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Par Ayla Mrabet
Musique. La boîte à jazz
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Karim Soussan et Nizar Najmi,
habitués des lieux.
(DR)
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À Rabat, le Pietri est le repaire des amateurs de jazz. Découverte du lieu incontesté des mélomanes de la capitale, et d'ailleurs.
Le cliquetis des couverts et les harmonies de la basse vont presque bien ensemble sous le toit du Pietri. Dans la salle qui fait bistrot, restaurant et petite scène de concert, tout prête à la musique. Il nest pas question que je diffuse des matchs de foot dans mon restaurant, claironne Driss Benabdallah, actuel administrateur du site, toujours en |
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quête didées nouvelles pour sa taverne aux mille sons. Pourquoi pas un écran où défileraient des DVDs de jazz, enregistrés au Pietri même, pense-t-il à haute voix. Le lieu, affaire familiale de longue date, porte le nom de la place rbatie du centre-ville où lhôtel a été construit, en 1975, par son grand-père. Rénové en 2006, ce relais désormais moderne se dote, à ses côtés, dun restaurant. Pari gagné.
Jazz et Jams
Mardi, vendredi et samedi soir, la carte est aux dîners concerts. Mais attention, ce nest pas de lanimation, précise Driss Benabdallah. Les musiciens sont au centre de lactivité, et non en périphérie. Voilà ce qui différencie le Pietri des autres repaires de musicos : capitaliser sur la musique sans en faire un business dambiance. Une grosse tendance jazz, donc, avec des soupçons de world music, et même, de temps en temps, de la musique arabe. Histoire de varier, mais surtout de donner loccasion à plusieurs groupes de se produire. Linitiative première était de créer une plateforme entre musiciens marocains et étrangers, un lieu de partage musical, explique-t-il en mélomane confirmé.
Nizar Najmi, bassiste féru de jazz, est un habitué de la scène du Pietri et accessoirement de ses petits plats. Il ny apprécie pas simplement le cadre convivial et lambiance tamisée, intimiste et feutrée. Cest le seul endroit décent à Rabat où lon peut écouter de la musique live, affirme-t-il. Sans compter le luxe, en tant que musicien, de pouvoir jouer ses propres compositions. Et de continuer : Au lieu de se cantonner à un ou deux groupes à succès, la programmation tourne et de jeunes groupes se produisent. En plus dêtre la seule alternative aux endroits de zdih, le Pietri reste lun des rares lieux propices aux jams. Des jams qui se font de manière naturelle, lorsquun client se lève de table pour endosser son costume de musicien ou que Adil Hanine, batteur du groupe Hoba Hoba Spirit, vient chanter du reggae avec le groupe africain Super Jungle, comme le raconte cet habitué des lieux.
Afters à succès
Des bufs se font aussi de manière un peu moins improvisés lorsque le lieu organise des afters de festivals. Cette année, après avoir accueilli les off-sessions du festival de jazz au Chellah, le Pietri a abrité, le temps de quelques soirées, les fusions musicales des artistes programmés au Tremplin de LBoulevard. Deux succès au rendez-vous. Le bouche-à-oreille, propagé un peu partout dans la capitale, a amené les connaisseurs à se serrer devant la petite scène aménagée place Pietri, esquissant des pas de danse, tassés à lécoute dAmazigh Kateb, ancien chanteur de Gnawa Diffusion, jammer avec Nabil Khemir, jazzman tunisien au rayjam, son instrument hybride, double manche alliant luth et guitare. Parmi les donneurs de ton assidus, on retrouve les frères Souissi, Majid Bekkas et Karim Soussan. Des références humaines et musicales, vante Driss Benabdallah, qui met lamitié et la musique au même niveau de passion. Ce que je fais, cest de la moughamara. Il faut pouvoir assurer, signale ladministrateur. Habitués et musiciens opinent. Chic mais absolument pas élitiste, cest tout le charme du Pietri, résume Karim, lun des inlassables clients. Amen. |
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