Politique. Adieu Elyazghi, bonjour Radi
Phénomène. Les fous du stade
Tendance. America, America
Secteur public. Un rapport, des scandales
Interview. "On compte encore nos morts..."
Spectacle. Harlem forever
Reportage. Profs, le mal des montagnes
Etats-Unis. Le plan Obama
Médias. Les low-cost de la presse
Festival(s). Kech-Dubaï, le match
Humour. Les Eric et Ramzy marocains
Musique. La boîte à jazz
Show. Gad, version papa
N° 347
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine

Devant le théâtre Mohammed V,
plusieurs manifestants, dont
Ali Lmrabet, sont venus
soutenir Rachid Niny.
(TNIOUNI)

Prix. En pensant à Al Massae…

C’est mercredi 12 novembre, trois jours avant la journée nationale de l’information, qu’ont été remis au théâtre Mohammed V de Rabat les trophées du Grand prix de la presse nationale. Le département de Khalid Naciri, qui craignait de ne pas remplir la salle prévue pour l’événement, a démarché les rédactions jusqu’au dernier moment. La 6ème fournée de ce grand prix institué par Mohammed VI n’a pas laissé beaucoup de place aux surprises. 2M et Al Aoula, ex-aequo, se sont partagé le prix de la télévision. Dans la catégorie presse écrite, c’est le
quotidien Al Alam qui a été récompensé pour un article sur le zoo de Rabat. Quant au prix de l’agence de presse, il a été attribué à la MAP pour un article joyeusement intitulé “Quand les chèvres alpines sèment la joie dans les douars de Ouarzazate”. Visiblement, les animaux avaient le vent en poupe ! Seul Mohamed Al Aouni, qui officie à la Radio nationale, a perturbé la cérémonie au cours de laquelle ont été remis trophées et enveloppes (60 000 DH pour chaque catégorie). Le vainqueur du prix de la radio a en effet manifesté sa solidarité avec le quotidien Al Massae, condamné à payer des dommages et intérêts de 6 millions de dirhams. Le courageux indélicat, applaudi par l’assistance, a été interrompu par la speakerine, déstabilisée. Au même moment à l’extérieur du théâtre, les forces de l’ordre devaient faire face à plusieurs centaines de manifestants, parmi lesquels de nombreux diplômés chômeurs venus soutenir Al Massae, victime d’un indiscutable dérapage judiciaire.


Think Tank. Grand raout en famille

L’Institut Amadeus veut frapper fort en organisant MEDays 2008, “Forum du Sud pour une Méditerranée Nouvelle”, les 26, 27 et 28 novembre à Tanger. Mais cet événement aura des allures de réunion familiale. Plusieurs membres du clan Fassi Fihri viendront à la rescousse de Brahim Fassi Fihri, le président d’Amadeus. Parmi eux, son père, Taïeb Fassi Fihri, ministre des Affaires étrangères, mais aussi Ali Fassi Fihri, directeur de l’Office national de l’eau potable (ONEP) et Nizar Baraka, ministre délégué chargé des Affaires économiques et générales. Ils seront entourés de plusieurs personnalités, comme Bernard Kouchner, le ministre français des Affaires étrangères, ou encore Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue Arabe. La famille, ça aide.


Budget.
Armée = Intérieur x 2

Avec l’armée, comme la Cour royale, on ne compte pas. On vote et on délie les bourses. Adopté en milieu de semaine, le budget 2009 de l’Administration de la Défense nationale (qui chapeaute les Forces armées royales) sera de 34,625 milliards de dirhams, et c’est l’agence MAP qui le dit. La cagnotte de l’armée équivaut à un peu plus que le double de celle de l’Intérieur, qui avoisine quant à elle les 17 milliards de dirhams. Autres détails : sur les 34 milliards alloués à l’armée, les dépenses de personnels engloutiront 15 milliards de dirhams, au moment où 4,73 milliards iront à la rubrique “matériel et dépenses diverses”.


