Fonds spéciaux. Le véritable budget du Maroc
Interview. "Tradition, modernité : le mariage impossible"
Abdelouahed Radi : "Je pars... si Mohammed VI le veut"
Télévision. Fritures sur la 2
Reportage. Aji tchouf Zizou ou Gronaldo
Parité. Bonjour le travail
Success story. Nos stars aux Pays-Bas
Espagne. La fin de l'ETA ?
Bourse. Responsable mais pas coupable
Cinéma. Sans strass, ni paillettes
Événement. Tous pour un !
Festival. Le cinéma du réel
N° 348
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine

Le patrimoine n’est plus un sujet
tabou. Un dahir est passé par là...
(TNIOUNI)

Patrimoine. Ministres, déclarez-vous !

Alors qu’ils n’étaient pas concernés par la loi sur la déclaration de patrimoine, les membres du gouvernement, députés, chefs de cabinet et hauts commis de l’Etat y sont désormais soumis… par la force d’un dahir royal. Parue le 3 novembre au Bulletin officiel, et effective depuis, cette loi impose aux hauts fonctionnaires de remettre leur déclaration de patrimoine au plus tard trois mois après leur entrée en fonction. Autre nouveauté, la Cour des comptes, censée veiller au grain et épingler les contrevenants, a dorénavant le pouvoir de saisir la justice.
La fiche de déclaration standardisée devra inclure les biens meubles et immeubles, les dépôts en banque, les participations, les biens hérités, le parc automobile, les prêts et même les objets d’art et d’antiquité… À peine a-t-elle été promulguée que la loi soulève la polémique. “Ce n’est pas la loi en soi qui pose problème, c’est plus le temps que prendra sa mise en place. Il a fallu des années pour promulguer le texte, il en faudra autant pour l’appliquer”, déplore Azzeddine Akesbi, membre de Transparency Maroc. L’ONG a par ailleurs publié un document recensant toutes les lacunes de cette loi : “Elle ne prévoit pas de déclaration sur les comptes bancaires à l'étranger, du fait que l’ouverture d'un compte en dehors du Maroc est interdite par la loi”. Autre faille pointée du doigt par Transparency : la loi sur le patrimoine n’impose pas au fonctionnaire de déclarer les biens de sa famille sauf s'il en est copropriétaire ou gestionnaire. Autrement dit, tout bien enregistré au nom des épouses, ascendants ou descendants majeurs, ne peut être assujetti à la loi.


Ronaldo. Fesse…tival de dribbles

La presse nationale s’est délectée des péripéties de la star brésilienne, en marge du match caritatif disputé lundi 17 novembre à Fès (lire article p.36). Après une soirée arrosée dans une discothèque qu’il a lui-même louée, Ronaldo, de retour à l’hôtel, aurait eu une altercation avec le personnel de sécurité de l’hôtel. Coureur de jupons devant l’éternel, “Gronaldo” (rapport à son embonpoint), visiblement très en jambe, aurait tenté de faire pénétrer plusieurs filles dans sa chambre d’hôtel. Joints par TelQuel, les organisateurs ont nié les faits : “Je suis resté jusqu’à 4h du matin dans le hall de l’hôtel et je n’ai rien vu de tout cela”, nous a déclaré l’un d’eux.


Justice. Adieu Radi, bonjour…

Alors que le départ de Abdelouahed Radi semble imminent (lire article p.32), plusieurs noms circulent pour sa succession au poste de ministre de la Justice. Driss Lachgar, membre du bureau exécutif de l’USFP, pourrait prendre la relève, permettant au parti de la rose de conserver son portefeuille. L’istiqlalien Saâd Alami, actuel ministre chargé des Relations avec le Parlement, qu’on dit proche de Abass El Fassi, pourrait tout aussi bien hériter du département tant convoité. Egalement pressenti pour le poste, l’ex-ministre Mhamed Khalifa, un autre istiqlalien, dont les chances restent minimes. Tous ces challengers devront attendre la décision du roi, qui attribuera ce ministère de “souveraineté” selon son bon plaisir.


