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Marhba or not marhba
Je suis d'origine marocaine et je vis en France depuis presque 40 ans. Il marrive de passer mes vacances au Maroc mais, à chaque fois, je me dis que c'est la dernière
L'été dernier, je suis venu avec ma femme en voiture. En Espagne, le voyage fut agréable. Les problèmes ont commencé au moment exact où on a mis les pieds sur le bateau, le Bismillah, qui nous emmenait au Maroc. Exemple : les toilettes bouchées, la police marocaine qui traite les voyageurs comme des moins que rien, etc. Arrivés à Tanger, le calvaire prenait une dimension plus grave. Une nuée de gens qui vous entourent, qui vous proposent une aide dont en principe on n'a aucun besoin, des douaniers, des policiers qui nous traitent comme des chiens... Quant aux toilettes dans le port de Tanger, elles sont toutes, je dis bien toutes, indignes de recevoir des gens censés être les bienvenus. Et que dire de tous ces gendarmes qui se mettent en plein milieu de l'autoroute sans prévenir, de ces cailloux reçus sur l'autoroute à Casa et des gendarmes qui refusent de prendre notre plainte, etc. Vous trouvez cela normal ?
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Libre antenne, libre expression
Jai quinze ans, je suis (déjà) une fidèle lectrice de TelQuel. Je vous interpelle sur un point : laffaire Momo et lémission Libre antenne. Je ne comprends pas. Des fois, vos journalistes soutiennent lémission contre la HACA (Haute autorité de la communication audiovisuelle), des fois ils prennent le parti de linstance darbitrage. Je trouve votre position sur cette affaire pas claire, pas toujours. Personnellement, je suis tout à fait contre la suppression de Libre antenne, je suis même choquée devant la sévérité des juges. Cette émission est bénéfique pour nous les jeunes. Même si je concède que lanimateur aurait mérité, tout au plus, un petit avertissement. Il na pas su maîtriser l'antenne, mais il na pas commis de faute grave pour autant. Les juges, dans un pays comme le Maroc, devraient plutôt sanctionner les gens qui font des fautes beaucoup plus graves
Quant à Libre antenne, cétait un vrai espace de liberté (dexpression). Quelle soit vulgaire ou polie, l'important c'est qu'on goûtait à la liberté (dexpression). Ce qui nest malheureusement plus le cas.
Zineb Ghiati, Casablanca.
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La sociologie du café maghribi
Le café est la chose la plus démocratique du pays, y en a pour tout le monde et pour tous les goûts: les pas chers, les hors de prix, les populaires, les modernes. On pourrait croire à un choix politique, il y a presque autant de cafés que de chômeurs, c'est-à-dire beaucoup
Dun point de vue sociologique, la terrasse est réservée aux dragueurs ayant plutôt la flemme de marcher pour pratiquer leur sport favori, ils préfèrent admirer le défilé des bassins moulés dans les jeans en dégustant un bon nouss nouss, et assouvir par la même occasion leur soif de tberguig. Voilà. Quant à létage, cest la cachette des amoureux qui veulent sembrasser. Ben oui. Comme on ne peut pas toujours emmener son petit ami ou sa petite amie à la maison, et comme on ne peut pas encore sembrasser dans la rue, ni dans tout autre espace vraiment public (ouili, ouili, la hchouma), il reste donc les cafés, principalement à létage ! Dautres, plus malins, préfèrent se payer une séance de cinéma à deux, avec deux tickets dentrée donc, et beaucoup de câlins à lintérieur de la salle obscure. Au Maroc, le café sert aussi de vitrine aux snobs, aux arrivistes et aux nouveaux riches, champions du mas-tu-vu?, qui y trouvent lopportunité détaler leurs acquis. Illustration de tout cela : Reda et Nora forment un couple, ils sortent ensemble et sont très amoureux lun de lautre. Tandis que Reda supplie sa maman de convaincre son papa de le laisser sortir la BMW décapotable, le cur de sa copine Nora balance entre deux robes à peu près identiques, de même couleur, toutes les deux très staïle (style). Après avoir obtenu laval de son papa pour la voiture, Reda court se plaquer les cheveux en arrière avec du gel brillant avant de se crisper dans sa tenue habituelle : chemise classe bien repassée avec zéro pli, pantalon classe et la paire de chaussures classe qui va avec. Il est prêt. Nora, elle, a pris un peu de retard à résoudre ses problèmes existentiels : le nécessaire de maquillage quelle ne retrouve pas, longle qui sest cassé juste avant sa manucure, la mèche droite qui ne boucle pas comme la mèche gauche. Ça narrive quà moi ce genre de choses pleurniche-t-elle. Mais elle ne tarde pas à retrouver le sourire en voyant son Jules arriver dans la belle voiture de son papa !
Le couple se pointe finalement au café et Nora est aux anges. La clique des amis est au complet. Ils ont tous élu domicile à la terrasse, ils ont donc pu admirer larrivée très people du couple dans la décapotable. Bien en vue, Nora enlève de temps en temps ses lunettes noires pour laisser apparaître ses lentilles bleu turquoise. Reda est à la hauteur, il prend place et dispose les trois éléments phares de tout jetsetteur qui se respecte sur la table : le paquet de cigarettes light en dessous, le portable dernier cri toutes options en dessus, et la clé de la voiture en dernier. Voilà, les discussions peuvent commencer. Les débats aussi, sur la boîte de nuit qui ne sélectionne pas assez à lentrée, sur le dernier week-end à Kech, la soirée électro à Bouz, etc.
Meryem El Batoul Reggab, Casablanca.
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Vous avez dit Oscar ?
Fidèle lecteur de votre magazine, jai été interpelé par larticle Adieu mères candidat aux Oscars : de Casa à Hollywood (TelQuel n° 345), que jai lu avec beaucoup dattention. Je suis cinéphile, connaisseur du cinéma marocain et international, je me permets à ce titre de vous écrire. À mon humble avis, au risque de paraître rabat-joie, et avant de me traiter de médisant, ce film est très loin de rentrer dans les canons de qualité pour prétendre concourir aux Oscars. Au fait, le film est juste candidat à la candidature, il a été proposé aux Oscars, sans plus. De plus, la musique ressemble étrangement à celle du film Exodus, dOtto Preminger. Je ne veux pas parler de plagiat ni de copier/coller, mais cela y ressemble fortement. Si ça se sait, le cinéma marocain sera taxé de plagiaire, comme au bon temps du cinéma turc des années 80 dont 90% des bandes-annonces étaient pompées sur celles de La Guerre des étoiles ou des Aventuriers de larche perdue. Au risque de paraître encore plus médisant, vous dites que le film est 3ème au box-office, alors que selon votre revue, dans un numéro antérieur, il ny a nulle mention dudit film dans votre liste du box-office.
Amine Laaroussi, Casablanca.
Cher lecteur, le film a en effet été proposé aux Oscars et il est candidat à la candidature, c'est-à-dire à la finale du 22 février 2009. Mais la proposition et la candidature ne sont pas spontanées, elles ont bien été validées, et par le Maroc via une commission dévaluation, et par lAcadémie des Oscars. Cest déjà un premier pas, comme nous lécrivions dans notre article. Adieu mères est par ailleurs bien le troisième score au box-office marocain, et non international, de lannée 2008.
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