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Par Meryem Saadi
Urbanisme. Casa new look
Dès 2013, la capitale économique devrait se métamorphoser en métropole internationale. Telle est lambition du nouveau schéma directeur daménagement urbain. Zoom sur les projets phares.
Grand Casablanca.
Concurrencer Paris, Londres
La population de Casablanca sélèvera à 5 millions dhabitants en 2030. Dici là, lAgence urbaine espère faire de la locomotive économique du pays une grande métropole aux normes internationales, dans le but dattirer touristes et investisseurs étrangers. Pour cela, le nouveau schéma directeur daménagement urbain, présenté fin octobre, met laccent sur le développement économique, la cohésion sociale, les réseaux de transports collectifs de masse et lenvironnement. Dès début 2013, une ligne de tramway de 28 km sillonnera la ville et assurera le transport de 200 000 passagers par jour dans différents quartiers : seule solution pour décongestionner la ville, qui possède le tiers du parc automobile du pays. Une partie de lAvenue Mohammed V, lun des principaux axes de passage du tramway, deviendra totalement piétonne et une dizaine de stations déchanges seront aménagées (dont Casa Voyageurs), pour assurer les correspondances avec les bus et les trains. Cette opération, dun coût de 6,4 milliards de dirhams, sera suivie par la mise en place du RER, du métro et du TGV. Le port connaîtra également beaucoup de transformations. Largement étendu à lest, il sera doté de quais et despaces de stockage supplémentaires, pour faire face à la croissance du trafic de conteneurs. Autre priorité du nouveau schéma directeur de Casablanca : lenvironnement. Une ceinture verte autour de la ville devrait être mise en place ainsi que la protection de certains espaces littoraux. LAgence urbaine compte aussi réaliser un schéma dassainissement pour toute la région, créer une nouvelle décharge aux normes environnementales, et adopter un système de recyclage des eaux usées et des eaux pluviales. La culture et le divertissement ne seront pas en reste, puisque Casablanca sera dotée dune grande salle de spectacles (Corniche dEl Hank), dune cité du cinéma et de limage (Anfa), ainsi que dun aquarium (Bouskoura) et dun parc archéologique (Sidi Abderrahmane). |
Anfa.
Manhattan version maghribiya
Dans les années à venir, il fera bon habiter ou travailler dans cette partie de la ville. Et si cest les deux en même temps, cest encore mieux ! Ce quartier sera sans aucun doute lun des plus branchés de Casablanca. Sétendant sur 358 hectares, il aura un potentiel de 100 000 emplois et accueillera 100 000 habitants. À la place de laérodrome qui occupe actuellement une grande partie de la zone, se dressera une place financière moderne, entourée dun grand espace vert de 50 hectares, qui portera le nom dAnfa Park. Deux tours abritant exclusivement des bureaux seront construites sur le site, ainsi quune bibliothèque, une médiathèque et plusieurs écoles primaires et secondaires. Anfa sera également un pôle culturel, qui accueillera - il était temps - le Grand Théâtre de Casablanca, ainsi quune salle dexposition. Côté shopping, les habitants nauront pas à aller loin, puisquun centre commercial, baptisé Anfa Halles, est également au programme. Il pourra dailleurs attirer des clients venant des quatre coins de Casablanca, puisque Anfa sera desservi à la fois par le tramway et par le RER (Réseau express régional). Dernière bonne nouvelle : les logements construits dans cet agréable quartier ne seront pas tous hors de prix. Daprès le schéma directeur, la majorité sera à la portée de la classe moyenne marocaine, mixité sociale oblige. Enfin, tout comme Sidi Maârouf, Anfa est censé devenir un pôle regroupant les fonctions tertiaires. Laxe les reliant est dailleurs considéré comme lun des principaux futurs corridors économiques de Casablanca. Il sera composé de bureaux, de laboratoires de recherche, ou encore détablissements scolaires. Les chantiers de la première phase dAnfa devraient commencer pendant lété 2009, et la place financière devrait être prête en 2011. |
Sidi Moumen.
