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Maroc-UE. Statut avancé, mode d'emploi
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Patrimoine. Il était une fois Tioumliline
Coup de gueule. Nouvelle scène "patriotique"
N° 344
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

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Documentaire. Fida fissa !


Du 4 au 8 novembre prochain, partez vous enquérir de l’“état du monde” à Fida Doc’Souss. Gratifié par 430 propositions de tous les continents, le 1er Festival international du documentaire d’Agadir a affûté la sélection officielle à 12 films récents, nous emmenant du Liban (About a home d’Anna Giralt Gris) en Chine (Les Anges de la piste de Rémy Rocordeau), de Russie (La Mère d’Antoine Cattin et Pavel Kostomarov) au Brésil (Puisque nous sommes nés de Jean-Pierre Duret
et Andrea Santana), d’Iran (Carton rouge de Mahnaz Akzali) en Palestine (Strawberry fields de Ayelet Heller) ou encore d’Inde (Yindabad de Mariano Agudo et Roi Guitian) en Turquie (Transasya de Bingol Elmas), en remontant le chemin du penseur Muhammad Assad (A Road to Mecca de George Mirsch). Seul docu marocain de la compétition, Nos lieux interdits, plongée dans la catharsis mémorielle de l’IER signée Leïla Kilani, a finalement été annulé : “Il semble que le CCM, coproducteur, ait souhaité se réserver l’avant-première pour le Festival de Tanger en décembre”, analyse à regret la direction de Fida Doc’Souss. De ces films à l’écriture accessible, histoires construites autour d’un personnage pour mieux s’identifier (“Qu’un paysan soussi se reconnaisse dans un éleveur chilien”), se distingueront un Grand Prix, un Coup de cœur du jury et un prix Planète, avec diffusion sur la chaîne éponyme. En parallèle, vingt autres docus parleront environnement, droits sociaux, musique ou économie alternative, entre séances spéciales écoliers, ateliers d’écriture docu pour étudiants, débats avec les professionnels et caravane numérique dans les quartiers. Un événement, en somme, à la hauteur du genre.


Musique. Agadir Invasion

La troisième édition du Concert pour la Tolérance se tiendra le 1er novembre prochain, toujours sur la plage d’Agadir. Cette année, le plateau est légèrement plus éclectique que les années précédentes. Beaucoup plus diversifié, le Concert accueillera Enrique Iglesias, Keziah Jones, David Tavare ou encore Myriam Fares. Le reste de la programmation est composé de la French Connection habituelle, à savoir Amel Bent, Sheryfa Luna ou encore Faudel, pour ne citer qu’eux. Côté rap marocain, pas de grand changement, puisque c’est encore une fois les Fnaïre qui le représenteront. Organisé par TF1 et 2M, le Concert sera diffusé en direct sur les deux chaînes. À vos télécommandes.


Clubbing. Nayda à Paris

Belle soirée marocaine à la Cantine du Faubourg, restaurant lounge parisien, quartier général des bobos et autres avocats chics et hommes d’affaires fortunés du coin, le 16 octobre dernier. Une double exposition, celle des tenues de Fadela El Gadi, créatrice de mode maître en matière de mariage parfait entre coupe moderne et moroccan touch,et celle des toiles d’un Mohamed Mourabiti, artiste-plasticien marrakchi de cœur, dont la côte est au beau fixe. De la partie et égal à lui-même, Amine Bendriouch, arborant l’une de ses créations. De la musique aussi puisque les propriétaires du lieu, amoureux du Maroc, ont eu la bonne idée de faire venir dare-dare le trublion Barry, accompagné de DJ Van et de Fahd Benchemsi aux percussions et aux vocals. La soirée qui s’est terminée tard dans la nuit, a vu défiler l’ambassadeur du Maroc là-bas, la globe-trotteuse Leïla Ghandi, le comédien Assâd Bouab (qu’on a vu monter sur scène pour chanter La base avec Barry) et un Saïd Taghmaoui, très détendu, venu faire un coucou. Joli coup.


Projection. Quatre jours d’animation

À l’occasion de la journée mondiale du film d’animation, l’Institut français de Meknès organise une série de projections, du 25 au 28 octobre. L’invité d’honneur de cet évènement sera le réalisateur français Jean-Jacques Prunès. Une exposition lui sera totalement consacrée et plusieurs de ses films seront présentés au public. Les habitants de la ville de Meknès ne seront pas les seuls à pouvoir profiter de cette fête du film d’animation. En effet, des projections auront également lieu à El Hajeb et à Moulay Driss Zerhoun, question de permettre à tous les enfants (et aux adultes) de la région de profiter de ces quatre jours.


Tournage. Salam Bombay

Des Taj Mahal de chebakiya sur fond de couleurs flashy : c’est le futur décor de Agadir-Bombay, premier long-métrage de cinéma de la Franco-marocaine Myriam Bakir, actuellement en tournage à Agadir. L’histoire d’Imane, 14 ans, môme de Taroudant amoureuse de Bollywood et de pâtisseries, en pleine crise d’adolescence et des rêves plein les yeux lorsqu’elle regarde vers les lumières d’Agadir. Le tout sous forme d’une comédie musicale audacieuse réunissant Driss Roukhe (Babel), Noufissa Benchehida (révélée par Al Kadia) et la chanteuse amazighe Tihihite. Un sacré défi pour un premier film, même si Myriam Bakir, 34 ans, n’est pas la dernière venue : révélée au Festival de Tanger en 1995 avec la génération “Ayouch, Lakhmari, Aoulad Syad et les autres”, la réalisatrice a déjà signé quatre courts remarqués, dont Demain on tourne (1993) et Samia (1998).


