Privilèges. Heureux qui comme les Sahraouis...
Politique. Les yeux dans les bleus
Reportage. Les SDF se ramassent à la pelle
MRE. Home sweet home
Bilan. A quoi sert El Yazami ?
Phénomène. Attention chien méchant !
Histoire. Quand le royaume est devenu chérifien
France. Profanations chez les Ch'tis
Proche-Orient. L'Intifada des colons
Réforme. La Bourse ou la vie
Livre. Allez les Verts...
Sortie. Woody in Barcelona
Zapping. Le syndrome du canapé
Musique. Ça rappe mon frère
N° 351
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

Zahra Hindi.
Et de deux à Dakhla !
(DR)

Festival.
Dakhla, ouvre-toi



Dakhla tient à préserver ses secrets. A quelques semaines de son Festival mer et désert, la ville promet tout juste surprises, belles choses et gros changements. On ne saura donc pas (encore) quelle star moyen-orientale emboîtera le pas à Kadem Saher, qui a fait sensation l’année dernière, ni à quel groupe de musique reviendra la lourde tâche de mettre le feu à la scène de la troisième édition de la fête sahraouie.
Toujours est-il que c’est du 27 février au 1 mars prochains que la ville, qui accueille depuis 2007 l’événement culturel et sportif le plus important de la région, ouvrira à nouveau ses portes aux amateurs de sports de glisse venus du monde entier, et autres musiciens réceptionnés à Casablanca et embarqués dare-dare dans le premier avion. Dakhla, en insistant, se dévoile un peu et annonce la couleur : une belle résidence sera le clou des trois jours. Dirigée par Mohamed Abdennour (passé maître en mandole et banjo auprès des Gnawa Diffusion), elle réunira la voix suave de Zahra Hindi, la guitare de Daniel Jamet (hallucinant avec la Mano Negra) et celles de musiciens sahraouis. Le spectacle qui naîtra de la résidence sera d’abord visible pendant le Festival et des dates sont déjà prévues en Europe. Dakhla recevra pour la première fois les Hoba Hoba Spirit, en plus des Mayara Band, groupe de fusion gagnant du Tremplin 2008. Jouant la carte de la ville de toutes les rencontres, Dakhla réunira de manière informelle les invitées du Festival et les femmes sahraouies pour des échanges culturels, histoire de se connaître pour mieux s’apprécier. Voilà pour la nouveauté avouée. Quant aux sports de glisse, est prévue une longue distance : 40 km de course de kitesurf et de windsurf. On attend la suite.


Sortie.
Bestiaire d’enfer


Ils voulaient retrouver la jungle urbaine et tombent en pleine savane africaine ! Alex le lion, Marty le zèbre, Melman la girafe, le Roi Julien, Gloria l’hippo, le commando de pingouins, et les brebis égarées et azimutées du zoo de New York, survivent à un crash d’avion rafistolé et atterrissent dans leur milieu d’origine. Pour s’en sortir, il leur faut renouer avec leur côté wild : tout un programme, rythmé par une bande-son du plus bel effet : “I Like to move it move it” ! “Ton pote, ou ton popotin ?”, interroge finement une “hippopodame”. En tout cas, dans Madagascar 2, nouvelle pépite d’animation Dreamworks au design minimal et aux gags en rafale, on rit comme des baleines avec nos copains animaux anthropomorphes que le ridicule ne tue pas. Tout en méditant sur le débat “primitivisme et civilisation”. C’est Lévi-Strauss qui serait content ! Car encore une fois, cet hilarant bestiaire satisfait les spectateurs de tous poils, à condition d’aimer les trilogies : un prochain volet est déjà sur le feu.

Madagascar 2, de Eric Darnell et Tom McGrath Au Mégarama.



Prix.
Dialogue des civilisations


Quatorze ans qu’elle défend et appuie les plus démunis. La Fondation Orient-Occident, avec quatre autres associations d’Ouzbékistan, de Tunisie, de Somalie et du Liban, vient de recevoir, mercredi 10 décembre à Paris, le Prix international 2008 des droits de l’homme de la république française des mains de la secrétaire d’Etat Rama Yade. Installée à Rabat, Casa, Oujda, Larache, Safi et bientôt Guelmim, la Fondation Orient-Occident axe son action sur le soutien aux migrants (activités culturelles et artistiques, centre d’écoute et de prévention du sida, accompagnement juridique), à l’insertion professionnelle (formations, multimédias) et l’accès à l’éducation (ateliers, bibliothèque).