Diplomatie. Guéguerre à l’algérienne

Àl’occasion de l’anniversaire de la Marche Verte le 6 novembre dernier, jour chômé au Maroc, et contrairement aux coutumes diplomatiques, le consulat algérien de Casablanca n’a pas jugé bon de fermer ses portes. Le semblant de coup de froid diplomatique s’est confirmé mercredi 12 novembre à Rabat. Larbi Belkheir, ambassadeur d’Algérie au Maroc, s’est fait porter pâle alors qu’il devait fêter à l’hôtel Hilton la fête nationale de son pays en présence d’officiels marocains et étrangers. Lors de la cérémonie, on a pu noter une forte représentation de l’USFP, représenté par Abdelouahed Radi, Mohamed Elyazghi et Habib El Malki. Le PJD, contrairement à l’Istiqlal, n’a pas boudé l’événement.


Nadia Yassine. Plus anti-laïque, tu meurs !

La fille de cheikh Yassine ne gardera pas un souvenir impérissable de sa participation, les 7 et 8 novembre à Marseille, à une rencontre dédiée à l’islam. D’après le site d’informations Rue89.com, qui a couvert l’évènement, Nadia Yassine “a eu du mal à faire passer son message auprès du public”. La fille de son père a été prise à partie par un jeune marocain qui a déclaré avoir été torturé par des membres d’Adl Wal Ihsane. Interrogée sur le statut des non musulmans dans une société islamiste, la pasionaria d’Al Adl aurait répondu : “Il n’y a pas d’anti-musulmans au Maroc, la question ne se pose donc pas”. “Cette réponse plus qu’ambiguë a suscité un tollé dans la partie de la salle venue avec ses convictions laïques, et pas convaincue par le visage souriant de la porte-parole islamiste, femme élégante de 50 ans, venue les cheveux couverts d’un foulard de rigueur”, commente le site d’informations.


Disparition. Adieu Oukacha

Le président de la Chambre des conseillers, Mustapha Oukacha, s’est éteint jeudi 13 novembre à Casablanca, à l’âge de 75 ans. Feu Oukacha était revenu au Maroc, après une hospitalisation de plusieurs semaines à Paris. Il devait être inhumé au cimetière Chouhada de Casablanca vendredi même si, selon une source proche de la famille, l’enterrement a été retardé pour des raisons protocolaires. Moulay Rachid, qui devait représenter le roi à la cérémonie, était en effet également sollicité par la disparition de Abdelouahab Benmansour, historiographe du royaume, décédé mercredi 12 novembre à Rabat.


Bouya Omar. Déguerpissez SVP !

Trois Espagnols en reportage dans la région de Kelâat Sraghna ont été malmenés et injuriés devant le sanctuaire de Bouya Omar. Cette cour des miracles, qui abrite des pratiques d’un autre temps, est sous le feu des projecteurs depuis le reportage diffusé sur Al Aoula dimanche 19 octobre. Rafael Marchanti, photographe de l’agence Reuters, Erena Calvo, journaliste à la radio espagnole Cadena SER et Ilyas Topper, touriste venu les épauler, se sont heurtés à une dizaine de personnes après avoir pris en photo le mausolée. “Pendant dix minutes, ils nous ont intimidés et ont essayé de nous voler notre appareil photo”, nous a raconté Erena Calvo, qui pense que les agresseurs faisaient partie des autorités locales…


Inondations. Les secours affluent

Coup de chapeau à la Banque Alimentaire, première ONG à avoir réagi aux inondations qui ont dévasté diverses localités du royaume, causant, selon plusieurs associations, au moins une soixantaine de morts (le bilan n’est toujours pas arrêté). L’association a déjà envoyé près de 19 tonnes de produits alimentaires (farine, huile, sucre, lait…) et des milliers de matelas, sacs de couchage, couvertures et autres réchauds aux sinistrés d’Errachidia, de Missour et de la région Nord. L’ONG entame maintenant la seconde phase de son programme, qui consiste à accompagner les familles sinistrées pendant l’hiver “une fois que l’attention des médias sera tournée vers d’autres actualités”. Louable et clairvoyant.


Pour aider la Banque Alimentaire, cliquez banquealimentaire.ma



3 questions à Mustapha Khalfi
[Directeur de publication d’Attajdid et dirigeant du PJD]


Attajdid a adressé, dans sa Une, un message de félicitations à Abdelouahed Radi, nouveau numéro 1 de l’USFP. Est-ce un signal de rapprochement entre le PJD et l’USFP ?
Pour le moment, il n’y a pas de rapprochement, ni au niveau du programme, ni pour les élections. Nous nous sommes simplement adressés à l’USFP comme nous l’aurions fait pour tout parti indépendant qui a élu un représentant de manière démocratique.

