Melilia-Nador. La frontière de la honte
Islam. La bataille de l'image
Maroc-Belgique. Spy wars acte 1
Enquête. Il était une fois la garde royale
Parcours. Mental combat
Société. Marocaines d'aujourd'hui
Inde. Bombay sous les bombes
France. Martine voit rose
Fiscalité. L'Etat premier contribuable
Pêche. La fin des sardines
Art. La couleur des maux
Edition. La revanche d'une bannie
Cinéma. Le prophète rouge
Livre. Destin de femme
Portrait. One météo show
N° 349
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

FNF cru 2007
(TNIOUNI)

Evénement. Un grand pas pour le FNF

Du 13 au 20 décembre se tiendra à Tanger la 10ème édition du FNF, (Festival national du film), qui, pour l’occasion, s’est fait de jolis cadeaux : devenir une grand-messe annuelle du cinéma marocain, faire de Tanger sa capitale, célébrer cette année et dans les règles les cinquante ans du cinéma marocain et éditer un coffret DVD de films marocains en noir et blanc (dont Soleil de printemps de Latif Lahlou, Wechma de Hamid Bennani, Mirage d’Ahmed Bouanani, Chergui de Moumen Smihi et Le Facteur de Hakim Noury). La dixième édition
annonce donc une nouvelle ère du Festival, nous dit-on du côté du CCM, plus moderne et plus représentative de la production locale. 14 longs-métrages et 14 courts-métrages seront donc en compétition, une programmation record, comparée à celles des années précédentes. En effet, créé en 1982, le 1er s’étant tenu à Rabat la même année, le FNF se tenait au gré de la production locale, très restreinte jusqu’aux cinq dernières années (à titre d’exemple, la seconde édition s’est tenue en 1984 et la troisième en 1991). Se voulant au départ nomade, le FNF a par ailleurs pâti du manque d’infrastructures et de salles de cinéma dans plusieurs villes, ce qui a souvent donné lieu à des soucis d’organisation. C’est dire à quel point le FNF (auquel le FIFM fait terriblement de l’ombre) avait besoin d’un soubresaut qui le débarrasserait de cette image désuète qui lui collait à la peau. Le cinéma marocain sera dorénavant traité comme il se doit et le FNF compte attirer un public conséquent dès cette année. Qui peut le FIFM, peut le FNF !


Sortie. Pour un Bond meilleur

Dans sa traque de ceux qui ont poussé Vesper à le trahir, James Bond découvre qui veut contrôler les plus grandes réserves naturelles du monde, sur fond de manipulation de la CIA… Malgré un scénario interchangeable qui nous mène entre Autriche, Italie et Amérique Latine, le dernier volet des aventures de l’agent 007 confirme la relève efficacement incarnée par Daniel Craig (Casino Royale), qui, malgré sa blondeur, a réconcilié nombre d’adeptes avec leur saga préférée en campant un Bond plus sombre et moins dandy, loin devant un Pierce Brosnan dénué de relief. Palpitant et sophistiqué, Quantum of Solace, signé de l’Allemand Marc Forster, aussi à l’aise dans la légèreté poétique (Neverland) que dans le drame (A l’ombre de la haine, Les Cerfs-volants de Kaboul), est donc un bon film d’action pure0, avec peut-être en moins le second degré si unique aux vieux épisodes. Preuve tout de même qu’un autre Bond est possible.

Quantum of Solace de Marc Forster, au mégarama.



Opéra. Hommage à Puccini

A l'occasion du 150ème anniversaire de Giacomo Puccini, l'association culturelle italienne “Dante Alighieri” organise un concert en hommage à l'œuvre du compositeur, histoire de rapprocher le public marocain de l’opéra. Les mélodrames lyriques, des plus célèbres aux moins connus, seront interprétés par sopranos, barytons et ténors italiens : Cristina Martufi, Samuele Simonici, Gabriele Spina et Fiorella Di Luca donneront de la voix pour la Bohême, Madame Butterfly, Manon Lescaut et autres pièces musicales…

À Tanger le 11 décembre au Palais des Institutions italiennes
et le 12 décembre au Théâtre Mohammed VI à Casablanca.



