douze morceaux mythiques dépoussiérés, dont des reprises de Bob & Earl, Ray Charles ou encore Bo Diddley. L’occasion pour les nouvelles générations de découvrir ce soulman rbati au look dandy et au parcours atypique. Jeune marchand de légumes, c’est en travaillant sur les bases militaires américaines de Kénitra et Sidi Slimane que Vigon s’éprend du Rythm n’ Blues. Installé en France à partir de 1964, il rejoint le groupe The Lemons, avec lequel il vit ses plus belles heures de gloire, s’offrant les premières parties de Stevie Wonder, Otis Redding, les Who ou les Rolling Stones. Après deux décennies de retour assagi au pays, où il jouera dans un hôtel d’Agadir, Vigon se produit toujours dans les clubs de Paname.


Conf-expo. Abdelaziz pour les intimes

Moulay Abdelaziz, jeune sultan imberbe décrié pour son oisiveté, était en fait aussi passionné de modernité qu’indifférent aux choses de l’état. Ainsi le dépeint, en 1905, son photographe et confident Gabriel Veyre. Pharmacien de formation et opérateur des Frères Lumière, devenu précepteur artistique d’un jeune souverain curieux de trichromie et de cinéma, il ne le quittera pas sept ans durant, écrivant, d’une plume légère mais bien informée, ses caprices comme ses doutes. Plus d’un siècle après sa sortie, Dans l’intimité du sultan, précieux témoignage depuis longtemps épuisé, est aujourd’hui réédité aux éditions Afrique Orient et préfacé par l’historien Mostafa Bouaziz. Arrière-petite-fille de Gabriel Veyre, Monique Mourez en parle au milieu des photos de ce “Lawrence d’Arabie” du royaume, où il fut enterré en 1934.

Mardi 21 octobre, 19h à l’IF de Casa.



Théâtre. Il sont deux

Un vrai travail entre écrivain et metteur en scène : telle est l’ambition de Driss Ksikes et Jaouad Essounani avec Houwa/Il. Ecrite par le premier, la pièce s’est imprégnée de l’expérience du second, metteur en scène résident au Royal Court Theatre (RTC) de Londres, où il a été sélectionné, grâce à Hassan Lekcliché, pour être lu durant une semaine. Houwa/Il sera présentée par la troupe Dabatheâtr’, à laquelle se greffe la comédienne Amale Ayouch. “La pièce porte le titre d’un absent-omniprésent, Il. Les personnages, dits “uterriens”, portent en eux les traces de leur passage éphémère par l’utérus de la terre”, explique l’auteur, mystérieux.

Jeudi 30 octobre, salle Bahnini à Rabat ; mardi 4 novembre, salle Touria Sekkat à Casablanca.



Festival. Doc, doc, chouf chkoun

Fida Doc’Souss, c’est pour bientôt. A deux semaines du premier festival international du film documentaire d’Agadir, du 4 au 8 novembre, deux films ont filtré de l’affiche : Nos lieux interdits, plongée dans la catharsis mémorielle de l’Instance équité et réconciliation signée Leïla Kilani, et premier docu coproduit par le Centre cinématographique marocain. Mais aussi A road to Macca : The Journey of Mohammad Asad, de l’Autrichien George Misch, d’après l’autobiographie de Leopold Weiss, juif orthodoxe du début du 20ème siècle converti à l’islam, dont il devint l’un des grands penseurs modernes. Chine, Iran, Inde, Russie, Turquie, Palestine, Afrique et Amérique latine sont autant d’autres destinations offertes par Fida Doc’Souss, qui tiendra également un atelier d’écriture documentaire pour une dizaine d’étudiants.


Lyrique. Skallismahan

Emballée par le succès dans les pays arabes de la série télé sur la vie tragique d’Ismahan, le Festival de la musique arabe a choisi de faire revivre la jeune icône syrienne à l’Opéra du Caire, incarnée par Karima Skalli. Dans cette opérette signée Jihane Morsi, qui a déjà mis en scène la vie de Mohamed Abdelwahab et de Laïla Mourad, la chanteuse lyrique marocaine sera accompagnée de Mohamed Tharwat, dans le rôle de Farid Al Atrach. La représentation, en ouverture de la 17ème édition du Festival du 1er au 10 novembre, suivra de peu la soirée musicale du 26 octobre au Théâtre de Los Angeles, où Karima Skalli rejoindra l’Orchestre symphonique international MiTSO dirigé par le Palestinien Nabil Azzam, pour chanter de grandes œuvres égyptiennes.



Humeur.
Eyes wide shut

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Les âmes sensibles qui trouvent que le stupre et la fornication ont envahi les lieux nocturnes au Maroc ne devraient pas être aussi formalistes. Le passage à l’acte entre filles et garçons, après la sortie du samedi soir, n’est pas inquiétant en soi. Ce n’est que de la mécanique des corps, ne remettant pas en cause le bon fond du ould ennass et de la bent ennass qui sommeille dans l’âme de ces fêtards, à leur insu. Oui, chacun se mariera en temps et heure avec une personne du sexe opposé. Le vrai danger est de fantasmer sur les êtres troubles. Exemple par l’image saisie, un vendredi soir, dans un pub branché de Casablanca. Un homme fait le paon pour charmer une fille. Elle minaude, maîtrise le sujet, se prépare à l’invitation à dîner le lendemain, juste pour souligner qu’elle ne couche pas le premier soir, puisque ça fait déclassé. Une danseuse professionnelle payée par le pub apparaît, drague sans fausse pudeur la brunette. L’homme saisit le trouble dans l’œil de la fille, et surtout, l’œillade assassine de la ballerine lesbienne qui lui dit : “Je te la vole quand je veux.” Elle ne le fit pas, magnanime, sûre de sa victoire. Demain, l’homme dînera avec sa proie, s’ensuivra une fin téléphonée. La brunette rêvera être dans les bras d’une femme. Lui, voudra être spectateur de leurs ébats. Le sexe faible est une légende urbaine...



Le roi lire
Il était temps ! Inaugurée mercredi par Mohammed VI, la Bibliothèque nationale de Rabat ouvre enfin ses portes. A deux pas du terrain du Fath et de la fac de Lettres, à vous plus de 300 000 ouvrages gardés dans un écrin de 20 000 m2 signé par l’architecte Rachid Andaloussi, avec auditorium, cyber-médiathèque et espace pour non-voyants.


Patriot rap
Colonel, rappeur installé aux Etats-Unis, sort son premier clip. Est-ce le fait d’être de l’autre côté de l’Atlantique ? “Ana L’Maghribi”, featuring le chanteur raï Samy, est, ô surprise ! un hymne patriotique brassant images de la Marche Verte et de Hicham El Guerrouj. Bien réalisé, mais pas très original. myspace.com/akaalfaress


Un oscarisé à Marrakech
C'est finalement le réalisateur américain Barry Levinson qui sera le président du jury de la prochaine édition du Festival international du film de Marrakech, qui se tient du 14 au 28 novembre. Ce cinéaste a signé plusieurs films à succès, comme Rain Man, pour lequel il a d'ailleurs reçu l’Oscar du meilleur film en 1989.

 
 
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