Plus loin de nous, les urnes se sont prononcées pour Barack Obama. Vous, qui connaissez bien les Etats-Unis pour y avoir séjourné, qu’attendez-vous de l’élection d’un président noir, démocrate ?
À la différence de Bush, Obama se dit enclin au dialogue. Par ailleurs, il s’est prononcé en faveur du retrait progressif des troupes américaine d’Irak, et cherche à renouer le dialogue avec l’Iran. Enfin, il a un capital confiance que n’avait plus son prédécesseur. C’est de bon augure, même si Obama n’a pas de baguette magique.

Le Maroc est-il concerné par cette nouvelle donne internationale ?
Sous le mandat de Bush, la balance américaine penchait plutôt côté marocain sur la question du Sahara. La position des Etats-Unis ne risque pas de changer. A la limite, Obama pourrait se pencher sur la question des droits de l’homme au Maroc, c’est à voir… Mais il y a fort à parier que le nouveau président concentrera ses efforts plus là où Bush a échoué.


Amour. Lalla Soukaïna à tout prix

Question : quand on aime, dans le secret, une princesse, qu’est-ce qu’on fait ? Pour R.M.T, jeune trentenaire d’Errachidia, il n’y a pas de doute possible : on déclare sa flamme et on demande la main de la princesse ! Nos confrères d’Al Ayam ont publié cette semaine une étonnante interview du téméraire qui a demandé, un beau jour de l’année 2007, la main de Lalla Soukaïna, nièce de Mohammed VI et fille de Lalla Meryem. “Je ne suis pas fou, je n’ai commis aucun crime, mon amour est noble”, s’est défendu le jeune homme, qui a envoyé plusieurs demandes de mariage, avant de se faire “choper” par les services de police... 24 heures d’interrogatoires ont eu raison de l’amour de notre homme, qui ne souhaite aujourd’hui “que du bonheur” à la princesse pour son futur mariage.


Salaires. La barre des 15 000 DH

C’est le Haut commissariat au plan qui le dit dans l’une de ses récentes études. D’après le département dirigé par Ahmed Lahlimi, seuls 4 % des Marocains perçoivent des salaires supérieurs à 15 000 dirhams. De l’autre côté de l’échelle sociale, ce sont 5 % de la population marocaine qui (sur)vivent avec des rentrées d’argent inférieures à 1500 DH par mois. Au milieu de cette pyramide de la richesse des uns et de la pauvreté des (beaucoup) autres, on apprend que l’écrasante majorité des Marocains vivent avec des salaires mensuels compris entre 3000 et 15 000 DH. On s’en doutait un peu, quand même.


Prison. Des femmes à l’ombre

Les derniers chiffres rendus publics par l’administration pénitentiaire montrent que la population carcérale féminine ne représente que 2,7% des détenus. L’âge moyen de la population carcérale féminine est de 34 ans (8% moins de 20 ans, 72% entre 21 et 41 ans, 20% plus de 41 ans). Ceci étant, la réglementation en vigueur ne prévoit pas un régime de détention spécifique aux femmes (sauf pour les enfants de moins de 5 ans accompagnant leurs mères). Les femmes détenues sont généralement non scolarisées et issues de milieux pauvres et démunis. Elles sont donc plus souvent sujettes aux maladies (troubles digestifs essentiellement). La tranche de femmes mariées est la plus importante (39%), contre 28% de célibataires, 25% de divorcées et 8% de veuves.


Cannabis. On brûle comme on peut

“La superficie des terres qui abritent la culture de cannabis est passée de 134 000 hectares en 2003 à 60 000 hectares en 2008”, nous a affirmé un responsable du ministère de l’Intérieur en marge d’une rencontre relative à la lutte antidrogue, tenue en milieu de semaine. Pour 2009, l’objectif est de descendre en dessous de la barre symbolique des 50 000 hectares. “Il y a eu une campagne de sensibilisation dans les régions de Tétouan, Al Hoceïma, Larache, Taounate et Chaouen. Une fois que les terres sont désertées, elles sont brûlées sous la supervision des Forces auxiliaires, de la gendarmerie et des représentants des autorités locales”, s’est félicitée notre source.


