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Par Hicham Bennani
Audiovisuel. Le boom des boîtes de prod
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De plus en plus de novices
se lancent dans le champ de
la production audiovisuelle.
(AFP)
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Des émissions télé au spot de pub, plus de 500 sociétés se partagent un marché juteux. Et loctroi des nouvelles licences audiovisuelles risque daccentuer le phénomène.
Chapeau melon, costume noir et blanc, un genre de Charlie Chaplin fait tourner sa canne à la manière de lacteur hollywoodien, devant les passants incrédules dune ruelle obscure du centre-ville de Rabat. Derrière le faux Charlot, léquipe de Najat Kobi tourne un épisode de Aji Tchouf, émission de téléréalité à succès, diffusée depuis janvier 2007 |
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sur Al Aoula. Pour mettre en bobine son concept, inspiré de lémission belge Striptease, la jeune femme a créé sa propre boîte de production, après sêtre fait les dents sur le circuit. Une entreprise presque téméraire mais qui compte de plus en plus daventuriers. Depuis 2005, les sociétés de production poussent comme des champignons. Et pour cause, cette année-là, la HACA (Haute autorité de la communication et audiovisuelle) impose aux chaînes nationales, dans le cahier des charges, de sous-traiter au moins 30% des programmes à des structures externes. Sajoutent, à lété 2006, les premières licences audiovisuelles accordées par lorganisme. Aujourdhui, la conjoncture leur est à nouveau favorable. Le petit milieu de laudiovisuel est aux aguets, attendant lannonce de la deuxième vague de licences de la HACA. Dautres boites de prod vont voir le jour car les nouvelles chaînes auront naturellement besoin de contenu, explique un professionnel du secteur.
Lgrima à tout prix
En deux ans, le nombre de boîtes de production est passé de 400 à 542. Mais beaucoup de sociétés ferment boutique, parfois très rapidement. Car, parmi elles, uniquement 341 structures bénéficient dune autorisation dexercice de production, première étape avant de se voir délivrer un agrément par le CCM (Centre cinématographique marocain), lui-même condition sine qua non pour bénéficier dune autorisation de tournage. Ensuite, seules les 101 sociétés de production bénéficiant du précieux sésame peuvent commercialiser leur production : 59 sociétés à Casablanca, 22 dans la région de Rabat-Salé, 8 à Marrakech, 6 à Tanger, 2 à Fès et 1 à Settat, Kénitra, Asilah et Agadir.
Une camionnette du CCM sillonne le Maroc à la recherche des contrevenants qui peuvent écoper, selon les cas, dune amende variant de 50 à 100 000 dirhams. Que font les sociétés qui nont pas dagrément ? Elles végètent dans lillégalité, vivent de films institutionnels, de pub, de petits métiers connexes au milieu, en attendant le salut, répond un professionnel sous couvert danonymat.
Qualité minimum
De leur côté, les heureuses élues prennent en charge en toute légalité la réalisation des films de commande et lexécution pour le compte dentreprises (
) des prestations de services, relatives à la constitution des équipes technico-artistiques et à lorganisation des tournages de films, indique le CCM dans son règlement officiel. Encore faut-il justifier dun capital social de 300 000 dirhams pour une SARL et de 500 000 dirhams pour une SA et produire un film de long-métrage, de fiction, ou 3 films de court-métrage. Et lorsquune boîte a fini la bataille technique déligibilité, elle attend un dernier verdict : la voix du CCM, qui juge si le produit est artistiquement et techniquement acceptable. Parmi les 80 courts-métrages produits cette année, une dizaine duvres sont vraiment valables, argumente Noureddine Saïl, directeur général du CCM. Au Centre, on se réjouit de laugmentation du nombre de courts-métrages réalisés chaque année (contre 5 en 2003), arguant que la quantité ne peut que favoriser lapparition de produits de qualité. Une information confirmée par lenquête du cabinet Valyans Consulting, selon laquelle la production nationale a connu une amélioration quantitative et qualitative depuis 1998. Mais, la réalité est autre. Parfois, les trois petits films permettant de décrocher le fameux agrément sont montés à la va-vite par des producteurs, qui se contentent ensuite de réaliser des spots publicitaires, explique ce professionnel. Et il sinterroge : Est-il pertinent de demander à ce genre de structures de produire des fictions, sachant quau final, cela ne constituera pas leur cur de métier ? Ne vaudrait-il pas mieux demander au CCM dadapter ses textes de loi ?. La question reste posée
Boîtes à fric
En attendant, nombreuses sont les boîtes de la place qui continuent de faire leur beurre quasi exclusivement grâce à la réclame ou encore à la production de séries et démissions destinées au petit écran. Plusieurs très grosses boîtes font 95% de leur chiffre daffaires avec la publicité. Cest une question de survie, martèle ce professionnel. La fiction nest pas assez rentable compte tenu du budget limité alloué par les chaînes, il est donc normal que les producteurs sen détournent. Dautant quavant de décrocher un budget auprès dune chaîne, le producteur doit proposer un film pilote à ses frais, au risque dy laisser des plumes.
Pour plus de rentabilité, les sociétés de production, composées de 1 à 35 personnes, mettent régulièrement des freelances à contribution ou sollicitent des directeurs photo et réalisateurs étrangers. Ils sont payés de 20 à 60 000 euros pour tourner un spot en deux jours, se plaint un habitué des plateaux de tournage. On aimerait bien embaucher plus de Marocains, mais la main duvre nest pas assez qualifiée, justifie un producteur. Conséquence : Les profils sont inadaptés. Par exemple, un preneur de son se reconvertit dans une autre fonction. Il y a peu de matériel et le script est inexistant, dénonce un monteur. De petites boîtes de prod, donc, dont Sarim Fassi Fihri, président de la Chambre des producteurs, prédit la disparition : Il y a dispersion dénergie, les parasites vont finir par sévaporer. Noureddine Saïl, plus optimiste, veut voir dans ces PME lavenir du secteur. |
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Formation. En 2017, si tout va bien
Le manque de formation aux métiers de laudiovisuel est évident. Une enquête de Valyans Consulting affirme que la formation aux métiers du cinéma reste limitée au Maroc, qui forme environ 65 étudiants par an. Le CCM affiche plus doptimisme sur la question, indiquant que dici 2017, la production nationale emploiera 4000 personnes. À la cadence actuelle, le Maroc aura formé 585 personnes. Une école à Marrakech, une autre à Ouarzazate et quelques petites autres à Rabat-Casa, constituent le maigre choix quont, pour linstant, les passionnés de limage désireux de se former au Maroc. À noter louverture dune licence en audiovisuel à lUniversité Cadi Ayyad de Marrakech sur le modèle de lUniversité de Casablanca. Pensée par la Chambre des producteurs il y a plusieurs années, lassociation AMPAC (Association des métiers de la production audiovisuelle et du cinéma) devrait voir le jour en octobre 2009 et créer une nouvelle école daudiovisuel. Pour le moment, il est donc kafkaïen de demander un diplôme dans un pays ou il ny a pratiquement pas décoles de cinéma !, fustige Sarim Fassi Fihri, président de la Chambre des producteurs. |
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