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N° 346
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine

Le numéro de l’hebdomadaire
français, interdit au Maroc.
(DR)

Presse. L’islam, ce tabou

Le ministère de la Communication a annoncé, vendredi 31 octobre, l’interdiction de l’hebdomadaire français L’Express international (lire éditorial). Le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) devait se réunir jeudi 6 novembre pour adopter une position commune quant à cette interdiction. En attendant, Younès Moujahid, président du SNPM, préfère ne pas trop s’avancer. “La religion et l’islam restent des thèmes difficiles à aborder. Nous ne pouvons pas prendre position à la légère”, nous a-t-il confié. De son côté, malgré un éditorial de Christophe Barbier déplorant la réaction des autorités marocaines, L’Express n’a pas l’intention de monter l’affaire en épingle : “C’est aux Marocains, à leur presse et à leurs associations, de faire bouger les lignes rouges. Ici, on ne peut que s’incliner devant une décision qui s’appuie sur un article très clair du Code la presse”, estime-t-on au sein de la direction de l’hebdomadaire français. Le Centre pour la liberté des médias (CMF MENA), association à la pointe du combat pour la liberté de la presse, n’a pas non plus réagi. “Le mouvement des droits de l’homme n’est pas
près de lever le tabou de l’islam, c’est un combat de longue haleine”, estime Saïd Essoulami, directeur exécutif du CMF MENA. Même l’AMDH, toujours très réactive quand il s’agit de liberté d’expression, est pour l’instant restée silencieuse. Contacté par TelQuel, son vice-président, Abdelhamid Amine, a toutefois estimé qu’ “aucune interdiction n’est défendable”. La dernière fois qu’un média étranger a été censuré au Maroc remonte au 12 septembre 2007. Un article de Nicolas Beau, titré “Un scrutin rabat-joie” et paru dans Le Canard Enchaîné, avait alors été jugé vexatoire par les autorités marocaines, sans pour autant qu’elles justifient l’interdiction.


Hassan II vs Sofia. La guerre des plats

“Hassan II n’amenait pas seulement ses cuisiniers et ses chefs, mais aussi du bœuf, du poulet, des fromages, laitues, farine et beurre ...”. Dans des extraits de sa biographie, publiés par le Sunday Times, l’épouse de Juan Carlos revient sur les habitudes culinaires qui l’exaspéraient chez l’ancien roi du Maroc. L’hebdomadaire britannique reprend ses dires : “Il disait que c’était à cause de sa religion… En vérité, il ne nous faisait pas confiance !”. La reine, végétarienne, se souvient, outrée, des moments où, invitée au Maroc, elle découvrait de la viande “dans tous les plats, camouflée et cachée dans les beignets, les croquettes, les raviolis, le riz, la salade… Un cauchemar !”.


Gala. Zidane sans nos Lions

Aucun joueur de l’équipe nationale ne sera aligné lors du match contre la pauvreté, organisé le 17 novembre à Fès. Et ce n’est certainement pas la faute de Zinedine Zidane, qui aurait personnellement invité Marouane Chamakh, Youssef Hadji, Nabil Zhar et Abdeslam Ouaddou. La fédération a opposé un niet à leur participation : “Nous voulons éviter les risques de blessures à quelques jours d’un Maroc-Zambie amical”, nous a-t-on expliqué. “C’est incompréhensible, oppose pour sa part Mounir El Hassouni, agent de Chamakh et Hadji. Le match d’exhibition de Fès n’est pas un combat, mais une partie de plaisir avec les Maldini, Pirès, Karembeu, etc”


Diplomatie. Fin du suspense

Les nominations officielles des nouveaux ambassadeurs marocains à l’étranger devraient être annoncées incessamment. Surprise de taille : une princesse fait partie des 7 femmes bientôt nommées ambassadrices. En effet, Lalla Joumala, fille de Lalla Fatem-Zahra (sœur de Hassan II) posera ses valises à Londres, 40 ans après sa tante Lalla Aïcha. Karima Benaïch, la sœur de Fadel Benaïch, un proche de Mohammed VI, élira domicile au Portugal. Par ailleurs, certaines rumeurs qui circulent depuis plusieurs mois sont confirmées. Nezha Chekrouni, l’ex-ministre chargée des MRE, s’envolera vers le Canada, tandis que l’ancien porte-parole du gouvernement, Nabil Benabdallah, atterira en Italie. Abdelkader Chaoui, actuel numéro 2 de l’ambassade du Maroc à Madrid, continuera à pratiquer son espagnol, mais cette fois-ci au Chili... L’ancien ministre de l’intérieur, Mustapha Sahel, quitera son poste à l’ONU pour représenter le Maroc en France.