Arts Plastiques. Absolutment original

Pour sa quatrième édition, Absolutment Artiste innove. Dans le but de lancer 9 jeunes peintres venant de différentes villes du pays (à savoir Chefchaouen, Tanger, Casablanca, Marrakech et Tiznit), les organisateurs ont décidé d’opter pour l’originalité. En effet, depuis quelque temps, les tableaux de ces artistes sont affichés sur les panneaux publicitaires des grandes artères casablancaises. Et à partir de début novembre, leurs œuvres seront exposées à la galerie Shart à Casablanca, puis à la galerie Noir sur Blanc à Marrakech. Thème de cette édition ? Simplicité, pureté et transparence. L’étape finale de cette manifestation sera l’édition d’un catalogue, ainsi qu’une expo-vente. Bonne chance à ces jeunes peintres !


Festival. Où sont les femmes ?

L’an dernier y furent honorées la réalisatrice Chilienne Alicia Scherson, pour son film Play (récompensé du Cierge d’Or) ou encore Farida Benlyazid, qui obtint le prix du scénario pour son Juanita de Tanger. Mais 2008 se fera sans le Festival du film de femmes de Salé. “La dernière salle de cinéma de la ville ayant fermé en 2006, on a dû débourser plus de 850 000 DH pour tenir la 2ème édition en plein air, à Bab Mrissa. Mais ce n’est pas intéressant, déplore le directeur du Festival, Mohamed Lassaâdi. La prochaine édition pourrait avoir lieu au cinéma Hollywood. Une salle relativement correcte en plein cœur de Salé, que le propriétaire a accepté de nous louer pour 20 000 DH par mois. Mais il nous faut au moins 5 mois pour la retaper”. Résultat : rendez-vous est donné en 2009, probablemet le 8 mars. Tout un symbole.


Droits d’auteur. Batma et BMDA

Pour les artistes marocains, la question des droits d’auteur reste une énigme. C’est aujourd’hui le tour d’un Tarik Batma, dubitatif et outré, de s’interroger sur le fonctionnement du Bureau marocain des droits d’auteurs. La famille Batma aurait touché, après 8 ans d’attente, un chèque de 16 000 DH pour les droits de feu Mohamed Batma, membre phare du groupe Lemchaheb. Un chèque, tout simplement, rempli et signé, sans document justificatif. “16 000 DH, c’est ce que pouvait gagner mon père en une soirée. Mais il n’y a aucun moyen de vérifier le processus de comptabilisation utilisé”, se désole le chanteur. “Ma seule question aujourd’hui, c’est de savoir si, vraiment, les 35 ans de carrière de mon défunt père ne valent que cette somme”.



Humeur.
Paperasses

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

L’administration marocaine remplit à merveille le rôle qu’on lui a assigné à sa création : foutre la trouille au citoyen. La boule au ventre, on l’a chopée un été 74, coincé dans la 404 break paternelle à la frontière maroco-espagnole. C’était le Rio Grande, 24 heures d’attente au soleil, face à des douaniers moustachus, payés pour vous faire sentir que vous pénétriez de plain-pied dans une dictature sud-américaine, où le petit fonctionnaire est roi. Les séries B, ça marque à vie les gamins. Ils se repassent le film une fois grands, un jour d’octobre 2008, dans une file d’attente à la mouqataâ de Derb Moulay Chérif pour un extrait d’acte de naissance. C’est là, entre ses murs gris, que le paternel faisait la queue dans les années 70, la tête toujours baissée devant une administration aigre, face à des kapos aussi fiers de leurs bérets qu’un chef de gare. Une fois adulte, on bombe le torse au même endroit pour compenser l’échine qu’a dû trop souvent courber le père. C’est loin d’être un solde de tout compte pour autant. Car, au fond, on n’en mène pas large, confronté à des préposés en pantalon à pinces coupe Charlie aux tons pastel. Encore moins face à des femmes attrape-poussière, jamais jeunes, jamais souriantes. On a aussi peur que son père, c’est juste qu’on le cache mieux. En sortant de Derb Moulay Chérif, l’acte de naissance en poche, on pousse le même ouf de soulagement que lui, trente ans plus tôt. Heureux d’avoir réussi à franchir le Rio Grande…



Mode
C’est parti pour Festimode 4ème du nom (du 14 au 16 mai 2009). Le comité artistique fait appel aux jeunes talents créateurs de mode pour envoyer leur dossier de candidature avant le 20 décembre de cette année à l’adresse : festimode_casablanca@yahoo.fr


Néerlandais à Nador
La deuxième édition du festival “Semaines du film néerlandais au Maroc” a pris place le 24 octobre et s’achève le 30 octobre à Nador. Au programme, une dizaine de films néerlandais, avec documentaires, longs-métrages et films pour enfants.


Hip Hop Patriotique
Colonel, rappeur installé aux Etats-Unis, sort son premier clip. Ana L’Maghribi est un hymne patriotique (un de plus) brassant images de la Marche verte et de Hicham El Guerrouj. Bien réalisé, mais pas très original. Myspace.com/akaalfaress

 
 
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