Pôle sportif et industriel
Dans lesprit dune partie des Marocains, le quartier de Sidi Moumen est lié aux attentats du 16 mai 2003, plusieurs kamikazes en étant originaires. Depuis, le quartier maudit est souvent cité pour parler de misère, dintégrisme religieux et de bidonvilles au Maroc. Mais, à en croire le nouveau schéma directeur de Casablanca, tout cela ne sera plus quun lointain souvenir en 2013. Daprès ce projet, les bidonvilles Thomas et Sekouila -pour ne citer que ces deux- disparaîtront très bientôt. Les 14 000 foyers qui y vivent seront recasés dans plusieurs types dhabitat, et les quartiers insalubres, comme Sidi Moumen Lakdim, seront remis à niveau. Exit limage du quartier pauvre, coupé du monde et sous-équipé. Sidi Moumen sera un quartier dynamique, relié au reste de la ville par le tramway. Cest dailleurs là que sera construit le Stade Olympique de Casablanca, dune capacité de 70 000 places, entouré dun parc urbain de 40 hectares. Le projet prévoit également la construction dun centre commercial, avec un parking de 4000 places qui pourra aussi servir lors des matchs au Stade Olympique. Autre grand chantier de Sidi Moumen : la Cité Automobile. Dune superficie de 190 hectares, lensemble intégrera des usines de montage équipées selon les normes internationales, des espaces de vente, ainsi quun centre de formation aux métiers de lautomobile et un centre de développement et de recherche. Objectif ? Attirer le maximum dinvestisseurs dans ce quartier denviron 290 000 habitants, jusque-là marginalisé. Sidi Moumen verra également le regroupement de tous ses ferrailleurs dans une zone de 60 hectares, comptant 500 ateliers et dépôts de vente. Une solution judicieuse pour mettre fin à lanarchie que connaît cette profession, qui sévit aussi dans tout le reste de la ville. |
Arrahma et Lahraouyine.
Objectif villes nouvelles
Pour lutter contre les logements insalubres et diversifier loffre dhabitat, la solution de lAgence urbaine est de construire deux nouvelles villes, Arrahma et Lahraouyine, dans des zones connues pour abriter plusieurs bidonvilles. Le projet Arrahma (commune rurale de Dar Bouazza) va aider au recasement des habitants du bidonville de Bachkou. Quant à la ville nouvelle de Lahraouyine (région de Médiouna), elle est censée accueillir ceux des Carrières Centrales. Mais ces villes nouvelles nont pas pour unique but daider à léradication de lhabitat insalubre, elles sont aussi censées constituer de nouveaux pôles urbains, qui donneront un tout nouveau visage à Casablanca. Sétendant sur 1460 hectares, le projet de Lahraouyine pourra recevoir 120 000 habitants. Etant donné quelle se situe dans une zone périphérique encore plutôt rurale, cette nouvelle ville aura une identité particulière. Elle comportera un parc régional de 200 hectares, qui englobera des fermes pédagogiques, des pépinières, des haras ou encore des gîtes ruraux. Les études enseignées dans luniversité de Lahraouyine seront aussi tournées vers lactivité agricole périurbaine, à travers des filières comme lhorticulture fruitière ou légumière par exemple. Le reste de la ville sera constitué dhabitations, de commerces mais aussi dun pôle industriel qui accueillera des activités majoritairement tournées vers lagroalimentaire. De lautre côté de la Casablanca, la nouvelle ville dArrahma accueillera 240 000 habitants, sur une superficie de 2500 hectares. Sa proximité avec le littoral de Dar Bouazza en fait une zone appropriée pour la mise en place dactivités touristiques (hôtels, centres de loisirs
). Tous les types de logements y sont prévus, quil sagisse dhabitat social, de villas économiques, ou encore de résidences de moyen et haut standings. Les coups denvoi des chantiers de Arrahma et Lahraouyine ont déjà été donnés, et ces deux villes devraient voir le jour en 2013. |
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