Tendance. La fuite des talents
Aboubakr Jamai : "Le Maroc me manque"
Société. J'hérite donc je suis
Reportage. Le London blues du trader
Urbanisme. Casa new look
Mémoire. Les Indigènes de la Guerre d'Espagne
États-unis. La révolution Obama
Israël. La vie sans Livni
Conso. Les Cybermarchés attaquent
Portrait. Une certaine dame
Festival. Dansons sous la pluie
Cinéma. œdipe président
Expo. La Factory marocaine
N° 346
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Ecrivez-nous ! Faites-nous part de vos commentaires, critiques ou encouragements.

E-mail : (courrier@telquel.info). Fax (022 22 05 63). Lettres (28, avenue des FAR, Casablanca).



Marhba or not marhba

Je suis d'origine marocaine et je vis en France depuis presque 40 ans. Il m’arrive de passer mes vacances au Maroc mais, à chaque fois, je me dis que c'est la dernière… L'été dernier, je suis venu avec ma femme en voiture. En Espagne, le voyage fut agréable. Les problèmes ont commencé au moment exact où on a mis les pieds sur le bateau, le “Bismillah”, qui nous emmenait au Maroc. Exemple : les toilettes bouchées, la police marocaine qui traite les voyageurs comme des moins que rien, etc. Arrivés à Tanger, le calvaire prenait une dimension plus grave. Une nuée de gens qui vous entourent, qui vous proposent une aide dont en principe on n'a aucun besoin, des douaniers, des policiers qui nous traitent comme des chiens... Quant aux toilettes dans le port de Tanger, elles sont toutes, je dis bien toutes, indignes de recevoir des gens censés être “les bienvenus”. Et que dire de tous ces gendarmes qui se mettent en plein milieu de l'autoroute sans prévenir, de ces cailloux reçus sur l'autoroute à Casa et des gendarmes qui refusent de prendre notre plainte, etc. Vous trouvez cela normal ?

Jamil Jamil, France.



Libre antenne, libre expression

J’ai quinze ans, je suis (déjà) une fidèle lectrice de TelQuel. Je vous interpelle sur un point : l’affaire Momo et l’émission Libre antenne. Je ne comprends pas. Des fois, vos journalistes soutiennent l’émission contre la HACA (Haute autorité de la communication audiovisuelle), des fois ils prennent le parti de l’instance d’arbitrage. Je trouve votre position sur cette affaire pas claire, pas toujours. Personnellement, je suis tout à fait contre la suppression de Libre antenne, je suis même choquée devant la sévérité des juges. Cette émission est bénéfique pour nous les jeunes. Même si je concède que l’animateur aurait mérité, tout au plus, un petit avertissement. Il n’a pas su maîtriser l'antenne, mais il n’a pas commis de faute grave pour autant. Les juges, dans un pays comme le Maroc, devraient plutôt sanctionner les gens qui font des “fautes” beaucoup plus graves… Quant à Libre antenne, c’était un vrai espace de liberté (d’expression). Qu’elle soit vulgaire ou polie, l'important c'est qu'on goûtait à la liberté (d’expression). Ce qui n’est malheureusement plus le cas.

Zineb Ghiati, Casablanca.



