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Par Nina Hubinet
Etats-Unis. Le plan Obama
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Sur le péron de la Maison Blanche,
les deux couples présidentiels
posent tout sourire.
(AFP)
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Le nouveau président, qui sera investi le 20 janvier, constitue son équipe. Le casting fera la part belle aux démocrates
et à quelques républicains.
Lundi 10 novembre, sur le perron de la Maison Blanche, le couple Obama pose tout sourire aux côtés de George et Laura Bush. Le nouveau président américain sautorise même une tape amicale sur lépaule de celui qui va bientôt quitter les lieux. Derrière cette convivialité de façade, Barack Obama est plus que jamais déterminé à |
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tourner la page des années Bush. Son équipe de transition a reçu lordre de préparer la révision des 260 décrets présidentiels signés par George Bush pendant ses huit ans de mandat. Le déblocage daides de lEtat pour les associations de planning familial, gelées par Bush le premier jour de sa présidence en 2001, ou la signature de la loi étendant la couverture maladie pour les enfants, refusée par le président américain en 2007, malgré le vote du Congrès, devraient ainsi marquer le début de lère Obama. Mais pour ne pas décevoir les Américains, de plus en plus durement frappés par la crise, Barack Obama devra surtout sillustrer sur le plan économique. Pour remettre un pays qui senfonce dans la dépression, sur la voie de la prospérité, le nouveau président sefforce de choisir les collaborateurs les plus avisés.
Continuité
Du coup, alors quObama sest présenté pendant toute la campagne comme le candidat du changement, les hommes dexpérience dont il sentoure pour linstant incarnent plutôt la continuité avec la précédente administration républicaine. À commencer par Rahm Emanuel, à qui il a confié dès le 6 novembre le poste-clé de secrétaire général de la Maison Blanche. Il sera chargé de coordonner léquipe présidentielle. Proche dObama depuis 2004, ancien conseiller de Bill Clinton, élu depuis six ans à la Chambre des représentants, il connaît bien les rouages du pouvoir exécutif et du Congrès. Originaire de Chicago comme le nouveau président, Rahm Emanuel a une réputation de grande efficacité mais aussi de férocité face à ses adversaires, ce qui lui a valu le surnom de Rahmbo. Autre avantage pour Obama : Rahm Emanuel, qui avait supervisé la poignée de main Arafat-Rabin en 1993, possède un passeport israélien, un gage de crédibilité vis-à-vis de lEtat hébreu.
Autre vétéran de ladministration Clinton, John Podesta copréside léquipe de transition dObama, composée de 12 personnes, avec Valerie Jarrett et Pete Rouse, le chef de cabinet de lex-candidat. Le stratège de campagne du nouveau président, David Axelrod, devrait lui aussi conserver sa place de proche conseiller au sein de la nouvelle administration. Pour préparer linvestiture, léquipe de transition sest installée dans des bureaux mis à sa disposition à Washington.
Geste douverture
Les portefeuilles ministériels ne sont pas encore attribués, mais plusieurs noms circulent. À la justice, la démocrate Janet Napolitano, l'actuelle gouverneure d'Arizona, très proche dObama, est évoquée. Mais des personnalités républicaines sont aussi citées comme un signe douverture voulu par le nouveau président. Le secrétaire dEtat à la Défense, Robert Gates, a ainsi des chances dêtre reconduit dans ses fonctions, pour engager plus rapidement le retrait des troupes d'Irak et servir de fusible en cas de difficultés. Lancien titulaire de ce poste sous le premier mandat de George Bush, Colin Powell, qui sest rallié à Obama en fin de campagne, est un autre candidat possible.
Au Département dEtat (ministère des Affaires étrangères), à linverse, le changement est de mise : John Kerry, le candidat démocrate à la présidentielle de 2004, pourrait en prendre les rênes. Al Gore, autre candidat malheureux à la Maison Blanche (en 2000) et prix Nobel de la paix pour son combat contre le réchauffement climatique, est pressenti pour devenir le représentant spécial du président pour les questions écologiques.
