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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La Semaine


Salaheddine Mezouar, ministre de l’Economie et des Finances.
(AFP)

Loi de finances. Une adoption au forceps


Après plus d’une semaine de débats houleux, selon des députés de l’opposition, le projet de Loi de Finances a été approuvé, mardi 18 novembre, par la Commission des finances et du développement économique de la chambre basse du Parlement. L’opposition, essentiellement représentée par le PJD et dans une moindre mesure le MP, déçue des propositions de loi en matière fiscale, aurait voulu apporter des modifications au texte, notamment en matière d’impôts
sur le revenu et de TVA en s’opposant à l’augmentation prévue de la taxe de 7 à 10% pour certains produits de grande consommation. Sans succès. “Aucun de nos amendements n’a été accepté par le ministre”, déplore le député Lahcen Daoudi.

La réforme en profondeur de la fiscalité sur les revenus, pour laquelle l’opposition a milité, est passée à la trappe. Le projet de loi indique que le seuil d'imposition passera de 24 000 à 27 000 dirhams par an, alors que le parti islamiste avait proposé de le faire passer à 33 000 dirhams. A l’argument du pouvoir d’achat des Marocains, Salaheddine Mezouar a opposé celui des caisses de l’Etat. Le ministre de l’Economie et des Finances, à l’instar de ses prédécesseurs, a encore brandi l’article 51 de la Constitution pour faire passer son projet de loi. “Ledit article indique que les propositions et les amendements formulés au Parlement ne peuvent pas être acceptés si leur mise en application entraîne une réduction des recettes de l'Etat, la création ou l'accroissement d'une charge sur les personnes par rapport à la Loi de Finances”, explique un économiste. Le projet de Loi de Finances devait être soumis au vote du Parlement vendredi 21 novembre.


Carburant. Une baisse en janvier ?

Mauvaise nouvelle : alors que tous les automobilistes l’attendaient pour ces jours-ci, la baisse des prix du carburant n’interviendra qu’en 2009, à en croire Nizar Baraka. Selon le ministre des Affaires économiques et générales, le gouvernement a consenti dans le projet de Loi de Finances un effort budgétaire de 28,9 milliards de dirhams, au titre de l’année 2009, pour soutenir le pouvoir d’achat des Marocains. La somme sera en partie destinée au processus de réforme de la Caisse de compensation. Ce qui se traduira par une révision des prix des produits pétroliers à partir du 1er janvier prochain. Rappelons que le baril de brut se traite à 52 dollars actuellement. Le projet de Loi de Finances 2009 a été élaboré sur une base de 100 dollars le baril.


Télécoms. Méditel s’en sort bien

La guéguerre qui oppose, depuis quelques semaines, Maroc Telecom à Wana, a éclipsé le troisième opérateur qui tire plutôt bien son épingle du jeu. Méditel a clôturé les neuf premiers mois de l’année avec une hausse de 7% du chiffre d'affaires brut à 5,4 milliards de dirhams. Côté clients, en dépit de l’agressivité de la concurrence, l’opérateur téléphonique attire encore de nouveaux clients. Le parc clients mobile de l’opérateur ibérique a progressé de 17 % pour s'établir à 7,4 millions d’utilisateurs. Mais le revenu moyen par client a chuté à 63 dirhams, une baisse de 16%. Cette contre-performance est liée en particulier à l'élargissement du parc clients et à l'intégration des segments de marché à plus faible valeur.


ONE. Maâmar victime de son “caractère” ?

Le débarquement surprise, vendredi 14 novembre, du directeur général de l’Office national d’électricité serait dû, selon certaines confidences, à son inimitié avec son ministre de tutelle, Amina Benkhadra. L’arrogance que l’on prête à l’ancien patron de l’ONE n’était pas appréciée en haut lieu. D’autres sources affirment que Younes Maâmar, à la tête de l’Office depuis 2006, avait le même comportement avec Mohamed Boutaleb, l’ancien ministre de l’Energie. Et ses sorties médiatiques sur les délestages, qui avaient créé un vent de panique chez les entrepreneurs, n’auraient pas été du goût du gouvernement, aussi bien Jettou que El Fassi. C’est Ali Fassi Fihri, frère de Taeïb, mari de Yasmina Baddou et directeur de l’Office national de l’eau potable, qui prend la tête de l’ONE.


CDVM. Enfin autonome ?

Le Conseil déontologiques des valeurs mobilières (CDVM) devrait bientôt changer de statut. Une proposition d’amendement de la loi le régissant a été éxaminée lors du conseil d’administration du 12 novembre. “Les prérogatives seront renforcées, notamment en termes de sanction, et l'institution acquerra une indépendance par rapport à l'Exécutif, puisque le président de cette nouvelle institution serait nommé (par dahir) pour être président à temps plein, en plus du ministre des Finances”, explique Dounia Taârji, directrice du Conseil. Ces modifications visent davantage d'efficacité, d'autonomie, et donc la capacité de mieux remplir la mission confiée. Ce qui n’est pas le cas actuellement. L’autorité de surveillance n’aurait pas les coudées franches et subirait des pressions de toutes parts.


OFF.

La crise internationale vient encore de faire des dégâts côté espagnol. Tremon, un groupe immobilier avec d’importants investissements au Maroc, vient de se déclarer en cessation de paiement. Sa dette s’élève à 900 millions d’euros. Le dépôt de bilan aura des répercussions au Maroc où l’opérateur immobilier a des projets dans la région d’Asilah notamment.


Saâd Bendidi, l’ex-patron de l’ONA, s’apprêterait à rejoindre Khalid Oudghiri en Arabie Saoudite où il occupe le poste de directeur général de Bank Al Jazira. Pour l’heure, aucune information n’a filtré sur les nouvelles fonctions de Saâd Bendidi au sein de la banque. Après son départ du holding royal, Bendidi s’était lancé dans les affaires en prenant une participation dans une société d’aménagement d’espaces.
 
 
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