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N° 348
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Banque islamique et développement

J’ai lu avec beaucoup d'intérêt votre édito (TelQuel n°342), très critique, sur les affirmations d’“Attajdid” à propos du risque pour le Maroc de perdre 23 milliards de dirhams du fait du possible effet d'éviction vers les banques islamiques. Je ne peux qu'être d'accord avec vous sur le fait que le lancement de la finance islamique ne signifiera pas -ipso-facto- un détournement des résidents marocains vers les banques islamiques. Mais je voudrais donner un point de vue à partir de mon expérience à la tête d'une institution financière islamique. En tant que Marocain, je me suis intéressé à la possibilité de lancer des produits d'assurance “Takaful” au Maroc. Je pense que la disposition des professionnels d'une manière générale ne s'y prête pas, pour des raisons qui tiennent plus de la méconnaissance des produits, du “business model” islamique et surtout à une certaine aversion pour tout ce qui a une connotation “islamique” et que j'appelle “laïcite technocratique”. La finance islamique se développe un peu partout dans le monde, que ce soit en Asie, en Europe ou en Amérique du Nord. Ceux qui s'y intéressent ne sont nullement des “barbus hirsutes”, mais bel et bien des financiers ou assureurs motivés par le potentiel que peut constituer la population qui hésite à épargner ou à acheter des produits traditionnels (avec taux d'intérêt et donc riba). La question centrale est très simple : éxiste-t-il une demande solvable au Maroc pour la banque ou l'assurance islamiques ? Si la réponse est oui, il est urgent qu'aussi bien les professionnels que les services de l'Etat se dépêchent de capter cette demande. Il serait dommage de se passer d'une épargne qui ne pourrait que financer l'investissement et donc le développement. Les professionnels et les pouvoirs publics devraient étudier le modèle de développement malaisien et la stratégie à succès de Bank Negara Malaysia (la banque centrale), de Bahraïn ou des Emirats arabes unis qui, tout en encadrant de manière très stricte le secteur financier, ont su attirer les investisseurs intéressés par la banque et l'assurance islamiques et réussi à développer une offre diversifiée. Si le Maroc rate le tournant de la finance islamique, d'autres ont déjà su, ou sauront le prendre, et comme c'est souvent le cas, nous serons en retard...

Chakib Abouzaid, Emirats arabes unis.



Enseignants buissonniers

Je suis enseignant depuis 21 ans. Et pour toute promotion cette rentrée, après de nombreuses promesses, j’ai eu 85 dirhams, une salle comble de plus de 54 élèves et de nouvelles directives : plus personne n'a le droit de tomber malade, et s'il se hasarde à attraper froid, il peut dire adieu à la moitié de son salaire. Comme ça il apprendra à mieux communiquer ses virus aux élèves, et lorsqu'ils seront tous malades, lui pourra enfin guérir tout seul en classe. Et pour ceux qui ne savent pas “baiser” la main du directeur au moindre retard de 5 minutes, c’est une journée de salaire perdue. Ces décisions ministérielles, qui ne sont pas passées par le Parlement, espèrent-elles améliorer la qualité de l’enseignement ? Madame la secrétaire d'Etat, d'autres ministres vous ont précédée. Ils voulaient laisser leurs empreintes sur l'enseignement mais n'ont laissé que des cicatrices.

Oustad Benallal, Casablanca.



Les immortels

Les “tifosis” dont vous brossez le tableau, fort éloquent, dans votre numéro 345, sont omniprésents dans notre quotidien. Mais on oublie que c’est bien dans le camp des “aroubias et des chlouhs”, ces hommes et ces femmes traités en beurs dans leur propre patrie, que proviennent les soldats qui battent la semelle dans les tranchées du Mur de sable du Sahara. C’est de ce “camp” qu’ont surgi des figures comme El Khattabi, Zerktouni ou Mehdi Ben Barka ! Ne parlons pas du sport et des arts qui ont donné au royaume son prestige à travers le monde, mieux et plus que ne le ferait un ministre ou un ambassadeur !

Moha ou Bouazza, Casablanca.



L’islam, bouc émissaire

Vous expliquez tous les maux de la terre, du monde arabe, de notre société... par la même origine : la religion, l’islam. Qu’il s’agisse d’aborder l’hypocrisie ou les déboires de certaines grandes figures de la littérature arabe, ou, sur un autre plan, les mœurs déviées d’une époque, d’une mentalité ou de la personne elle-même, vous mettez en exergue son appartenance à l’islam. Qu’il s’agisse du dilemme des non-jeûneurs pendant le mois de ramadan, qui sont contraints de “cacher” leur pratique, on se retourne contre l’islam qui ligote leur liberté d’expression. Quand il s’agit d’expliquer la condition féminine au Maroc, plutôt que de rechercher les origines sociales, culturelles, les us et coutumes, on s’en prend à l’islam. Dois-je rappeler que les préceptes de la religion musulmane vis-à-vis de la femme sont loin des pratiques qu’en ont faites les hommes arabes dans nos sociétés. Dois-je rappeler que le prophète était à l’écoute des problèmes de couple, des problèmes sexuels, soulevés aussi bien par les hommes que par les femmes de sa tribu ? Votre magazine semble avoir choisi l’islam pour principal accusé, pour tous les problèmes, passés et à venir. Votre trame est toujours la même, votre conclusion également. C’est grâce à des courants intellectuels comme celui auquel vous appartenez que l’on pourra se vanter aujourd’hui et demain, de figurer à l’arrière-garde des sociétés développées.

Anissa mima, Rabat.



Cathos vs protestant

M.Karim Boukhari, je me permets de vous signaler que le P de WASP (humeur intitulée “Brother”, TelQuel n°346) correspond à protestant et que les capitalistes “catho pur jus” qui font chaque jour en se levant un pied de nez à Max Weber ne sont identifiables que par ceux qui assistent aux mêmes messes. Et encore. Pour un laïc, ce n'est pas plus mal comme ça !
Votre erreur est quand même moins grave que celle de Philippe Labro –présenté comme un spécialiste des USA sur France 2- qui classait Kennedy dans les présidents WASP alors qu'il était catholique ! À l'époque, élire un président catholique était aussi sensationnel que d'élire un noir aujourd'hui.

Michel Leprêtre, Casablanca.



Félicitations !
Je suis une jeune lectrice de 17 ans, je vous écris aujourd'hui pour vous féliciter de vos efforts déployés et pour féliciter les deux jeunes journalistes Mehdi Sekkouri Alaoui et Youssef Ziraoui pour le prix Lorenzo Natali 2008. Bonne continuation.

Sarah El Hadi, Casablanca.

 
 
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