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Par Souleïman Bencheikh
Istiqlal. Tous derrière (ou contre ?) Abbas
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Les vieux adversaires
du Premier ministre
lattendent au tournant.
(TNIOUNI)
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Les nuages saccumulent sur le parti du Premier ministre : une unité mise à mal, un syndicat divisé, sans oublier lombre dun remaniement ministériel qui menace directement Abbas. Le 15e congrès, décrété début janvier, aura valeur de test.
Le parti de la balance tiendra son congrès les 9, 10 et 11 janvier prochain. Cest dire le remue-ménage qui agite lIstiqlal à un mois de lévénement fatidique. Après le RNI qui sest découvert un nouveau leader voilà plus dun an, après le PJD qui a porté à sa tête Abdelilah |
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Benkirane en juillet dernier, et après lUSFP qui sest trouvé un chef en la personne de Abdelouahed Radi, voici donc lIstiqlal sommé de faire aussi bien, en termes de démocratie interne, que ses trois devanciers. Mais dores et déjà, le capital confiance du premier parti du pays est érodé. Arrivé au faîte du pouvoir contre toute attente, presque en catimini, à loccasion des élections législatives de septembre 2007, lIstiqlal semble avoir fini de savourer sa victoire. Place désormais aux lendemains qui déchantent.
Batailles internes
Il y a quelques semaines, Ahmed Fitri, un vieil apparatchik du parti, semait la zizanie en faisant scission. Le bien nommé Parti de lunité et de la démocratie (PUD) a vu le jour dans la douleur, et peu nombreux ont été les Istiqlaliens qui en ont entendu les sirènes. Cétait une scission très limitée qui naura pas une grande influence électorale, prédit un cacique de lIstiqlal qui souhaite garder lanonymat. Et de préciser : Elle illustre simplement les tensions qui saccumulent à lapproche denjeux partisans cruciaux : le congrès, les élections syndicales et bien sûr les communales de juin prochain. En effet, lIstiqlal est bel et bien engagé dans une course contre la montre. Elle est déjà loin lépoque où le parti de la balance avait un temps davance sur le reste de la classe politique. Dès 2002, le parti historique du mouvement national avait décidé de coopter de jeunes cadres prometteurs quil a rapidement encartés. Depuis, les quadras ainsi propulsés ont fait leur bonhomme de chemin : Karim Ghellab a rempilé, Yasmina Baddou a pris du galon, Nizar Baraka a gagné en visibilité et Taoufik Hejira (membre du parti avant 2002) sest imposé. Mais tout ce beau monde piétine maintenant aux portes dune primature gérée de loin en loin par Abbas El Fassi et dun secrétariat général du parti que ce dernier ne semble pas vouloir abandonner. Pourtant, les ambitions somme toute légitimes et très polies de la jeune garde ne sont peut-être pas les plus dangereuses pour Si Abbas. Ce sont plutôt ses vieux adversaires qui en ont gros sur le cur. Larbi Messari a claqué la porte des instances dirigeantes de lIstiqlal voilà plusieurs mois. Et Mhamed Khalifa a déjà laissé entendre quil serait candidat au poste de secrétaire général du parti, défiant ainsi ouvertement le Premier ministre. Côté centrale syndicale, après Abderrazak Afilal, cest, semble-t-il, au tour de Mohamed Benjelloun Andaloussi de faire les frais de règlements de compte internes. Une source à la direction de lIstiqlal croit savoir que ce sont les mêmes qui lont porté aux nues, à savoir Hamid Chabat etKhadija Zoumi, qui veulent aujourdhui le voir renoncer à se présenter à sa propre succession à la tête du syndicat (UGTM). Aux yeux de ses détracteurs, Andaloussi, qui est aussi membre du comité exécutif du parti, aurait péché par une attitude un peu trop revancharde à légard de la politique de lIstiqlal. Il avait en particulier dénoncé les avantages accordés aux jeunes du parti au détriment des vieux barons, drapés dans leur légitimité syndicale et historique. Aujourdhui, le patron de lUGTM risque de faire les frais de la rancur accumulée de part et dautre. Les prochaines assises du syndicat de lIstiqlal les 12, 13 et 14 décembre risquent fort de lui trouver un successeur. Mais Andaloussi na pas encore révélé ses intentions et compte peut-être, au moment du vote istiqlalien, sur les renforts dun corps enseignant acquis à sa cause.
