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Par Farida Ghazoui
Pêche. La fin des sardines
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Salaheddine Mezouar, minsitre
de lEconomie et des Finances
(DR)
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Le gouvernement vient d'interdire, pour trois ans, la pêche de trois espèces de poissons au sud du Maroc. Dont la sardine, fierté nationale.
Depuis le 6 novembre, les sardines, connues à l'international, ainsi que les chinchards et les maquereaux, sont interdits à la pêche dans les eaux du sud du Maroc. Et ce durant trois ans. Le décret, pris par le ministre de l'Agriculture et des pêches maritimes, est entré en vigueur le jour même de sa publication au Bulletin officiel. Est particulièrement |
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concernée la zone océanique entre les deux parallèles 25° et 24°, c'est-à-dire du sud de Boujdour au nord de Dakhla, une partie de ce que les professionnels appellent le Stock C, dont la ressource pélagique (essentiellement sardinière) est évaluée à plus de 1,2 million de tonnes.
Un plan inactif
Du côté du département de tutelle, on explique la décision par une conformité aux recommandations des instituts scientifiques, notamment l'INRH (Institut national de recherches halieutiques), dont les rapports d'analyse constituent la base des repos biologiques de pêche des différentes espèces, dont essentiellement le poulpe. A chaque fois que la ressource est menacée ou que nos chercheurs constatent une surexploitation de poissons, nous n'hésitons pas à arrêter toute activité de pêche dans les zones concernées, précise ce cadre des Pêches maritimes. Mais du côté des professionnels, c'est un tout autre son de cloche. Pour eux, l'interdiction dénote d'une absence totale de planification de l'exploitation des pêcheries. Pour Abderrahmane El Yazidi, secrétaire général du Syndicat national des marins en haute mer, la décision de Aziz Akhannouch montre que le secteur, qui connaît de grands problèmes financiers et structurel, est incapable de les dépasser malgré la multitude de plans élaborés pour organiser l'effort de pêche. Et d'ajouter que le fameux plan concernant la sardine, élaboré entre les professionnels et le département des Pêches du temps de Mohand Laenser, est toujours inactif, dans l'attente de la publication des textes d'application.
Les Russes mis en cause
Les sardiniers mettent en cause l'accord de pêche signé entre le Maroc et la Russie. Conclu en 1992 et renouvelé à quatre reprises, dont la dernière en 2006, il autorise 28 navires russes à pêcher dans la limite de 200 000 tonnes d'espèces pélagiques, ainsi que l'affrètement par les Russes d'autres bateaux. Autrement dit, ces derniers louent des licences de pêches offertes en règle générale à des notables de la région, moyennant une rétribution financière. Cette organisation a montré ses limites puisquelle freine tout effort d'investissement dans le secteur, souligne ce professionnel. Cet armateur met en avant les alertes données au niveau mondial par des organismes de préservation de la ressource halieutique, qui n'ont cessé de tirer la sonnette d'alarme quant au risque de disparition de certaines espèces de poissons. Nous avons vu la tenue à Marrakech, la semaine dernière, d'un grand symposium international sur le thon. Le monde entier s'est mobilisé pour mettre fin à la surexploitation de cette espèce. Est-ce le tour de la sardine ?, se demande-t-il. Toujours est-il que la décision de Aziz Akhannouch constitue une sorte de signal d'alarme quant à l'avenir des activités de pêche au Maroc.
Une première alerte a pourtant été donnée dès la fin des années 90 quand Thami Khyari, en charge du portefeuille des Pêches maritimes du temps du gouvernement Youssoufi, avait pris une décision pareille. Mais elle a vite été annulée par son successeur, ouvrant la voie à une exploitation maximale de cette réserve en sardine. Les autorités savaient que ce stock était en péril mais elles n'ont rien fait pour le préserver, précise notre source. C'est que l'enjeu est de taille : l'industrie de transformation de la sardine emploie actuellement quelque 50 000 personnes et affiche un chiffre d'affaires de près de deux milliards de dirhams à l'export par an. |
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Le chômage technique guette les quelques 50 000 personnes employées par lindustrie de transformation de la sardine. |
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