Istiqlal. Tous derrière (ou contre ?) Abbas
Analyse. Comment dialoguer avec les salafistes ?
Enquête. Demain, le papy boom
Reportage. Ces Marocains d’un autre royaume
Télévision. Ces séries chéries
Football. Dans l’intimité des Lions
Reportage.Portrait. La voix des rois
Phénomène. Viva Maradona
Inde. Après la bombe, le match
Immobilier. Crise ou pas crise ?
Développement. L'Europe à la rescousse
Débat. Pourquoi Mohamed Arkoun dérange
Cinéma. Nari, nari, Casanegra
Humour. Blagues enneigées
Livre. Mon prophète ce héros
Souvenirs, souvenirs. Brel le Marocain
N° 350
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine

En deux semaines,
sept personnes
seraient décédées de froid.
(DR)

Climat.
La mort servie glacée


Le froid a encore frappé à Beni Mellal. Selon Abbès Abassi, membre de la section locale de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), il aurait fait une septième victime. Une unité macabre qui viendrait s’ajouter aux six autres SDF retrouvés morts ces deux dernières semaines. On a parlé, un temps, de morts causées par l’absorption d’eau de vie périmée. Une version contredite par Abbès Abassi : “Les résultats de l’autopsie n’ont pas encore été communiqués, mais le
directeur de l’hôpital régional nous a confirmé que ces hommes sont bel et bien morts de froid”. Plusieurs associations sont montées au créneau pour tirer la sonnette d’alarme sur la situation des nombreux villages de montagne isolés où la température serait descendue sous la barre des -10 degrés. Rappelant les 30 morts de froid à Anfgou pendant l’hiver 2006-2007, ces associations ont dénoncé l’inertie des autorités qui n’auraient pris aucune mesure d’urgence pour prévenir une nouvelle hécatombe. D’après le porte-parole du gouvernement, Khalid Naciri, on cogite pourtant sur le problème du côté des cabinets feutrés pour mettre en place un dispositif “antifroid”. Plusieurs commissions regroupant différents ministères (Intérieur, Santé, Equipement…) ont été constituées à cet effet. “Le champ d’action concerne une population estimée à 1 million d’habitants, se veut rassurant Khalid Naciri. Une attention particulière sera accordée aux douars à plus de 1500 mètres d’altitude, fragilisés par les chutes de neige”.


Al Adl. Mort d’un commis tapageur

Vendredi 1er décembre, Mohamed Alaoui Souleïmani s’est éteint à l’âge de 77 ans. Membre du conseil d’orientation d’Al Adl Wal Ihsane (pendant religieux de la Jamaâ), compagnon de la première heure de Cheikh Yassine, il avait été, selon le site officiel de la Jamaâ, “chargé de l’impression et de la distribution de la lettre “L’islam ou le déluge” envoyée par Abdeslam Yassine au roi Hassan II”. Ce fait d’armes qui remonte à 1974 lui avait alors valu un séjour de quinze mois dans le centre de torture de Derb Moulay Chérif. Plus tard, en 1990, alors que Yassine était assigné à résidence par Hassan II, Souleïmani, fidèle parmi les fidèles du Cheikh, a été enfermé durant deux ans à la prison de Salé.


Livre.
Ignace dalle récidive


L’ancien chef du bureau de l’AFP à Rabat (1992 – 1996) prépare un ouvrage sur le Maroc, qui devrait être disponible en librairie en 2011. “Je n’ai pas encore écrit une ligne, donc il est encore prématuré d’en parler”, nous a déclaré le journaliste et essayiste français, avouant tout de même que son prochain livre s’intéressera aux “relations franco-marocaines du temps de Hassan II”. Pour rappel, Ignace Dalle n’est pas à son coup d’essai avec le Maroc. En 2000, il a largement contribué à l’aventure Tazmamert, cellule 10 en compagnie de Ahmed Merzouki, avant de publier Hassan II et l’espérance brisée (2001) puis Les trois rois (2004).