Prostitution. La surprise des chiffres

L’Organisation panafricaine de lutte contre le sida (OPALS) vient de publier une enquête sur les travailleuses du sexe dans plusieurs régions du Maroc. 497 femmes ont été interrogées à Azrou, Khénifra, Béni Mellal, Meknès, Fès, Agadir et Rabat. Certains chiffres sont plutôt surprenants. 13 % d’entre elles sont encore vierges, et 32,6 % disent avoir subi ou pratiqué un acte sexuel entre 6 et 15 ans. Quant à leurs habitudes concernant l’utilisation du préservatif, elles sont plutôt inquiétantes. 30 % d’entre elles affirment ne jamais l’exiger, et seulement 25,4 % disent refuser d’avoir un acte sexuel avec un client sans préservatif. Plus alarmant encore, seules 42 % d’entre elles déclarent qu’il faut absolument se tenir à l’écart des personnes séropositives.


El Fassi. La voix de son être

On ne se refait pas. Invité au sommet de l’ONU sur le dialogue interreligieux (du 12 au 13 novembre), le Premier ministre Abbas El Fassi a tenu à “rappeler l’attachement du Maroc au dialogue interreligieux” et “souligner les efforts inlassables déployés par SM le roi Mohammed VI pour permettre l’établissement d’un Etat palestinien indépendant”, dixit la très officielle MAP. Le patron de l’Istiqlal était également invité au dîner organisé la veille par Ban Ki-Moon, qui rassemblait le président israélien, le roi Abdallah d’Arabie Saoudite et de nombreux autres dirigeants arabes qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques avec Israël. Le plan de table n’a pas été révélé…


Espagne. No visa, senores y senoras

Aucun des sept consulats d’Espagne au Maroc n’est en mesure de délivrer de visas depuis le 5 novembre, en raison d’un grave problème informatique survenu lors d’un changement de système. Or, d’après le quotidien El Pais, ce sont en moyenne 400 visas par jour qui sont délivrés aux Marocains ! Plus de 3000 personnes ont donc déjà été bloquées. On peut imaginer tous les billets d’avion perdus et les préjudices personnels causés… Le bureau d’information de l’ambassade, sans vouloir fournir plus de détails, nous a déclaré le 13 novembre que tout était fait pour résoudre le blocage du système, ajoutant que des mesures exceptionnelles ont pu être prises pour les cas les plus urgents.


Parlement. Le veto des Bleus

Le Parti authenticité et modernité (PAM) avait prévu la semaine dernière d’inviter l’économiste Najib Akesbi, par ailleurs membre du Parti socialiste unifié (PSU), aux travaux du groupe parlementaire formé avec le Rassemblement national des indépendants (RNI). Mais les camarades de Mustapha Mansouri n’ont pas apprécié ce semblant d’ouverture à gauche. Le “Bleu” Abdelaziz Alaoui Hafidi, président du groupe parlementaire du RNI, s’est ainsi opposé à la venue d’Akesbi, à qui les supporters de Fouad Ali El Himma voulaient proposer de s’exprimer sur la Loi de Finances. Eh oui, depuis son rapprochement avec le RNI, le PAM n’a plus la même latitude pour draguer tous azimuts.


Ben Barek. L’autre roi

L’OM, Olympique de Marseille si vous préférez, est tellement aimé en France et ailleurs qu’il est rebaptisé “Oh aime !”. Carrément. Le club de la cité phocéenne vient de recevoir les honneurs de France Football, qui lui a retracé sa longue histoire avec, en bonne place, une sélection de “20 Phocéens de légende”. Haj Larbi Ben Barek (1914 – 1992) y figure, à côté d’un Ribéry ou d’un Drogba. Excusez du peu. “À peine arrivé à Marseille en 1938, celui qui exerce (au Maroc) le métier de pompiste éclabousse d’entrée par son adresse, son toucher et son art incomparable de la feinte”, écrit le magazine. Le roi du foot marocain s’est également signalé, comme le rappelle le journal français, “le jour où, lors d’un France – Italie, il a entonné La Marseillaise en réaction à des sifflets racistes”. Ben Barek a porté 17 fois le maillot de l’équipe de France, à une époque où le Maroc était sous protectorat.


