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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Nina Hubinet

La semaine

Depuis près d’une semaine,
les affrontements entre
policiers et manifestants
embrasent la Grèce.
(AFP)

Grèce.
La génération “600 euros” se révolte



Une sorte de Mai 68 hivernal s’est emparé des villes grecques depuis une semaine. Samedi 6 décembre, un adolescent de 15 ans, Alexis Grigoropoulos, est abattu par un policier à Athènes. La bavure a fourni l’étincelle que semblait attendre la jeunesse du pays pour se révolter. Depuis, les manifestations, tournant à l’affrontement entre les jeunes et les forces de l’ordre dès le premier jour, n’ont pas cessé. Mardi 9
décembre, les obsèques de l’adolescent tué par la police n’ont pas calmé la rage des jeunes Grecs, pas plus que la mise en examen, le lendemain, du policier. Bâtiments des forces de l’ordre attaqués, magasins saccagés, voitures brûlées, jets de pierre contre bombes lacrymogènes… A Athènes, Thessalonique ou Patras, les dégâts sont à la mesure du mal-être d’une jeunesse qui se surnomme elle-même la “génération 600 euros”. Quand ils ne sont pas chômeurs, ces jeunes surdiplômés doivent se contenter de petits boulots sous-payés, dans un pays englué dans une grave crise économique depuis les ruineux Jeux Olympiques de 2004. Au mouvement étudiant risque maintenant de s’ajouter la grogne sociale : une grève générale, prévue de longue date, a paralysé le pays mercredi 10 décembre. Les transports se sont arrêtés, les banques et les écoles sont restées fermées et les hôpitaux ont fonctionné au ralenti. Conséquence logique, cette grave crise sociale débouche maintenant sur une crise politique : comme lors des gigantesques incendies de l’été 2007, qui avaient fait 70 morts et détruit des centaines de milliers d’hectares, la presse et la population reprochent au gouvernement conservateur de Costas Caramanlis d’être incapable de gérer la situation. Des affaires de corruption et de détournements de fonds ont déjà terni l’image de ce gouvernement, en difficulté après le lancement de réformes impopulaires. L’opposition socialiste réclame la démission du Premier ministre. Mais Caramanlis s’accroche à son poste et se contente d’appeler à l’unité nationale, en accusant les émeutiers d’être des “ennemis de la démocratie”.


France.
Farc à emporter


Devenir guérillero en Colombie constituera bientôt une stratégie d’émigration vers la France : Wilson Bueno Largo, alias “Isaza”, un ex-guérillero colombien, est arrivé mercredi 10 décembre à Paris avec sa compagne. Ingrid Betancourt, de retour d’une tournée en Amérique Latine, les accompagnait. Cet ancien membre des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie), qui a déserté la guérilla en octobre en libérant l'ex-parlementaire Oscar Tulio Lizcano, est le premier repenti accueilli en France, conformément à l’engagement de Nicolas Sarkozy envers Bogota. D’autres ex-guérilleros devraient le rejoindre, mais le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a précisé jeudi 11 décembre qu’ “en nombre ça n’irait pas très loin”. Plus de 3000 personnes sont toujours retenues par la guérilla, des groupes paramilitaires ou des trafiquants de drogue colombiens.


RD Congo.
Négociations éclair


Les pourparlers entre le gouvernement congolais et la rébellion de Laurent N’kunda n’auront pas duré longtemps : lundi 8 décembre, un dialogue était entamé entre les représentants des deux bords à Nairobi (Kenya), sous l’égide de l’émissaire de l’ONU, Olusegun Obasanjo. Mais dès mercredi, les négociateurs envoyés par Laurent N’kunda ont manifesté leur volonté de mettre un terme aux discussions, estimant que le médiateur prenait parti pour le gouvernement congolais. Obasanjo a évoqué de son côté un blocage dû à la volonté des représentants rebelles de discuter de la situation globale en RDC et non pas simplement du conflit au Nord-Kivu. Dans cette région est du pays, les combats ont repris fin août entre les rebelles et les troupes gouvernementales, jetant près de 250 000 personnes sur les routes.