Agadir.
Mutineries routières


Lundi 1er décembre, une émeute à la gare routière de la capitale du Souss a mal tourné. Le pitch : des étudiants sahraouis, munis de leurs titres de transport gratuits (offerts par l'Etat) ont voulu avancer leur voyage pour leurs villes d'origine, initialement prévu deux jours avant l'Aïd. Face au refus du transporteur de les acheminer, le groupe d’étudiants a mis sens dessus dessous la gare. Dans la panique générale, deux étudiants ont trouvé la mort. D’après Réda Taoujni, président de l’Association le Sahara marocain, “la politique discriminatoire menée par l’Etat depuis les années 1980 est responsable de ce drame”. Et de poursuivre : “Soit on attribue des tickets gratuits à tout le monde soit on les supprime. Il n’y a pas de Marocains de premier et de deuxième choix”.


Politique française. Rachida Dati sur la touche ?

D’après plusieurs titres de presse français, le président Nicolas Sarkozy penserait sérieusement à révoquer Rachida Dati de son poste de ministre de la Justice, lors du prochain remaniement ministériel. Un nom circule déjà pour lui succéder : Fatine Layt. Cette businesswoman, une Franco-marocaine de 41 ans, est la fille d’un ancien directeur à la Royal Air Maroc, et d’une normalienne. Fatine Layt a quitté sa ville natale de Casablanca pour la France à l’âge de 4 ans. Cette diplômée en sciences politiques et en finances a créé trois entreprises, dont une avec Jean-Marie Messier, l’ex-président de Vivendi-Universal.


Mohammed VI.
Du pain sur la planche


Après un séjour prolongé au pays de l’Oncle Sam puis à Paris, Mohammed VI était attendu dimanche 7 décembre à Casablanca. Au menu dès ce retour au bercail, les festivités de l’Aïd El Kébir bien sûr, mais aussi des arbitrages à faire en matière politique : fixer une échéance à la démission de Abdelouahed Radi du ministère de la Justice (s’il veut bien), décider d’un éventuel remaniement ministériel et peut-être départager les candidats à la succession de Mustapha Oukacha au poste de président de la Chambre des conseillers. Déjà, l’USFP a fait connaître son intention de négocier âprement sa participation au gouvernement, tandis que le MP s’est mis en tête de voler au RNI la présidence de la Chambre des conseillers.


Italie.
Apprentis kamikazes


Deux Marocains, suspectés de préparer des attentats terroristes, ont été arrêtés mardi 2 décembre à Milan. Accusés de “terrorisme international”, Abdelkader Ghafir et Rachid Ilhami visaient un bureau d'immigration, deux casernes et un parking, selon le Parquet italien. La section anti-terroriste milanaise surveillait ces deux Marocains installés depuis une dizaine d'années en Italie, à partir de mars 2007, date à laquelle les deux ouvriers auraient commencé à fréquenter un centre islamique aux environs de Milan. Les deux compères, qui n'appartiennent à aucune cellule terroriste, sont des autodidactes pur jus : ils se seraient formés grâce à des manuels de fabrication de bombes artisanales téléchargés sur le Net.


Laïla Ghofrane.
Qui a tué ma fille ?


Hiba, la fille de la chanteuse marocaine installée en Egypte, a été retrouvée assassinée dans son appartement cairote, le 23 novembre à l’aube. Quelques jours plus tard, l’agence de presse égyptienne Mena annonçait l’arrestation du coupable : un ouvrier en bâtiment qui se serait introduit dans l’appartement pour le cambrioler. Le 4 décembre, Laïla Ghofrane, mère de la victime, est montée au créneau, dans une interview accordée au quotidien marocain Al Jarida Al Oula. “L'inculpation du meurtrier a été fabriquée de toutes pièces”, a-t-elle notamment déclaré. Selon elle, l'assassin serait le fils d'une “personnalité égyptienne célèbre”, et non un vulgaire voleur.


