Politique. Adieu Elyazghi, bonjour Radi
Phénomène. Les fous du stade
Tendance. America, America
Secteur public. Un rapport, des scandales
Interview. "On compte encore nos morts..."
Spectacle. Harlem forever
Reportage. Profs, le mal des montagnes
Etats-Unis. Le plan Obama
Médias. Les low-cost de la presse
Festival(s). Kech-Dubaï, le match
Humour. Les Eric et Ramzy marocains
Musique. La boîte à jazz
Show. Gad, version papa
N° 347
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Youssef Ziraoui

“Brel est mon deuxième papa”

Mamoune Salaje, chanteur
(DR)

Antécédents

1965. Naissance à Casablanca.
1990. Travaille en tant qu’animateur au Club Med.
1992. Intègre la troupe de Masrah Ennass.
1993. Est embauché à la Régie des Tabacs.
2006. Anime l’émission Les dinosaures ne sont pas tous morts sur Casa FM.

Smyet Bak ?
Benaïssa Salaje.

Salaje, ça sonne pas très marocain. ça vient d’où a Sidi ?
De l’espagnol salvaje, qui veut dire sauvage.

Mmm, et vous faites honneur à votre patronyme ?
Pas du tout, je ne suis pas sauvage pour un sou. J’ai même été végétarien pendant quinze ans.

Meskine, vous avez arrêté la viande ?
Non je m’y suis remis, ne vous inquiétez pas.

Bref, smyet mok ?
Oum Hani Saddiki.

Vous êtes le neveu de Tayeb Saddiki. Il est comment le tonton en privé ?
(Rires) Pas facile à côtoyer. Non, je plaisante, c’est quelqu’un de chouette, mon guide spirituel.

Il vous a pistonné pour intégrer sa troupe de théâtre ?
Pas du tout. Lui s’est fait tout seul un nom à l’échelle du monde arabe. Moi, j’essaye d’exister au Maroc.

Nimirou d’la carte ?
BE 6395

Alors Monsieur est fan de Jacques Brel, c’est un peu has been non ?
Je ne crois pas. Brel, c’est mon deuxième papa. Et si on avait fait écouter Quand on n’a que l’amour à George Bush, on n’en serait pas là aujourd’hui.

Vous travaillez la nuit. Et pendant la journée, vous dormez au bureau ?
Non non, mes employeurs sont plutôt regardants au travail...

Vous poussez la chansonnette chez votre employeur (Altadis, ndlr) ?
Quand on organise une fête et qu’on fait appel à moi, là, je chante. C’est arrivé deux ou trois fois, pas plus.

Et ils vous payent en clopes ?
Non, cash. 20 000 dirhams par soirée.

Beau goooosse…
Ça va, ils ont les moyens (Rires). Je devrais même gratter un peu plus de sous.

Vous faites aussi les mariages ?
ça m’arrive.

C’est quoi vos tarifs ?
Ça dépend, je m’adapte, mais ça reste abordable.

Vous faites dans le chaâbi, le alf hnya ou hnya ya lalla ?
Non, je déteste ça.

Comme ça, vous détestez donc le chaâbi. C’est votre côté bobo ?
Non, c’est une question de goût. Et puis, j’aime bien le malhoun.

Par contre, vous êtes un anti-rap comme on n’en fait plus…
Je préfère chanter Georges Brassens, Charles Aznavour, Claude François, Paul Simon. En gros, je suis pour la chanson à texte, dans toutes les langues. Je n’aime pas le rap, sous toutes ses formes et quelle que soit la langue.

Qu’est-ce qui vous dérange ?
J’aime la musique posée, pas les révoltés à la petite semaine, avec leurs pantalons baissés…

Et pour bien chanter, il faut être costumé cravaté ?
Non, regardez Bruce Springsteen. Il ne porte pas de costard, pourtant il a la classe. Pareil pour Linda Lemay, elle n’est pas du genre à porter des jeans taille basse qui montrent ses fesses. Je trouve ça vulgaire.

Vous êtes conservateur ?
Sur ce sujet précisément, oui.

Brel parlait de “putains” et de “pédés” dans ses chansons. Ce n’est pas vulgaire ?
Tout dépend de la manière dont on le dit.

Vous votez “barbu” ?
Aux dernières nouvelles non.

Nass El Ghiwane trouvent grâce à vos yeux ?
Oui bien sûr, je suis un grand fan. J’adore les Jil Jilala aussi.

Pour combien accepteriez-vous de vous faire pousser une crête ?
Pour rien au monde.

Bon allez pas de chichi, un prix…
Je suis sérieux, je ne suis pas à vendre.

Vous avez travaillé au Club Med étant jeune. C’est là que vous vous êtes fait la main ?
Ah la belle époque ! J’ai fait les 400 coups. J’étais GO (Gentil Organisateur). Je me souviens d’avoir eu un patron raciste qui m’interdisait de chanter.

Comme Assurance tourix le barde ?
Oui un peu, le boss me disait : “Les gens n’aiment pas ce que tu fais”. Un jour, un groupe de touristes m’avait demandé de chanter pour eux, je l’ai fait, le patron l’a appris et je me suis fait virer. Je pense qu’il était un peu raciste sur les bords (Rires).

Vous avez annoncé pour le mois de décembre un énième “dernier hommage à Brel” : c’est le dernier là, on peut compter sur vous ?
Oui, promis. Là, c’est vraiment le dernier (Rires).

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2009 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés