Privilèges. Heureux qui comme les Sahraouis...
Politique. Les yeux dans les bleus
Reportage. Les SDF se ramassent à la pelle
MRE. Home sweet home
Bilan. A quoi sert El Yazami ?
Phénomène. Attention chien méchant !
Histoire. Quand le royaume est devenu chérifien
France. Profanations chez les Ch'tis
Proche-Orient. L'Intifada des colons
Réforme. La Bourse ou la vie
Livre. Allez les Verts...
Sortie. Woody in Barcelona
Zapping. Le syndrome du canapé
Musique. Ça rappe mon frère
N° 351
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Ecrivez-nous ! Faites-nous part de vos commentaires, critiques ou encouragements.

E-mail : (courrier@telquel.info). Fax (022 22 05 63). Lettres (28, avenue des FAR, Casablanca).



Touche pas à mon trottoir

Je suis un fan de votre magazine, bravo alikoum mesdames et messieurs. Je désire par le présent écrit relater un petit volet qui me tient à cœur : les trottoirs de Casablanca, et plus précisément au quartier dit “Beauséjour”, où j'habite depuis 20 ans. La gestion de ces trottoirs est tellement mauvaise qu'il n'y a presque plus de trottoirs, squattés qu'ils sont par toute une armée de mécaniciens, tôliers, menuisiers, etc. Tous ces gens ont déplacé le “théâtre” de leurs travaux sur les trottoirs, qui sont devenus un peu leur atelier, le lieu où ils exposent allègrement leurs produits. C'est à croire que ces gens ont obtenu des autorisations estampillées “Autorisé à faire des travaux hors du local”. Des usines vont jusqu'à déposer leurs conteneurs sur les trottoirs, et chacun agit à sa façon, installe et déplace ce qu'il veut, sans se soucier le moins du monde de la “collectivité”. Je sais que d'autres quartiers, dans d'autres villes, connaissent le même “petit” problème. Et il est temps que ça change.

Mohamed Bellahsen, Casablanca.



Le juif en nous, ou vice versa ?

Votre dernier dossier “Le juif en nous : au cœur de l'identité marocaine” (TelQuel n° 348) a de nouveau brisé un tabou. Vous avez abordé un paramètre important de notre identité. Mais il y a une “équation” que vous n'avez pas abordée, l'inverse, qui est pourtant rapportée par les chercheurs et les ethnologues : celui du “Nous en juifs”. Je veux parler de la “fraction” de berbères ou d'autochtones qui appartient au judaïsme issu d'Afrique du Nord et d'Espagne : les sépharades.

Paul Wexler, professeur à l'université de Tel-Aviv, a rapporté, dans son étude basée sur des données linguistiques et ethnographiques, la conclusion selon laquelle la grande majorité des sépharades descendraient d'habitants d'Afrique du Nord convertis au judaïsme et installés en Espagne. Il en découlerait, selon l'hypothèse de Wexler, que la plupart des juifs d'Afrique du Nord (tochavim comme megorachim) descendraient de berbères convertis. L'historien Shlomo Sand confirme les hypothèses de Wexler, en affirmant que les juifs d'Afrique du Nord descendent bien de berbères convertis. “Je me suis demandé comment des communautés juives aussi importantes avaient pu apparaître en Espagne. Et il y a, en réalité, plusieurs sources chrétiennes qui déclarent que beaucoup parmi les envahisseurs d'Espagne étaient des convertis au judaïsme. La source profonde de la grande communauté juive d'Espagne, c'étaient ces soldats berbères convertis au judaïsme”, a-t-il affirmé dans une entretien publié par le quotidien israélien Haaretz.

Ces hypothèses de la judaïsation des berbères ont été également rapportées par plusieurs auteurs, notamment Nahum Slouschz, André Chouraqui, Henri Chemouilli et le grand rabbin Maurice Eisenbeth.
Par ailleurs, dans votre numéro, vous citez des noms de familles musulmanes d'aujourd'hui, hier encore juives. On peut aussi citer des tribus berbères actuelles qui portent des noms hébraïques. Les Aït Yechou (Jésus en hébreu) ou les Ben Yechou, Aït Is'hak, etc. Notre mémoire collective recèle pourtant tant de détails intéressants, parfois surprenants, de notre histoire. Entre nous, ce n'est pas pour rien que l'adage dit que “si tu remontes dans ta généalogie, tu risques de tomber sur un ancêtre juif”.

