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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Nina Hubinet

La semaine

Le président irakien
Nouri Al Maliki.
(AFP)

Irak. Fragile retour au calme

Les soldats de la coalition sont encore loin de quitter l’Irak, mais dans plusieurs provinces du pays, on ne les voit déjà plus patrouiller. Le gouvernement irakien a pris le contrôle, mercredi 29 octobre, de la province chiite de Wassit, une région frontalière de l'Iran, à 175 km au sud de Bagdad. C’est la 13ème des 18 provinces d'Irak à passer sous commandement irakien. Quelques jours plus tôt, c’était la région de Babylone, plus au nord, qui passait sous commandement irakien. Les forces américaines y seront désormais cantonnées dans leurs bases et n'interviendront qu'à la demande du gouverneur de la province.

Dans quelques semaines, le riche gouvernorat pétrolier de Kirkouk, dans le nord du pays, devrait à son tour passer aux mains du gouvernement de Nouri Al Maliki. Même la région voisine de Salaheddine, terre natale de Saddam Hussein et ancien bastion des insurgés sunnites, passera bientôt sous contrôle irakien. Les Américains n’assureront plus alors la sécurité que dans trois provinces : Bagdad et les deux zones où l'insurrection est encore présente, c'est-à-dire les régions de Mossoul et de Baâqouba. Au moment où Bagdad s’oppose aux Américains dans les négociations sur le futur statut des forces américaines en Irak (SOFA), le mandat de l’ONU pour la coalition expirant le 31 décembre 2008, ces transferts d’autorité constituent un point positif pour Washington. Le recul des violences en Irak ces derniers mois, après des années d’attentats quotidiens, les a rendus possibles. L’action des milices Al Sahwa (L’éveil), créées par le général David Petraeus en 2007 pour lutter contre Al Qaïda, a largement affaibli les groupes de combattants djihadistes. Les coups portés par l'armée irakienne appuyée par les soldats américains contre l'Armée du Mahdi, la milice du dirigeant chiite Moqtada Sadr, ont aussi conduit à l’accalmie actuelle. Mais la situation reste très fragile, d’autant que seuls 20 000 des 100 000 miliciens d’Al Sahwa devraient pouvoir intégrer l’armée irakienne.


Algérie. Rallonge pour Boutef

La démocratisation du régime n’est décidément pas à l’ordre du jour en Algérie. Dans un discours devant les responsables de la Cour suprême algérienne, le président Abdelaziz Bouteflika a annoncé mercredi 29 octobre une révision constitutionnelle lui permettant de briguer un 3ème mandat. Un scrutin présidentiel doit avoir lieu au printemps prochain, et en l'état actuel de la loi fondamentale algérienne, le président algérien, réélu en 2004, ne pouvait pas se représenter. Agé de 72 ans, Abdelaziz Bouteflika ouvre ainsi la voie à sa réélection et au renforcement des pouvoirs présidentiels en Algérie. Cette réforme de la Constitution doit permettre “au peuple d'exercer son droit légitime de choisir ses dirigeants et de leur renouveler sa confiance en toute souveraineté”, selon les dires du chef de l’Etat, qui a connu récemment des ennuis de santé.


Italie. Les étudiants contre Berlusconi

Depuis quelques semaines, la gauche italienne reprend des couleurs. Après la manifestation anti-Berlusconi du 25 septembre, qui avait rassemblé 2,5 millions de personnes selon le Parti démocrate, c’était au tour des étudiants, le 29 octobre, de descendre dans la rue, pour protester contre le projet de réforme de l’éducation, qui prévoit la suppression de milliers de postes. Mais la manifestation s’est mal terminée à Rome, où des militants d’extrême-droite, armés de matraques et de chaînes de vélo, s’en sont pris aux étudiants réunis sur la Piazza Navona, dans le quartier touristique. La police anti-émeutes est intervenue pour ramener le calme et arrêter une quinzaine de personnes. Depuis un mois, certains professeurs du secondaire et du supérieur font cours dans la rue pour exprimer leur mécontentement.