Amende.
Good morning Atlantic


Après Chada FM en septembre dernier, c’est au tour de la station Atlantic (groupe Eco-médias) d’être sanctionnée pour “publicité clandestine” par le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle
(CSCA). Motif ? La diffusion le 13 octobre dernier d’une déclaration, jugée trop promotionnelle, d’un responsable de Wafa Assurance, pendant un journal d’informations en arabe. “Nous respectons la décision du CSCA, mais nous tenons à signaler que nous sommes une radio économique, et qu’il est donc tout à fait normal d’entendre des responsables et des noms de marques dans nos bulletins d’informations”, explique Franck Mathiau, le directeur d’antenne d’Atlantic.



3 questions à Omar Raddad
[condamné en 1994 à 18 ans de prison pour meurtre,gracié en 1998.]


Lundi 1er décembre, vous étiez reçu pour la première fois au ministère français de la Justice. Quelle a été la teneur des discussions ?
Contrairement à ce qui a été écrit, ce n’est pas la Garde des sceaux, Rachida Dati, qui m’a reçu, mais son bras droit. Mon avocate et moi-même avons demandé que la justice identifie les “propriétaires” des deux empreintes génétiques trouvées en 2000 sur la fameuse inscription murale “Omar m’a tuer”. L’enquête effectuée à l’époque avait démontré qu’aucune des deux empreintes n’était la mienne.
En 2002, on vous a refusé une première demande de révision. Qu’attendez-vous aujourd’hui de la justice française ?
Je veux que la vérité soit établie. Je réclame la réouverture de mon procès sur la base des éléments nouveaux que pourront constituer les deux empreintes génétiques, une fois leurs propriétaires identifiés. Je rappelle que mon avocat de l’époque, Me Jacques Vergès, n’avait pas demandé ce complément d’enquête, ce qui m’avait alors été préjudiciable.
17 ans après les faits, l’affaire Raddad reste très médiatisée. Quelles sont les conséquences sur votre quotidien ? Pourrez-vous un jour tourner la page ?
C’est le combat de toute une vie et j’y mets toutes mes forces. La seule chose qui compte, c’est que mon honneur soit lavé. Je me reconstruis lentement mais les années que j’ai passées derrière les barreaux ont laissé des séquelles. Je suis actuellement en arrêt de travail pour des raisons justement liées à cette affaire.


Audimat. Les fous, les Egyptiens et les chevaux

La société Marocmétrie a rendu publics ses chiffres du mois d’octobre. 45 minutes, programme diffusé sur Al Aoula le 10 octobre, se taille la part du lion dans le classement. Presque 3 millions de téléspectateurs ont suivi cette émission sociétale en darija, traitant de la situation dramatique des pensionnaires de Bouya Omar. Le reste du “palmarès” confirme les tendances observées depuis plusieurs mois. Les journaux télévisés en arabe ont toujours la cote, tout comme les films égyptiens et les téléfilms marocains. La petite surprise du top 20 reste à coup sûr la retransmission d’un “spectacle équestre” (sic). Le Salon du cheval d’El Jadida a en effet captivé 2,5 millions de téléspectateurs lors de sa diffusion, le 25 octobre dernier.


Fiançailles.
Couple princier


L’été dernier, Hicham Lakhmiri passait sur 2M, en tant que “Marocain du monde” et, surtout, boss de
la société AmalJOB.com, site marocain de recherche d'emploi. Aujourd'hui, Hicham Lakhmiri, 29 ans, pousse… les portes du palais. L'ex-élève du Lycée Lyautey de Casablanca, désormais spécialisé en génie électrique et industriel, aurait conquis le cœur de Lalla Soukaïna, petite-fille chérie de Hassan II. La princesse et lui se seraient rencontrés à Paris, Son Altesse y poursuivant ses études et son fiancé y travaillant. Les fiançailles seraient prévues sous peu, et le mariage, dit-on, attendu l'été prochain.


