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Maroc-UE. Statut avancé, mode d'emploi
Canada. Des Marocains dans le vent
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Coup de gueule. Nouvelle scène "patriotique"
N° 344
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Nina Hubinet

La semaine

Pour ses détracteurs, ce procès vise
à museler l’opposition à l’AKP.
(AFP)

Turquie. Le procès des ultranationalistes

Le procès Ergenekon, ouvert lundi 20 octobre en Turquie, est historique. L’acte d’accusation, long de 2455 pages, est à la mesure de l’événement. Ce procès, du nom de ce réseau nationaliste accusé d’avoir fomenté un coup d’Etat contre le gouvernement actuel, est l’ultime épisode de l’affrontement entre les milieux kémalistes et les islamistes modérés de l’AKP, parti au pouvoir depuis 2002. Parmi les 86 accusés figurent des généraux en retraite, le chef d'un petit parti nationaliste, un avocat d'extrême-droite (devenu célèbre pour sa traque
des intellectuels qui évoquent le génocide arménien), ainsi que des mafieux et des journalistes, dont le principal éditorialiste du journal kémaliste Cumhurriyet. L’enquête sur ce réseau avait démarré en juin 2007, après la découverte d’une cache d’armes à Istanbul. Le procès s’est ouvert dans la confusion, la salle d’audience étant trop petite pour accueillir les 500 magistrats, avocats, journalistes et familles des accusés. Le procureur a requis la prison à vie pour les cinq fondateurs et dirigeants présumés du réseau, à qui il est reproché d’avoir tenté de semer le chaos dans le pays par des assassinats ciblés et des attaques contre les institutions, afin de créer les conditions d’une intervention de l’armée contre l’AKP. Le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, aurait lui-même été visé par un projet d’attentat. Des associations civiles liées au réseau Ergenekon (nom d’une ville disparue au nord de l’Irak, considérée comme le berceau mythique du peuple turc) auraient joué un rôle-clé l’an dernier dans l’organisation des manifestations de défense de la laïcité. L’intervention de l’armée dans le jeu politique turc ne date pas d’hier : le pays a connu quatre coups d’Etat militaires depuis 50 ans. Pour ses détracteurs, ce procès vise à museler l’opposition à l’AKP. Pour ses partisans, au contraire, il va permettre de s’attaquer à ce que les Turcs appellent "l’Etat profond”, cette alliance de certains secteurs des institutions, des services secrets et de groupes mafieux.


Bolivie. Une victoire pour les indigènes

Secouée par une grave crise politique depuis près d’un an, qui a fait plusieurs morts lors d’affrontements entre partisans du président et membres de l’opposition, la Bolivie devrait toutefois disposer bientôt d’une nouvelle Constitution. Le Congrès est parvenu à un accord, lundi 20 octobre, qui va être soumis à référendum le 25 janvier. La Constitution devrait accroître le contrôle de l’Etat sur l’économie, limiter la taille des exploitations agricoles et permettre la redistribution des revenus gaziers. Les droits des indigènes, majoritaires en Bolivie, sont également renforcés. Une réussite pour Evo Morales, qui avait rassemblé plusieurs milliers de partisans à La Paz. Le président bolivien a dû cependant s’engager à ne pas se représenter plus d’une fois à la tête de l’Etat. S’il est réélu, il devra donc quitter définitivement le pouvoir en 2014.


USA. Obama plus favori que jamais

Barack Obama a interrompu sa campagne pendant deux jours, lundi 20 et mardi 21 octobre, pour se rendre au chevet de sa grand-mère, hospitalisée à Hawaï. Une pause que peut se permettre le candidat démocrate à deux semaines du scrutin, vu le solide avantage que lui donnent les sondages : jusqu'à 14 points d'avance, et 7 points en moyenne dans toutes les enquêtes, d'après le site indépendant RealClearPolitics. Ce sont les électeurs récemment inscrits qui lui sont le plus favorables : 73% d’entre eux l’ont choisi, contre 26% pour John McCain. D'après le centre de recherche Pew Center, Obama profite d'une baisse de confiance du camp républicain. Toutefois, 23% des sondés affirment pouvoir encore changer d'avis, et les analyses montrent que rien n'est joué, car l’écart se resserre dans certains Etats.


Crise. Des solutions à la carte

Alors que les Bourses ont à nouveau chuté mercredi 22 octobre, les Etats de l’Union Européenne continuent de se déchirer sur les solutions à apporter à la crise. Nicolas Sarkozy, président en exercice de l’UE, propose que chaque pays crée un fonds souverain “pour apporter une réponse industrielle à la crise”. Le président français entend lutter contre les fonds souverains chinois, saoudiens ou russes, qui mettent la main sur les entreprises européennes. Mais l’Allemagne et la Grande-Bretagne voient dans cette initiative une tentative franco-française de multiplier les aides d'État à l'industrie, au risque de fausser la concurrence. Par ailleurs, un sommet mondial pour envisager les moyens de faire face à la crise de manière coordonnée devrait avoir lieu le mois prochain à Washington, a annoncé le président Bush.



Lu pour vous [FRANCE]
Hells Angels danois vs immigrés

Olivier Truc, Le Monde, mardi 21 octobre.

Après quelque temps de relâche, les fusillades ont repris dans les rues de Copenhague entre bandes rivales. Cinq en quatre jours, dont la dernière, lundi 20 octobre a eu lieu en pleine journée, devant une école. Aucun blessé, mais une tension et une inquiétude qui n'en finissent pas de monter. Plusieurs experts s'inquiètent d'une dérive à l'américaine, opposant les motards des Hells Angels, qui avaient dominé la criminalité organisée danoise depuis les années 1980, à des bandes de jeunes délinquants d'origine immigrée, qui veulent les détrôner. La violence actuelle a démarré à la mi-août avec la mort de Osman Nuri Dogan, un jeune de 19 ans d'origine turque, abattu devant une pizzeria de Copenhague. Un membre de AK81, un club de soutien des Hells Angels, a été soupçonné du meurtre, mais avait dû être relâché faute de preuves. Depuis, la guerre des gangs a fait plusieurs blessés. Une trentaine de fusillades ou de tirs ont été recensés dans les trois principales villes du pays (…) “Ces conflits locaux ont deux aspects, déclare au Monde ce policier. Le contrôle du marché de la drogue et une conception stupide de l'honneur qui veut que si un côté tire, l'autre doit lui répondre”.

 
 
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