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Par Karim Boukhari
Coucou, je suis de retour au Maroc
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Ali Lmrabet, Journaliste
(TNIOUNI)
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Antécédents
| 1959. |
Voit le jour à Tétouan. |
| 1990. |
Intègre le ministère des Affaires étrangères, duquel il est évincé en 1994. |
| 1998. |
Rejoint la rédaction du Journal, après un passage à La Vie Eco. |
| 2000. |
Fonde Demain, dabord magazine, ensuite tabloïd. |
| 02-03. |
Écope dune peine de quatre ans de prison à lissue du procès dit de la pierre sacrée. |
| 2004. |
Travaille pour le compte du quotidien espagnol El Mundo. |
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Smyet Bak ?
Il ny a quà consulter vos archives, cest marqué dedans.
Et encore ?
Il sappelle comme la majorité des Marocains.
Abdellah ? Mohamed ? Saïd ? Mustapha ?
Oui, oui, Mohamed.
Smyet Mok ?
Habiba, un prénom plutôt rare. Tant mieux.
Nimirou dla carte ?
Alors là, je refuse, y en a marre. Je ne suis même plus au Maroc pour subir toutes ces tracasseries.
Vous êtes un habitué des interrogatoires, pas seulement journalistiques. Ça se voit
Et ça ne me plaît pas spécialement. Pourquoi minterrogez-vous ?
Pour avoir de vos nouvelles. On vous prête lintention de créer un journal au Maroc, quen est-il ?
Cest vrai. Cela fait quelque temps que jy pense. Maintenant, cest décidé, je le fais.
Généraliste ? Tabloïd ?
Je vais faire comme tout le monde : un généraliste hebdomadaire. Mais comme je nai pas dargent pour monter un magazine, je me contenterai volontiers dun tabloïd.
Mais vous êtes condamné à ne plus exercer votre métier (au Maroc) pendant dix ans. Le jugement, prononcé en 2005, na pas été effacé. Comment comptez-vous faire ?
Ce jugement était une blague. Comme lensemble du procès dailleurs. Tout cela ne reposait sur rien de légal. Je peux le prouver. Et je ne suis pas le seul à le penser, hein.
Vous allez donc rentrer au Maroc ? Définitivement ?
Oui, je rentre chez moi, dans mon pays. Je compte minstaller à Casablanca pour éditer mon journal.
Qui dit retour, dit procès, tracasseries. Cela fait partie du domaine du possible. Vous êtes prêt ?
Oui. Jai la peau dure. Si le Makhzen a quelque chose contre moi, quil le dise. Sil na rien, eh bien, il pourra compter sur moi. Je suis de retour.
Optimiste, alors ?
Toujours. Si on avait vraiment quelque chose contre moi, cela fait longtemps que cela se serait su. Mais il ny a rien, strictement rien. Même si on a tout tenté contre moi : on a court-circuité mes e-mails, fouillé dans ma vie personnelle et celles de mes proches
Tout cela pour rien.
Parano, Ali ?
Vous plaisantez ? Ceux qui pensent que je suis parano sont des gentilhommes. Mes adversaires vont beaucoup plus loin, ils ont tout dit sur moi : espion à la solde de tous les services secrets, violeur en série, fou à lier, etc.
À votre sortie de prison, en janvier 2004, vous avez annoncé la publication dun livre. Cétait une blague ?
Cétait sérieux. Lidée est plus que jamais dactualité. Je ne vais pas seulement publier un livre, mais plusieurs.
Pourquoi plusieurs ?
Pour des raisons de contrat(s). Je me suis engagé vis-à-vis déditeurs français, espagnols, italiens. Tous ces gens mont versé des acomptes contre la publication dun livre. Et ils mont fixé un deadline : 2009. Je vais donc me dépêcher, avant dêtre obligé de rembourser mes éditeurs (rires).
Un journal, plusieurs livres à la fois. Vous ne risquez pas de vous tuer au travail, en 2009 ?
Ne vous inquiétez pas pour moi, je suis une bête de travail. De toute façon, je nai que ça à faire. Et puis, entre nous, peut-être quun nouveau séjour à lombre me donnerait justement le temps pour écrire (rires).
Comment jugez-vous lévolution de la presse marocaine sans vous ?
Elle se porte mieux, elle a eu le temps de grignoter des espaces de liberté. Ce que je disais bien seul à une certaine époque est aujourdhui un peu dépassé. Dautres journalistes vont plus loin. Mais eux, on ne les inquiète pas. Moi, à lépoque, si.
Dernière question, pour les intimes : Ali, où est-ce que tu aimerais quon installe les mouchards, pour filtrer tes conversations et tes faits et gestes, dans ton futur appartement casablancais ?
Je fais confiance à la police. Elle peut installer ses mouchards où elle veut dans lappartement. Je ne vais pas compliquer lexistence à tous ces messieurs. Je les remercie de sintéresser à moi, même si je suis un homme plutôt décevant : ma vie est transparente, je ne fais rien de secret. |
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