Nominations. Ambassadeurs, acte II

Une nouvelle série de nominations d’ambassadeurs marocains à l’étranger devrait avoir lieu très bientôt. Certains noms attendus depuis longtemps, qui n’ont pas fait partie des nominations officielles de la semaine dernière, devraient être enfin confirmés. Comme celui de Mustapha Sahel, l’ancien ministre de l’Intérieur, qui remplacera Fathallah Sijilmassi à Paris, ou encore de Nezha Chekrouni, l’ex-ministre chargée des MRE, qui posera ses valises au Canada. Quant à la Lalla Joumala, la cousine de Mohammed VI, elle s’envolera effectivement vers Londres. Explication du retard de ces nominations ? L’attente de l’aval des futurs pays d’accueil. Mais pas de panique, cette accréditation ne serait qu’une simple formalité administrative.


Yacoubi. Tireur d’élite et golfeur

Hassan Yacoubi, qui s’est rendu célèbre en tirant sur un policier, en septembre dernier à Casablanca, refait surface. Le mari de la princesse Lalla Aïcha, officiellement soigné pour “maladie de Korsakoff”, pourrait être entendu par la justice, si l’on en croit certaines informations. Reste un détail, pour l’anecdote : Yacoubi et cela n’a pas été relevé dans les écrits qui lui étaient consacrés est un ancien président de la Fédération royale de golf. “Un bon golfeur, un dirigeant sous tension”, comme nous l’a dépeint ce journaliste sportif, qui l’a bien pratiqué. C’était dans les années 1980, du temps de Driss Basri…


Hejira. Les maux de l’immo

C’est une véritable guerre que se livrent les promoteurs immobiliers et leur département de tutelle, coiffé par l’Istiqlalien Taoufik Hejira. Ce dernier critique l’attitude des investisseurs “qui ne cessent de réclamer plus d’exonérations fiscales d’année en année”. Lors d’un dîner-débat récemment organisé par nos confrères de La Vie Eco, Taoufik Hejira n’y est pas allé de main morte en clamant haut et fort que “l’ère de l’impunité fiscale est résolue”. Ce n’est apparemment pas tombé dans l’oreille d’un sourd, puisque les promoteurs menacent à leur tour de se retirer du “logement social”, concept dédié aux souches moyennes et pauvres, pour se concentrer sur le haut standing uniquement.


Parité. Au pays des machos...

Le classement du Forum économique mondial (WEF) vient de tomber. Fondée sur la participation des femmes à l'économie, leur présence en politique, leur accès à l'éducation et leur adhésion dans le domaine de la santé, leur dernière étude quant à l'égalité des sexes dans le monde ne surprend personne. En tête de la parité, les pays nordiques : Norvège, Finlande, Suède et Islande devancent la France, qui inverse les chiffres et se place en 15ème position, après avoir été 51ème. Le Maroc, lui, reste à la traîne, comme un coureur essoufflé : 125ème place pour le royaume, entre l'Egypte et le Pakistan. C'est donc dit, la Moudawana n'y aura rien fait…


Laâyoune. Oubliez le foot, merci

Une (lamentable) première dans l’histoire du championnat marocain : la Jeunesse Sportive Al Massira (JSM), club de GNF1, a déclaré forfait, qui plus est dans une partie programmée à domicile contre le club d’El Jadida. “À la surprise générale, les joueurs ont quitté le terrain au moment où l’arbitre a sifflé le début de la rencontre”, nous rapporte cet observateur. L’étonnant “geste” des joueurs de Laâyoune s’expliquerait par deux faits. 1 : L’entrée au stade a été décrétée libre depuis deux ans, ce qui prive le club d’une importante source d’argent. 2 : Al Massira n’aurait toujours pas reçu une subvention publique estimée à 800 000 dirhams. “Nous ne jouerons pas à Laâyoune tant que le problème ne sera pas réglé”, nous a pour sa part déclaré Abbad Ballahi, vice-président d’Al Massira.