USFP. Deuxième et dernier round ?

Près de 1300 militants étaient attendus vendredi 7 novembre à Skhirat pour le 8ème congrès du parti de la rose. Prévue en juin dernier, la grand-messe de l’USFP n’avait pu se poursuivre faute de consensus. Le parti socialiste revient à la charge mais avec des ambitions revues à la baisse. “Le congrès a repris là où il a été arrêté. Nous n’avons donc pas prévu de séance inaugurale où seraient invités les dirigeants de partis amis”, explique un organisateur. Le message subliminal est clair : pas de rapprochement surprise avec le PJD. La participation de l’USFP au gouvernement El Fassi ne devrait pas non plus être remise en cause. Quant aux nostalgiques de l’ère Youssoufi, ils risquent d’être déçus : l’ancien Premier ministre n’a pas prévu d’assister à l’événement.


OBAMANIA. Les Marocains aussi

Les soutiens au premier président noir de l’histoire des USA pleuvent au Maroc, à commencer par Mohammed VI himself. Dans son message de félicitations, le roi appelle Barack Obama à “œuvrer à une plus grande ouverture entre les civilisations et les religions”. Par ailleurs, un comité marocain de soutien à Barack Obama, fraîchement créé, devait organiser, le 7 novembre, une réception à laquelle ont été conviés les représentants (au Maroc) des partis démocrate et républicain, ainsi que des dirigeants de partis marocains. Parmi les invités : Abbas El Fassi, Premier ministre et patron de l’Istiqlal, Mahjoubi Aherdane, leader du MP… et Abdelilah Benkirane, secrétaire général du PJD.



3 questions à Taoufik Bouachrine
[Rédacteur en chef du quotidien Al Massae]


La Cour d’appel a confirmé le 20 octobre le verdict condamnant Al Massae à verser 6 millions de dirhams de dommages et intérêts pour diffamation. Votre réaction ?
Nous considérons que c’est un acte de vengeance du Pouvoir contre la presse indépendante. Nous comptons nous pourvoir en cassation devant la Cour suprême, mais nous ne nous faisons pas d’illusions. Aujourd’hui, nous nous interrogeons : est-ce à la presse de s’accommoder des pratiques moyenâgeuses du Makhzen, ou bien est-ce aux autorités de s’adapter au 21ème siècle ?

Cette décision de justice compromet-elle l’avenir de votre quotidien ?
Evidemment. Le Pouvoir veut nous faire mettre la clé sous la porte. Les comptes de la société ont été gelés, ce qui met en péril l’existence même d’Al Massae. Des ONG sont montées au créneau, les soutiens se mobilisent, mais il faudrait aussi que les partis politiques fassent entendre leur voix, à moins qu’ils ne cautionnent ce qui se passe.

Dans l’article incriminé, vous annonciez qu’un “mariage gay” avait été organisé à Ksar El Kébir, et qu’un substitut du procureur du roi y avait participé. Le regrettez-vous ?
Tous les journaux se trompent. Après cette affaire, nous avons publié un éditorial en Une, dans lequel nous faisions notre mea culpa, mais cela n’a rien changé. Nous n’avons nommé personne dans l’article en question, mais la Justice a considéré que les quatre substituts de Ksar El Kébir ont subi un préjudice.


Analyse. La der d’Al Adl

Les fidèles de Cheikh Yassine ont livré leur analyse (divino-financière) de la crise des subprimes sur aljamaa.info. Ainsi, un rédacteur y publie un article censé expliquer la débâcle économique des Etats-Unis. “Le subprime, voire même sa titrisation poussée, ne sont que des mécanismes qui ont été utilisés à l’extrême pour parvenir à faire prévaloir égoïsme, cupidité, luxure, mensonge, envie, impatience…”, peut-on lire. Le rédacteur illuminé continue sur sa lancée et improvise des prophéties, rehaussées par des citations de Cheikh Yassine. L’Amérique serait donc “en phase de déclin (…) mais que les opprimés du monde qui ne font qu’attendre ne se réjouissent pas vite… ‘car le déclin des civilisations peut durer des siècles’”. On a le temps de voir venir donc…