Pour le poste décisif de secrétaire dEtat au Trésor (ministre des Finances), Larry Summers, qui fut le dernier titulaire de la fonction sous Bill Clinton, semble le mieux placé. Il est lun des principaux conseillers économiques dObama depuis lété dernier. Tim Geithner, l'actuel président de la Réserve fédérale de New York, est aussi sur les rangs. Quant à Paul Volcker, ancien président de la Fed, il pourrait prendre la tête de la commission quObama veut créer pour gérer les 700 milliards de dollars injectés dans les marchés financiers. Enfin, le poste tout aussi délicat de porte-parole de la Maison Blanche devrait revenir à Robert Gibbs, un ancien collaborateur de John Kerry.
Pas de précipitation
Pendant ce temps, les signes daggravation de la crise saccumulent aux Etats-Unis : le taux de chômage a grimpé à 6,5% début novembre, gagnant presque deux points en un mois. Et il pourrait rapidement atteindre les 9% selon plusieurs économistes. Lentreprise de livraison express DHL a annoncé lundi 10 novembre le licenciement de 9500 de ses employés sur le territoire américain, au moment où lorganisme de refinancement Fannie Mae et lassureur AIG annonçaient des pertes record. Un des fleurons de lindustrie américaine, le constructeur automobile General Motors, menace aussi de faire faillite. Dans ce contexte, les démocrates sont divisés entre ceux qui souhaitent que Barack Obama lance un véritable big bang des réformes et monte dores et déjà au créneau, et ceux qui pensent quil ne faut pas précipiter les choses. Il ny a quun président à la fois, ne cesse de rappeler Obama lui-même, ajoutant quil ne prendra ses fonctions quen janvier. Il ne devrait donc pas assister au sommet du G20 le 15 novembre à Washington. Mais ses conseillers seront présents et assurément actifs. Car, tout en ayant la volonté de respecter cette période de transition, Barack Obama entend bien peser sur les choix actuels dans la gestion de la crise. Lors de son premier entretien avec le président Bush mardi 11 novembre, il a plaidé la cause des constructeurs automobile, qui réclament un prêt de 25 milliards de dollars pour se renflouer. Selon le New York Times et le Washington Post, la Maison Blanche aurait réclamé en échange que les élus démocrates approuvent un accord de libre-échange avec la Colombie auquel ils sopposent depuis longtemps. Mais le parti démocrate, renforcé au Congrès, semble peu enclin à accepter ce marchandage.
Barack Obama a réussi à faire adopter au moins une de ses promesses de campagne au président Bush : le gouvernement américain a présenté mardi 11 novembre des mesures destinées à limiter les saisies immobilières. Un plan de relance global de léconomie sera dans tous les cas la mesure-phare du début de mandat, comme la déclaré le président élu vendredi 7 novembre, lors de sa première conférence de presse. Pour maintenir le niveau de vie des classes moyennes, Barack Obama prévoit une augmentation des allocations chômage, des allègements dimpôts et des aides aux communes et PME en difficulté. Pour marquer la rupture avec les années Bush, il pourrait également prendre une décision hautement symbolique : la fermeture de la prison de Guantanamo est à létude, daprès lun des membres de léquipe de transition dObama. Un premier pas pour restaurer limage des Etats-Unis dans le monde. |
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Zoom. Ruée sur les armes
Bien quObama se soit défendu de vouloir remettre en cause le port darmes, les amateurs de fusils de chasse et de revolvers lui prêtent des intentions cachées et font leurs provisions. Durant toute la campagne, la National Rifle Association (forte de 4 millions de membres), avait préparé le terrain en décrivant Obama comme une menace pour le port darmes aux Etats-Unis. Et, dès lannonce de lélection du nouveau président, les ventes darmes ont connu une spectaculaire embellie. La ruée sur les articles les plus chers fait gonfler les chiffres : Barack Obama a déclaré que les armes semi-automatiques, type Kalashnikov, et les fusils d'assaut avaient leur place sur les champs de bataille étrangers, pas dans nos rues. Le nouveau président ne sest dailleurs pas caché de vouloir rétablir l'interdiction de fabriquer ces armes aux Etats-Unis, sauf pour l'armée et la police. Instituée par Bill Clinton en 1994, cette mesure avait été balayée dix ans plus tard par George W. Bush et la majorité républicaine au Congrès. |
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