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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Rahim Sefrioui

Politique.
Abdelouahed Radi : “Je pars… si Mohammed VI le veut”

Abdelouahed Radi devrait tenir
sa promesse de campagne.
(TNIOUNI)

Le nouveau numéro 1 de l’USFP est prêt à quitter son poste de ministre de la Justice. Mais quand le roi voudra bien l’en décharger.

La question qui énervait tant Abdelouahed Radi au lendemain de son élection au poste de premier secrétaire de l’USFP a enfin une réponse. Partielle certes, mais réponse quand même. Le nouveau patron du parti de la rose, dix jours après la fin du congrès national, a dévoilé qu’il tiendra parole : “Je suis déterminé à quitter le ministère de la Justice”. L’information qui circulait depuis l’après-midi du mardi 18 novembre, a
été confirmée le lendemain par l’intéressé lui-même dans une interview à Al Ittihad Al Ichtiraki. Abdelouahed Radi délaissera ainsi le portefeuille de la Justice comme il l’avait promis, de manière solennelle, le 9 juin dernier, juste avant le début de la première phase du congrès national. “Il a fait de son départ du gouvernement un argument fort de sa campagne pour briguer le poste de premier secrétaire. Il n’avait pas le droit de décevoir les militants, et ils sont légion, qui avaient voté pour lui sur cette base”, explique un membre du conseil national de l’USFP. Et d’ajouter : “Faillir à un tel engagement serait revenir sur une sorte de contrat passé avec les socialistes”.

Quel successeur ?
Radi partira, c’est acquis, mais quand et comment ? C’est la grande question qui se pose actuellement dans les rangs des socialistes, mais aussi à l’intérieur du gouvernement El Fassi. Le nouveau premier secrétaire apporte déjà un élément de réponse qui ajoute à la confusion. “En réalité (...) cela devra se faire dans des conditions qui ne regardent pas que ma personne. Il y a un gouvernement, un Premier ministre et, au-dessus de tout, il y a Sa Majesté le roi qui, constitutionnellement, désigne et révoque”, déclare-t-il au journal de son parti. “Sortir du gouvernement obéit à des critères, mais je suis déterminé à quitter le ministère de la Justice”, poursuit le nouveau patron des socialistes. Qu’en pense le reste de la direction de l’USFP ? “Nous n’avons pas encore traité de manière approfondie de cette question”, nous explique un membre du bureau politique issu du dernier congrès national, arguant que plusieurs détails et questions ne sont pas réglés. Avec des inconnues à gérer. “Nous devons d’abord réfléchir à la succession de Abdelouahed Radi au ministère de la Justice, qui devra revenir à notre parti. Mais aussi aux autres modalités, au cas où le roi procéderait à un remaniement partiel du gouvernement”, explique le responsable ittihadi.

Parenthèse fermée
En coulisses, on susurre que Abdelouahed Radi aurait reçu des assurances quant à l’avenir de son parti au sein de l’Exécutif. “Pour nous, ce pourrait même être une occasion de renégocier notre participation au gouvernement El Fassi”, ajoute un responsable USFP. Les bruits de couloir rapportent que le nouveau patron de l’USFP aurait reçu le feu vert du Palais avant de s’exprimer sur sa demande de “grâce”. “Radi est un homme qui n’agit jamais sans avoir consulté. Il l’a fait avant d’annoncer sa disposition à quitter le gouvernement et il aurait fait de même avant sa toute dernière sortie”, précise un jeune cadre du parti, membre du conseil national. En contrepartie, Abdelouahed Radi et Mohamed Elyazghi auraient assuré en “haut lieu” qu’il ne serait nullement question d’un retrait du gouvernement pour un retour à l’opposition. Cette question, fortement présente dans les débats d’avant-congrès, a été carrément éludée le jour J, remplacée par des appels à instaurer, via la réforme constitutionnelle, une “monarchie parlementaire”. La notion fait ironiser le chef de file de l’USFP, qui joue sur ce qu’il appelle une confusion entre “vers une monarchie parlementaire” et “à l’horizon d’une monarchie parlementaire”. “L’essentiel est ce qui est réalisé sur le terrain et dans la réalité”, conclut Abdelouahed Radi. La parenthèse est fermée. El Fassi et le Palais pourront souffler. Et surtout compter sur le nouveau chef des héritiers de Abderrahim Bouabid pour “calmer” ses bases. Lui dit avoir d’autres priorités : reconstruire l’USFP, l’unifier et le préparer aussi bien pour les élections communales de 2009 que pour les législatives de 2012.

 
 
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