Melilia. Pression à la frontière

Dimanche 2 novembre, des clandestins ont tenté, pour la quatrième fois en une semaine, de passer côté espagnol, profitant d’une brèche au niveau de la frontière, causée par les dernières intempéries. Parmi les 13 “assaillants”, 4 ont réussi à s’infiltrer à Melilia, avant d’être arrêtés par la Guardia civil. Le lendemain, le parlementaire Antonio Gutiérrez protestait dans les colonnes du quotidien Melilla Hoy, contre “une recrudescence de l’agressivité des immigrants, armés de bâtons et de pierres”. Le député de Melilia a demandé au gouvernement espagnol d’“exiger du Maroc qu’il soit plus énergique dans son contrôle de l’immigration sur son territoire, parce qu’il a les moyens de collaborer avec les forces de sécurité espagnoles”.


Potins. Les (faux) costumes du roi

Les tberguigs du site satirique Bakchich.info n’en finissent pas. On y affirme que début ramadan, Mohammed VI aurait reçu des costumes trop petits et ordonné à Mounir Majidi de les faire échanger. Bakchich revient par ailleurs sur une mésaventure vécue par le roi, lors de ses premières années de règne : il aurait été dupé par l’un des anciens responsables des achats royaux à l’ambassade de Paris. Le malotru livrait à Sa Majesté de faux costumes Yves-Saint-Laurent et empochait la différence…


Istiqlal. Khalifa rue dans les brancards

Les voix dissidentes se font de plus en plus entendre au sein de l’Istiqlal. Après Mohamed Larbi Messari, ancien ministre de la Communication, qui a claqué la porte du parti début octobre, c’est au tour de M’hamed Khalifa d’étaler ses divergences avec Abbas El Fassi sur la voie publique. L’ex-ministre et député a adressé une longue lettre ouverte au Premier ministre et secrétaire général du parti. Dans cette missive, “Khalifa accuse El Fassi de ne pas être démocrate et lui explique pourquoi il ne devrait pas être reconduit à la tête du parti pour un troisième mandat”, nous apprend une source interne au parti. Les istiqlaliens ont reporté leur congrès, censé se tenir le 31 octobre, à une date ultérieure. Une manière, selon Khalifa, de mieux préparer le terrain à la réélection de Abbas El Fassi.


Instance anticorruption. Les nominés sont…

La liste des 43 membres de l’Instance centrale de la prévention de la corruption vient d’être rendue publique. Elle contient 16 officiels, 14 membres de syndicats et 13 acteurs sociaux ou universitaires dont Younès Moujahid, président du Syndicat national de la presse, Abdelmounaim Dilami, membre de Fédération des éditeurs de journaux, ou encore l’avocat Abderrahim Jamaï. “Nous avons plaidé pour une réelle marge de manœuvre de l’Instance : nous avons obtenu que les membres en fassent partie à titre personnel, pour plus d’indépendance”, nous a expliqué Kamal Mesbahi de Transparecy Maroc, qui regrette cependant que l’instance “ne soit pas dotée d’un vrai pouvoir d’investigation”.


Marrakech. Sur les chapeaux de roue

Bonne nouvelle pour les fans de Gran Turismo, le circuit auto qui va accueillir une étape du championnat du monde de voitures de tourisme (la seule du continent africain) à Marrakech est en cours de finalisation. Les 10 kilomètres de piste, situés dans la zone industrielle de la cité ocre, seront opérationnels avant le 1er mai pour le coup d’envoi de la course. “Nous attendons environ 100 000 visiteurs”, nous déclare un organisateur, qui poursuit : “L’évènement, diffusé dans 160 pays, devrait être visionné par plus de 200 millions de téléspectateurs”. Le projet, doté d’un investissement de 250 millions de dirhams, devrait rapporter la bagatelle de 550 millions de dirhams à la ville de Marrakech pour cette première édition, selon les estimations d’un responsable du projet.


Alloudi. Comme Ronaldo...