Presse.
Ziane : 1 - Al Massae : 0


Le quotidien de Rachid Niny vient d’être condamné pour “diffamations et injures publiques par voie de presse”. Cette fois-ci, le plaignant est l’avocat Mohamed Ziane, qui a récemment porté plainte contre Al Massae pour les mêmes motifs. La raison ? La publication d’un article l’accusant d’avoir falsifié des documents pour acquérir un terrain. La justice a ainsi ordonné au journal de verser 600 000 dirhams à titre de dommages et intérêts au sulfureux bâtonnier de Rabat, ainsi que 20 000 dirhams à l’Etat. Ce qui n’arrange rien aux affaires d’Al Massae, condamné à verser 6 millions de dirhams suite au verdict du procès de “l’affaire” Ksar El Kébir, quelques semaines plus tôt.


El Himma ou oulidatou.
Attention aux Bleus


L’union parlementaire scellée avec les “Bleus” du RNI semble avoir jeté un mauvais sort sur le PAM de Fouad Ali El Himma. “Des élus, venus notamment du PND de Abdellah Kadiri ou d’autres petits partis peuvent, à tout moment, quitter le PAM”, nous prévient cet habitué des coulisses du Parlement. La raison qui inciterait les néo “pamistes”, généralement habitués au nomadisme politique, à mettre les voiles ? “La crainte que le PAM ne scelle, demain, une stratégie électorale commune avec le RNI, qui les mettrait irrémédiablement sur la touche”, justifie notre source. “Il n’y a pas lieu de s’inquiéter, la tension en politique est un signe de bonne santé, on peut quitter le PAM ou y débarquer comme dans n’importe quel parti politique”, nous a soufflé une autre source, proche du PAM. Hum…


People.
Brelan de généraux


Qu’est-ce qui peut réunir trois haut gradés marocains sous une même tente ? Un état d’alerte maximum au Sahara ? Non, plutôt une fiesta avec les frères émiratis. Les généraux Hamidou Laânigri, Housni Benslimane et Abdelhak Kadiri étaient, le mardi 2 décembre à l’hôtel Hilton de Rabat, les invités des Emirats arabes unis qui célébraient en grande pompe le 34ème anniversaire de leur union. Généreux donateurs pour le Maroc, les Emirats arabes unis ont un carnet mondain très étoffé. C’est ainsi qu’on a pu apercevoir parmi les convives le Premier ministre Abbas El Fassi, Driss Dahhak, secrétaire général du gouvernement, Cherki Drais, directeur de la sûreté nationale, des ministres comme Khalid Naciri (Communication), Mohamed Boussaïd (Tourisme). Et plus étonnant, Saâdeddine El Othmani du PJD.


JO. Deux poids,
deux mesures


En matière de sport comme en toute chose, certains sont mieux lotis que d’autres… Sanaa Benhama, triple médaillée d’or aux Jeux paralympique de Pékin (100, 200 et 400m) a reçu un pécule de 750 000 DH, offerts par le ministère des Sports. A titre de comparaison, le marathonien Jawad Gharib a empoché… la même somme, avec sa (seule) médaille d’argent aux JO. Pourquoi ? Abderrahmane Bekkaoui, directeur des sports du département de Nawal El Moutawakil se justifie: “Il n’existe aucun pays où les athlètes des Paralympiques touchent plus que ceux des JO, mis à part la France…”.


Insolite. Les gendarmes et le passeur

Jeudi 4 novembre, il est minuit passé quand des motards de la Gendarmerie royale repèrent un véhicule suspect, à la sortie de Casablanca. Immatriculé en France, la voiture porte sur le toit plusieurs sacs recouverts d’une bâche en plastique. Jusque-là, rien d’anormal. Sauf que quand les gendarmes demandent au conducteur du véhicule de s’arrêter, il prend la tangente. Les hommes de Housni Benslimane se lancent dans une course poursuite, sur plusieurs kilomètres. Ils parviennent finalement à l’immobiliser à 36 kilomètres de Casablanca. Les gendarmes découvrent alors que le chauffard est en fait un trafiquant de drogue, que les plaques d’immatriculations sont falsifiées, et qu’en fait de bagage, il transportait des sacs bourrés de plusieurs quintaux de kif.