Disparition.
L’Adieu à Ba Omar


Omar Chanbout, l’un des pionniers du théâtre au Maroc, s’est éteint dimanche 7 décembre à Casablanca, des suites d’une longue maladie. Dès les années 50, il s’était lancé dans le théâtre, avant de se diriger vers la télévision et le cinéma. Ba Omar –comme il était surnommé dans le milieu du cinéma marocain - a interprété durant sa longue carrière plusieurs rôles dans des longs-métrages nationaux, comme dans Jarat Abi Moussa de Mohamed Abderrahmane Tazi, ou Ici et là de Mohamed Ismaïl. Il avait également à son actif des apparitions dans des productions étrangères, dont Vacation getaway Marrakech du réalisateur allemand Alexander Wiedl.


Cinéma.
Traits d’union


Les Semaines du film européen ont 18 ans. Pour fêter sa majorité, l’un des meilleurs rendez-vous cinématographiques du royaume, créé en 1991 par la Délégation européenne au Maroc, s’offre, entre autres, un savoureux triplé. En ouverture, rien moins que la Palme d’or Entre les murs, de Laurent Cantet, librement adapté du roman éponyme signé François Bégaudeau, sur le quotidien d’un jeune prof de français dans un collège “difficile”. Un film-phénomène qui, élu à l’unanimité du jury de Sean Penn, a soulevé un réel débat sur l’enseignement à sa sortie dans l’Hexagone. Parmi les autres surprises, deux autres révélations cannoises : le Grand Prix Gomorra, de Matteo Garrone, immersion dans le quotidien de destinées mafieuses sur fond de guerre des clans en Campanie, et Le Silence de Lorna, Prix du scénario signé Jean-Pierre et Luc Dardenne, portrait d’une jeune femme albanaise prise au piège d’une sordide machination.

Du 22 janvier au 5 février à Tétouan (Avenida),
Rabat (Théâtre Mohammed V), Casa (Lynx) et Marrakech (Colisée).



Arts plastiques.
Lumières sur Rabi


L’espace d’art de la Société Générale donne à voir les bijoux de sa caverne d’Ali Baba. Jusqu’au 30 avril prochain, c’est une exposition-rétrospective de Abdelkébir Rabi que l’espace offre aux visiteurs. Retraçant le parcours de cet artiste rare mais incontournable, l’exposition montre à quel point Abdelkébir Rabi est fidèle à sa ligne de conduite : l’art échappe à toute forme de pensée, il est un pont qui mène vers les profondeurs de l’inconscient, rejet de la distinction abstrait et figuratif, et de la recherche du beau à tout prix. Abdelkébir Rabi, qui a fait ses armes en dessinant, jeune, à la craie, au crayon et à l’encre violette, dévoile donc sur les murs de l’espace quelque trois décennies de peinture, préférant garder, à l’ombre, ses œuvres les plus récentes. Du côté de la SGMB, on dit l’expo pédagogique. Cela n’enlève rien à toute sa poésie.


Concert.
Flamenco familial


Avis aux amateurs de flamenco : Pepe Habichuela et José Miguel Carmona seront en concert lundi 15 décembre à 20h au Théâtre national Mohammed V. Musiciens de père en fils, le duo jouera Habichuela En Rama, dernier opus en date, portant le nom du papa. Le fils, inspiré par son père et par toute l'activité musicale qui s'opérait dans le salon familial, a fait partie à l'âge de quatorze ans de Ketama, groupe espagnol au nom évocateur et à la musique provocatrice. Décidés à reprendre le chemin de la scène ensemble, les Espagnols Pepe Habichuela et José Miguel Carmona s'entourent de Carlitos et Nono Carmona pour réchauffer le théâtre de la capitale au bois de leurs guitares, de leurs percussions et de la voix désormais célèbre de Pepe Habichuela. A ne pas rater.


Rencontres.
Dis-moi qui tu aimes...


