Politique. Le western de la rentrée
Peine de mort. Demain l'abolition ?
USFP. Les enjeux d'un congrès
Tendance. Icônes à la marocaine
Analyse. Arabes, êtes-vous mabouls ?
Algérie. Bouteflika, jamais deux sans trois ?
Logement. Des villas pas si économiques
Peinture. Visions d'Amérique
Littérature. La preuve, sans le miel
N° 343
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine

Selon un dernier bilan officiel,
les pluies diluviennes ont
fait quatorze morts.
(DR)

Inondations. On fait les comptes

Quatorze morts. C’est le triste bilan (officiel) des inondations qui ont touché le pays récemment. Les deux dernières victimes en date (deux enfants) ont succombé à leurs blessures, après l’effondrement du toit de leur maison à Errachidia. La raison ? Des précipitations sept à huit fois supérieures aux normales saisonnières, selon les services météorologiques. Ces trombes d’eau ininterrompues ont causé des pertes humaines et des dégâts matériels à travers tout le pays. Imintanout (Sud), Missour (Centre Est) et Nador (Nord) sont les régions
les plus touchées. Mais ce bilan n’est que provisoire. Il risque fort de s’alourdir dans les jours à venir. Et pour cause : “Certaines zones reculées sont toujours coupées du monde, affirme un militant associatif à Missour. Il faudra attendre la décrue pour dresser une situation définitive”. Dimanche 12 octobre, sur ordre express de Mohammed VI, le ministre de l’Intérieur, Chakib Benmoussa, a convoqué une réunion de crise à laquelle ont participé de nombreux ministres et responsables sécuritaires. Objectif : évaluer les dégâts et mettre en place un plan d’urgence destiné aux zones sinistrées. Alors que les secours promis traînent toujours les pieds, la gronde ne cesse d’enfler. Un peu partout dans le pays, des manifestations spontanées ont lieu. À Nador, près de 3000 personnes sont descendues dans les rues, s’attaquant aux locaux de l’administration. “Nous payons des impôts comme tout le monde, mais nous sommes les laissés pour compte du Maroc. Les infrastructures de base sont inexistantes dans notre région. Où va notre argent ?”, s’interroge une source locale.


Mur de sable. Mesdames et messieurs, le roi

Le bruit court que le roi Mohammed VI aurait l’intention d’entreprendre une tournée dans les provinces du sud. Une visite à Dakhla serait au programme, mais aussi au Mur de sable, dans ce qui pourrait être une grande première depuis l’avènement du nouveau règne. L’information, que l’on doit à des sources locales dans le sud, n’a pour l’instant pas été confirmée. Des sources fiables soutiennent, toutefois, “qu’un tel déplacement (pour lequel aucune date n’a été retenue) ne saurait être une surprise, puisqu’il était déjà programmé durant l’été 2008, avant d’être repoussé à une date ultérieure”. À suivre, donc.


Un million de cartables. Al Adl critique

La Jamaâ de Abdeslam Yassine est montée au créneau sur son site Internet, pour dénoncer l’opération Un million de cartables, lancée par le roi le 20 août dernier. “Ayant été conçue dans une perspective trompeuse, cette opération se veut réductrice de la crise”, peut-on lire sur aljamaa.org. “Tous les enfants concernés dans les communes choisies n’ont pas pu bénéficier de l’opération. Par conséquent, le début de l’année scolaire a été retardé”. Al Adl Wal Ihsane a saisi l’occasion pour dénoncer la situation générale de l’enseignement public au Maroc, pointant du doigt le “manque d’enseignants, de cadres et de moyens éducatifs”.


Maroc/Europe. ça rime !

C’est fait : le Maroc s’arrime à l’Europe. Lundi 13 octobre, l’Union Européenne a octroyé au royaume le statut avancé qu’il espérait depuis près de huit ans. Sur le plan politique, ce statut prévoit l’organisation de sommets réguliers UE-Maroc et un accord cadre pour la participation aux opérations européennes de gestion de crises. Au plan économique, le statut avancé inclut la mise en place d’un espace commun s’inspirant des règles qui régissent l’espace économique européen (l’UE, plus quatre autres pays), ce qui devrait passer par la négociation d’un accord de libre-échange dont le calendrier n’est pas encore fixé. Sur un point seulement, le nouveau statut reste très timide : la gestion des flux migratoires. Mais de ce côté-ci de la Méditerranée, on ne cache pas sa satisfaction. “Cet engagement européen sur le statut avancé est d’abord le témoignage d’une confiance dans l’effort du Maroc en termes de réformes politiques, de consolidation de l’Etat de droit, de réformes économiques…”, s’est félicité le ministre des Affaires étrangères, Taïeb Fassi Fihri.


Sport. Johnny concurrence Majidi

Une académie de football devrait bientôt voir le jour à Marrakech. À l’instar de celle lancée le 14 mai dernier par Mohammed VI et pilotée par son secrétaire particulier, Mounir Majidi, elle sera destinée à la formation de nouveaux talents. “L’académie pourrait même accueillir de grands clubs internationaux pour des stages d’entraînement”, nous a déclaré Omar Jazouli, maire de la cité ocre. Le projet, présenté début octobre au wali de Marrakech par le richissime homme d’affaires Jean-Claude Darmon et le chanteur Johnny Hallyday, nécessitera un investissement global de 600 millions de dirhams. En plus de l’école, un hôtel 5 étoiles et des logements touristiques prendront place sur un terrain de 100 hectares dans la périphérie de Marrakech.


Diplômés chômeurs. La rentrée pour eux aussi

à l’ouverture de la session parlementaire, la plupart des services de sécurité ont été mis à contribution pour assurer la sécurité du roi. La circulation sur l’avenue Mohammed V a bien sûr été coupée. Et, selon plusieurs témoins, des dizaines de diplômés chômeurs auraient été enfermés, pour prévenir tout risque de débordement. Le lundi suivant, les diplômés chômeurs ont néanmoins repris leurs sit-in devant le Parlement, exaspérant les forces de l’ordre qui, dans un scénario désormais habituel aux abords de l’hémicycle, ont chargé la foule. Plus de 3000 diplômés chômeurs sont actuellement recensés sur les listes de la primature. 1100 se sont vu offrir, au courant de l’année, un poste au ministère de l’Education nationale. Mais les rangs se reconstituent…



3 questions à Noureddine Saïl
[Vice-président délégué du Festival International du Film de Marrakech]


Le comité d’organisation du Festival a tardé à communiquer sur la 8ème édition, qui se tiendra du 14 au 22 novembre prochain. Comment expliquez-vous cela ?
Contrairement aux rumeurs, nous n’avons pas de problèmes de budget. C’est seulement une question de timing. Nous devions tout d’abord attendre d’avoir les dates d’autres festivals, pour fixer les nôtres, pour éviter tout chevauchement. De plus, cette année, nous avons visionné beaucoup plus de films que lors des éditions précédentes, ce qui explique le retard.

Pourquoi les films des grands réalisateurs ne sont jamais en compétition lors du Festival ?
Les grands cinéastes tels que Coppola ou Scorsese ne mettent plus leurs films en compétition, et ce, quel que soit le pays. Il suffit de faire le tour des plus grands festivals pour s’en rendre compte. Mais nous projetons très souvent leurs films, et mettons tout en oeuvre pour les inviter au Festival. Cette année par exemple, c’est Barry Levinson qui présidera notre jury.

Pensez-vous que le Festival a réussi à se forger une identité au fil des éditions ?
C’est vrai que lorsqu’on se retrouve dans la cour des grands festivals, il n’est pas facile de se démarquer. Mais nous sommes en train de nous construire une identité propre, en faisant le choix de présenter des films qui ont un regard étrange, voire surréaliste, sur le monde. Nous donnons plus d’importance au regard des cinéastes qu’à l’objet regardé. Ce qui n’est pas le cas de tous les festivals.


El Himma. J’adore les femmes

Alors que Abbas El Fassi a déjà affirmé qu’il défendrait l’idée d’un quota de 30% aux élections communales de 2009, Mohammed VI a lui aussi tenu à marquer, lors de la séance d’ouverture du Parlement, son soutien à la cause féminine au cours d’une séance-photo avec les dames de l’hémicycle. Quelques instants auparavant, Fouad Ali El Himma s’est lui aussi livré à une petite opération séduction. Après une entrée triomphale dans l’enceinte du Parlement, il s’est naturellement dirigé vers le “coin des femmes”. En réponse à un député amusé qui l’interpellait sur son “bon choix”, il a répondu tout sourire : “C’est la place que j’ai toujours préférée”.


Mercato. Le PAM fait son marché

Vendredi 10 octobre, le Parlement faisait sa rentrée officielle. À l’occasion de son discours devant les députés et les conseillers, le roi a insisté sur la priorité accordée à la lutte contre la corruption ainsi qu’à la réactivation du Conseil économique et social, organe constitutionnel en jachère depuis plus de dix ans. Une fois l’ouragan royal passé, les parlementaires sont revenus à leurs petites tractations. Comme chaque année, les principaux groupes parlementaires doivent se partager les six présidences de commission et les huit postes de vice-président de la Chambre des représentants. Cette semaine, les débats ont été très animés entre l’USFP et le MP. Le parti de la rose s’est plaint que trois députés de la Haraka soient aussi sur la liste du nouveau groupe parlementaire réunissant le PAM et le RNI, le bien nommé “Rassemblement et modernité”. Rappelés à l’ordre par le président de la chambre basse, Mustapha Mansouri, les députés en question ont été priés de trancher. Comme de juste, ils ont opté pour le groupe de Fouad Ali El Himma qui, avec plus de 80 députés, a pu obtenir la commission de son choix, à savoir celle de l’Intérieur et de la décentralisation, présidée par Najib El Ouazzani.


Héritage. Féministes vs islamistes

La députée PJDiste Bassima Hakkoui a fait une sortie remarquée sur les ondes d’Atlantic Radio cette semaine. Pour l’élue islamiste, les associations féministes qui militent pour l’ijtihad en matière d’héritage “veulent déclencher la fitna ( le chaos)”. Réaction du côté de la Ligue démocratique pour les droits des femmes (LDDF) : “Nous sommes habitués à de tels discours. Les recommandations que nous comptons présenter au gouvernement ne concernent que la question du Attaâssib, c'est-à-dire quand une famille n’a comme héritiers que des filles”, nous a déclaré une dirigeante de la LDDF. Et de conclure : “Nous estimons que les filles doivent pouvoir hériter de la totalité des biens de leurs parents, et non passer après les héritiers mâles”.


Droits d’auteur. Najat, as du barreau

La “Lionne de l’Atlas” a encore rugi. Najat Atabou vient de gagner un procès contre les fromageries Bel, qui ont repris (sans son consentement), dans un spot publicitaire, l’un de ses airs les plus célèbres : “Aha, aha, aha al adama”. Suite au jugement prononcé par le Tribunal de Casablanca, le spot se voit ainsi provisoirement interdit de diffusion sur 2M, et bientôt sur Al Aoula, en attendant un procès pour dommages et intérêts. La chanteuse de chaâbi n’en est pas à son coup d’essai : elle avait déjà remporté une bataille juridique contre les Chemical Brothers (excusez du peu !), qui avaient illégalement utilisé un sample de la fameuse Hadi Kedba Bayna dans l’une de leurs productions. Quand on sait que Najat Atabou a toujours rêvé d’être avocate, on comprend mieux…


Al Qaïda. Le numéro 2 était marocain

Le 5 octobre 2008, une opération de la coalition à Moussoul, bastion d’Al Qaïda, a provoqué la mort de cinq terroristes. Parmi eux, Abou Qaswara, un Marocain de 43 ans, décédé en actionnant une ceinture d’explosifs après l’assaut. Présenté comme le numéro 2 d’Al Qaïda en Irak, Abou Qaswara s’était formé en Afghanistan avant de rejoindre l’Irak où il prenait en charge “les terroristes étrangers”, selon l’armée américaine. Il est aussi connu pour sa proximité avec Abou Moussab al Zarqaoui, tué en juin 2006. Sa mort “va réduire de manière significative les opérations d’Al Qaïda à Mossoul et dans le nord de l’Irak, avec un réseau sans leader pour superviser et coordonner les opérations dans la région”, a indiqué le commandement militaire américain.


Statistiques. Femmes actuelles

De plus en plus indépendante, de moins en moins d’enfants… c’est le profil de la femme marocaine dressé par le Haut commissariat au plan à l’occasion de la Journée nationale de la femme, célébrée le 10 octobre. 65% des femmes âgées de 20 à 24 ans vivent seules en 2007, contre 46,8% en 1987, selon les statistiques du département d’Ahmed Lahlimi. Sur la même période, l’âge moyen au premier mariage est passé de 23,4 ans à 27,2 ans pour la gent féminine. Bonne nouvelle, l’espérance de vie a considérablement augmenté, passant de 66,4 ans à 73,7 ans. Enfin, transition démographique oblige, les femmes ont de moins en moins d’enfants : 2,33 aujourd’hui, contre 4,5 vingt ans plus tôt.


