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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La Semaine


Salaheddine Mezouar, ministre
de l’Economie et des Finances.
(TNIOUNI)

Inondations. 700 millions de dirhams de pertes


Niet, c’est la réponse de Salaheddine Mezouar, ministre de l’Economie et des Finances, aux industriels de la région Nord. Ces derniers ont demandé à l’argentier du royaume, en visite jeudi 6 novembre à Tanger, un moratoire sur les charges sociales et fiscales. Selon une source locale, “le ministre aurait signifié aux opérateurs économiques que le gouvernement ne pouvait faire que ce qui était légal”. Et ce qui l’est, c’est d’abord un fonds débloqué par le roi, de l’ordre de 200 millions de
dirhams. Pour le moment, les autorités publiques et les industriels planchent sur une solution pour venir en aide aux sinistrés. “Elle peut prendre la forme d’une prise de participation, par une structure étatique, dans les usines les plus durement touchées”, confie Adil Raïss, président de l’Association de la zone industrielle de Tanger (AZIT). Les négociations sur les modalités de cette mesure sont en cours. L’Etat promet également la suppression des droits de douane pour les pièces nécessaires à la réparation des dégâts, ainsi que pour les marchandises mises en circulation. Selon Raïss, les pertes sont énormes et s’élèvent à 700 millions de dirhams. Ce bilan est encore provisoire. “Il risque d’être encore plus lourd”, ajoute-t-il. Hormis les pertes en matière d’outils de production, de stocks des matières premières et finies et de bâtiments, ce bilan inclut également les pertes liées à l’arrêt de production. Les fromageries Bel (Vache qui rit, Kiri…) ont été durement touchées, d’autant qu’elles viennent de renouveler leurs équipements. “Heureusement, nous sommes couverts contre les catastrophes naturelles”, confie un responsable de l’usine. Une quarantaine d’entreprises de la zone industrielle auraient repris du service.


Finances. Le CDVM out ?

Un gros scandale secoue encore le landerneau financier. L’affaire, dévoilée par nos confrères d’Economie et Entreprises, met en cause la société gestionnaire de la Bourse. Des fuites auraient permis à plusieurs sociétés de Bourse d’avoir des informations de première main. Les opérations réalisées par ces sociétés seraient à l’origine du krach boursier de septembre. D’autres sources indiquent qu’un bug du système informatique de la Bourse a permis de faire filtrer ces informations. Toujours est-il qu’une enquête aurait été diligentée par le ministère de l’Economie et des Finances, écartant ainsi le Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM). Rappelons que le conseil d’administration du gendarme de la Bourse, prévu fin octobre, a été encore une fois reporté. Contactés par TelQuel, les protagonistes sont restés injoignables.


Immobilier. Hejira persiste et signe

Le discours de Mohamed Taoufiq Hejira, ministre de l’Habitat, ne change pas d’un iota. Celui que l’on qualifie de meilleur communicateur du gouvernement sait bien manier la langue de bois. Alors que l’immobilier connaît un marasme grandissant, le ministre continue d’assurer que le secteur “ne traverse pas une période de crise”. Selon lui, le risque d’une bulle immobilière est à exclure en raison du déficit en logements, estimé à un million. “Il y a seulement report de l'acquisition de logements dans l'attente d'une éventuelle baisse des prix”, a déclaré Hejira lors de la séance hebdomadaire des questions orales à la Chambre des représentants. Selon les professionnels, la crise n’est pourtant pas loin. “Marrakech ou encore Tanger connaissent une baisse des prix de l’ordre de 15 à 20%”, explique par ailleurs un promoteur immobilier.


Carburant. Le diesel plus cher

Vous payerez plus cher votre diesel à partir de janvier 2009. Car, à cette date, sera lancé le gasoil 50 ppm, moins polluant, plus écologique. Le gasoil ordinaire et le 350 disparaîtront graduellement des stations-service jusqu’à épuisement des stocks. La généralisation du 50 ppm se fera dans les quatre premiers mois de l’année prochaine. Le prix, principale préoccupation des clients, sera de 8,22 dirhams le litre. Mauvaise nouvelle pour les utilisateurs du diesel normal, vendu actuellement à 7,22 dirhams le litre. Mais bonne nouvelle pour les clients du 350, commercialisé à 10,13 dirhams le litre. Pour l’heure et malgré la chute des tarifs du brut à l’international, le gouvernement ne prévoit pas de baisse des prix à la pompe.


Maroc vert. Le Crédit agricole allonge le fric

La banque met du flouss dans le plan Maroc Vert au grand bonheur de Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture. Le Crédit agricole vient de signer une convention avec la Société nationale de commercialisation des semences (Sonacos). Objectif : faciliter l’accès des agriculteurs et des producteurs de semences aux intrants, et ce à travers des taux préférentiels. Bénéficieront de ce partenariat les clients du Crédit agricole du Maroc (CAM) et ceux de la Sonacos. Le CAM s’engage à accorder aux bénéficiaires des conditions de financement préférentielles et adaptées à leurs besoins d’exploitation. La Sonacos, quant à elle, s’occupera de l’encadrement et de la sensibilisation des agriculteurs. Le volume d’activité visé par les deux partenaires à travers cette convention est de plus de 900 millions de dirhams.


Internet. IAM challenger

L’opérateur historique, jusqu’à présent leader du marché, est en train de se faire distancer par Wana. Selon les derniers chiffres publiés par l’Agence nationale de réglementation des télécoms (ANRT), concernant le troisième trimestre 2008, la filiale de l’ONA est actuellement leader sur l’Internet 3G mobile avec 74% de parts de marché. Maroc Telecom se trouve pour la première fois dans la position du challenger. “Cela déplaît au staff de MT qui met les bouchées doubles pour corriger la situation, d’où son offensive actuelle sur la 3G”, explique une source à Wana. Côté résultats, Maroc Telecom a annoncé, en milieu de semaine, un chiffre d'affaires consolidé de 22,03 milliards de dirhams, sur les neuf premiers mois de 2008. Une hausse de 8,4% par rapport à 2007.


OFF.

Un nouveau concurrent attaque le marché du low-cost marocain. Une compagnie sera lancée début 2009 conjointement par Regional Air Lines et la low-cost émiratie Air Arabia, le plus important transporteur à bas coût du Moyen-Orient. Elle desservira des destinations internes, en plus de différentes villes européennes.


Des noms circulent déjà pour la privatisation de la RAM. Le groupe Air France KLM, British Airways, Delta ou encore Iberia sont pressentis. Selon des sources internes, ce ne sera pas une privatisation au sens propre, mais plutôt un partenariat. Cette participation devrait avoisiner les 30%. Le capital de la RAM se répartit comme suit : 94,5% appartiennent à l’Etat, 2,5% à Air France et 1,6% à Iberia. Le reste est entre les mains d’investisseurs particuliers.
 
 
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