Adieu mères candidat aux oscars. De Casa à Hollywood
Reportage. Tsunami à Driouch
Débat. Un Marocain moyen parle de la classe moyenne
Politique. Archane seul au monde
Humeur. Mon royaume pour un cheval
Objectif Maison Blanche. La dernière ligne droite
Crise. Les dégâts collatéraux
Analyse. Un désastre nommé capitalisme
Audiovisuel. Le boom des boîtes de prod'
Festival. La gastronomie pour ambassade
N° 345
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

Les frères Noury,
Swel et Imad.
(AFP)

Tournage. Fous alliés

Non, le 4 novembre n’est pas que le jour de l’élection US : c’est aussi celui du premier clap sur le plateau casablancais de The Man who sold the world, deuxième long-métrage des frères Noury. Un retour très attendu pour Swel, 29 ans, et Imad, 25, applaudis à la Berlinale 2006 pour leur premier film Heaven’s Doors, paradoxalement passé quasi inaperçu au Maroc. Reprenant le titre culte d’une chanson de David Bowie de 1970, repris plus tard par Nirvana, ce nouveau film est une adaptation d’Un cœur faible, huitième roman (1848) de Dostoïevski,
“mon auteur préféré, confie Swel. J’avais déjà essayé d’écrire un scénario adapté des Frères Karamazov, sans y arriver. Cela m’a laissé une blessure narcissique”, sourit l’aîné des fils Noury. Folie, amour passionnel et poids du destin sont au cœur de cette trame revisitée façon fantastique – ville en guerre imaginaire (le tournage devait initialement se faire à New York), futur proche – où le héros “devient fou par culpabilité de son ingratitude envers le monde”, poursuit Swel, qui annonce un film très différent de Heaven’s Doors, en tout cas “beaucoup plus court, 90 minutes, très chargé en sentiments”. Appuyé par une avance sur recettes du CCM (3,5 millions de dirhams) et produit par Prod Action (de leur mère Pilar Cazorla), The Man who sold the world vient aussi de recevoir le soutien de la SNRT. “ça fait du bien de sentir que l’on croit en nous”, confirme Swel, annonçant le casting : Saïd Bey, Fehd Benchemsi, Hakim Noury et Latifa Ahrare, mais aussi la top model Audrey Marnay.


Sortie. Music & Love Story

High School Musical III fait actuellement fureur auprès des adolescents du monde entier. Le secret du succès de cette comédie musicale signée Walt Disney ? Des acteurs au joli minois qui savent bien pousser la chansonnette, le tout dans un décor très american dream. Dans ce troisième volet, les personnages s’apprêtent à quitter leur lycée pour aller à l’université. Sauf que cette séparation a des allures dramatiques pour Troy (Zac Efron) et Gabriella (Vanessa Hudgens), le couple-phare de la comédie. Ensemble depuis le tout premier High School Musical, ils sont dépités quand ils apprennent qu’ils sont acceptés dans deux universités différentes. Mais avant le début de leurs nouvelles vies, ils veulent organiser avec leurs amis un spectacle de fin d’année inoubliable, plein de strass et de paillettes... High School Musical III, c’est donc le film idéal à voir quand on a un petit coup de déprime. Ou alors si on a envie de comprendre pourquoi nos enfants sont si fans de cette trilogie aux allures de Grease des années 2000.

High School Musical III, au mégarama.



Théâtre. Feu de tout Bouab

ça planche dur pour Assâad Bouab. À l’affiche du prochain long-métrage de Gérard Jugnot, Rose et noir (sortie prochaine), une comédie historique dans l’Espagne de l’Inquisition tournée cet été - il y campe un apprenti couturier - le conteur de Kandisha, diplômé du Conservatoire de Paris en 2006, retourne à la source : le théâtre. De décembre à mai, Assaâd tournera dans Le Chameau et les étoiles, pièce de l’Irlandais Sean O’Casey. Baladé entre Dijon, Paris, Besançon, Tourcoing et Genève, l’acteur pourrait bien s’arrêter en avril au Maroc pour une tournée dans les Instituts français avec La Reine écartelée de Christian Siméon. L’occasion, on espère, de rencontrer ses “potes du Cours Florent”.