Routes. Les chiffres qui tuent

Triste, triste bilan. Le nombre de morts sur les routes durant les neuf premiers mois de 2008 s’élève à 4287, soit une progression de 11,69% par rapport à l’année dernière. D’après le rapport publié par le Comité national de prévention des accidents de la circulation (CNPAC), 80% des victimes de la route sont des piétons ou des conducteurs de vélomoteurs. Si les trois quarts des accidents surviennent en rase campagne, les plus meurtriers ont généralement lieu dans les villes, qui totalisent 75% des tués. À titre de comparaison, les véhicules au Maroc tuent 13,5 fois plus qu’en France, et 18,2 fois plus qu’en Suède. Enfin, le coût occasionné par cette hécatombe est estimé à 11,5 milliards de dirhams par an.


WAC-Raja. Jackpot pour un nul

Le 105ème derby opposant les frères ennemis wydadis et rajaouis, qui s’est soldé par un match nul (vraiment nul) a enregistré une recette record : 130 millions de centimes nets, après paiement des charges. Ce chiffre aurait pu être largement supérieur si tous les supporters présents ce jour-là s’étaient acquittés de leur droit d’entrée. Alors que, d’après les responsables du Wydad, le club aurait vendu 46 500 places, au moins 80 000 supporters auraient assisté au match. Contacté par TelQuel, Abdelilah Akram, président des Rouges et Blanc s’est contenté de déclarer, embarrassé : “Vous savez comment ça se passe dans ce pays ?”. Oui, oui, on ne sait que trop.


Oukacha. En attendant le roi

Le décès de Mustapha Oukacha, ex-président de la Chambre des conseillers, a révélé bien des surprises. Mohammed VI a personnellement pris en charge les funérailles et aurait même appelé les enfants du défunt pour leur présenter ses condoléances. Le souverain a également mandaté son frère Moulay Rachid et son cousin Moulay Ismaïl pour le représenter. Ces obsèques ont vu défiler une foule monstre, dont faisait partie un certain Abderrahmane Youssoufi (aux abonnés absents lors du dernier ongrès de l'USFP). Une semaine à peine après le décès, la question de la succession de Oukacha se pose : la convoitise des partis a vite été refroidie par Mustapha Mansouri, président du Parlement et du RNI : “Il faut attendre le retour du roi pour voir plus clair”, a-t-il notamment signifié.


Espionnage. Des agents pas si secrets

Après le tollé soulevé par les barbouzeries marocaines aux Pays-Bas, nos espions font reparler d’eux, en Belgique cette fois. D’après le quotidien flamand De Morgen, le chef de la Sûreté belge, Alain Winants, aurait demandé, il y a six mois de cela, aux autorités marocaines de rappeler trois éléments des services secrets marocains officiant dans le plat pays. Ces agents secrets, qui “travaillent sous la couverture de diplomates à l’ambassade de Belgique ont agi contre la sûreté de l’Etat”. Le patron de la police belge a évoqué “des comportements inacceptables d’espionnage direct ou d’obstruction de la sûreté”, ainsi qu’une “activité de recrutement d’autres agents”. Pour finir, il a rappelé que “les méthodes agressives de la DGED ont déjà posé problème en Hollande, Espagne, France et Danemark”. Le Maroc aurait fait la sourde oreille, d’après De Morgen, maintenant ses présumés espions en poste.