Alerte. Journalistes sous la menace

Abdelhamid Jmahri et Mohamed Belboudali, respectivement rédacteur en chef et journaliste d’Al Ittihad Al Ichtiraki, ont été menacés de mort par téléphone le 4 octobre 2008. Joint par TelQuel, Abdelhamid Jmahri, visiblement très affecté par cette affaire, nous a déclaré : “Nous avons reçu des appels et des SMS très inquiétants. Le nombre et les noms des membres de nos familles ont été mentionnés avec exactitude”. Et d’ajouter : “Cela faisait suite à nos articles dénonçant la fraude des élections partielles de septembre”. Le Syndicat national de la presse marocaine (SNMP) a aussitôt condamné cet évènement à travers un communiqué officiel. “Nous préparons pour bientôt une grande campagne médiatique de protection des journalistes”, nous a déclaré Younes Moujahid, président du SNMP.


Foot. Le Maroc prend Laporte

Le secrétaire d’Etat aux sports français n’a pas apprécié que la Marseillaise ait été copieusement sifflée par le public du Stade de France le 14 octobre, lors du match France-Tunisie. “ça, on n'a plus envie de le revivre, a déclaré Bernard Laporte sur Radio Monte-Carlo, avant d’ajouter : plus de matches contre l'Algérie, contre le Maroc, contre la Tunisie au Stade de France”. Et pour cause : en novembre 2007, lors de la rencontre France-Maroc, l’hymne français avait également été sifflé par une partie des spectateurs. Idem en 2001 lors du match France-Algérie. Laporte a aussi précisé que les confrontations entre la France et les pays du Maghreb devraient désormais se jouer “chez eux”.


Procès Belliraj. Acte 1

Trente-cinq personnes étaient présentes sur le banc des accusés, lors de la première audience du procès de la “cellule terroriste Belliraj”, qui s’est tenue jeudi 16 octobre à la Cour d’appel de Salé. La plupart des accusés, poursuivis pour neuf chefs d’inculpation (notamment assassinats et tentatives d’assassinat avec armes à feu), risquent la prison à perpétuité, voire la peine de mort. Selon plusieurs témoins présents lors du procès, le chef présumé du réseau, Abdelkader Belliraj, arrivé menotté au tribunal, a provoqué un mini-esclandre en dénonçant ses conditions de détention et en affirmant ne pas reconnaître la légitimité de la cour. Les six hommes politiques jugés semblaient, quant à eux, confiants quant à l’issue du jugement, le mental gonflé à bloc par le soutien de l’assistance : familles et proches des accusés sont venus en nombre, organisant même un sit-in devant le tribunal. Pour rappel, le présumé réseau terroriste Belliraj avait été démantelé en février 2008 en vertu du Code pénal et de la loi anti-terroriste adoptée au lendemain des attentats du 16 mai 2003.


Cinéma. Di Caprio l’7abass

Le tournage au Maroc de Body Of Lies n’aurait pas été de tout repos pour la star hollywoodienne. C’est ce qu’a affirmé Leonardo Di Caprio à la presse américaine, à l’occasion de la sortie en salle du dernier film de Ridley Scott. “J’ai été malade pendant trois jours, après avoir filmé une scène de torture très pénible dans une prison marocaine qui tombait en ruines”, a expliqué Di Caprio lors d’une conférence de presse. “Nous voulions qu’elle soit crédible, donc nous y avons mis le maximum d’intensité”, a-t-il ajouté. Adapté des écrits de David Ignatius (journaliste au Washington Post), ce film sur la lutte contre le terrorisme au Moyen-Orient est censé se dérouler en Irak et en Jordanie. Bientôt en salle au Maroc.


Nominations. Valse diplomatique

Déjà six mois que les rumeurs vont bon train concernant les futures nominations d’ambassadeurs. Prendrait l’avion incessamment l’ancienne ministre des MRE, Nezha Chekrouni, destination Ottawa. Un peu plus près du Maroc, le trajet de l’ex porte-parole du gouvernement, Nabil Benabdallah, s’arrêterait à Rome. Contacté par TelQuel, ce dernier ne “veut pas se prononcer tant qu’il n’y a rien d’officiel”, mais ne nie pas pour autant… Karima Benaïch, présidente de l’association “Voix de femmes”, devrait rejoindre Lisbonne. Quand à Abdelkader Chaoui, actuel numéro 2 de l’ambassade du Maroc à Madrid, il est attendu à Santiago du Chili. Par ailleurs, à l’heure où nous mettons sous presse, le site yabiladi.com laissait entendre que Fayçal Laraïchi, l’injoignable patron de la SNRT, quitterait bientôt son poste pour représenter le Maroc à Washington.