Syrie. America attacks

C’est la première fois que l’armée américaine franchit la frontière entre l’Irak et la Syrie. Dimanche 26 octobre, un raid héliporté américain a visé un bâtiment supposé abriter des combattants jihadistes en partance pour l’Irak, dans le village syrien d’Al Soukkariya. Bilan : 8 morts, selon les médias officiels syriens. Damas a réagi en parlant “d’agression terroriste” des Etats-Unis sur son sol, envoyant une lettre de protestation à l’ONU, et ordonnant la fermeture de l'école et du centre culturel américains. La France, nouvelle alliée des Syriens, a vivement condamné ce raid. Côté américain, un responsable a qualifié l’attaque de “succès”, affirmant que “l’un des plus importants passeurs de combattants étrangers dans la région” avait été tué. Cet événement pourrait porter un coup d’arrêt aux négociations syro-israéliennes en cours.



Lu pour vous [FRANCE]
L’économie espagnole a la gueule de bois

Anne Cheyvialle, Le Figaro du 28 octobre.

Si un lieu emblématique existe pour évoquer la crise espagnole, c'est bien El Quinon, près de Sesana, à quarante kilomètres au sud de Madrid, au beau milieu des plaines de Castille. Une ville nouvelle, coincée entre l'autoroute et des entrepôts industriels, a poussé en pleine euphorie immobilière, en 2003. À cette époque, il se construisait en Espagne 700 000 logements par an, plus que dans l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne réunies ! Toutes les conditions étaient remplies pour cette course au ladrillo (“brique”) : une croissance enviée de 4% par an, des taux d'intérêt très bas, des crédits faciles jusqu'à 50 ans…
Cinq ans plus tard, que reste-t-il du projet mégalo de Fernando Hernando, ancien puisatier devenu promoteur multimillionnaire, qui a érigé sur l'une des places d'El Quinon la statue de ses parents ? Il y flotte comme un air d'abandon. D'immenses bâtiments inachevés, des dizaines de grues à l'arrêt. De rares passants promènent leur chien tandis que les quelques commerces attendent désespérément le client. (…) Père de deux petites filles, Ivan s'est endetté sur 40 ans pour acheter son appartement : 140 m2 pour 230 000 euros…
Ce flop illustre à lui seul la profondeur du krach immobilier. Aux dires des spécialistes, le stock d'invendus atteindrait fin décembre le million de logements. D'ici à la fin de l'année, 75% des agences immobilières auront mis la clef sous la porte.



Pakistan. Quand la terre tremble

Le bilan officiel fait état de près de 300 morts. Mais la Croix Rouge, présente sur place, parle de plusieurs centaines de morts, et le bilan pourrait encore s’alourdir. Le séisme qui a secoué mercredi 28 octobre la province du Baloutchistan, région pakistanaise frontalière de l’Afghanistan, a surpris les habitants dans leur sommeil, lorsque des maisons se sont effondrées sous l’effet des glissements de terrain. 6000 personnes auraient perdu leur habitation selon les autorités locales. La première secousse, d’une magnitude de 6,4, a dévasté plusieurs villages, avant qu’une réplique de même puissance sème à nouveau la panique parmi les sinistrés.


RD Congo. Un cessez-le-feu pour rien

“Ne pas faire peur à la population”. C’est la raison invoquée par le chef rebelle Laurent N’Kunda pour décider d’un cessez-le-feu unilatéral, alors que ses milices tutsies venaient de s’emparer de la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo. Près de 100 000 personnes, pour la plupart complètement démunies, ont dû fuir depuis la reprise des combats, fin août. Le président du Rwanda voisin, Paul Kagame, est soupçonné de soutenir l’offensive rebelle dans cette région riche en minerais. Après une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, la Monuc (Mission des Nations Unies en RDC), forte de 17 000 hommes mais jusque-là impuissante, est finalement entrée en action le 29 octobre pour contrer l’avancée des troupes rebelles.


Vite !

Le conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a blanchi samedi 25 octobre le directeur général de l'organisation, Dominique Strauss-Kahn, des accusations de favoritisme qui pesaient sur lui après la révélation d'une liaison avec une employée.

 
 
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