Radios. La course aux ondes

La concurrence s’annonce rude entre les 14 postulants aux nouvelles licences de radio délivrées par la HACA (Haute autorité pour la communication audiovisuelle). L’ouverture des plis, ce jeudi 20 novembre, a révélé des projets solides : celles par exemple de la BBC, ou encore de RFI, qui souhaite lancer une radio sur le modèle de Monte Carlo Doualiya. Le groupe Lagardère (Europe 1, Virgin Radio…) s’est associé à Addoha pour un projet de radio musicale. Côté marocain, on retrouve le groupe Chaâbi, ainsi que le groupe d’hydrocarbures Petrom, qui propose une station s’adressant exclusivement aux femmes. Fouad Ali El Himma est aussi dans la course, avec un projet de radio nationale généraliste. Verdict début 2009.


Sahara. Viva la independencia

Sur 60 petites secondes, deux acteurs espagnols ont créé une grande gêne pendant la cérémonie de clôture du Festival de cinéma espagnol à Tanger, le 1er novembre. Willy Toledo et Carlos Bardem, montés subitement sur scène, ont fait le show en brandissant une banderole estampillée d’un “Libérez le Sahara Occidental” (en anglais dans le texte). Des policiers en civil ont mis fin à cet interlude en confisquant l’étendard. Carlos Bardem, un des deux trublions, qui n’est autre que le petit frère du célèbre acteur Javier Bardem, est lui-même très impliqué dans la lutte pro-sahraouie. Par ailleurs, une manifestation pour l’autodétermination du Sahara a rassemblé le 15 novembre, près de 8000 personnes à Madrid.


Belliraj. La contre-attaque

La saga du Belgo-marocain accusé de planifier des attentats dans le royaume est un feuilleton sans fin. Pour sa première sortie médiatique, Belliraj, dont le procès a été ajourné au 26 décembre, a adressé à la presse une lettre écrite de sa propre main. Il y déclare avoir été kidnappé en plein boulevard à Marrakech, avoir signé les PV l’incriminant sans même les avoir lus, ajoute que ses aveux lui ont été arrachés sous la torture. Belliraj passe en revue les sévices qu’il aurait subis : électrocution, suspension par les jambes, coups… Dans un autre registre, Belliraj a congédié son avocat, le trublion Mohamed Ziane. Contacté par TelQuel, Me Ziane, remplacé depuis par l’avocat Taoufiq Idrissi, est demeuré injoignable.


Abbas El Fassi. Mauvais plan (de table)

Alors qu’il assistait à une rencontre très religieusement correcte au siège des Nations Unies à New York, Si Abbas a dû vivre un grand moment de solitude. Lors du dîner officiel organisé, sous la présidence de Ban Ki Moon, en marge du sommet sur “la tolérance et le dialogue entre les religions”, Abbas El Fassi s’est retrouvé à la même table... que le président israélien Shimon Peres. À l’inverse des autres représentants des pays arabes, qui ont bénéficié d’un plan de table moins embarrassant. Il a fallu l’intervention du service de protocole de l’ambassade du Maroc auprès de l’ONU pour placer le chef du gouvernement à une autre table. En somme, beaucoup de précautions pour rien.


FIFM. L’effet du prince

Du jamais vu depuis la naissance du Festival du film de Marrakech : Moulay Rachid a fait une apparition surprise au Palais des Congrès, qui abrite l’évènement. Débarquant le mardi 18 novembre en fin d’après-midi, le prince, en tenue décontractée et sans bodyguards, a fait le tour du propriétaire pendant plus d’une heure et demie, passant d’un bureau à l’autre. Le prince a également fait un passage remarqué au point de presse, où il a tapé la discut’ avec les journalistes présents et le personnel administratif. “Lorsqu’il est arrivé, nous lui avons expliqué en détail notre méthode de travail, puis il nous a souhaité bon courage en partant”, raconte Abdellatif Abouricha, membre du comité d’organisation du FIFM, enchanté par cette visite royale sans protocole.



3 questions à Mohamed Darif
[Politologue spécialiste de l’islam]


Mardi 18 novembre, onze membres d’Al Adl Wal Ihsane ont été placés sous enquête en Italie, pour “association de malfaiteurs à des fins de terrorisme international”. Quelle lecture en faites-vous ?
Cet évènement est une manifestation de la stratégie sécuritaire mise en place par les occidentaux en général, et par l’Italie en particulier. Rome a soutenu la politique américaine en Irak. Après les attentats de Madrid en 2004 et ceux de Londres en 2005, le pays se sent visé et adopte une approche préventive du terrorisme.

Al Adl a-t-elle été à l’origine d’actes terroristes dans le passé ?
Non, jamais. Dans sa littérature, Al Adl confirme sa renonciation à la violence. L’association de Cheikh Yassine représente un islamisme contestataire, mais pas un mouvement religieux radical qui prône le combat par les armes. Il y a ici et là quelques incidents, notamment dans les universités, mais sans rapport avec la doctrine du mouvement.

Peut-on envisager une entrée d’Al Adl dans le jeu politique dans un avenir proche ?
Tout porte à croire qu’Al Adl attend le bon timing pour investir le champ politique. Pour preuve, le conseil national du cercle politique du mouvement a fixé plusieurs objectifs. Entre autres encourager les militants à élaborer une révision constitutionnelle, ce qui sous-entend qu’Al Adl ne rejette pas totalement la constitution existante. Par ailleurs, tous les membres du cercle politique sont invités à élaborer un programme politique.


Mafia. Un Marocain brise l’omerta

En Sicile, pays de la loi du silence, un clandestin d’origine marocaine, âgé de 17 ans, a dénoncé l’existence d’un clan de trafiquants de drogue, dans lequel il a été embrigadé de force, raconte l’hebdomadaire français L’Express dans sa livraison du 14 novembre. “Le jour, il est contraint de dealer (…) la nuit, il doit faire le guet pendant que ses complices cambriolent des villas de la région. S’il désobéit, il est battu”, peut-on notamment lire. Grâce à la collaboration du jeune homme, la police a pu démanteler un réseau de 10 personnes dans la petite ville sicilienne d’Erice. Le natif de Casablanca vit maintenant sous protection policière et suit une cure de désintoxication. Le maire d’Erice l’a pris sous son aile et lui a obtenu un permis de séjour illimité.


Récompense. Bziz à l’honneur

L’humoriste et militant des droits de l’homme, Ahmed Snoussi, alias Bziz, a remporté le prix international de la liberté d’expression pour l’année 2008, organisé par le magazine espagnol La Voz Del Occidente. Décerné dans le passé au journaliste marocain Ali Lmrabet (2003) et à l’Algérien Mohamed Benchicou (2004), cette récompense a été remise à Bziz le samedi 22 novembre lors d’une cérémonie dans la principauté des Asturies. “Je suis touché par cette reconnaissance”, nous a déclaré Bziz, avant de nuancer : “Je le serai davantage lorsque je pourrai me produire librement à la télévision et dans toutes les salles de spectacle de mon pays”.


Melilia. Un mort, sept blessés

Une Marocaine de 30 ans est morte à la frontière de Melilia, le 17 novembre. D’après les autorités espagnoles, cette femme est tombée par terre, avant d’être piétinée par une foule de porteurs de marchandises agglutinée près du poste-frontière. Sept autres personnes ont été blessées le même jour. “Ce type d’accidents est beaucoup plus fréquent qu’on ne le pense, car souvent caché au public”, croit savoir Pepe Alonso, de l’Association pour les droits humains de Melilia. Toujours est-il que la nouvelle a déclenché une grande indignation dans la ville espagnole : une manifestation a été organisée le 22 devant la délégation du gouvernement, pour revendiquer des conditions dignes pour les travailleurs informels.


Couacs. Vols irréguliers

Les 120 passagers d’un vol Tanger-Madrid de la compagnie aérienne Iberia ont eu la frousse de leur vie le vendredi 14 novembre. La raison ? Un oiseau s’est logé dans un des réacteurs de l’appareil peu après son décollage, obligeant le pilote à procéder à un atterrissage forcé sur le tarmac de l’aéroport Ibn Batouta. Le même jour, un avion de la compagnie low-cost Easy Jet, au départ de Marrakech et censé se rendre à Paris, a dû rebrousser chemin à cause d’une fausse alerte à l’incendie dans la soute à bagages. Une fois au sol, les 121 passagers ont été évacués via les toboggans de l’avion. C’est ce qu’on appelle avoir du plomb dans l’aile.


Sidi Ifni. Attac frontale

Plaidant pour la libération des prisonniers de Sidi Ifni, l'association altermondialiste vient de diffuser en masse la lettre, écrite le 21 octobre dernier, par quatre détenus de la prison d'Inezgane (des militants d'Attac et du Centre marocain des droits de l'homme). Omar Radi, membre de l'association, explique que cette lettre “est adressée à l'opinion publique”. “Brahim Bara et les trois autres détenus n'oublient pas leur statut de militants et racontent la prison de l'intérieur”. La lettre décrit, dans le détail, les conditions d'incarcération des “détenus politiques et de droit commun, adultes et mineurs”, les problèmes de surpeuplement, d'insalubrité et de soins sanitaires inexistants. La réponse du gouvernement ne s'est pas fait attendre : une promesse de six nouvelles prisons et de meilleures conditions carcérales pour 2009. Elle est belle la promesse !


Insolite. Spa croyable

La semaine dernière, l'épouse du Président mauritanien était en visite au Maroc. Descendue dans un palace casablancais, la “première dame” de Mauritanie a été à l’origine d’une confusion totale. Pendant plus d'une semaine, toute la zone autour du palace a subi des turbulences : route bloquée, agents de sécurité en masse, clients mécontents… Le week-end dernier, l'épouse du président aurait préféré aller se détendre dans un hammam populaire de la ville, troquant le spa ultramoderne de l'hôtel contre une simple détente au bain beldi. La douche froide, pour les gérants de l’hôtel…


Polémique. Transparency vs Alioua

Dans un communiqué publié jeudi 20 novembre, l’association anti-corruption rebondit sur une affaire qui fait les choux gras de la presse depuis plusieurs semaines : Khalid Alioua, patron du CIH, aurait acquis un bien immobilier, propriété de la banque (un double appartement de 500 m2) dans un quartier résidentiel de Casablanca, pour la modique somme de 1,8 million de dirhams, un prix bien en deçà des standards du marché. “En s’assimilant à un salarié de l’entreprise qu’il dirige pour justifier une opération qui l’enrichit au détriment des actionnaires, le PDG du CIH semble ignorer la notion de conflit d’intérêts”, rapporte le communiqué de Transparency. Alioua, resté injoignable, avait récemment déclaré par voie de presse que la transaction avait été autorisée par le conseil d’administration de la banque.


Canular. Cauet et les faux braqueurs

Non, l’animateur français et son équipe ne se sont pas fait agresser par une bande de voleurs armés dans la région de Marrakech. La vidéo postée en milieu de semaine sur le site officiel de l’animateur vedette de TF1, montrant Cauet et son équipe attaqués par des malfrats armés de fusils, est en fait le résultat d’une caméra cachée. “L’équipe de Sébastien Cauet a décidé de lui faire une blague, en lui faisant croire qu’il était attaqué par des pillards sortis de nulle part”, affirme une source proche de l’animateur. Ce n’est qu’au bout de plusieurs jours que les nombreux internautes qui ont visionné la vidéo ont appris à travers un message du site qu’il s’agissait d’une plaisanterie.



Humeur. Démissionnez-moi

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

C’est des héros, eux deux. Abdelouahed Radi, Mostapha Benali. Deux parfaits gentlemen. Le premier avec ses bons mots et son sourire d’enfant capricieux, le deuxième depuis qu’il a quitté le joli matelas facial que lui offrait sa moustache old school. Radi ne veut plus être ministre de la Justice puisqu’il est devenu numéro 1 de l’USFP, premier parti de gauche au Maroc. Jolie intention. Ça veut dire que le “cumulisme” est vraiment une pratique à bannir. Ça veut dire, aussi, que le statut de numéro 1 de l’USFP est plus conséquent que celui de ministre de la Justice. Que Monsieur Radi le pense et veuille nous en persuader, même à moitié, c’est bien. Dans une démocratie “normale”, on acquiescerait avant de passer à autre chose, un peu comme on commande un apéro avant d’attaquer le menu du jour, sans trop y regarder. Oui, Radi l’a fait…ou presque. Il y a un Mais dans l’affaire. “Encore faut-il que le roi veuille bien de ma démission” , nous signifie Radi, un peu réduit à l’état de héros moins quelque chose, le quart ou la moitié peut-être. Le ministre est respectueux des textes. Il sait surtout, comme nous tous, qu’un petit geste “éthique” peut être assimilé à un acte de rébellion. Ça peut réveiller le lion qui dort dans la forêt, titiller le bon vieux Makhzen. Et déclencher les foudres du ciel ou d’on ne sait plus trop où. Benali, ancien numéro un de la meilleure télévision (un peu) publique, a fait preuve d’un autre genre d’héroïsme. Il a été viré de 2M, alors il demande réparation. 2 milliards, SVP. Ça peut donner des idées à vos employés sur le point de mettre les voiles. C’est bien et c’est pas bien. Monsieur Benali a été nommé par dahir et révoqué sur simple arrêté d’un conseil d’administration. Ça ne se fait pas, pas au royaume de la tradition et de la modernité. C’est ce qu’on croit, pas lui, notre héros, à qui on souhaite bien du courage pour la suite de son recours en justice.



VITES !

Jeudi 13 novembre, Mohammed VI s'est envolé dans son bœing royal vers les Etats-Unis pour une visite privée. Accompagné de sa cour, le roi a été rejoint une semaine plus tard par le prince Moulay Rachid. Pour ce dernier, pas de vol princier : décollage jeudi 20 novembre, incognito, parmi les autres passagers. En première classe bien sûr.


Le tribunal de Sebta a rejeté, le 20 novembre, la demande du narcotrafiquant Mohamed El Ouazzani, alias El Nene, qui avait fait appel contre son extradition vers le Maroc. Pour être fixé sur son sort, El Nene, qui croupit dans une prison espagnole, devra attendre la décision finale, qui revient au gouvernement de Madrid.


Surprise, surprise. Pendant que les débats fusent quant à la nomination de Hillary Clinton au poste de Secrétaire d’Etat (aux Affaires étrangères), on apprend que Mohammed VI serait l'un des principaux donateurs de la fondation caritative Clinton, présidée par le mari de l'ex-première dame des Etats-Unis.


Le patron de la DGED a mérité son surnom de “Ould l’fqih”... Pour aider à l’application de la réforme des Habous visant un “Islam modéré”, Yassine Mansouri a rassemblé, la semaine dernière, un parterre... de oulémas et de f’qihs venus du Maroc, d’Espagne et d’Italie pour prêcher une évolution du champ religieux.


Mamoun Salaje, amoureux transi de Brel, fait ses adieux à l'artiste. Au Maroc du moins. Le chanteur n'interprétera plus Brel sur le territoire, et lui rendra un dernier hommage le 18 décembre prochain pour les 30 ans de son décès. Invitée à l’évènement, France Brel, fille de Jacques, devrait être de la fête.


L’ère est à la réconciliation entre le ministère de l’Intérieur et la Salafia Jihadia. Certains hauts cadres du département de Chakib Benmoussa, accompagnés de responsables de la DST, ont rendu visite à des écroués salafistes, pour amorcer le dialogue. Objectif : une éventuelle réinsertion des salafistes dans la société marocaine.
 
 
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