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Pages coordonnées par Maria A. Daïf
La semaine.
Cinéma. Rires dartisans aux Emirats
Deux ans après le Muhr de bronze attribué à Pourquoi la mer ?, conte semi-réel sur les pêcheurs dinfortune de la médina casablancaise, Hakim Belabbès, oiseau rare du cinéma dauteur marocain, senvole à nouveau pour le Festival du film de Dubaï. Du 11 au 18 décembre, le cinéaste installé à Chicago présente en compétition documentaire son nouveau long-métrage, Ces mains-ci (Herfat bouk hayt ghelbouk), coproduit par Cinemaat et la SNRT. Puisé à la même source que ses |
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| précédents (Un nid dans la chaleur, Trois anges aux ailes cassées ou Les Fibres de lâme), Ces mains-ci est une histoire de rire, de sueur et de cinéma tournée lété 2007, dans laquelle Hakim Belabbès sinterroge sur cet humour du quotidien, du café, de la rue... chez les artisans de sa ville natale Bejaâd, des petites gens qui vivent de presque rien mais sont bourrés de poésie. Menuisier-philosophe, coiffeur-poète, forgeron-cinéphile
Des artistes avec une vision du monde bien à eux, que le cinéaste a voulu capturer dans ce dialogue fiction/non-fiction tragi-comique, où lon rit de sa destinée. Il a fallu plus dun mois et demi de travail pour traduire en anglais lhumour, les dictons et le phrasé local de ce film que Hakim Belabbès navait pas spontanément envoyé au festival de Dubaï : Le directeur artistique avait vu deux extraits que javais postés sur Youtube pour des copains au Maroc, rit le cinéaste, qui envisage avec la SNRT de tourner une série sur les artisans du royaume. |
Sortie. Le rapt de Jolie
Los Angeles, 1928. En revenant du travail, Christine Collins, mère célibataire et battante, ne retrouve plus Walter, son fils. Après quelques mois de recherche, la police annonce en grande pompe qu'elle a retrouvé l'enfant perdu. Sauf que sur le quai de la gare, devant photographes et journalistes, la mère se rend compte que lenfant quon lui remet nest pas le sien. S'ensuit alors un drame kafkaïen tiré d'une histoire vraie- où la police essaye de convaincre la mère qu'il s'agit bel et bien de son fils
Mélo quand il faut, L'échange est un bon produit grâce au talent de réalisateur de Clint Eastwood qui, à 78 ans, n'a pas l'air de s'essoufler. Les rôles principaux, eux, sont campés par une Angelina Jolie sanglotante et bien couverte et un John Malkovitch en bon révérend dénonciateur de la corruption policière américaine. Le film reste intense, malgré un côté bien classique. Vous êtes prévenus, préparez vos mouchoirs.
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Musique. Au nom du père
Disparu en 1980, Dahmane El Harrachi, dont la chanson Ya Rayah a été popularisée par Rachid Taha, demeure lun des compositeurs de chaâbi algérien les plus populaires, et lune des voix emblématiques de limmigration ouvrière qui se retrouvait pour chanter le pays et lexil dans le Paris du siècle dernier. Son fils Kamel lui rendra hommage dans un album à paraître au printemps, enregistré à Paris chez le guitariste et réalisateur Abdelghani Torqui, avec notamment Nabil Mansour (tar), Sarhat Abid (violon) et Sid Ali Oudane (banjo). Si aucun extrait nest disponible pour linstant, on connaît dores et déjà son titre : Ghana Fenou. Patience. |
Photo. Clichés de stars
Luvre de François-Marie Banier est donnée à voir à Marrakech : l'artiste touche-à-tout, tantôt peintre, dramaturge ou romancier encouragé à ses débuts par Louis Aragon, s'il vous plaît-, exposera une série de photos intitulée Ceux du voyage à l'Ecole supérieure des arts visuels. C'est que le clic de son objectif dénote. Après plusieurs expositions qui ont fait le tour du monde, des recueils de photographies, des romans et uvres théâtrales, c'est dans la ville ocre dabord que l'artiste dévoile, jusqu'au 6 décembre, pas moins de cent quinze portraits d'acteurs, d'actrices, de cinéastes et de gens du théâtre. Les images seront placardées sur les murs de l'ESAV, avant de se diriger vers les Villas des Arts de Rabat et de Casablanca. Parmi ces portraits célèbres, Nathalie Sarraute, Samuel Beckett et Madeleine Castaing. On compte également John Malkovich, les frères Coen, Isabelle Adjani, Nicole Kidman, Roman Polanski, Francis Ford Coppola, Jeanne Moreau, Jim Jarmush et bien d'autres encore
Jusqu'au 6 décembre à l'ESAV, Marrakech
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Cinéclub. À lAttac !
