Irak. Des G.I's venus du Maroc
Politique. Elle bouge, elle bouge, la Haraka
Société. L'adoul des temps modernes
Télévision. Pirate-moi si tu peux !
Rétro. Le commandeur des croyants, 40 ans après
Irak. Lancer de babush
Conso. Les fêtes, ça s'arrose
Festival. Au bonheur des salles
Cinéma. Lettre ouverte au roi...
Tanger. Le business de l'art
Expo. Appelez-moi Hossein
Sortie. Les frères Lumière
N° 352
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

Une toile de Yamou, exposée
à la galerie Marsam II. (DR)

Arts plastiques.
Ça plane pour eux



2008 aura été l’année de l’art contemporain marocain. Ouverture de nouvelles galeries (à Casablanca et Marrakech essentiellement), de sociétés de ventes aux enchères d’objets et œuvres d’art (l’une à Marrakech l’autre à Tanger), ventes records, expositions à la pelle, jamais auparavant la création contemporaine ne s’est aussi bien portée. Du coup, les analyses sont allées bon train, prévoyant tantôt un
effondrement prochain du marché, tantôt des années à venir encore meilleures. Les galeristes eux, jubilent, ne savent plus où donner de la tête, profitent des beaux jours et multiplient les expositions d’artistes “bankables” et de talents émergents. Les vernissages de plus en plus courus sont devenus, fait inattendu, the place to be pour des people en quête de visibilité. L’année se termine donc en beauté, offrant aux amateurs des expositions de haut vol. Florilège : Dar d’art à Tanger réunit Saâd Ben Cheffaj, Bouzaïd Bouabid et Abdelkrim Ouazzani, trois grands noms de la peinture marocaine (du 19 décembre au 31 janvier), Noir sur Blanc à Marrakech montre les dernières œuvres du mystique Mohamed Mourabiti (du 19 décembre au 20 janvier), et mi-décembre, Abderrahim Yamou est revenu en force à la galerie casablancaise Marsam II (jusqu’au 11 janvier). Décembre aura été, par ailleurs, marqué par le remarquable come-back de Hossein Talal, et par un beau face-à-face, organisé par l’espace d’art Actua, entre les œuvres récentes de Fouad Bellamine et celles de Mohamed Abouelouakar. Pourvu que ça dure…


Sortie.
Casa no blanca


Deux losers dans les rues de Casablanca, la nuit, le spleen, le chômage, le tapage, etc. Casanegra détourne joyeusement le mythe de Casablanca, le noir remplace le blanc, les acteurs sont beaux et bons, les dialogues crus et bons aussi, le deuxième film de Noureddine Lakhmari ressemble bien à un (bon) premier. Dès le générique, la cause est entendue. A bas le conservatisme, le déjà vu, déjà fait, ronronnant et moralisant. Ici, tout va vite, c’est moderne, plutôt amoral et ça parle “comme dans la rue” (mais attention à vos oreilles quand même). Boulimique, à vous en mettre plein la vue, au risque de faire too much. Cela peut en indisposer plus d’un. Nous, on aime. Alors courez voir ce film qui nous arrive de partout (Tanger et Dubaï, enchaînés la même semaine) et qui a failli représenter le Maroc dans le dernier Festival de Marrakech. Et gardez en mémoire le nom des deux interprètes principaux (Anas El Baz et Omar Lotfi), frais et surprenants comme de parfaits boy’s next door : ils iront loin, inchallah.

Au Mégarama.



Livre.
Citations, méditations, etc.


Le livre est un objet généralement personnel. Parfois, il ne l’est pas. Maria Guessous se glisse sans problème dans la deuxième catégorie, celle des objets impersonnels, en se cachant derrière son thème : la citation. “J’ai passé de longues années à guetter les bonnes phrases et à les mettre ensemble”, dit-elle comme pour s’excuser. Il n’y a pourtant aucun mal à lire, entre deux réunions de bureau, une citation du style “un leader sait ce qu’il faut faire, un manager sait seulement comment les faire”, ou alors, dixit le cynique (et un peu misogyne) Sacha Guitry, “je me suis toujours demandé ce qu’on pouvait bien faire avec une femme en dehors de l’amour”.

“Citations à méditer” de Maria Guessous, Ed. Afrique Orient



Télé.
Le Nouvel An avec Gad


Quoi de plus sympathique que de commencer l’année 2009 en rigolant ? C’est ce que vous pouvez faire le 31 décembre, en regardant M6 juste après les 12 coups de minuit. En effet, la chaîne française propose une soirée spéciale Gad Elmaleh. Au menu : le spectacle La Vie Normale à partir de 00h05, suivi de Un an avec Gad Elmaleh à 02h00. Ce documentaire, tourné entre septembre 2005 et 2006, revient sur sa tournée mondiale à New-York, Londres ou encore Casablanca. A regarder avec sa bande de copains après une folle soirée, ou tout seul bien au chaud sous une couette. L’effet est le même. Moral au top dès le premier jour de 2009.


SALON.
La mémoire s’affiche


La ville de Rabat accueillera à partir du 18 décembre plusieurs expositions dans le cadre de la 13ème édition du Salon national d'art photographique (SNAP). L’événement, cette année sous le thème “Mémoires”, regroupera à la fois des peintres reconnus et inconnus, expérimentés et novices, marocains et français. La galerie Bab El Kébir des Oudayas exposera les œuvres de 22 photographes marocains. Parmi eux, Leila Ghandi, Karima Hajji ou encore Ali Chraïbi. En même temps, la galerie La Découverte recevra les clichés de 15 photographes en herbe, qui ont tous travaillé sur Zaouïate Sidi Abdesam à Ifrane. Quant aux 5 artistes de la galerie française NegPos, invités de cette édition, ils exposeront leurs photographies à la galerie Mohamed El Fassi. En plus de ces trois expositions qui vont durer jusqu’au 31 janvier 2009, le SNAP organise une table ronde autour du thème “Statut et devenir de la photographie au Maroc”, le 19 décembre à partir de 10h, à l’Institut supérieur de l’information et de la communication.


Photographie.
De New York à Paris


“Il n’y a pas besoin d’expliquer une photographie puissante car elle change avec le temps. La signification qu’a cette image aujourd’hui peut être différente de celle qu’elle avait il y a vingt ans. De toute façon, je pense qu’une image a besoin de temps pour se révéler”, ainsi parle Louis Stettner, photographe né en 1922 à Brooklyn, dont le parcours exceptionnel s’étale sur quelque six décennies. La passion de la photo, il la chopera quand, adolescent, il passait la plupart de son temps au Metropolitan Museum. Il participera plus tard à la Deuxième guerre mondiale. Subjugué par l’Europe il s’installera à Paris et s’inscrira à l’Idhec. Fidèle au noir et blanc, Stettner a laissé des photos-icônes de Paris et de New York, deux villes qu’il appelait ses mères spirituelles. La galerie 127 expose 44 clichés argentiques, signés, datés et tirés par l’auteur himself.

A la Galerie 127 à Marrakech, jusqu’au 31 janvier.



Danse.
2k_far sur scène


France, Belgique, Tunisie, Egypte, Liban, Espagne… la compagnie 2k_far revient de loin. Après avoir baladé leur dernier spectacle dans une demi-douzaine de salles et de pays, les porteurs de la “culture chorégraphique” reposent leurs valises et leurs pas sur les planches du théâtre Mohammed VI. Avant d’offrir au public casablancais le dernier show de l’année, la troupe se donne en spectacle, mêlant son, vidéo et danse : son contemporain et V-Jaying, menés et étayés par le compositeur et violoniste Christian Zagaria, précéderont La Smala B.B, ledit spectacle mis en scène par Khalid Benghrib et interprété par la compagnie masculine 2k_far, avec Younes et Zouheir Atbane, Younes Aboulakoul et Aziz Nadif. Rendez-vous le 26 décembre.