Série noire pour l’international marocain, qui s’est (de nouveau) blessé le lundi 3 novembre lors d’un entraînement avec son club émirati d’Al Aïn. “Il souffre d’une entorse à la cheville avec déchirure des ligaments”, nous apprend un de ses proches. Alloudi a été opéré le 6 novembre à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, par le professeur Eric Roland (qui avait déja opéré Ronaldo). Une vingtaine de supporters ont fait le déplacement pour soutenir l’attaquant marocain. “Il ne pourra pas jouer avant deux mois et demi” selon son agent Karim Balk, ce qui compromet sa participation pour les premiers matchs des qualifications au Mondial 2010. Quant à son transfert pour l’Olympique de Marseille, il est toujours en cours de négociation.


Expulsion. Alger l’impénétrable

En voilà un qui a fait le déplacement pour rien. Mohamed Belhaoua, attaché commercial de l’éditeur Tarik Editions, a été bloqué le 30 octobre à son arrivée en Algérie, alors qu’il se rendait au salon du livre d’Alger. “Je me suis senti humilié, nous a-t-il expliqué. Je ne sais toujours pas pourquoi j’ai été refoulé”. Interrogé sans ménagement sur les raisons de sa visite, Mohamed Belhaoua a d’abord été conduit dans une salle où, coïncidence, il s’est retrouvé au milieu d’une trentaine de Marocains, également empéchés par les autorités algériennes de participer au Congrès mondial amazigh. Après une journée d’attente, tout ce beau monde a été refoulé vers le Maroc.


Affaire Ben Barka. Les révélations de Bachir

Dans une interview fleuve accordée au quotidien arabophone Al Ahdath Al Maghribia, le fils de Mehdi Ben Barka dit tout ou presque. “C’est le plus haut niveau de l’Etat qui est politiquement responsable de la disparition de mon père”. Il révèle également qu’après la disparition de son père, la famille Ben Barka se déplaçait “avec des passeports algériens offerts par le gouvernement de ce pays”. Mais surtout, Bachir lève le voile sur la source qui a révélé à Joseph Tual, grand reporter à France 3, le lancement des fameux mandats d’arrêt contre de hauts responsables marocains. “C’est Maurice Buttin, avocat de la famille Ben Barka, qui aurait eu l’information de la part du juge Patrick Ramaël en charge de l’affaire”, affirme-t-il.


Belghazouani. Le foot ou le rap ?

“Après réflexion, le Racing Club de Strasbourg a décidé de se séparer de Chahir Belghazouani avec effet immédiat”, a indiqué le club de Ligue 1 française dans un communiqué. Raison du licenciement ? Le joueur franco-marocain âgé de 22 ans, apparaît dans un clip de rap mis en ligne sur le site Dailymotion. Sur la vidéo incriminée, on aperçoit le milieu offensif parmi des hommes armés, ce qui a provoqué l’ire des responsables du club alsacien. Réaction de Belghazouani sur les ondes de Radio Monte-Carlo (RMC) : “L’auteur du clip a utilisé mon nom et celui du RC Strasbourg pour se faire de la pub… Je pense donc porter plainte contre lui”.


Insolite. Un Irlandais à Kech

Le secrétaire d’Etat Shaun Woodward a fait les choux gras des tabloïds en Grande-Bretagne. D’après le quotidien anglais Daily Telegraph, il aurait “célébré un anniversaire plantureux à Marrakech alors que le pays risque une récession”. Le secrétaire d’Etat aurait fêté son 50ème anniversaire en 3 jours, invitant une trentaine d’amis dans un hôtel de luxe marrakchi. La facture : 30 000 livres sterling… Les politiciens irlandais s’indignent que Shaun Woodward “dépense autant d’argent alors que des familles britanniques se démènent pour pouvoir chauffer leurs foyers”.