Humeur. Nous

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Ben oui. Parce qu’il faut bien que l’on parle un peu de nous. Ça sera aujourd’hui, journée nationale de l’information. Le 15 novembre. La fête a été dûment préparée tout au long de la semaine, avec les derniers rebondissements du procès Al Massae : amende record de 6 millions de dirhams, saisie conservatoire sur les comptes bancaires. On n’est pas obligé d’adhérer à la ligne éditoriale de ce journal, ni d’épouser les théories développées par ses chroniqueurs. Quel que soit leur crime, la punition qu’on essaie de leur infliger est insupportable. Même pour leurs adversaires. Tous ceux qui ont connu le goût du bâton makhzénien savent qu’il ne faut jamais se réjouir des malheurs de ceux qu’on n’aime pas. Parce que tout de même. On est solidaires. Parce que nous. Et puis, c’est la fête, notre fête. Dont le point culminant a été la proclamation, mercredi, des prix de la presse. Sans remettre en cause la qualité des lauréats, que nous saluons, ni celle des jurés, qu’il nous soit permis de relever une saillie. À l’exception peut-être d’un reportage sur “les chèvres alpines semant la joie aux douars de Ouarzazate” qui doit être, n’en doutons pas, fort succulent, les travaux primés avaient un goût bizarre, nationaliste, un peu officiel, avec une liste d’intitulés dont l’esprit critique ne peut que se méfier : un reportage sur “l’expulsion abusive des Marocains d’Algérie” pendant que les deux pays frontaliers ne se sont jamais autant détestés qu’aujourd’hui, un documentaire sur “Fès l’Africaine” au moment où l’on chante les 1200 ans de la cité spirituelle sur tous les toits, et une photo “sur les protestations contre la visite du roi d’Espagne aux présides occupés de Sebta et Melilia” qui prolonge la terminologie officielle au moment des faits (2007). Ajoutez à cela le message “de fidélité à SM le roi suite à la consécration des lauréats du grand prix de la presse” adressé, selon la MAP, par Khalid Naciri au nom de l’ensemble des participants, et vous arriverez, un peu comme nous, à la conclusion suivante : pas extra, la fête.



VITES !

La Cour d’appel de Marrakech a tranché : le jeune lycéen d’Aït Ourir, rendu célèbre par le tag “Allah, Al Watan, Al Barça”, écope finalement d’un an de prison avec sursis. Yassine Belaâssel a finalement été poursuivi pour “offense au roi”. Le tagueur compte toutefois se pouvoir en cassation.


Le spécialiste ès humour gras de TF1, Sébastien Cauet, était l’invité du Morning, animé par Imad Kotbi, vendredi 14 novembre. Pour l’occasion, le Morning a été “délocalisé” à la médina de Marrakech, “pour aller à la rencontre de Cauet en tournage dans la ville ocre”, nous explique Younes Boumehdi, patron de Hit Radio.


Dimanche 26 octobre, les passagers d'un vol Air France en provenance de Casablanca sont restés bloqués une bonne vingtaine de minutes à l'intérieur de l’avion après l'atterrissage à l'aéroport de Paris Charles De Gaule. Explication : la personne chargée de l'ouverture de la porte de l'appareil était introuvable...


Deux courtières françaises d’origine marocaine installées en Angleterre ont raflé plusieurs millions de livres sterling. Origine du jackpot ? Des dommages et intérêts reversés par leur employeur. Le duo avait entamé une action en justice, après s’être vu retirer les portefeuilles de clients juifs en raison de leur confession musulmane.


Mohamed Sajid, le maire de Casablanca, commence enfin à s’intéresser à la nouvelle scène locale. Il a été aperçu, mardi dernier, au “Contemporary Moroccan Roots”, détonnant rendez-vous regroupant musique, mode et arts plastiques (lire aussi p. 78). Il aurait même assisté à un concert du chanteur fusion Barry.


L’USFP aime les journalistes. Après Mohamed El Gahs, grandi dans les structures du parti de la rose après avoir dirigé la rédaction de Libération, voici venu le tour de Abdelhamid Jmahri. Le réd’ chef d’Al Ittihad Al Ichtiraki fait partie de la nouvelle équipe du bureau politique de l’Ittihad. Un bon point pour les amis (du parti) de la rose.


Le deuxième sommet des épouses de chefs d’Etat arabes s’est tenu à Abou Dhabi du 11 au 13 novembre. Cette année, Lady Salma, Rania de Jordanie, Suzanne Moubarak, Leila Ben Ali et Asmae Al Assad ont consacré leurs travaux à la sécurité de la femme. Et, bien sûr, les gardes du corps de ces dames n’étaient jamais très loin. Ça aide, non ?
 
 
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