Initiative.
La caravane passe


Samedi 29 novembre, un groupe de médecins généralistes et spécialistes a prodigué ses soins à 94 personnes au centre de santé de Ouled Hamdane de Beni Mellal. Parmi les patients qui attendaient le passage de la caravane, des personnes âgées, des enfants, “victimes indirectes des années de plomb”, comme les qualifie Abdelkrim Manouzi, président de l’Association médicale des victimes de la torture. Abdelkrim Manouzi, qui n’est autre que le frère du célèbre Houcine, porté disparu depuis le 29 octobre 1972, poursuit : “L’Instance équité et réconciliation avait réclamé la mise en place d’une mutuelle d’Etat pour 15 000 personnes. Sauf que, à la date d’aujourd’hui, seulement 2000 personnes en bénéficient”.


Jamel.
Père veinard


Le couple Debbouze-Theuriau n’a pas chômé. Quelques mois après leur mariage, célébré en mai dernier, l’humoriste d’origine marocaine et la rédactrice en chef de l’émission Zone interdite, sont papa et maman pour la première fois. D’après le site voici.fr, premier à avoir révélé l’information, la présentatrice-vedette de la chaîne M6 la belle Mélissa Theuriau, serait entrée en salle d’acouchementmercredi 3 décembre dans l’après-midi, à l'hôpital américain de Neuilly-sur-Seine, pour accoucher dans la nuit. Jamel Debbouze, 33 ans, et Mélissa Theuriau, 30 ans, ont donné naissance à un garçon, qui porte le prénom de Zine.


Blogosphère.
Concours de circonstance


Les Maroc Blog Awards sont de retour. Comme lors de la première édition tenue l’année dernière, le concours est ouvert aux bloggeurs marocains ou étrangers, traitant de sujets se rapportant au royaume. Les blogs en lice pour les 13 catégories (blogs politique, humoristique, photo, ado, etc.) seront départagés du 5 au 26 janvier prochain par les internautes. Ici comme ailleurs, les lignes rouges sont de rigueur : “Pas de propos offensant envers les religions, touchant aux symboles et à l'intégrité territoriale du Maroc…”, peut-on notamment lire sur le règlement du concours. La cérémonie annonçant les résultats aura lieu le 31 janvier.


Années de plomb. Un psy pour un doc

Le cinéaste Abdelkader Lagtaâ prépare un scénario inspiré de l’histoire de la gauche radicale au Maroc. Entre docu et fiction, le film devrait mêler les témoignages d’acteurs majeurs des années de plomb, essentiellement des victimes (Mohamed Bensaïd, Abraham Serfaty entre autres), à la reconstitution de certaines techniques employées dans les séances de torture. Lagtaâ, qui vit depuis quelque temps entre Casablanca et Paris, est un cinéaste très engagé. A gauche. Ses films (Bidaouas, Un Amour à Casablanca), axés sur des individus, hommes, femmes, en rupture de ban, avaient toujours un parfum de gauche. Pour son nouveau projet, le cinéaste a fait appel…à un psychanalyste, Rochdi Chamcham, promu coscénariste, pour l’aider à cerner le profil psychologique des victimes et (un peu) des bourreaux.