L’ Atelier de la Source du Lion a ce credo auquel il tient : ne surtout pas faire dans le déjà vu. Grand bien nous fasse puisque le staff de l’Atelier lance son nouveau concept “Une heure, une œuvre”. Le principe : inviter une fois par mois un féru de culture pour parler de son œuvre préférée. Tout pourra y passer, du cinéma à la littérature, en passant par la peinture ou la danse. Deux invités de marque ont déjà joué le jeu : la critique d’art Nicole de Pontcharra, qui a dit tout le bien qu’elle pensait de l’œuvre de Mohamed Aboueloukar, et l’artiste-peintre Fouad Bellamine qui a, quant à lui, défendu la peinture de Ahmed El Yacoubi, dramatiquement méconnu au Maroc. D’autres noms sont pressentis pour venir parler de leurs œuvres. A guetter donc, le critique d’art et galeriste Aziz Daki et la férue d’art Nawal Slaoui. Entre autres.


Exposition.
Photographie et Solidarité


Lorsque le peintre Miloudi Nouiga décide de se consacrer à la photographie, c’est sur des enfants originaires des montagnes du Haut Atlas qu’il décide de zoomer. A partir du 13 décembre prochain, il exposera toute une série de clichés, immortalisant les gestes de ces enfants, pendant divers moments de leur vie quotidienne. Pendant cette exposition, plusieurs produits dérivés seront mis en vente pour permettre l’achat de fournitures scolaires. Les bénéfices récoltés grâce à la vente de photos, agendas ou encore cartes postales seront reversés directement à l’association Aït Hamza, créée par les villageois pour améliorer les conditions de vie des enfants. A découvrir jusqu’au 18 janvier à Rabat, au 17 avenue des Nations Unies (quartier Agdal).



Humeur.
Mal luné

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

L’insomniaque veille la lune bien malgré lui, attend patiemment qu'elle s'endorme avant de fermer les yeux. Il s'occupe comme il peut, Morphée ayant pris des vacances prolongées, démissionné peut-être sans préavis. Sous l'ampoule fixée au plafond, les yeux grands ouverts, l’insomniaque allume son ordinateur. Redémarre, attend la connexion, googlise le nom d'une fille dont il n'aurait pas perdu la trace s'il s'en souciait vraiment. Fait un tour sur Facebook l'éternel, y tue des monstres invisibles pour oublier ses démons intérieurs, vampe et commente des statuts, lorgne les albums photo de ses amis virtuels. Pendant qu'il “lol” et “mdr” sur des commentaires qui ne le font absolument pas rire, la lune joue à cache-cache derrière les nuages. Parfois, une petite fenêtre Internet clignote, un autre être en suspens, éveillé, de l'autre côté de l'écran. La discussion ne dure pas, par principe, se limitant à des phrases préfabriquées du genre “tu n'arrives pas à dormir?”, “moi non plus, hehe”, “je re, envie de faire pipi”. Et ne revient jamais. Au lieu de ça, l'insomniaque se retrouve membre d'un groupe, toujours au royaume de Facebook, qui s'appelle “tous les matins, je me dis : ‘Ce soir je me couche tôt’”. Ça le fait sourire. Tiens, il fait jour, la lune s’est couchée, le soleil s’est levé. C'est l'heure de dormir…



Hommage
La rétrospective des films de l’actrice italienne Anna Magnani à l’Institut culturel italien prend fin le 18 décembre. L’occasion de la revoir dans La Sciantosa de Alfredo Gianetti (le 18 à 16h) et dans Roma de Federico Fellini (le 18 à 18h). L’actrice a été oscarisée en 1956 pour La Rose tatouée de Daniel Mann.


Metal à Settat
Ce n’est pas à Settat que le metal est le plus attendu. Et pourtant ! Les 4 musiciens de Sakadoya (dont les idoles sont Lamb Of God, Death et Chimaira), groupe vainqueur du tremplin L'Boulevard 2008, seront en concert le 19 décembre à 15h dans leur ville d'origine, au cinéma Ahram.


Expo de femme
Les “prémonitions” de Safaa Erruas sont exposées à la galerie de l'Institut français de Rabat jusqu'au 27 décembre. Les toiles de l'artiste de Tétouan, pendues, accrochées, superposées, puisent dans l'univers féminin. Safaa Erruas rappelons-le, figure parmi les jeunes artistes contemporains les plus en vue.

 
 
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