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Par Fédoua Tounassi
Réforme. La Bourse ou la vie
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La réforme proposée Salaheddine Mezouar tombe à point nommé.
(AIC PRESS)
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Pour assainir le marché, le ministre des Finances a prévu un plan de sauvetage. Une batterie de mesures allant du changement de statut de la Bourse des valeurs de Casablanca à celui du CDVM.
Grand chamboulement à la Bourse des valeurs de Casablanca. Le ministre des Finances, Salaheddine Mezouar, donne le coup denvoi à la mue de la Bourse avec la mise en place dun plan de relance, articulé autour de cinq axes pour la dynamiser et renforcer son intégrité et sa |
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transparence. Pour ce faire, le ministre de l'Economie et des Finances a décidé de réviser la loi relative à la Bourse des valeurs de Casablanca (BVC). Objectif ? Permettre l'ouverture de son capital à de nouveaux actionnaires, indique un responsable du ministère des Finances. De cette manière, on favorisera une plus grande implication des principaux opérateurs pour mieux développer la place de Casablanca, explique-t-il. Ce qui nest pas de refus en ces temps de crise, dautant que la place de Casablanca nest pas encore remise du scandale qui la secouée ces derniers mois, et qui, rappelons-le, na pas encore livré tous ses secrets. Daprès les premiers échos du marché, le plan de relance a été bien accueilli dans le landerneau financier. La place a besoin dêtre assainie. Les fortes chutes enregistrées depuis 3 mois ne sont que le résultat dun manque de confiance, explique un directeur de société de Bourse ayant requis lanonymat.
A -16,11% de contre-performance (en date du lundi 8 décembre), la baisse nest pas près de sarrêter, estiment quelques observateurs. Certains pensent même que les indices reculeront encore plus jusquà -20 ou -25%. Quant aux plus optimistes, ils prévoient un arrêt de lhémorragie dici le deuxième semestre 2009. Réjouissante perspective pour les boursicoteurs. En lespace de trois mois, le marché a chuté de 20%. Traders, investisseurs institutionnels (surnommés zinzins) et petits porteurs ne savent plus à quel saint se vouer. Autant la chute des places boursières internationales est justifiée par un contexte de crise financière, autant celle du marché casablancais ne répond à aucun critère logique. En dehors des télécoms et de lagroalimentaire, qui tirent plutôt bien leur épingle du jeu avec les rares performances positives de la place (respectivement 17,7% et 3,3%), tout le reste boit la tasse. Les plus grosses capitalisations, celles qui ont fait les beaux jours mais aussi la fortune de quelques investisseurs ces deux dernières années, accusent des contre-performances importantes, ironise un trader, en faisant allusion aux valeurs immobilières et plus particulièrement Addoha, la CGI et Alliances. Ces titres ont baissé en moyenne de 19%, suivis de près par les bancaires qui dégringolent de 17% et des holdings, qui perdent 29,2%. Crise de confiance suite à la crise financière et économique internationale, absence de soutien des zinzins, manque de liquidités, panique des petits porteurs
les arguments ne manquent pas pour justifier le trend baissier de la Bourse de Casablanca.
Retour à lancien schéma
Le département de Mezouar na pas attendu que la situation périclite, il a décidé de prendre le taureau par les cornes en mettant en place son plan de relance, quitte à revenir sur des changements institués par la réforme boursière de 1993. Mezouar est convaincu de la nécessité daméliorer la gouvernance de la place, car le scandale enregistré ces derniers temps la ébranlée. Il ne veut plus que cela se reproduise, confie une source au ministère des Finances. Lintroduction dune transformation statutaire serait pour lui une solution. Doù lidée de revenir à lancien schéma de gestion avec ladoption dune structure de gouvernance plus claire, basée sur une direction générale et un conseil dadministration. Actuellement, la société gestionnaire est une société privée à laquelle lEtat a concédé la gestion dun service public. Comme prévu par la loi, elle est contrôlée par son conseil de surveillance (contrôle normal du directoire, tel que prévu par la loi sur la société anonyme), par le commissaire du gouvernement (qui sassure du respect du cahier des charges de la concession), et par le Conseil déontologique des valeurs mobilières (qui sassure du respect de la loi relative à la Bourse et de son Règlement général ). Les rôles et missions des uns et des autres ne sont pas très détaillés, il y a donc le risque que certaines dimensions soient contrôlées doublement ou, au contraire, que dautres domaines ne le soient pas, déplore-t-on du côté du CDVM.
Mais le plus gros de cette stratégie de relance concerne justement le gendarme du marché. Une refonte du cadre légal du CDVM est en marche. Le Conseil déontologique des valeurs mobilières sera une agence indépendante du ministère. Lobjectif donc est de donner plus dautonomie à lautorité de régulation dans lexercice de ses prérogatives en matière de contrôle du marché des capitaux. Le changement de statut vise à renforcer les prérogatives, notamment en termes de sanction, et à conférer à l'institution une indépendance par rapport à l'exécutif, puisque le président de cette nouvelle institution serait nommé (par dahir) pour être président à temps plein, ce sera en plus le ministre de l'Economie et des Finances. A travers ces modifications, ce qui est visé c'est davantage d'efficacité, d'autonomie, et donc la capacité de mieux remplir la mission confiée, souligne Dounia Taârji, directrice du CDVM.
Lune des mesures-phares de ce plan de relance bénéficiera aux sociétés cotées : fini les soutiens de cours à outrance, les volumes dintervention dans le cadre dun programme de rachat ne représenteront plus quun certain pourcentage du total des volumes déchange sur une même valeur. La mesure permettra de contenir les tendances qui peuvent être influencées par la prédominance des transactions de rachat sur un titre. Les sociétés cotées auront la possibilité dacquérir leurs propres titres dans le cadre du programme de rachat sans fixer de prix minimum. Intervenants de premier ordre dans le marché boursier, les compagnies dassurances ne sont pas en reste dans la nouvelle stratégie. Le département de Mezouar leur a consacré tout un pan de la réforme. Elles pourront détenir jusquà 60% (contre 50% aujourdhui) dactions cotées en représentation de leurs provisions techniques. Cette augmentation va donner aux zinzins une force de frappe non négligeable, résume un gestionnaire de portefeuille. |
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Directoire. La revanche de Taârji
Belle victoire pour Dounia Taârji, directrice du Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM), décriée par une bonne partie du microcosme financier. Mezouar a fini par trancher dans laffaire du bug de la Bourse. Les recommandations du gendarme de la Bourse par rapport à cette affaire ont été suivies par le ministère. Tout le directoire a donc été relevé de ses fonctions manu militari. Même Fathallah Berrada, président directeur de la Bourse des valeurs de Casablanca, qui était quelques jours auparavant certain de son maintien en fonction, a été éjecté et remplacé par Hicham El Alamy, un cadre du CDVM. Ce que veut Dounia Taârji, Dieu le veut, ironise le patron dune société de Bourse. |
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