Enfin, pour ce qui est de l'impôt lié au statut de Dhimmi accordé aux juifs après l'avènement de l'islam, et que vous avez rapporté dans votre dossier, je pense que cet impôt du Makhzen était obligatoire pour les tribus juives et non juives et n'était pas forcément en relation avec la “dhimmitude”. Le statut Dhimmi n'a vraiment pas été appliqué pour les juifs du Maroc. Dans les régions enclavées du royaume, loin de l'influence du Makhzen, dans le Moyen et le Haut-Atlas, la cohabitation était harmonieuse entre berbères païens de l'époque et juifs berbères.

El Houssine Bouiamrine, Rabat.



Le rêve arabe…

J’ai 29 ans, j'habite Dubaï, aux Emirats, et ma vie est un cauchemar. Comme je suis dans le tourisme et que j'ai une bonne maîtrise de la langue anglaise, je suis partie, comme tant d'autres citoyens du monde, tenter ma chance dans la ville que l'on appelle le rêve arabe. Ce fut le choc. Parce que ma nationalité marocaine est quelque chose de tabou. Oui.

Le racisme, ici, est une réalité. Mais pas un racisme dit de couleur ou de religion, un racisme de nationalité. Il faut dire, à côté, que certaines de nos consoeurs marocaines multiplient les “gaffes”, quant aux khalijiyine ils ne demandent à sortir qu'avec des Marocaines, même s'ils sont les premiers à les mépriser... Un jour, il y a eu une affaire de mœurs : une marocaine en a tué une autre… à l'aide d'une bouteille de whiskey, parce que les deux filles se disputaient le même homme, probablement un client, le tout dans l'un des meilleurs palaces de la ville. Des histoires aussi scabreuses, glauques, honteuses, il y en par centaines, par milliers. Partout, des jeunes filles marocaines de 18 ans, dans les cabarets, dans toutes sortes d'établissement de débauche : prostitution, arnaques, combines diverses, scandales et délits... c'est devenu cela le label Maroc, et rien que cela. A tel point que lorsque l'on est marocaine, et que l'on n'opère pas dans “ça”, il vaut mieux cacher sa nationalité. Vraiment, à ce point. Et le racisme, en face, est terrible, grave, honteux.
J'ai personnellement choisi ce pays me disant, naïvement, que c'est un pays arabe et musulman, que j'allais me sentir chez moi. Qu'elle fut ma désillusion… Merci de me lire, et de faire quelque chose pour que ça change.

Wajiha Bensamir, Dubaï.



Radi et Abbas vont nous “tuer”

Que vaut un engagement vis-à-vis de ses propres électeurs, lorsqu'on est premier secrétaire du parti socialiste marocain ? Où en est donc cette démission, un des arguments-massues de la candidature de M. Abdelouahed Radi, de la tête de l'USFP ? Un leader politique qui ne tient pas parole cela se répercute forcément sur la crédibilité du parti. Mais il semble que cette ancienne génération de politiciens regarde plus ses propres intérêts que ceux de son parti. Et c'est malheureux. Comment peut-on faire dorénavant confiance à un parti politique considéré comme majeur, mais dont le leader ne tient pas un engagement solennel ?

Un fait pareil n'est même pas imaginable dans une vraie démocratie. Surtout quand on sait que M. Radi a dit, une fois, à un journaliste qui l'interpellait sur la question de sa vraie-fausse démission : “Machi choghlek”. Moi, je dis : “Baz !”. Et puis, il n'y a pas que le seul Radi. Quand on voit qu'un Abbas El Fassi s'apprête à briguer un troisième mandat à la tête de l'Istiqlal, en prenant la peine de modifier les statuts du parti spécialement à cette fin, on s'interroge : est-ce le début de la fin des partis classiques marocains ? Ou est-ce que l'opinion publique n'est pas assez mature pour prendre conscience de la gravité de faits pareils ?
Dans tous les cas, les agissements émanant de l'USFP et de l'Istiqlal laissent la voie libre à des partis comme le PJD, voire le PAM, qui pourront récupérer (à la cuillère) les déçus de Radi et d'El Fassi. On aura la confirmation de tout cela lors du prochain scrutin électoral.

Said Tarik, Tanger.



Les bonnes dates

Juste cette remarque : oui, comme vous l'avez souvent répété, la date de l'indépendance du Maroc est bien un 2 mars et non un 18 novembre, qui correspond plutôt à l'accession de Mohammed V sur le trône. Si elle a été “oubliée”, la date du 2 mars a été récupérée autrement, elle qui donne leurs noms à beaucoup d'artères et d'avenues aux quatre coins du royaume. Je vous signale par ailleurs, puisque vous l'avez déjà évoqué, que feu Abdallah Chefchaouni, s'il fut un grand nationaliste, n'est pas exactement un “martyr de la résistance”. Il mourut après avoir dédié son temps et son énergie au service de notre pays au détriment de sa santé.

Ahmed Azzaoui, Rabat.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2009 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés