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Show. Gad, version papa
N° 347
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Hicham Bennani

Show. Gad, version papa

(AFP)

Papa divorcé, l’humoriste marocain livre le quatrième volet d’une saga autobiographique. Pour le meilleur et pour le rire.


Gad est en haut, pourrait-on dire en détournant le titre de son dernier spectacle. Avec Papa est en haut, l’humoriste revient, avec succès, sur les personnages qui ont fait sa marque de fabrique, avec une bonne dose d’autobiographie. De bout en bout de son show, celui qui vient de connaître une nouvelle séparation fait référence à la relation homme-femme et à son expérience avec son fils de 8 ans. De la sortie
d’école à Eurodisney, en passant par les disputes et les conversations entre un père et son fils, Gad Elmaleh passe sa vie à la moulinette. Le titre Papa est en haut est inspiré de la comptine Fais dodo, Colas mon p’tit frère. Gad s’évertue à tourner en dérision les paroles de la chanson qui n’ont ni queue ni tête : “ça veut rien dire papa est en haut, qui fait du gâteau, maman est en bas… pourquoi ils ne seraient pas tous les deux dans la cuisine ?”.

In Gad we trust
Pendant près de deux heures, même si, malgré lui, il ne peut faire l’impasse sur des onomatopées typiquement marocaines (rrrak, makk…), Gad évoque beaucoup moins ses origines qu’à son habitude. Pour rappeler d’où il vient, le Casablancais lance au public : “J’aime bien la chanson orientale, ça me rappelle mes racines”. Et la seule scène censée se passer au Maroc ne dure pas longtemps. Il se penche sur la question du GPS et lâche : “A propos du GPS, il y a quelques jours, j’ai été au Maroc et j’ai loué une voiture avec GPS marocain…” Rires du public et Gad de poursuivre : “C’est pas sympa de rire avant…” Les références à sa terre natale s’arrêtent là. Au fil des minutes, le one-man-show prend rapidement des allures de “stand-up”. Gad s’adresse sans cesse à un public acquis à sa cause, tissant une complicité. Exemple : alors qu’il sillonne la scène à petites foulées pour imiter un homme essoufflé, il glisse et évite de peu la catastrophe. “Je suis sûr que vous pensiez que c’était fait exprès”, lance le comique. Avant d’ajouter : “Entre vous et moi j’ai eu un peu peur.” L’humoriste se fait plaisir, joue du piano, chante et interpelle même le public en anglais, sans doute influencé par l’acteur américain Jerry Seinfeld, son idole : “This song, is a song for the children who don’t sleep…des fois je dis des choses qui n’étaient pas prévues”, se surprend Gad.

La guitare-bouka
En fin de spectacle, il étale ses talents de guitariste. Sa “guitare-bouka” à l’épaule, il épate le public pendant dix minutes, avant de conclure en dansant la tecktonik avec en arrière plan un éclairage digne d’un show à l’américaine. Certains reprocheront à Gad de trop s’appuyer sur ses acquis en reprenant d’anciens sketchs comme Le blond, La partie de cache-cache ou Le petit oiseau qui ne sait pas voler. En fin stratège, Gad reste fidèle à lui-même, ne parle jamais sexe, politique ou religion. “Moi, ce qui m’intéresse vraiment c’est l’humain”, se justifie Gad. “Me mettre à raconter des trucs un peu crus, je n’y arrive pas, même dans la vie”, ajoute le comique.

Depuis décembre dernier, Papa est en haut a été joué en France, en Europe et à Montréal. Mais pour voir le dernier spectacle ailleurs que sur DVD pirate, le public marocain va devoir encore faire preuve de patience. “Pour l’instant, Gad s’occupe du montage de son prochain film, Coco, inspiré d’un personnage de La vie normale”, nous explique Rédouane Bouzid, producteur de l’humoriste au Maroc.. “On pourra envisager de voir Papa est en haut au Maroc à partir de juin”, ajoute-t-il. Juste le temps nécessaire pour apprendre par cœur le spectacle.

 
 
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