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Par Hicham Bennani,
envoyé spécial à Fès
Reportage. Aji tchouf Zizou ou Gronaldo
Zidane et Ronaldo ont joué à Fès. Un match de gala, ou quand le foot rencontre le people. TelQuel y a été
Lundi 17 novembre. Lhorloge affiche 12h lorsque le jet privé de Zinedine Zidane atterrit sur la piste de laéroport international de Fès. 8 ans après un certain Maroc France (1-5), le Français dorigine algérienne plante ses crampons sur une pelouse marocaine. La star brésilienne Ronaldo est du voyage. Lunettes de soleil, jean, blouson et boule à zéro bien soignée, le look de Zizou na pas changé. On ne peut |
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pas en dire autant de lattaquant brésilien, méconnaissable. Blessé depuis le début de lannée, celui quon appelle Il Fenomeno na sans doute pas jugé utile de rendre visite à son coiffeur depuis quil est absent des terrains. Vêtu dun survêtement, lidole du pays du foot a pris de lembonpoint. A Fès, il signe un retour attendu par toute la planète foot (et son cortège de sponsors et annonceurs) depuis sa blessure en février avec le Milan AC où il évoluait. Zizou et le Fenomeno quittent le tarmac de laéroport comme des chefs dEtat. A bord dun van de luxe, ils se dirigent à vive allure vers lhôtel Jnane Palace, escortés par deux voitures de police qui balayent sur leur passage les automobilistes à coups de gyrophare et de sirènes. Bienvenue au Maroc.
Stars et amis de stars
Zidane et Ronaldo, en dignes ambassadeurs du PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement), ont fait appel à 68 joueurs, retraités ou en activité, pour soutenir bénévolement la lutte contre la pauvreté dans le monde. La recette du match opposant les amis de Zidane aux amis de Ronaldo servira la cause. Les Lions de lAtlas étaient invités par Zidane, mais la Fédération de football a décliné linvitation. Nous voulions éviter les risques de blessures, nous explique un responsable. Question de priorité. Mais les yeux regardent ailleurs, du côté des amis de Zizou et du Fenomeno. De grands noms sont attendus au Jnane Palace. Le Brésilien Dida, ancien gardien de but du Milan AC, le Français Christian Karembeu, champion du monde 1998, Santiago Canizares, Grégory Coupet
et une invitée de marque, oui, une femme : la compatriote de Ronaldo, Marta Vieira Da Silva, trois fois élue meilleure joueuse au monde. Côté marocain, pratiquement toutes les anciennes stars encore capables de taquiner le ballon rond sans risquer la crise darthrose sont là : Aziz Bouderbala, icône du Mondial 1986, Rachid Daoudi, star du Wydad des années 1990, et le trio Noureddine Naybet -Youssef Chippo -Salaheddine Bassir, héros du Mondial 1998. Baddou Zaki, ex-entraîneur des Lions de lAtlas, prendra part sur le banc de touche, pour coacher les amis de Zizou.
Peu nombreux à laéroport, les fans venus accueillir tout ce beau monde se comptent également sur le bout des doigts dans le hall de lhôtel. Par mesure de sécurité, nous navons pas communiqué sur les heures et lieux darrivée des joueurs, nous explique un membre du comité dorganisation. En revanche, un régiment de journalistes est sur place, accourus des points cardinaux du royaume mais aussi dEurope (France, Angleterre, Italie) et dAmérique (Brésil). Jaimerais bien parler à Zidane et Ronaldo, mais pour leur poser des questions précises sur le Calcio (championnat italien) et sur eux-mêmes, nous indique par exemple Stefano Boldrini, au nom de la Gazzetta Dello Sport, quotidien sportif de référence en Italie, qui na pas fait le déplacement pour rien.
Zizou marque, Gronaldo gagne
Il est 13h lorsque Zidane fait son apparition dans le hall dentrée. Le regard fuyant, la star esquisse un timide sourire devant les flashs des journalistes avant de se réfugier dans sa chambre, bien encadré par des malabars de service. Ronaldo arrive deux minutes après. Une poignée de supporters lencerclent. Parmi eux, un fan se fait remarquer : cest le sosie du Brésilien. Comme Zidane, Ronaldo ne sattarde pas dans la foule des journalistes. Ce qui nest pas le cas des légendes marocaines comme Bassir ou Zaki, qui succombent aux demandes dautographes sans se faire prier.
