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Interview. "Tradition, modernité : le mariage impossible"
Abdelouahed Radi : "Je pars... si Mohammed VI le veut"
Télévision. Fritures sur la 2
Reportage. Aji tchouf Zizou ou Gronaldo
Parité. Bonjour le travail
Success story. Nos stars aux Pays-Bas
Espagne. La fin de l'ETA ?
Bourse. Responsable mais pas coupable
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Festival. Le cinéma du réel
N° 348
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

Hakim Bellabbès
(DR)

Cinéma. Rires d’artisans aux Emirats


Deux ans après le Muhr de bronze attribué à Pourquoi la mer ?, conte semi-réel sur les pêcheurs d’infortune de la médina casablancaise, Hakim Belabbès, oiseau rare du cinéma d’auteur marocain, s’envole à nouveau pour le Festival du film de Dubaï. Du 11 au 18 décembre, le cinéaste installé à Chicago présente en compétition “documentaire” son nouveau long-métrage, Ces mains-ci (Herfat bouk hayt ghelbouk), coproduit par Cinemaat et la SNRT. Puisé à la même source que ses
précédents (Un nid dans la chaleur, Trois anges aux ailes cassées ou Les Fibres de l’âme), Ces mains-ci est une histoire de rire, de sueur et de cinéma tournée l’été 2007, dans laquelle Hakim Belabbès s’interroge sur cet humour du quotidien, du café, de la rue... chez les artisans de sa ville natale Bejaâd, “des petites gens qui vivent de presque rien mais sont bourrés de poésie”. Menuisier-philosophe, coiffeur-poète, forgeron-cinéphile… “Des artistes avec une vision du monde bien à eux”, que le cinéaste a voulu “capturer” dans ce dialogue fiction/non-fiction tragi-comique, “où l’on rit de sa destinée”. Il a fallu plus d’un mois et demi de travail pour traduire en anglais l’humour, les dictons et le phrasé local de ce film que Hakim Belabbès n’avait pas spontanément envoyé au festival de Dubaï : “Le directeur artistique avait vu deux extraits que j’avais postés sur Youtube pour des copains au Maroc”, rit le cinéaste, qui envisage avec la SNRT de tourner une série sur les artisans du royaume.


Sortie. Le rapt de Jolie

Los Angeles, 1928. En revenant du travail, Christine Collins, mère célibataire et battante, ne retrouve plus Walter, son fils. Après quelques mois de recherche, la police annonce en grande pompe qu'elle a retrouvé l'enfant perdu. Sauf que sur le quai de la gare, devant photographes et journalistes, la mère se rend compte que l’enfant qu’on lui remet n’est pas le sien. S'ensuit alors un drame kafkaïen – tiré d'une histoire vraie- où la police essaye de convaincre la mère qu'il s'agit bel et bien de son fils… Mélo quand il faut, L'échange est un bon produit grâce au talent de réalisateur de Clint Eastwood qui, à 78 ans, n'a pas l'air de s'essoufler. Les rôles principaux, eux, sont campés par une Angelina Jolie sanglotante et bien couverte et un John Malkovitch en bon révérend dénonciateur de la corruption policière américaine. Le film reste intense, malgré un côté bien classique. Vous êtes prévenus, préparez vos mouchoirs.

L’échange, au mégarama.



Musique. Au nom du père

Disparu en 1980, Dahmane El Harrachi, dont la chanson Ya Rayah a été popularisée par Rachid Taha, demeure l’un des compositeurs de chaâbi algérien les plus populaires, et l’une des voix emblématiques de l’immigration ouvrière qui se retrouvait pour chanter le pays et l’exil dans le Paris du siècle dernier. Son fils Kamel lui rendra hommage dans un album à paraître au printemps, enregistré à Paris chez le guitariste et réalisateur Abdelghani Torqui, avec notamment Nabil Mansour (tar), Sarhat Abid (violon) et Sid Ali Oudane (banjo). Si aucun extrait n’est disponible pour l’instant, on connaît d’ores et déjà son titre : Ghana Fenou. Patience.


