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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Ghita Albar

Festival. Dansons sous la pluie

Amateurs et professionnels
ont profité de stages
encadrés par des
chorégraphes internationaux.
(DR)

Casablanca a vibré, tout le long d’un pluvieux mois d’octobre, aux rythmes de la danse contemporaine, sous l’impulsion d’Action Dance. Retour sur le pari audacieux d’une jeune compagnie.


La danse souffre de préjugés et tabous qui ont la peau dure. Cette forme “d’expression du corps” est, pour certains, rattachée aux termes de prostitution ou d'homosexualité. Pour d'autres, elle ne s'adresse qu'à l'élite bourgeoise. Dévalorisée, la discipline est la grande absente du
paysage culturel marocain avec peu d’écoles et de création. Et pourtant, elle existe : voilà ce qu’entendait montrer la jeune compagnie de danse casablancaise Fleur d'Orange.

Melting-pot artistique
Pour sensibiliser le public, ses passionnées ont organisé le festival Action Danse. Du 8 au 29 octobre spectacles, stages professionnels et amateurs, débats, rencontres et expositions ont pris possession des locaux de l’Institut français, mais aussi des anciens abattoirs de la ville. Au programme, de la danse contemporaine, mais aussi des spectacles et ateliers de hip hop, de capoeira et danses traditionnelles… peut-être plus faciles d’accès pour un public non initié. Selon la directrice de la compagnie, Hind Benali, l’objectif est de créer un “temps d'échange”, mais aussi de “former et faire connaître ceux qui sont déjà là”. “Le déficit en termes d'écoles et de débouchés conduit la plupart des danseurs à partir à l’étranger afin de poursuivre leur formation artistique”, explique-t-elle. Durant trois semaines, des danseurs professionnels marocains et étrangers (Madagascar, Afrique du Sud, Burkina Faso, Niger, Sénégal, Algérie et France) ont pu bénéficier de stages intensifs sous la direction de trois chorégraphes internationaux. Le Franco-américain Martin Kravitz, le Burkinabé Salia Sanou et le Franco-marocain Sidi Graoui ont partagé leur savoir-faire.

Vers la professionnalisation
Hind Benali se félicite donc de cette première édition. Malgré des difficultés budgétaires, le programme de stages professionnels et ateliers s’est déroulé comme prévu et une première dynamique est née. Forte de cette expérience, Fleur d'Orange envisage de reconduire des sessions de formation l’année prochaine auprès de danseurs professionnels mais aussi amateurs. Petit plus, la compagnie entend intégrer désormais une formation “administrative”. Outre la danse, il sera question d'apprendre à l'artiste à lire un contrat d'engagement ou encore à monter un projet (montage financier, structure...), volet trop souvent absent de toute formation artistique. Rendez-vous est pris en 2010 pour la prochaine édition d’Action Danse, le temps de trouver des moyens financiers à la hauteur des ambitions de la compagnie. En attendant, la compagnie planche sur la création de son prochain spectacle, avec la compagnie sud-africaine ThlalefoProduction, “I think therefore I am... affected”.

 
 
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