Les faux alliés de la Koutla
Pendant que lIstiqlal sapprête à laver son linge sale en famille et fait déjà état de ses dissensions internes, lUSFP a réussi à surmonter la mauvaise passe où elle était engagée. A lissue dun congrès houleux, mais somme toute démocratique, le parti de la rose sest trouvé un premier secrétaire qui fait a priori les affaires de lIstiqlal. Abdelouahed Radi, qui a promis de renoncer à son portefeuille de ministre de la Justice aussitôt que le roi lui en donnerait la permission, est en effet peu susceptible dengager lUSFP sur la voie de lopposition. Dans la perspective dun remaniement ministériel que précipiterait le départ de Radi, cest même tout le contraire qui est en train de se produire. En fait, lUSFP lorgne plutôt une place accrue dans la future équipe gouvernementale. Ce qui ne fait pas forcément laffaire de lIstiqlal et dun Abbas El Fassi qui devra réitérer les laborieux efforts déployés pour la constitution de sa première équipe. Une délicate mission que lIstiqlal ne semble pas voir venir avec plaisir. Avec neuf ministres en sus de la primature, le parti de la balance est plus que satisfait. Pourquoi alors accepter sans rechigner que des alliés renégocient leur place au gouvernement ? Dautant que ces mêmes alliés prônent louverture à gauche. La Koutla, on ny fait appel que lorsquon en a besoin. Cétait déjà le cas du temps de Youssoufi, ça lest encore avec El Fassi. Aujourdhui, le mot ne veut plus rien dire, surtout que nos partenaires (USFP, PPS) nous mettent en concurrence avec un vaste pôle de gauche quils appellent tous de leurs vux, résume un cadre de lIstiqlal. Autre point dachoppement : la réforme constitutionnelle réclamée avec beaucoup dentrain par les héritiers de Abderrahim Bouabid et que Abbas El Fassi se voit mal défendre tant quil est aux commandes du gouvernement. Outre ses alliés de la Koutla, lIstiqlal doit compter avec le RNI et le PAM dont les groupes parlementaires ont récemment fusionné. Cest dire la position, enviable certes, mais aussi très inconfortable dans laquelle se trouve le premier parti du pays : premier en voix et au gouvernement
avec une marge de manuvre politique quasi nulle. |
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Stratégie.
Les calculs de Si Abbas
A lIstiqlal, Abbas El Fassi na pas que des amis. Elu depuis février 1997 à la tête du parti, il est en passe dobtenir un troisième mandat alors que les statuts le lui interdisent. Le précédent congrès sétait déjà tenu, en 2003, avec un an de retard, portant à cinq ans le premier mandat effectif de Abbas El Fassi, alors quil avait été élu pour une durée de quatre ans. Et à loccasion du 15e congrès, lIstiqlal a encore un an de retard sur le calendrier initial. Abbas El Fassi ne devait rester en poste que huit ans. Or cela fait maintenant onze ans quil est à la tête de lIstiqlal et il compte remettre ça. Il cherche par tous les moyens à contourner les règles du parti, estime un cador istiqlalien. Le Premier ministre rechigne pourtant à modifier purement et simplement les statuts du parti pour lui permettre de se présenter une troisième fois au poste de secrétaire général. Toute proportion gardée, cela ressemblerait étrangement au triste spectacle de la révision constitutionnelle que nous a proposée Abdelaziz Bouteflika, raille un de ses opposants avérés. Abbas El Fassi semble donc avoir choisi une solution médiane : lier ses responsabilités de secrétaire général de lIstiqlal à celles de Premier ministre. Ses partisans souhaiteraient ainsi le voir rester à la tête du parti tant que le roi le maintient à la primature. Mais quon se le dise, au moindre coup de semonce royal, la jeune garde est prête à prendre la relève. |
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