Kiosque.
Cinémacadémie


“L’espoir renaît sur grand écran”, assure Io Donna, journaliste du supplément féminin du quotidien italien Il Corriere della Sera, qui a visité l’Ecole des métiers du cinéma du boulevard Lalla Asma, à Sidi Moumen. Un quartier victime de sa réputation de “nid de fondamentalistes”. C’est pourtant là que l’Instituto Luce de Rome (équivalent de l’INA français) a injecté 400 000 euros pour y implanter une école du septième art. “C'est un quartier à risques, mais c'est une école d'élite : salles spacieuses, ordinateurs de dernière génération, micros, visionneuses, caméras. (…) Ils étaient 500 à postuler, 75 ont été sélectionnés sans payer un dirham”, rapporte-t-elle, constatant l’urgence de former des techniciens marocains du cinéma : “Sur les six premiers mois de 2008, on en était déjà à près de 73 millions” d’euros investis par les productions étrangères.


Caravane.
Droits à l'image


Le calvaire de détenus politiques noirs en Mauritanie, la machine judiciaire brésilienne dans un tribunal de Rio, la lutte quotidienne d’une radio de paix en République démocratique du Congo... autant d'injustices dénoncées dans des documentaires présentés lors du 1er Festival du film des droits humains de Rabat en mai dernier. Depuis le 10 décembre jusqu'à mars, pour étendre leur écho, une caravane les projette à nouveau du sud-est à l'Oriental, de Casa au Moyen-Atlas, en partenariat avec les ONG locales. En parallèle, commenceront bientôt, à Rabat, les “Jeudis des droits de l'homme”, projections mensuelles anti-exactions au centre de documentation La Source, ou à l'Institut Goethe (confirmation à venir).



Humeur.
Baisers violés

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Parfois, un homme refuse de donner sa bouche à une inconnue. Enfin, pas toutes les inconnues, juste les dentistes de profession. Après des années de tabagisme pour se donner une contenance, on a des réticences à montrer l’envers du décor à la première venue. Toute professionnelle qu’elle est, elle reste avant tout une femme. C’est ainsi que l’on se retrouve habité par la pudeur des filles quand elles doivent choisir le sexe de leur gynécologue. Un homme ou une femme ? Bouche, sexe, ovaires ou molaires, la gêne est identique quand il s’agit de montrer son intimité à quelqu’un du sexe opposé. Pourtant, des doigts sous la langue, c’est érotique en temps ordinaire. En temps ordinaire oui, avec une spécialiste de la carie, jamais. Quand elle pose ses seins sur votre front, il ne faut y voir aucune mauvaise intention. Ce n’est pas un préliminaire, encore moins de la tendresse, c’est juste la meilleure position pour attaquer le tartre. Il y a aussi ce masque sur son visage, un doute sur votre haleine, et la honte qui s’insinue. Elle ne remarque jamais que vous avez rougi. Elle n’a que faire de vos pruderies. Elle a bac +7, un avenir émail diamant, a réalisé le rêve de maman. Elle est ailleurs, dans sa bulle pro, dans le rapport asexué. Et vous, ses doigts gantés plantés dans la bouche. Dans le rapport protégé…



Radio star
L’émission hebdomadaire Atlantic Café (sur Atlantic Radio) a été coupable vendredi 12 décembre d’un joli coup en décrochant et diffusant en exclu marocaine une interview du comédien Keanu Reeves pour la sortie sur les écrans nationaux de son film Le jour où la terre s’arrêta. Bravo.


A l’honneur
Le Maroc sera l’invité de la 8ème édition du Festival du désert, qui démarrera le 8 janvier et s’étalera sur trois jours. Le festival de musique qui se déroule à Essakane, une ancienne oasis au nord-ouest de Tombouctou est considéré comme l’un des plus modernes et des plus importants de la région.


Musique
Fines oreilles, ceci est pour vous. L’Orchestre philarmonique du Maroc se produira à Casablanca le 14 et 15 janvier, respectivement à l’Office des changes et au Théâtre Mohammed VI. Composée de 80 musiciens, la formation symphonique a à son actif quelque 150 concerts. Du lourd en somme.

 
 
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