Photo. Clichés de stars

L’œuvre de François-Marie Banier est donnée à voir à Marrakech : l'artiste touche-à-tout, tantôt peintre, dramaturge ou romancier –encouragé à ses débuts par Louis Aragon, s'il vous plaît-, exposera une série de photos intitulée “Ceux du voyage” à l'Ecole supérieure des arts visuels. C'est que le clic de son objectif dénote. Après plusieurs expositions qui ont fait le tour du monde, des recueils de photographies, des romans et œuvres théâtrales, c'est dans la ville ocre d’abord que l'artiste dévoile, jusqu'au 6 décembre, pas moins de cent quinze portraits d'acteurs, d'actrices, de cinéastes et de gens du théâtre. Les images seront placardées sur les murs de l'ESAV, avant de se diriger vers les Villas des Arts de Rabat et de Casablanca. Parmi ces portraits célèbres, Nathalie Sarraute, Samuel Beckett et Madeleine Castaing. On compte également John Malkovich, les frères Coen, Isabelle Adjani, Nicole Kidman, Roman Polanski, Francis Ford Coppola, Jeanne Moreau, Jim Jarmush et bien d'autres encore…

Jusqu'au 6 décembre à l'ESAV, Marrakech



Cinéclub. À l’Attac !

Le docu militant est de retour. Avec l’association SODEV et le théâtre Aquarium, le cinéclub Attac de Rabat entame cette saison par La Fin de la pauvreté, de Philippe Diaz, présenté à Cannes 2008 et projeté le 20 novembre au 2 bis rue Azzaouia, quartier Akkari (près du marché). À suivre, Zaman al Oulama de Souad Guennoun sur la mondialisation, La Dignité du peuple de Fernando Solanas sur la crise financière, Dem walla dee, du Comité pour l’annulation de la dette du Tiers-Monde, sur l’immigration, L’Or bleu de Damien de Pierpont sur les inégalités face à l’accès à l’eau, Elf, la pompe Afrique (pièce de Nicolas Lambert) et Africascop sur les coopératives au Burkina.


Expo. Les métamorphoses de sa vie

Après le succès de sa première exposition consacrée à Mahi Binebine, la toute nouvelle galerie l’Atelier 21 enchaîne avec les œuvres récentes de Mustapha Boujemaoui. Ce digne successeur, pur produit de l’Ecole nationale des Beaux-Arts de Tétouan, de l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles et de l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, n’a jamais manqué aux fondements de son œuvre : la transparence et la répétition. C’est cette ligne de conduite, en plus de ses questionnements sur son art et les matériaux qu’il utilise, qui ont fait de lui l’un des artistes marocains les plus talentueux. A l’Atelier 21, Mustapha Boujemaoui propose à voir la mue du verre vers d’autres formes. L’exposition, intitulée Les métamorphoses de ma vie, est la preuve que l’artiste, discret et timide dans la vie, ne s’est jamais endormi sur ses lauriers.

À la Galerie L’Atelier 21, jusqu’au 13 décembre



Arts plastiques. Les fleuves d’El Baz

Sur les murs de l’Atelier de la Source du Lion, les fleuves du monde se croisent. L’Amazone, le Mississipi, le Rhône et Oum Rabii se mélangent par la volonté de Mohamed El Baz, qui, dans la continuité de son travail “Bricoler l’incurable, détails”, entamé il y a 15 ans, propose pour cette nouvelle exposition une cartographie où se mêlent référents universels et personnels (ses photographies). Les fleuves brûlent sur terre (intitulé de l’exposition) ne dénote point avec l’esprit El Baz : provocateur mais ad hoc et en perpétuel questionnement sur la légitimité de l’art. L’expo fait mouche et ne laisse pas indifférent : l’absence de lumière, le mur et les ampoules noirs, les photos coups de poing sont autant d’éléments qui soulignent l’obscurité du travail.