USA.
Martyrs groupés


Le cerveau des attentats du 11 septembre veut en finir. Lundi 8 décembre, au premier jour du procès qui se déroule à Guantanamo, Khaled Cheikh Mohamed et ses cinq co-accusés ont demandé à pouvoir plaider coupable. Certains ont déclaré être prêts à “mourir en martyrs”. Mais le juge de ce tribunal militaire d’exception a refusé : deux détenus doivent d’abord passer des examens psychiatriques pour déterminer s’ils sont aptes à prendre une telle décision. Khaled Cheikh Mohamed, 43 ans, qui a fait des études d'ingénieur en mécanique en Caroline du Nord, est alors revenu sur sa décision : les accusés veulent uniquement plaider coupable ensemble. Le sort de ces hauts responsables d’Al Qaïda ne devrait en tout cas pas être réglé le 20 janvier, lorsque Barack Obama, qui a promis de fermer Guantanamo, entrera en fonction.



Lu pour vous [FRANCE]
Les Espagnols aux champs

Le Monde, 11 décembre 2008, Jean-Jacques Bozonnet

Chaque soir, dans les rues étroites d'Ubeda, enfle le grondement caractéristique de centaines de valises à roulettes que traîne une armée d'ombres. Par grappes muettes, ces voyageurs emmitouflés rejoignent leur lieu d'hébergement. Pour la plupart, direction le Palais des sports. Là, sur des matelas posés à même le parquet de handball, parfois sur de simples cartons ou recroquevillés dans les tribunes, ils tenteront de se reposer quelques heures. Ils arrivent de toute l'Espagne pour gagner un peu d'argent. Début décembre, quand commence la saison des olives dans la province de Jaen, une région qui fournit le tiers de la production mondiale d'huile d'olive, les habitants d'Ubeda ont l'habitude de voir arriver les saisonniers. (…) Jamais, pourtant, Ubeda n'a connu un tel afflux. Tous les pays du Maghreb sont représentés, mais surtout ceux d'Afrique subsaharienne. Algériens, Ivoiriens ou Sénégalais, ils sont venus dans l'espoir de quelques jours de travail. Ils savent désormais qu'ils vont devoir repartir bredouilles. “Depuis dix ans, beaucoup d'étrangers participent à la campagne de l'“aceituna”, mais cette année, avec la crise, les chômeurs du bâtiment ont repris le chemin des champs”, explique Marcelino Sanchez, le maire d'Ubeda. En 2007, Alassam, un Malien de 45 ans, a travaillé un mois dans une oliveraie : “Je suis retourné voir mon patron, il m'a dit que cette année les Espagnols veulent le travail, c'est pour ça qu'il ne peut pas me prendre.”



Grande-Bretagne.
Derniers jours en Irak


Après le plan de retrait américain, un autre retrait se prépare. Les soldats britanniques en Irak devraient commencer à se retirer en mars. La plupart d'entre eux auront quitté le pays en juin, d’après une annonce du ministère de la Défense mercredi 10 décembre. La Grande-Bretagne compte actuellement environ 4100 hommes autour de Bassorah, dans le sud de l'Irak. Le retrait des troupes doit commencer après le scrutin régional de janvier. Quelque 400 soldats britanniques devraient rester en Irak après l’été 2009, pour aider à la formation d’officiers et entraîner la Marine irakienne. Depuis 2003, 177 soldats britanniques ont été tués dans le pays.


Israël.
Gaza revient à la vie


Les Gazaouis ne sont plus coupés du monde : les autorités israéliennes ont rouvert mardi 9 décembre les points de passage avec la Bande de Gaza, que peuvent de nouveau emprunter les cargaisons d'aide humanitaire et de carburant. Tsahal a pris cette décision après une accalmie dans les tirs de roquettes sur Israël. Les journalistes étrangers peuvent aussi de nouveau entrer dans le territoire contrôlé par le Hamas. Mardi, 45 camions transportant de la nourriture et des fournitures médicales ont pu pénétrer à Gaza. Un ravitaillement en gaz domestique et une livraison de fioul pour la centrale électrique du territoire sont également prévus. Mais les longues semaines de blocus ont laissé des traces : la semaine dernière, toutes les banques opérant dans la bande de Gaza ont déclaré devoir fermer faute de liquidités.


VITES !

Le gouverneur de l'Illinois, Rod Blagojevich, a été arrêté, mardi 9 décembre, après avoir tenté de monnayer à son profit la nomination du successeur de Barack Obama au poste de sénateur de l'Etat.

 
 
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