Le docu militant est de retour. Avec lassociation SODEV et le théâtre Aquarium, le cinéclub Attac de Rabat entame cette saison par La Fin de la pauvreté, de Philippe Diaz, présenté à Cannes 2008 et projeté le 20 novembre au 2 bis rue Azzaouia, quartier Akkari (près du marché). À suivre, Zaman al Oulama de Souad Guennoun sur la mondialisation, La Dignité du peuple de Fernando Solanas sur la crise financière, Dem walla dee, du Comité pour lannulation de la dette du Tiers-Monde, sur limmigration, LOr bleu de Damien de Pierpont sur les inégalités face à laccès à leau, Elf, la pompe Afrique (pièce de Nicolas Lambert) et Africascop sur les coopératives au Burkina. |
Expo. Les métamorphoses de sa vie
Après le succès de sa première exposition consacrée à Mahi Binebine, la toute nouvelle galerie lAtelier 21 enchaîne avec les uvres récentes de Mustapha Boujemaoui. Ce digne successeur, pur produit de lEcole nationale des Beaux-Arts de Tétouan, de lAcadémie des Beaux-Arts de Bruxelles et de lEcole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, na jamais manqué aux fondements de son uvre : la transparence et la répétition. Cest cette ligne de conduite, en plus de ses questionnements sur son art et les matériaux quil utilise, qui ont fait de lui lun des artistes marocains les plus talentueux. A lAtelier 21, Mustapha Boujemaoui propose à voir la mue du verre vers dautres formes. Lexposition, intitulée Les métamorphoses de ma vie, est la preuve que lartiste, discret et timide dans la vie, ne sest jamais endormi sur ses lauriers.
À la Galerie LAtelier 21, jusquau 13 décembre
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Arts plastiques. Les fleuves dEl Baz
Sur les murs de lAtelier de la Source du Lion, les fleuves du monde se croisent. LAmazone, le Mississipi, le Rhône et Oum Rabii se mélangent par la volonté de Mohamed El Baz, qui, dans la continuité de son travail Bricoler lincurable, détails, entamé il y a 15 ans, propose pour cette nouvelle exposition une cartographie où se mêlent référents universels et personnels (ses photographies). Les fleuves brûlent sur terre (intitulé de lexposition) ne dénote point avec lesprit El Baz : provocateur mais ad hoc et en perpétuel questionnement sur la légitimité de lart. Lexpo fait mouche et ne laisse pas indifférent : labsence de lumière, le mur et les ampoules noirs, les photos coups de poing sont autant déléments qui soulignent lobscurité du travail.