À l’Atelier de la Source du Lion jusqu’au 19 décembre. Visite sur RDV. Tél. 073 62 08 06/10



Tournage. Pas de répit pour Saïdi

Ismaël Saïdi ne craint pas le grand écart. Inventeur de la première websérie marocaine Ya Bladi, franc succès du ramadan dernier sur Yabiladi.com, que l’on pourrait bientôt retrouver sur 2M et dont une deuxième saison-1 DH la minute- est en cours d’écriture, le flic converti en auteur-réalisateur fignole à Casa les préparatifs de son premier long-métrage de cinéma, Ahmed Gassiaux. Une épopée historique dans le Maroc de 1920 à 1957 où Sami Bouajila remplace (question d’agenda) son camarade d’Indigènes Assaâd Bouab, initialement engagé pour le premier rôle, celui d’un jeune de l’Atlas pris sous l’aile d’un officier du protectorat. Après ce tournage calé pour mars-avril, Ismaël Saïdi voyagera entre Maroc, Gabon et Martinique pour la suite de la série Rhimou, diffusée dès 2010 sur 2M, France Ô, TV5 et Trace TV.


Salles sombres. Un bracelet pour l’Eden

L’association Savecinemasinmarocco ne dépose pas les armes. Après son opération très remarquée lors du Festival international du film de Marrakech cru 2007 (une série de portraits de personnalités du cinéma arborant un T-shirt aux couleurs de l’association), elle a encore fait entendre parler de sa cause lors de cette édition du Festival. En effet, Sauvons les salles de cinéma au Maroc a édité 100 bracelets mis en vente au prix symbolique de 500 DH. L’intégralité des fonds sera entièrement dédiée à la rénovation du cinéma l’Eden à Marrakech. Le 20 novembre, le cinéma Eden a exceptionnellement réouvert ses portes pour la projection de Tissée de mains et d’étoffe de Omar Chraïbi. En attendant des jours (prochains) meilleurs.



Humeur.
Jeu de dupes

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Cette année, le Festival international du film de Marrakech a accueilli peu de stars. Aussi, tout un chacun a pu se la raconter à son aise. Un journaliste marocain s’est ainsi fait déposer à son rendez-vous par une berline aux couleurs du Festival. Il avait raté la navette réservée à ses collègues. Pourtant, on lui a passé ce petit caprice. Alors, pas une, pas deux, le journaliste s’est pris pour un people. Snobant la place du mort, il s’est assis à l’arrière de la voiture officielle pour parfaire son rôle. Il a vaguement tapé la causette avec son chauffeur pendant toute la traversée du Marrakech populaire. Un échange de propos juste pour la forme puisqu’il n’était plus question de mélanger les comparses et les premiers rôles. Le journaliste avait la tête déjà ailleurs, dans les étoiles, gonflant à vue d’œil. Sur son passage, des filles souriaient au plumitif de ce sourire béat qu’elles ont pour les acteurs. Des risettes admiratives pour un type qui n’était rien cinq minutes plus tôt. Et qui ne serait plus personne, une fois descendu de la berline. Pourtant, il s’est fait un film en couleurs, singeant la célébrité à tous les feux rouges. Le regard masqué par des lunettes de soleil pour faire mystérieux. Faute de stars pour vous piquer la vedette, il pouvait enfin se donner l’illusion d’être un VIP. Par la magie d’une voiture. Et de fausses Ray Ban à 30 dirhams…



Disney Halal
D'après le site du Financial Times, l'empire Disney voudrait s'étendre dans le monde arabe. Des pays du Golfe à l'Afrique du Nord, “les valeurs Disney pourraient percer dans le marché arabe”, toujours d'après le site. On parle déjà d'un film, The Last Storyteller, qui promènera le spectateur du Maroc au Koweït.


Livre
Des ados, un peintre, un psy. Secouez, vous avez un livre, du même nom (Traces et paroles : des adolescents, un peintre, un psychanalyste, Edition Al Manar), sauf que le peintre s’appelle Mohamed Kacimi, l’un des meilleurs au Maroc, disparu en 2003, et que le psy s’appelle Jalil Bennani. Une rencontre autour du livre est programmée le 3 décembre prochain à la Bibliothèque nationale à Rabat.


Qui dit mieux ?
Des peintures de Mekki Megara, Farid Belkahia, Balili, Bendahmane ou encore Pilot et Gabriel Rousseau, en plus de lots d’art traditionnel marocain, de bronzes, de porcelaine et d’argenteries seront aux enchères chez Eldon & Choukri Auctioneers, le 29 novembre à partir de 16h au 100 avenue My R’chid à Casablanca.

 
 
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