Festival. Laâyoune, mon amour

Les villes du sud attirent de plus en plus de festivals. Après Dakhla en mars dernier, c’est au tour de Laâyoune d’être sous les projecteurs. En quelque dix jours, la ville accueillera deux festivals. Le premier, Rawafid Azawan (casablancais lors de ses précédentes éditions), se tiendra du 14 au 17 novembre. Sous le thème “Lumières du Sahara et rythmes du monde”, s’y produiront Samira Saïd, Saber Roubaâi, ou encore Darga. Au programme également, des concours de chant, d'arts plastiques et de poésie hassanie. Moins de 24h après sa clôture, ce sont des illusionnistes venant du monde entier qui envahiront la ville, invités du Festival international de la magie. Entre le 18 et 23 novembre, des spectacles seront organisés au Palais des congrès ainsi que sur la grande place de Laâyoune, qui peut contenir jusqu’à 10 000 spectateurs. Une tournée régionale, qui fera escale à Boujdour, Boukraâ et Tarfaya est également prévue les 18, 19 et 23 novembre.


Musique. Escape Magazine

Le premier mensuel musical sera bientôt en kiosque : Escape, le magazine de toutes les musiques, débarque courant novembre. Créé par une équipe qui se compte sur les doigts d’une seule main, le mag est distribué gratuitement, comptant sur les commandes des annonceurs pour tourner. Le numéro zéro a été présenté à ces mêmes annonceurs, et ça a l’air, justement, de bien s’annoncer. Des infos majoritairement marocaines, qui touchent la nouvelle scène ou le cinéma local, sans négliger pour autant les sorties musicales internationales. En attendant la version papier, les curieux peuvent aller cliquer sur escape.ma


Humour. Duo et des ha !

Kechbal et Zeroual ont pris un coup de vieux ? Comédia dépoussière tout ça en hissant le drapeau d’un nouveau duo. “Couple” de potes formé il y a quatre ans sur les bancs de l’Institut du génie appliqué de Casa, où ils suivirent le même cours de théâtre, Driss&Mehdi - Driss Chalouh et Mehdi Azekri - ont remporté la finale de l’émission à succès d’Al Aoula, 100 000 DH à la clé. Les deux compères casablancais de 24 et 22 ans, révélés l’an dernier en raflant le premier prix du “Dernier Comique” (au café Sugar Hill) avant de se produire aux Maroc Blog Awards, se revendiquent à mi-chemin entre leurs mentors Hassan El Fad et Gad Elmaleh, en “décalage” avec les clichés éculés du aâroubi et autre soussi. Dès le mois prochain, le tandem, auteur de dizaines de sketches, s’offre une émission hebdo à Rabat Chaîne Inter. À suivre également, un prime mensuel sur Al Aoula et une tournée marocaine.


Compétition. Aïcha à Marrakech

C’est Kandisha qui représentera le Maroc à la compétition officielle du Festival international du film de Marrakech (14 au 22 novembre). Le film, réalisé par Jérôme Cohen Olivar (4 millions de dirhams lui ont été octroyés par le Centre cinématographique marocain), concourra donc pour l’Etoile d’Or, au détriment de Casanegra, long-métrage de Noureddine Lakhmari, pressenti préalablement mais boudé par le comité de sélection. Lakhmari a néanmoins son lot de consolation et pas des moindres, puisqu’il figure désormais sur la liste des films en compétition du Festival international du Film de Dubaï (du 11 au 19 décembre). Le tapis rouge du FIFM verra donc défiler Saïd Taghmaoui, Amira Casar et Assaâd Bouab, têtes d’affiche de Kandisha.


