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Par Nina Hubinet,
correspondante en France
France. Martine voit rose
Après une sanglante guerre des chefs, Martine Aubry hérite dun parti socialiste au bord de la crise de nerfs. Prochaine bataille : la rénovation pour reprendre les rênes de lopposition.
Le soulagement. Cest probablement le sentiment quont ressenti la plupart des socialistes mardi 25 novembre lorsque Ségolène Royal a annoncé quelle prenait acte de la désignation de Martine Aubry comme nouvelle première secrétaire du PS. Lancienne candidate à la présidentielle reconnaissait ainsi sa défaite, mettant fin à un |
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psychodrame dont le parti de gauche risque de garder de graves séquelles. Samedi 22 novembre, au lendemain du vote des militants, les deux prétendantes à la succession de François Hollande, le précédent chef du PS, revendiquent chacune la victoire : officiellement, les chiffres donnent lavantage à Martine Aubry, mais de 42 voix seulement. Les partisans de Ségolène Royal sempressent de pointer les irrégularités, exigeant lorganisation dun nouveau vote. Dénonciations des fraudes, menaces de recours en justice, appel à la révolte des militants, accusations de manipulation médiatique
Pendant quatre jours, les deux camps saffrontent violemment, donnant limage dun PS au bord de limplosion. Lépilogue vient dune commission dite de récolement, chargée de trancher les litiges soulevés dun côté comme de lautre : voix pour Royal comptabilisées par erreur pour sa rivale à Lille, dont Martine Aubry est maire, ou bourrages des urnes, au détriment dAubry cette fois, en Moselle, en Gironde ou en Guadeloupe, des fiefs de Ségolène Royal, etc. Après avoir passé en revue les différents points de contestation, les récoleurs ont rendu leur verdict : Martine Aubry lemporte dune courte tête, de 102 voix exactement, soit 0,07%. Un conseil national du parti, réuni dans la foulée, a validé son élection.
Opposition interne
Mais la tension nétait pas retombée pour autant. Nous avons réussi cet exploit de convaincre la moitié, et peut-être un peu plus, du Parti socialiste, en ayant la totalité de l'ancien appareil du Parti socialiste contre nous, a aussitôt déclaré Ségolène Royal, pour féliciter ses partisans, tout en appelant les socialistes au rassemblement. Avec une relative volonté dapaisement, Ségolène Royal a fini par se soumettre au vote du conseil national pour ne pas perdre le soutien des ténors socialistes, qui nétaient pas prêts à perdre leur siège délu pour ses beaux yeux. Mais cette femme politique aux accents messianiques ne va certainement pas laisser de côté ses ambitions : dans la perspective des élections présidentielles de 2012, elle est déterminée à mener lopposition interne à la nouvelle direction du parti. Nous ferons en sorte d'être une force de transformation à l'intérieur du PS, a-t-elle affirmé.
Dans ce contexte, la mission de Martine Aubry sannonce fort délicate. De lavis de nombreux politologues, le Mouvement démocrate du centriste François Bayrou et le nouveau parti anticapitaliste dOlivier Besancenot pourraient récupérer une partie des électeurs socialistes déçus. La confusion au PS profite déjà largement au président Sarkozy, qui apparaît, par contraste, actif sur le front de la crise. Riez encore quelques jours parce que, dès la semaine prochaine, le Parti socialiste est de retour et uni, a pourtant lancé Martine Aubry à la droite après sa nomination officielle. Un vu pieux ? Elle va devoir en tout cas soccuper autant de ce qui se passe au sein de sa formation que de laction gouvernementale. Car même parmi ses partisans, des rivalités persistent : sous leffet du front Tout sauf Ségolène, les supporters de Dominique Strauss-Kahn et de Laurent Fabius, jusque-là ennemis jurés, se sont rassemblés derrière elle. Il est vrai que lancienne ministre de lEmploi, marraine des 35 heures et fille du sérail socialiste, a une longue expérience des négociations politiques. Mais il lui faudra aussi une bonne dose dautorité pour remettre un parti socialiste exsangue en ordre de marche. Et au-delà, entamer une urgente rénovation. |
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