À lAtelier de la Source du Lion jusquau 19 décembre. Visite sur RDV. Tél. 073 62 08 06/10
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Tournage. Pas de répit pour Saïdi
Ismaël Saïdi ne craint pas le grand écart. Inventeur de la première websérie marocaine Ya Bladi, franc succès du ramadan dernier sur Yabiladi.com, que lon pourrait bientôt retrouver sur 2M et dont une deuxième saison-1 DH la minute- est en cours décriture, le flic converti en auteur-réalisateur fignole à Casa les préparatifs de son premier long-métrage de cinéma, Ahmed Gassiaux. Une épopée historique dans le Maroc de 1920 à 1957 où Sami Bouajila remplace (question dagenda) son camarade dIndigènes Assaâd Bouab, initialement engagé pour le premier rôle, celui dun jeune de lAtlas pris sous laile dun officier du protectorat. Après ce tournage calé pour mars-avril, Ismaël Saïdi voyagera entre Maroc, Gabon et Martinique pour la suite de la série Rhimou, diffusée dès 2010 sur 2M, France Ô, TV5 et Trace TV. |
Salles sombres. Un bracelet pour lEden
Lassociation Savecinemasinmarocco ne dépose pas les armes. Après son opération très remarquée lors du Festival international du film de Marrakech cru 2007 (une série de portraits de personnalités du cinéma arborant un T-shirt aux couleurs de lassociation), elle a encore fait entendre parler de sa cause lors de cette édition du Festival. En effet, Sauvons les salles de cinéma au Maroc a édité 100 bracelets mis en vente au prix symbolique de 500 DH. Lintégralité des fonds sera entièrement dédiée à la rénovation du cinéma lEden à Marrakech. Le 20 novembre, le cinéma Eden a exceptionnellement réouvert ses portes pour la projection de Tissée de mains et détoffe de Omar Chraïbi. En attendant des jours (prochains) meilleurs. |
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Humeur.
Jeu de dupes
Cette année, le Festival international du film de Marrakech a accueilli peu de stars. Aussi, tout un chacun a pu se la raconter à son aise. Un journaliste marocain sest ainsi fait déposer à son rendez-vous par une berline aux couleurs du Festival. Il avait raté la navette réservée à ses collègues. Pourtant, on lui a passé ce petit caprice. Alors, pas une, pas deux, le journaliste sest pris pour un people. Snobant la place du mort, il sest assis à larrière de la voiture officielle pour parfaire son rôle. Il a vaguement tapé la causette avec son chauffeur pendant toute la traversée du Marrakech populaire. Un échange de propos juste pour la forme puisquil nétait plus question de mélanger les comparses et les premiers rôles. Le journaliste avait la tête déjà ailleurs, dans les étoiles, gonflant à vue dil. Sur son passage, des filles souriaient au plumitif de ce sourire béat quelles ont pour les acteurs. Des risettes admiratives pour un type qui nétait rien cinq minutes plus tôt. Et qui ne serait plus personne, une fois descendu de la berline. Pourtant, il sest fait un film en couleurs, singeant la célébrité à tous les feux rouges. Le regard masqué par des lunettes de soleil pour faire mystérieux. Faute de stars pour vous piquer la vedette, il pouvait enfin se donner lillusion dêtre un VIP. Par la magie dune voiture. Et de fausses Ray Ban à 30 dirhams
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Disney Halal
D'après le site du Financial Times, l'empire Disney voudrait s'étendre dans le monde arabe. Des pays du Golfe à l'Afrique du Nord, les valeurs Disney pourraient percer dans le marché arabe, toujours d'après le site. On parle déjà d'un film, The Last Storyteller, qui promènera le spectateur du Maroc au Koweït.
Livre
Des ados, un peintre, un psy. Secouez, vous avez un livre, du même nom (Traces et paroles : des adolescents, un peintre, un psychanalyste, Edition Al Manar), sauf que le peintre sappelle Mohamed Kacimi, lun des meilleurs au Maroc, disparu en 2003, et que le psy sappelle Jalil Bennani. Une rencontre autour du livre est programmée le 3 décembre prochain à la Bibliothèque nationale à Rabat.
Qui dit mieux ?
Des peintures de Mekki Megara, Farid Belkahia, Balili, Bendahmane ou encore Pilot et Gabriel Rousseau, en plus de lots dart traditionnel marocain, de bronzes, de porcelaine et dargenteries seront aux enchères chez Eldon & Choukri Auctioneers, le 29 novembre à partir de 16h au 100 avenue My Rchid à Casablanca. |
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