À 14h, plusieurs stars déjeunent dans le restaurant de lhôtel. Sans Zidane et Ronaldo. Ils ameuteraient trop vite les foules, nous déclare cet organisateur, comme pour se justifier. Au resto, les Marocains Ouaddou et Kabous cassent la croûte, en devisant sur le Maroc du foot et les choses de la vie. A la table dà côté, Christian Karembeu a fait le déplacement, mais sans sa top modèle de femme Adriana. Dommage. Jadore le Maroc, je viens souvent en vacances avec ma femme, nous lance le mari de qui vous savez.
La conférence de presse commence à 17 heures 30 au stade de Fès. Elle ne dure que 10 minutes. Les guest stars sont là bien sûr : Zidane et Ronaldo. C'est la première fois que jorganise un match hors d'Europe. Je suis très touché d'être au Maroc, l'un des pays de cette Afrique du Nord dont je suis originaire, lâche un Zidane, soucieux de prouver lintérêt quil porte au royaume. Ce sera tout ou presque. Court, court, mais bon, cest Zidane, une star, son temps, comme dit ladage, vaut de lor. Alors on profite, on admire. Et on se tait.
Et le match ? Il a démarré comme prévu à 18h. Lambiance autour du rectangle vert est bon enfant, à mille lieux des scènes de violence qui caractérisent habituellement les stades du royaume. Familles de Fès et amoureux du beau jeu ont répondu présent au rendez-vous. Le prix des billets va de 50 à 1000 dirhams, ce qui explique sans doute que le stade est à moitié vide. Cest toujours comme ça à Fès, soit il y a tout le monde, soit il ny a personne, commente un supporter fassi, un peu sévère. 25 000 spectateurs -un record pour le stade de Fès- ont tout de même assisté à un match de gala qui a tenu toutes ses promesses. Zizou a planté un but, il a tenu 80 minutes sur ses deux jambes. Pas mal pour le plus célèbre retraité de la planète. Le public le sait, lui qui na dyeux que pour le m3alem, le maestro, dont les exploits sont dans toutes les mémoires. Moins en jambe, celui quon surnomme aussi Gronaldo (pour sa tendance à prendre du poids), ne joue que les 20 premières minutes. Quelques applaudissements et puis sen va.
À la mi-temps, l'ancien président du Real Madrid, Florentino Perez, qui avait recruté Zidane en 2001 et Ronaldo en 2002, apparaît dans la tribune dhonneur. Patient, il signe les autographes et sacrifie à la séance photo avec le sourire. Sympa. Marta, la protégée de Gronaldo, fait une entrée remarquée juste après la mi-temps. Elle est même à lorigine dun but. En fin de match, Bassir se tord malencontreusement la jambe. Au terme des 90 minutes, le score fleuve prouve que les joueurs ont tout donné : 6 buts à 5 en faveur des amis de Ronaldo. Le Brésilien a gagné mais, à lapplaudimètre, le boss, cest incontestablement Zizou.
Bassir blessé ou bikheer
À 21 heures, retour au bercail pour les joueurs. Sous la coupole du Jnane Palace, les footballeurs arrivent au compte-gouttes. Grégory Coupet nous livre ses impressions, à chaud : Même dans un match amical, il existe des risques de blessures, la preuve : Bassir sest blessé. Mais plus de peur que de mal pour Bassir, qui nous rassure clopin-clopant : Tranquille, tranquille, ça me passera. Non loin de là, à la réception, le grand Dida, champion du Monde en 2002, attend ses clés comme un client lambda. Bassir revient un quart dheure plus tard, revigoré mais boitillant. Il rejoint les stars marocaines du Mondial 1998 au lounge de lhôtel, dans une ambiance sereine et tamisée. Il y a six ans que je navais pas joué contre des joueurs comme Zidane et Ronaldo. Participer à une rencontre au Maroc avec eux pour lutter contre la pauvreté, cest du pur plaisir pour nimporte quel joueur, nous déclare Naybet.
Plusieurs joueurs finissent la soirée à la discothèque de lhôtel. Dans la peau dun vrai ambassadeur, Zizou repart le lendemain à 8h. De nature plus fêtarde, le phénomène Gronaldo, qui devait normalement partir à 10h, ne quitte les lieux quà 16h30. Il a loué un jet privé pour la circonstance. Cétait peut-être la dernière fois que lenfant terrible du football brésilien se frottait à des joueurs encore en exercice. Jhésite encore, mais il est possible que jabandonne définitivement le foot, déclare Ronaldo à des confrères italiens. Alors, qui sait, à Fès, on a peut-être vu pour la dernière fois le héros carioca sur un terrain de football. |
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