Spectacle. Not singin’ in the rain

Samedi dernier, le concert pour la Tolérance prévu sur la plage d’Agadir a été annulé au dernier moment pour cause de pluie. Pour les artistes venus se produire dans la capitale du Souss, le problème a été résolu : la soirée s'est déroulée finalement dans une boîte de nuit, devant les caméras de TF1 et 2M. Ainsi, Amel Bent, Keziah Jones, Natasha St Pier, Anggun, Micky Green, et les autres guest stars, ont chanté sur scène pour le bonheur des 300 VIP invités. Mais loin d'un concert en direct, les artistes et privilégiés ont vécu les dessous d'une émission à enregistrer : de 21 h à 5H30, il fallait beaucoup de patience pour ne pas s’ennuyer entre les prises ! Côté public, seules 20 personnes ont tenu le coup jusqu’au bout…



Humeur. Brother

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Oui, oui. Obama nous a tous rendus heureux. Mais pour quelques secondes, hein. Voir un comme lui, simple, jeune, noir, pas riche, à la tête du monde, c’est un peu se prendre la tête entre les deux mains et se dire : “Mais oui, on y est !”. Il y a du rêve là-dedans, ça peut parler à tous les citoyens du monde. Obama, c’est nous, les pas eux, nous les bronzés, les burinés, les gens du Sud, nous les minoritaires, différents, si spéciaux. C’est ça, l’affaire. C’est rien qu’un beau concept de com, mais alors très beau. Il repose sur un formidable ressort psychologique : la projection. Obama a un côté brother, une proximité qui lui colle à la peau. C’est de l’image, du pur produit conso, quelque chose de factice et de complètement illusoire. Mais cela fait dire à n’importe quel quidam attablé dans une terrasse de café : “Mais, Barack, il ne serait pas musulman, par hasard ?”. C’est énorme. Le visage d’Obama est une extraordinaire campagne publicitaire à lui tout seul. Il est une revanche comme pouvait l’être un Marley, un Che. Une réaction au concept du WASP, le blond aux yeux bleus et à la peau enfarinée, le capitaliste catho pur jus. Alors ils ont osé. Les Américains ont voté black & world, ils nous disent : notre président est vôtre. Barack est forcément marocain, arabe, musulman. C’est un David de poche terrassant le puissant Goliath américain. Alors on peut comprendre ceux qui ont pleuré à l’élection d’un black à la Maison Blanche. On peut comprendre ceux qui ont applaudi la cynique Amérique. Le grand Satan a fait plus vite que la libre France, la vieille Espagne ou la fière Angleterre : il a couronné un des nôtres. Bravo à cette partie du globe qui a réussi ce que les publicitaires ont toujours traqué : ce moment privilégié, rare, cette fraction de seconde où l’on se prend au jeu, basculant comme des enfants dans le rêve.



VITES !

Le roi se rendra bientôt chez l’Oncle Sam. Reste à savoir si Mohammed VI profitera de sa visite pour obtenir un tête-à-tête avec Barack Obama, nouveau président américain. “Cette visite n’est pas officielle. S’il rencontre des responsables américains, cela se fera dans un cadre privé”, nous a confié une source bien informée.


On ne compte plus les “fonds spéciaux” au Maroc. Le dernier en date, créé sur décision royale pour contrer les effets des catastrophes naturelles, sera doté d’un budget de 1,1 milliard de dirhams. À peine mieux que le don fait par l’Arabie Saoudite suite aux dernières inondations, et dont le montant s’élève à 800 millions de DH.


La privatisation de l’unique source d’eau de Ben Smim, village du Moyen-Atlas, avait déclanché, début 2008, la colère des habitants et les foudres des autorités. La révolte a eu écho dans une expo-photo parisienne. “Ben Smim, la source de la colère”, se déplace, du 15 au 22 novembre, de la mairie de Paris à Bobigny.


Le festival des films gays & lesbiens de Paris s’est ouvert le 4 novembre sur une “œuvre” dont les principaux acteurs sont d’origine marocaine. Le road-movie “Corazones de Mujer” raconte l’histoire de Shakira, un homosexuel marocain installé à Turin, qui accompagne à Casablanca une de ses amies qui veut s’y faire recoudre l’hymen !


Le site du PJD a livré les résultats du sondage relatif à l’affaire Maghrawi, le cheikh qui a déclaré licite le mariage d’une fille de 9 ans. Sur 725 internautes, 89,2% jugent légitime la fermeture des écoles coraniques du cheikh, alors que 7,9% estiment que la décision est inutile. Enfin, 3% des votants trouvent la décision positive.


“Depuis que TelQuel m’a consacré sa couverture, je croule sous les propositions de films”, nous a déclaré Noor, coqueluche de la jet set marocaine. “Les metteurs en scène ne se contentent plus de me proposer des rôles de danseuse, ils m’offrent désormais de vrais rôles de composition”. Tant mieux.
 
 
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