Humeur. Ecolos…

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Où l’on apprend que le Maroc était végétarien entre le 15ème et le 18ème siècles. Quand ils ne guerroyaient pas, de préférence entre eux, nos glorieux ancêtres grignotaient vaillamment de jolies plantes bouillies, glissaient des herbes sèches et pas mûres dans leur assiette, buvaient du thé, priaient Dieu, aimaient, quand ils en avaient le temps, femmes et enfants même sans trop leur parler. Et vivaient fiers et heureux. Pas longtemps, pas longtemps, ils mouraient jeunes à cause des maladies, des guerres, et probablement d’une caravane de raisons insoupçonnées. Heureusement qu’ils continuaient de vivre, grands, nobles, éternels, intouchables, dans nos mémoires, nos manuels scolaires, nos rêves, tout un monde de poussières et de racontars. Nos ancêtres les végétariens, les pas hypertendus et pas cardiaques (parce que victimes de carences en sucre et en graisse animale), forcément un peu énervés, en quête désespérée de protéines et autres “objets rares”, nos aïeuls, donc, étaient écolos avant l’heure. Ils seraient tendance aujourd’hui, c’étaient juste des hommes pauvres, démunis, résistants dans leur genre. Un livre sorti cette semaine (Le Maroc végétarien, Editions Eddif) tente de revenir sur ce Maroc vert avant l’heure, écolo obligé, très sec, où les fruits passaient pour des “objets de luxe” et le végétarisme pour une forme de sanction sociale. Eh bien, on revient de loin. L’auteur nous explique, à la fin, que “l’histoire de l’alimentation (des Marocains) est un champ complexe qui nous pose des questions épineuses”. On peut deviner la nature de certaines épines dans le champ horrible de notre histoire alimentaire. Tenez, une, là : le peuple était fait d’hommes verts, végétarien forcenés, de pères en fils, du matin au soir. Les élites grignotaient une cuisse de poulet, une côte d’agneau, une poire juteuse ou une bonne banane. Ça suffisait pour faire la différence.



VITES !

Sortiront, sortiront pas ? Jusqu’en fin de semaine, les milieux islamistes étaient dans l’incertitude quant au sort réservé aux chouyoukh de la salafiya, toujours en détention. L’espoir d’une grâce, le jour de l’Aïd, semble faible. Aucun officiel marocain n’a désiré se prononcer…sur une question qui relève strictement du roi Mohammed VI.


L’Aïd El Kébir sera férié à Melilia à partir de 2010. “Voilà cinq ans que nous réclamons que l’Aïd devienne une fête officielle au même titre que les fêtes religieuses chrétiennes”, nous a expliqué Mustafa Aberchan, le chef du parti “Coalition Pour Melilia” (CPM), formation d’opposition comprenant une majorité de Marocains.


La nouvelle Instance de prévention de la corruption (ICPC) a dévoilé son budget. Pour l’exercice 2009, elle disposera de 60 millions de dirhams dont près de la moitié sera consacrée à la construction d’un siège dans le nouveau quartier d’affaires de Hay Riad à Rabat.


J’ai eu l’opportunité d’intégrer l’équipe de France des moins de 19 ans, mais j’ai refusé”, a déclaré la star des Lions de l’Atlas, Marouane Chamakh, invité de 100% foot sur M6. “Et je ne regrette rien”, a conclu celui qui brille en Champion’s League avec les Girondins de Bordeaux.


Le Maroc a enfin réagi aux déclarations du chef de la Sûreté belge qui réclamait le départ de trois employés de l’ambassade marocaine de Bruxelles, soupçonnés d’espionnage. “J’espère qu’il s’agit d’un mouvement d’humeur passager”, a déclaré le ministre Khalid Naciri.


Le Lion de l’Atlas Abdeslam Ouaddou a accepté de parrainer un site web dédié à la lutte contre le racisme dans le football. Dans une interview accordée au site non-au-racisme.com, le Nancéien revient sur les nombreuses fois où il a été victime d’injures à caractère racial lors de matchs du championnat français.


Fruit d’un travail de plusieurs années, Colonisations et résistances 1830-1930 (Coll. Histoire et lectures politiques) est disponible dans les librairies. Ecrit par l’historien M’barek Zaki et Mimoun Charki, membre du groupe de recherche sur la guerre du Rif, le livre, édité à mille exemplaires, retrace un pan méconnu de l’histoire du royaume.
 
 
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