FIFM. Lévy gueule

Le jury du Festival international du film de Marrakech, présidé par Barry Levinson, a rendu son verdict lors de la soirée de clôture, samedi 22 novembre. L’Etoile d’or est revenue au film russe Wild Field, du réalisateur Mikhail Kalatozishvili. Quant aux prix d’interprétation féminine et masculine, ils ont été raflés respectivement par l’Américaine Mélissa Léo pour son rôle dans Frozen River, et par le Finlandais Eero Aho pour Tears Of April. Enfin, le prix du jury a été remis à The Shaft, film chinois de Zhang Chi. Kandisha, le seul film marocain en compétition cette année n’a donc remporté aucun prix. Décision qui n’a pas été comprise par Albert Lévy, le producteur du film, qui d’ailleurs n’a pas hésité à le crier sur les toits. Depuis l’annonce des résultats, il crie à l’injustice sur Facebook, remettant en cause la crédibilité du jury, composé, écrit-il, “d’une James Bond Girl, d’un acteur allemand et d’une actrice belge inconnus”. Sauf que de James Bond Girl il n’y en avait point dans le jury. Et le fair-play dans tout ça ?


Spectacle. L’enfant Roi

L’Institut Cervantès organise du 27 novembre au 6 décembre la deuxième édition de son festival consacré totalement à l’enfance. Intitulé “Paradis de Lune”, cet événement se tiendra à la fois à Casablanca et à Rabat. Au menu : des pièces de théâtre en arabe, en français et en espagnol, ainsi que des spectacles de marionnettes et de danse hauts en couleurs. Ces représentations auront lieu au Théâtre national Mohammed V de Rabat, et au Théâtre Mohammed VI de Casablanca. Des ateliers de théâtre et de spectacles de clowns seront aussi mis en place en marge du festival, dans différents centres scolaires des deux villes.


Arts plastiques. Talal, ce Pierrot

Les personnages de Hossein Talal manquaient à la scène picturale locale. Comme directement sortis d’une fête foraine ou d’un rêve d’enfant, on n’en avait plus vu de nouveaux depuis une plusieurs années. A la fois fantastiques et clownesques, ils portent, comme taggée sur leurs costumes, une mélancolie propre à la condition humaine. Hossein Talal serait-il donc un être qui cache ses tourments derrière sa bonhomie ? Souffrirait-il en silence de l’ombre que lui a fait sa mère Chaïbia, qu’il a lui-même mise sur les rails de la peinture ? C’est bien avant elle en tout cas qu’il a commencé à peindre, mettant sa palette de couleurs vives de côté pour la porter à bras-le-corps, en faisant l’une des grandes figures de la peinture marocaine contemporaine. Cette exposition, à Memorarts, est la preuve que Talal n’est pas juste le fils de sa mère.

Du 3 au 18 décembre, à la galerie Memoarts à Casablanca.



Festival. Arts étranges

Le Festival de l'étrange bat à l’heure qu’il est son plein. Sa deuxième édition, qui a débuté le 26 novembre, se déroule jusqu'au 24 janvier dans la ville des vents. Soufflant sur plusieurs arts à la fois, l’événement fait la place belle à la musique, avec une session “musique imaginogène”, entre fusion et improvisation. Les arts plastiques sont aussi à l'honneur. Sculptures, peintures et photographies sont exposées durant tout le Festival et sélectionnées pour un concours : les meilleures créations seront récompensées par le jury (composé de connaisseurs et invités, tels Aziz Daki, Katia Azoulay, etc.). Quant au final, il est question d'un spectacle de feu, de peinture et de danse présenté par Noureddine Madrane.


Cinéma. 20 sur 20 ?