Humeur. Faciès

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

L’histoire, d’abord : un restaurant a refusé de servir à boire à l’un de ses clients, sous prétexte qu’il était marocain. “Comment le savez-vous ?”, a demandé le malheureux client dans un français impur, trop soigné pour être vrai. Il n’y a pas eu de réponse, seulement le refus définitif de le servir. Le bon monsieur a été victime d’une loi, bien raillée, qui interdit de vendre l’alcool aux musulmans. Cette loi, vestige de la mentalité coloniale de l’ancien Maroc, est toujours en vigueur. Sa perception a glissé, glissé, au point d’assimiler, aujourd’hui, Marocains à musulmans, et vice-versa. Ce ne sont pas les garçons de café qui risquent de lever l’amalgame. Alors voilà : interdit aux musulmans devient interdit aux Marocains. Très bien. C’est qui, les Marocains, comment les reconnaît-on ? À leur fameuse C.I.N., bien sûr, voire à leur bon vieux (avant l’heure) passeport vert. À défaut de C.I.N., il suffit de présenter son faciès à la contemplation de son prochain. La fameuse loi a tellement perturbé les esprits qu’elle laisse entendre, aujourd’hui, que le caractère “musulman” est inscrit sur le front du Marocain moyen, celui qui n’est pas blond aux yeux verts et ne débite pas son français ou son anglais comme une fine gâchette du Far West. Le musulman, d’après l’esprit du texte de loi, ou le Marocain, pour les garçons de café, doit sans doute avoir la tête comme ci, le front et le nez comme ça, la moustache peut-être, etc. Toute personne ressemblante est musulmane, tout musulman qui ne correspond pas au portrait-robot n’est pas musulman. C’est idiot. Maintenant, cette loi absurde n’est pas la chose la plus importante au monde. C’est une broutille, un rien. Sauf lorsque le Marocain que vous êtes est au restaurant et que, quelque part, par malheur, un gentil serveur s’amuse à décortiquer votre faciès…



VITES !

Le film de Mohamed Ismaïl, Adieu mères, n’en finit pas de faire parler de lui. Présélectionné pour concourir dans la catégorie “meilleur film en langue étrangère” aux Oscars 2009, il sera bientôt doublé en hébreu et distribué en Israël. Une démarche qui va de bout en bout, comme le film, du Maroc jusqu’en Israël.


La Guardia civil a interpellé huit islamistes marocains dans la nuit de mercredi à jeudi en Catalogne, à Madrid et en Andalousie. D’après le ministère de l’Intérieur espagnol, les huit hommes sont soupçonnés “d’avoir couvert et aidé à fuir” des personnes impliquées dans les attentats de Madrid, du 11 mars 2004, qui ont fait 191 morts.


Quelques instants après le discours inaugural de Mohammed VI, plusieurs photographes de presse, dont celui de TelQuel, Rachid Tniouni, ont été pris à parti par le service de sécurité du roi. Des gardes du corps en costume noir sont intervenus de manière musclée et ont retenu nos confrères pendant plusieurs heures pour vérification du contenu des bobines photo.


Lors d’une interview téléphonique accordée à la radio Aswat, le controversé cheikh Maghrawi a juré n’avoir jamais affirmé, ni même tenté de légitimer, le mariage d’une fille de neuf ans. Tenant le combiné en Arabie Saoudite, il a aussi nié en bloc avoir pris la fuite, arguant que ses voyages au Moyen-Orient sont habituels.


Abdelaziz Bouteflika n’oublie pas ses amis marocains. Le président algérien a adressé, dès le 29 septembre, une lettre de condoléances après le décès, la veille, de Abdelkrim Khatib, fondateur du PJD. Le document, destiné au secrétariat du parti et à la famille du défunt (qui avait des origines algériennes), a été rendu public par le PJD en cours de semaine.


Etudier les droits de l’homme à l’université, c’est (presque) possible. L’antenne de l’Unesco basée à Rabat lance la réédition actualisée en arabe du livre Droits de l’Homme : Questions et Réponses. 250 exemplaires de l’ouvrage, illustré par le célèbre dessinateur Plantu, seront dispatchés dans les bibliothèques des universités marocaines.


La brigade des stup de Casablanca a cru voir double lors d’une saisie d’alcool chez deux guerraba, œuvrant entre Mers Sultan et l’ancienne médina : pas moins de 5000 bouteilles de whisky, mahya et autres liqueurs enivrantes ont été confisquées aux deux coupe-soifs bidaouis. De quoi décevoir les fêtards nocturnes...
 
 
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