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Par Fédoua Tounassi
Conso. Les Cybermarchés attaquent
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Le Soussi du quartier a-t-il
du souci à se faire avec larrivée
des épiceries virtuelles ?
(TNIOUNI)
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Depuis six mois, deux supermarchés en ligne proposent de faire ses courses dun simple clic. Une petite révolution dans un secteur dominé par lépicier du coin.
Mouna, la quarantaine, cadre dans une société de finances, a des semaines de 50 à 60 heures. Son petit plaisir : les grasses matinées du week-end, gâchées, hélas, par les courses hebdomadaires. Réveil à 8 heures le samedi matin, direction lhypermarché le plus proche. Jy vais tôt pour éviter la foule, car, en plus, je dois me coltiner les |
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enfants. Deux heures plus tard, notre charmante cadre BCBG est, à chaque fois, au bord de la crise de nerfs, les cheveux en lair, les enfants en pleurs, et en plus la moitié des provisions oubliée. Mais depuis peu, finie la corvée, Mouna a trouvé la solution. À portée dun clic : les cybermarchés.
Sans caddie, sans soucis
Grâce à Internet, les clients peuvent faire leurs courses sans avoir à se déplacer. Ils passent commande et sont livrés quelques heures plus tard, explique Mohamed Benaddou Idrissi, directeur général depicerie.ma , supermarché en ligne nouvellement créé à Casablanca. Rentré au Maroc après ses études en France, Benaddou na quune idée en tête : monter son propre projet. Il pense tout dabord investir le créneau du développement de photos numériques. Cela na pas abouti et jai bifurqué vers le supermarché en ligne, explique-t-il. Sans perdre de temps, il se met à la tâche et commande une étude de marché. Les résultats ont été concluants, montrant que le secteur de lachat en ligne est très prometteur au Maroc, souligne-t-il. Benaddou fonce donc sur loccasion et crée, en avril dernier, son site dachat en ligne.
La cible : les jeunes entre 20 et 35 ans qui nont pas le temps de faire leurs courses en semaine et préfèrent consacrer leur week-end à dautres activités. Pour les séduire, Benaddou propose près de 2000 références. Après six mois dexistence, la machine est bien rodée et le carnet de commandes ne désemplit pas. Nous avons en moyenne entre 13 et 14 commandes par jour. Si lentreprise possédait un second véhicule de livraison, nous aurions pu atteindre 20 commandes aisément, déplore-t-il. Comment ça marche ? Les services sont accessibles seulement par Internet. Le client doit, à sa première visite, choisir un numéro didentifiant, lié à une adresse précise et utilisé à chaque achat. Une simple précaution pour éviter les fausses commandes, commente Benaddou. Le règlement se fait, pour lheure, à la livraison, par chèque ou en espèces. Cest plus sécurisant pour le client, il a le temps de vérifier la commande avant de passer à la caisse, confie Benaddou. Un service de paiement en ligne devrait, tout de même, être bientôt disponible. Les frais de livraison sélèvent à 35 dirhams, pour la première livraison et 25 dirhams pour la deuxième, si celle-ci intervient dans les dix jours suivants. Cette nouvelle tarification a été adoptée il y a peu pour fidéliser la clientèle, avoue le patron depicerie.ma.
Moyens du bord
Et pour cause, Benaddou nest plus seul sur le marché. Un autre cybermarché a vu le jour en juillet : shop4you.ma à linitiative de Naoufal Rhouda et Soufiane Sayd, deux étudiants dune école de commerce de la place. Lidée est venue à loccasion dune mission de terrain que nous devions faire dans le cadre de notre cursus, sous le thème de la monétique et prospection des marchés de lEurope de lEst, raconte Naoufal, lun des associés du supermarché en ligne. Lidée fait son chemin et, peu de temps après, nos entrepreneurs en herbe la concrétisent avec les moyens du bord. On a commencé par faire du picking. À chaque fois quon recevait une commande, on faisait nous-mêmes les courses dans un hypermarché et on livrait le tout au client en essayant de respecter le plus possible les plages horaires, confie Rhouda. Depuis, les méthodes du tandem se sont professionnalisées et nos deux compères se sont alliés, avec succès, à la chaîne de supermarchés Franprix Maroc pour faciliter lapprovisionnement. Nous avons en moyenne 12 commandes par jour, déclare-t-il. En plus des particuliers, shop4you.ma sadresse également aux hôtels, restaurants et cafés. Les hôtels viennent en première position parmi leur clientèle.
Exit le Soussi du quartier ?
Ces supermarchés virtuels sont-ils en passe de remplacer le Soussi du quartier ? Nous sommes 3 à 4% plus chers que certains hypermarchés et alignés sur certains autres. Mais nous restons, dans tous les cas, 8 à 10% moins chers que lépicerie du quartier, explique Mohamed Benaddou Idrissi, patron depicerie.ma. Même si son concurrent, shop4you, semble relativement plus cher, ses prix, nous assure-t-on, demeurent très compétitifs.
Côté rentabilité, ce nest pas encore le jackpot : Lorsquon lance un projet innovant, il ne faut pas sattendre à ce que la rentabilité soit au rendez-vous dès les premiers mois, avoue Benaddou Idrissi. Le chiffre daffaires de son entreprise tourne autour de 150 à 250 000 dirhams par mois, avec une moyenne de 800 dirhams par panier). Pour leur part, les associés de shop4you nentendent pas donner de chiffres. Si ce nétait pas rentable, on aurait mis la clé sous le paillasson avant notre 4ème mois dactivité, riposte Rhouda.
Mais que lon se rassure, les épiceries de quartier ne devraient pas disparaître de sitôt. Question de culture, sans doute. Palper, soupeser, toucher la marchandise ne peut se faire à travers un écran. |
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E-commerce. Un secteur encore embryonnaire
Selon le Centre monétique interbancaire (CMI), les transactions en ligne représentent un chiffre daffaires dà peine 23 millions de dirhams (chiffres à octobre 2008). Ces statistiques prennent en compte les paiements en ligne, sans comptabiliser les sociétés proposant leurs produits sur le Net (informatique, parapharmacie, cybermarchés), et qui se font payer à la livraison par chèque ou en espèces. Il nen demeure pas moins que le e-commerce peine à convaincre les entreprises au Maroc, qui sont tout au plus une dizaine à avoir adopté le paiement en ligne. Ce sont généralement des PME, à lexception de deux locomotives : la Royal Air Maroc et Europcar. Par ailleurs, le lancement du règlement par Internet des factures de la Lydec et de Maroc Telecom devrait normalement donner un coup de fouet aux transactions. |
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