Bientôt 20 films par an ? Noureddine Saïl se veut confiant. Le directeur du Centre cinématographique marocain (CCM) a affirmé, en marge du dernier FIFM, que la production du Septième art national atteindrait cet objectif d’ici peu, soit le triple d’il y a seulement six ans. Rappelons qu’entre temps, l’avance sur recettes du CCM a gonflé de 30 à plus de 50 millions de dirhams et que les deux chaînes publiques s’engagent plus franchement dans la coproduction. Les promesses de Saïl, dont celle de doter le pays de plusieurs nouvelles salles de cinéma, et de soutenir celles qui n’ont pas encore mis la clé sous la porte, viennent conforter ses dires : faire du cinéma marocain une industrie, l’une des premières dans le monde arabe et en Afrique. La preuve par la prochaine messe du film marocain, le Festival national du film à Tanger (lire page 70).


Fête de la musique. Partout et pour tous

Créée en France au début des années 1980, la Fête de la musique est devenue, depuis, un rendez-vous annuel incontournable dans plusieurs pays du monde. Et il en sera de même au Maroc en 2009, si tout va bien. En effet, un comité marocain d’organisation de la Fête de la musique est en cours de constitution depuis quelques semaines. Chapeauté par la Fédération nationale française des cultures urbaines, il devra rassembler divers acteurs de la sphère culturelle locale. L’objectif ? Unifier et mettre en place des concerts (1000 actes musicaux promet-on) dans toutes les villes du Maroc du 19 au 21 juin prochain. L’annonce officielle de ce comité aura lieu le 21 décembre à Meknès, en présence de Touria Jabrane Krytef, ministre de et de Jack Lang, initiateur de la Fête de la musique.



Humeur.
Dieu tout terrain

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Dieu est grand. Pourtant, il arrive à se faufiler dans l’habitacle d’un 4x4 coréen. Sur l’autoroute entre Marrakech et Casablanca, trois hommes et une femme parlent de lui. “J’ai converti mon mari français à l’islam. Sinon, je ne l’aurais jamais épousé”, lance la tout juste trentenaire, en mâchant un chewing-gum à la manière d’une bimbo. Ex-hôtesse de l’air, laïque sous la ceinture, musulmane au-dessus, elle est fière d’avoir ramené dans le droit chemin un “infidèle”. L’un des passagers à l’arrière la reprend : “Tu as juste recruté un intégriste de plus.” Dans cette phrase lâchée à la volée, il a mis tout son cœur amer d’ex-dévot, revenu d’une passion pour Dieu qui a tourné en eau de boudin. Depuis, il soigne son chagrin d’amour en brûlant ce qu’il a adoré. Et finira par adorer ce qu’il a brûlé, quand le retour de flamme se déclarera, la quarantaine entamée. En attendant, il fait de l’athéisme mondain, à coups de phrases susurrées, des fois qu’on l’entende là-haut. “La religion, c’est l’opium du peuple. Et Meryem est une p…”, lâche le troisième passager. Il a la vingtaine, l’âge des rébellions sans cause, des provocations gratuites, des pensées à la mode. “Elle, t’en parles pas comme ça”, le prévient le quatrième passager, épris de la mère de Jésus. De sa pureté car l’âme pleine de dégoût pour le sexe facile des nuits marrakchies. Settat se profilait droit à l’horizon, la quête spirituelle des quatre prenait des chemins de traverse. Officiellement, tous membres de la oumma. Officieusement, tous un peu paumés…



Goytisolo le Marrakchi
L'auteur espagnol et amoureux du Maroc, Juan Goytisolo, a reçu dans son pays natal le Prix national des lettres et 40 000 euros. Une récompense qui, dit-il, lui procure moins de fierté que la distinction par la ville de Marrakech d'"enfant de Jamaâ El Fna".


Casaprojecta
Et de dix éditions pour Casaprojecta, qui revient le 1er décembre à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida. Au programme, courts-métrages, spots TV, films de sensibilisation et distribution de préservatifs… Pour en savoir plus, rendez-vous au Seaman's club de Casablanca à 19h30…


Let’s dance
Le complexe Al Houria de Fès accueillera du 2 au 6 décembre la deuxième édition du Festival de la danse expressive. Au programme : des spectacles de flamenco, de ballet, de danses soufies ou encore de breakdance. Le tout accompagné d’ateliers, de projections et d’expositions.

 
 
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