Cinéma. Tanger en noir et blanc

Le Festival national du film (FNF) soufflera, cette année, son dixième anniversaire. L’édition, qui aura lieu du 13 au 20 décembre à Tanger, sera placée, comme nous l’a confié une source au Centre cinématographique marocain, sous le signe… du noir et blanc. “Ce sera même le thème général du Festival, qui correspond à un genre de cinéma, mais aussi à l’histoire et à la mémoire du film marocain”. Le CCM a prévu, comme cerise sur le gâteau, d’éditer un coffret pour illustrer le thème. Des films cultes seront édités (pour la première fois) en DVD, tous en noir et blanc bien entendu : Soleil de printemps de Latif Lahlou, Wechma de Hamid Bennani, Mirage d’Ahmed Bouanani, Chergui de Moumen Smihi et Le Facteur de Hakim Noury. Un premier pas avant d’éditer, un jour, l’ensemble de la cinématographie marocaine en DVD.


Arts plastiques. 3 femmes et des matières

La galerie marrakchie de design contemporain Fan Wa Nour n’a pas fait dans la facilité. Réunir 3 expressions différentes, quoique toutes trois féminines, et les faire dialoguer, c’est le pari relevé et porté à bout de bras par la Marocaine créatrice de bijoux, Amina Agueznay, la Française Myriam Roland-Gosselin, l’une des rares femmes souffleuses de verre et la Belge Valérie Meyer, qui, après avoir sillonné le monde et piloté des avions, s’est jetée corps et âme dans la peinture. Les trois disent leur sensibilité à travers leurs créations, et leur passion pour la matière : Amina travaille le papier, le fil de soie, le métal et les galets, Myriam le verre, et Valérie le sable, le plâtre, les journaux ou encore le carton.

Du 21 novembre au 31 décembre, à la galerie Fan Wa Nour, Marrakech.




Humeur.
Majorité silencieuse

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

On en veut à Mohammed VI. Pas à cause de l’article 19 qui lui donne les pleins pouvoirs sur le destin du Maroc. Non, ce type de dénonciation, on le laisse aux éditorialistes en mal d’inspiration, voulant se donner une contenance. Le 19, ça nous en touche une sans faire bouger l’autre. Par contre, le dernier discours du roi sur la classe moyenne, c’était dur à vivre sur le plan personnel, le seul qui compte dépasser les grandes idées édulcorées. Suite au laïus royal, notre nièce a débarqué, son cartable plein de questions sans réponses : “Tonton, c’est quoi la classe moyenne dont il parle Sa Majesté ?”. “C’est toi en 2020, miss. Toi et tes 2 enfants, fière d’avoir un niveau de vie supérieur à celui de tes parents, embourbée dans tes crédits auto, logement et électroménager”. Elle a hoché la tête, contente d’avoir un oncle qui a réponse à tout. Pour un temps encore, celui de l’enfance, avant de devenir le ventre mou du Maroc. Celui qui, ayant trop à perdre, ne revendiquera jamais rien, à part la paix sociale, le Maroc qui aura honte de ses grands- parents pauvres et de son oncle. Trop proche de leur misère matérielle et intellectuelle pour en tirer fierté, pas assez riche pour en faire un snobisme sur l’air entendu de “je suis une fille du peuple au départ”. Moyenne comme une appréciation de prof, une femme sans aspérités. Hélas, une adulte sans révolte, miss...



Hommages
Le Festival du film de Marrakech rendra hommage à deux femmes, Sigourney Weaver et Michelle Yeoh. La première est une grande dame (au propre comme au figuré, avec ses 1m82 !) du cinéma américain, la seconde est une star du cinéma asiatique qui a conquis Hollywood (Mémoires d’une Geisha, de Rob Marshall).


Quatuor hardcore
Les Chemical Bliss ne se sont pas endormis sur leurs lauriers. Auréolés du 2ème prix metal lors du dernier L’Boulevard, le quatuor hardcore, fan de RATM et Incubus, revient avec un single très prometteur : Sick of waiting, un morceau totalement en anglais, plein d’énergie, à écouter d’urgence sur myspace.com/chemicalbliss.


Danse avec moi
Bouchra Ouizguen et Taoufiq Izeddiou, les deux meneurs de la compagnie de danse Anania, ont du pain sur la planche en cette fin d’année. Ils donneront des représentations de leur spectacle Déserts, désirs à Düsseldorf en Allemagne (le 6 novembre), à Ouagadougou au Burkina Faso (13 et 21 décembre).

 
 
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