La sociologie du café maghribi

Le café est la chose la plus démocratique du pays, y en a pour tout le monde et pour tous les goûts: les pas chers, les hors de prix, les populaires, les modernes. On pourrait croire à un choix politique, il y a presque autant de cafés que de chômeurs, c'est-à-dire beaucoup…
D’un point de vue sociologique, la terrasse est réservée aux dragueurs ayant plutôt la flemme de marcher pour pratiquer leur sport favori, ils préfèrent admirer le défilé des bassins moulés dans les jeans en dégustant un bon nouss nouss, et assouvir par la même occasion leur soif de tberguig. Voilà. Quant à l’étage, c’est la cachette des amoureux qui veulent s’embrasser. Ben oui. Comme on ne peut pas toujours emmener son petit ami ou sa petite amie à la maison, et comme on ne peut pas encore s’embrasser dans la rue, ni dans tout autre espace vraiment public (ouili, ouili, la hchouma), il reste donc les cafés, principalement à l’étage ! D’autres, plus malins, préfèrent se payer une séance de cinéma à deux, avec deux tickets d’entrée donc, et beaucoup de câlins à l’intérieur de la salle obscure. Au Maroc, le café sert aussi de vitrine aux snobs, aux arrivistes et aux nouveaux riches, champions du “m’as-tu-vu?”, qui y trouvent l’opportunité d’étaler leurs “acquis”. Illustration de tout cela : Reda et Nora forment un couple, ils sortent ensemble et sont très amoureux l’un de l’autre. Tandis que Reda supplie sa maman de convaincre son papa de le laisser sortir la BMW décapotable, le cœur de sa copine Nora balance entre deux robes à peu près identiques, de même couleur, toutes les deux très “staïle” (style). Après avoir obtenu l’aval de son papa pour la voiture, Reda court se plaquer les cheveux en arrière avec du gel brillant avant de se crisper dans sa tenue habituelle : chemise classe bien repassée avec zéro pli, pantalon classe et la paire de chaussures classe qui va avec. Il est prêt. Nora, elle, a pris un peu de retard à résoudre ses problèmes existentiels : le nécessaire de maquillage qu’elle ne retrouve pas, l’ongle qui s’est cassé juste avant sa manucure, la mèche droite qui ne boucle pas comme la mèche gauche. “Ça n’arrive qu’à moi ce genre de choses” pleurniche-t-elle. Mais elle ne tarde pas à retrouver le sourire en voyant son Jules arriver dans la belle voiture de son papa !
Le couple se pointe finalement au café et Nora est aux anges. La clique des amis est au complet. Ils ont tous élu domicile à la terrasse, ils ont donc pu admirer l’arrivée très people du couple dans la décapotable. Bien en vue, Nora enlève de temps en temps ses lunettes noires pour laisser apparaître ses lentilles bleu turquoise. Reda est à la hauteur, il prend place et dispose les trois éléments phares de tout jetsetteur qui se respecte sur la table : le paquet de cigarettes light en dessous, le portable dernier cri toutes options en dessus, et la clé de la voiture en dernier. Voilà, les discussions peuvent commencer. Les débats aussi, sur la boîte de nuit qui ne sélectionne pas assez à l’entrée, sur le dernier week-end à Kech, la soirée électro à Bouz, etc.

Meryem El Batoul Reggab, Casablanca.



Vous avez dit Oscar ?

Fidèle lecteur de votre magazine, j’ai été interpelé par l’article “Adieu mères candidat aux Oscars : de Casa à Hollywood” (TelQuel n° 345), que j’ai lu avec beaucoup d’attention. Je suis cinéphile, connaisseur du cinéma marocain et international, je me permets à ce titre de vous écrire. À mon humble avis, au risque de paraître rabat-joie, et avant de me traiter de médisant, ce film est très loin de rentrer dans les canons de qualité pour prétendre concourir aux Oscars. Au fait, le film est juste “candidat à la candidature”, il a été proposé aux Oscars, sans plus. De plus, la musique ressemble étrangement à celle du film Exodus, d’Otto Preminger. Je ne veux pas parler de plagiat ni de copier/coller, mais cela y ressemble fortement. Si ça se sait, le cinéma marocain sera taxé de plagiaire, comme au bon temps du cinéma turc des années 80 dont 90% des bandes-annonces étaient pompées sur celles de La Guerre des étoiles ou des Aventuriers de l’arche perdue. Au risque de paraître encore plus médisant, vous dites que le film est 3ème au box-office, alors que selon votre revue, dans un numéro antérieur, il n’y a nulle mention dudit film dans votre liste du box-office.

Amine Laaroussi, Casablanca.


Cher lecteur, le film a en effet été “proposé aux Oscars” et il est “candidat à la candidature”, c'est-à-dire à la finale du 22 février 2009. Mais la proposition et la candidature ne sont pas spontanées, elles ont bien été validées, et par le Maroc via une commission d’évaluation, et par l’Académie des Oscars. C’est déjà un premier pas, comme nous l’écrivions dans notre article. Adieu mères est par ailleurs bien le troisième score au box-office marocain, et non international, de l’année 2008.

TelQuel.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2009 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés