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Propos recueillis par Zoé Deback
Maroc-Belgique. Spy wars acte 1
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Alain Winants, chef
de la Sûreté belge
(AFP)
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La presse belge a révélé un regain de tension entre les services de renseignement belges (la Sûreté) et leurs homologues marocains (la DGED). Le chef de la Sûreté belge, Alain Winants, contacté par téléphone, nous a donné des explications. Les Marocains, eux, gardent le silence
Il est maintenant de notoriété publique que vous avez demandé, depuis longtemps, au Maroc de remplacer trois diplomates de lambassade à Bruxelles. Pourquoi ?
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Les trois personnes dont vous parlez travaillent à lambassade marocaine, mais elles ont aussi été officiellement déclarées comme des agents de renseignement de la DGED (Direction générale des etudes et de la documentation). Tout le monde le sait, ce nest un secret pour personne.
Pourquoi attendre la semaine dernière pour révéler ce problème ?
En fait, laffaire remonte à début juillet, quand jai écrit au directeur de la DGED, Yassine Mansouri, pour exiger le rappel et le remplacement des agents. Jai eu aussi le 20 août un entretien à ce sujet avec le numéro 2 de la DGED. En ce qui concerne larticle de la semaine dernière (un article du quotidien belge De Morgen, datant du 20 novembre, ndlr), cétait pour moi une bien désagréable surprise, car il se base sur un compte-rendu, en partie incorrect, de la réunion dune commission du Sénat, dont la teneur nétait pas censée être rendue publique.
Que reprochez-vous exactement aux trois supposés agents marocains ?
Sans entrer dans les détails, nous avons constaté depuis longtemps chez eux une réticence à collaborer avec nous, sur divers dossiers. Dautre part, nous avons été victimes dactes inamicaux, voire hostiles, que lon peut qualifier de tentatives dingérence. Il est normal que les services marocains sintéressent à la communauté marocaine en Belgique. Mais il y a des règles de coopération à respecter. Nous estimons avoir le droit dêtre consultés et respectés dans notre pays !
Quel type de collaboration avez-vous normalement avec les renseignements marocains ?
Nous avons toujours collaboré avec succès avec les services marocains, à lextérieur et à lintérieur du pays. Dailleurs, je nai pas dit que les relations avec la DGED avaient cessé. Cest seulement avec ces trois personnes que nous refusons de travailler en raison de leur comportement inacceptable. Par contre les services de renseignement belges et marocains, comme partout dans le monde, ont des contacts directs via ce quon appelle les lignes cryptées. Je suis moi-même en relation avec mon homologue marocain, le directeur de la DGED, Yassine Mansouri.
Avez-vous à ce jour reçu une réaction du Maroc ?
Il ny a pas encore eu de réponse officielle, dailleurs les trois hommes sont toujours en poste. Mais jai reçu des renseignements indiquant quils seraient sur le départ. Nous nattendons que cela pour reprendre de bonnes relations avec la DGED marocaine. Je vous avoue quen ce moment elles ne sont pas au beau fixe.
Votre demande de retrait des agents trouve-t-elle sa cause dans laffaire Belliraj ?
Non, je veux insister sur le fait que cette demande na pas de lien direct avec cette affaire. Le manque de collaboration sur le dossier Belliraj na été que la goutte deau qui a fait déborder le vase.
Belliraj a récemment déclaré quil travaillait à la fois pour les services secrets marocains et belges. Etait-ce le cas ?
Ecoutez, par principe, je ne réponds jamais à ce genre de question. Quand vous travaillez dans les renseignements, vous ne dites pas qui travaille pour vous !
Le journal De Morgen écrit que lors de la réunion parlementaire, vous avez souligné les problèmes que la DGED a déjà posés ailleurs, notamment aux Pays-Bas et au Danemark. Avez-vous des informations provenant de ces pays ?
Je me suis permis dévoquer ce contexte uniquement parce quil sagit de données largement médiatisées. Laffaire des Pays-Bas est bien connue de tous, et il se trouve quil y a environ deux semaines, jai lu un article de presse dans le même sens au sujet de la DGED au Danemark. |
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