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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Zoé Deback

La semaine

Zoulaikha Gharbi a été torturée
dans un commissariat de police tunisien en 1996. (AFP)

France.
Un tortionnaire tunisien condamné



C’est une première, et une grande victoire, pour les défenseurs tunisiens des droits de l’homme. Lundi 15 décembre, la Cour d’assises du Bas-Rhin a condamné un ancien diplomate, Khaled Ben Saïd, 46 ans, à 8 ans de réclusion criminelle pour complicité dans des actes de torture et de barbarie sur Zoulaikha Gharbi, 44 ans. Ce jugement se base sur le principe de compétence universelle, résultant de la
convention de l’ONU sur la torture, qui permet aux juridictions nationales de poursuivre les auteurs présumés des crimes les plus graves, quels que soient le lieu du crime et la nationalité des protagonistes. La décision de la Cour va donc bien au-delà du fonctionnaire condamné, comme l’a souligné Me Eric Plouvier, l’avocat de la victime, à la sortie du procès : “Le régime de dictature de Ben Ali vient de recevoir une flèche judiciaire”. Mais pour cela, les défenseurs des droits humains ont dû se battre pendant sept ans. En 1996, la victime, épouse d’un opposant politique, avait été torturée dans un commissariat de police. Un an plus tard, elle parvient à rejoindre son mari en France. En 2001, apprenant qu’un de ses tortionnaires, le commissaire Ben Saïd, a été nommé vice-consul à Strasbourg, elle porte plainte contre lui, l’accusant d’avoir ordonné sa torture et d’y avoir participé. Début 2002, le diplomate apprend les poursuites en cours et fuit immédiatement vers la Tunisie. Le procès se fera finalement sans lui. “La première victoire, c’est que la Cour s’est déclarée apte à juger ce cas, contrairement à la Cour fédérale suisse pour un cas similaire en 2007”, nous a déclaré Sihem Bensedrine, du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT). “Quant au verdict, il fera l’effet d’un vrai tremblement de terre pour le régime tunisien, jusque-là encensé par les gouvernements européens. Car il n’a pas été prononcé à l’encontre d’un simple exécutant, mais d’un donneur d’ordres, actuellement officier au ministère de l’Intérieur. Cela équivaut donc à une condamnation de l’usage systématique de la torture par le gouvernement.”


Guantanamo.
Trois libérations


Les libérations sur ordre judiciaire ont commencé. Trois Bosniaques d’origine algérienne ont été les premiers à être rapatriés à Sarajevo, mardi 16 décembre, après qu’un juge américain ait reconnu en novembre leur détention illégale à Guantanamo. L’un deux a raconté à la presse son calvaire de sept années, qualifiant le centre de détention américain de “pire endroit au monde”. Deux Algériens attendent également leur rapatriement imminent. La veille, en pleine polémique sur la fermeture de la base, où 250 personnes sont encore détenues, le vice-président américain Dick Cheney a déclaré que Guantanamo “a été très précieux” et qu’il ne devrait pas être fermé “avant la fin de la guerre contre le terrorisme”. Il a également défendu les techniques d’interrogatoire qui y sont utilisées, qualifiées de tortures par les ONG, à l’exemple de la simulation d’asphyxie.


SOMALIE.
L’ONU à l’assaut des pirates


Dans la seule journée du mardi 16 décembre, quatre nouveaux bateaux, dont un yacht, ont été attaqués dans le golfe d’Aden par des pirates somaliens. L’un d’eux, un bateau de pêche chinois, a pu être rapidement libéré par la Force internationale. Cette recrudescence de la violence maritime au large de la Somalie coïncide avec une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU qui donne le feu vert aux Etats présents dans la zone pour poursuivre les pirates, y compris par les voies terrestre et aérienne. Par ailleurs, la Chine, membre permanent du Conseil de sécurité, a annoncé son intention d’envoyer des bateaux de guerre dans les eaux somaliennes pour tenter de mettre un terme aux actes de piraterie – ce qui constituerait la première mission internationale de la marine chinoise.


Turkménistan.
Petite ouverture démocratique


Les élections législatives du 14 décembre ont été présentées par le régime turkmène comme une ouverture démocratique, dans un pays qui respire depuis le décès du président à vie Saparmourat Niazov en 2006. Le culte de la personnalité et les restrictions de l’accès à la culture s’atténuent, et la nouvelle Constitution mentionne même le multipartisme. Le nouveau président, Gourbangouly Berdymoukhamedov, voudrait ouvrir le pays pour attirer les investisseurs étrangers vers ses réserves de gaz. Mais les opposants critiquent une campagne électorale bâclée et notent que l’immense majorité des candidats étaient issus du parti unique fondé par Niazov. “C’est un spectacle arrangé pour la communauté internationale”, a résumé Tadjigoul Begmedova, de la Fondation Helsinki pour les droits de l’homme.



Lu pour vous [FRANCE]
L’île disparue

LE FIGARO, 2 décembre 2008, Frédéric Faux

Un confetti de roche, un politicien disparu dans des circonstances étranges, des milliards de barils de pétrole tapis sous la mer… la saga de l'île de Bermeja recèle tous les ingrédients du roman d'espionnage. Cette affaire a resurgi quand des sénateurs du Parti d'action nationale, la formation du président Calderon, ont demandé des explications à leur gouvernement sur la “disparition” de Bermeja. Cette île (…), située à 160 kilomètres de la péninsule du Yucatan, avait toujours figuré sur les atlas, avec des coordonnées très précises. Elle s'est pourtant officiellement volatilisée en 1997 lorsque la marine mexicaine, partie à sa recherche, est revenue bredouille. Au même moment, le Mexique négociait sa frontière maritime avec les États-Unis et perdait du même coup sa souveraineté sur El Hoyo de Dona Oeste, une zone maritime dont les fonds abriteraient vingt-deux milliards de barils de pétrole. Pour les élus mexicains, cette coïncidence n'en serait pas une. Selon le sénateur Alberto Coppola, l'île se trouverait aujourd'hui entre 40 et 50 mètres sous la surface de la mer, et “cette immersion pourrait avoir été provoquée par l'homme”. Bermeja pourrait même avoir été détruite après des “accords bizarres” entre le Mexique et les États-Unis. La presse, qui s'est passionnée pour le sujet, rappelle que (….) José Angel Conchello, le sénateur qui avait à l'époque soulevé la question de la disparition de l'île, est mort une année plus tard “dans un étrange accident”.



USA.
Green team


Le futur président Obama a présenté lundi 15 décembre son équipe chargée de l’énergie et de l’environnement. “Il n’y a pas de contradiction entre la croissance économique et des pratiques écologiques robustes”, a-t-il déclaré. De quoi réjouir les militants écologistes, qui ont notamment applaudi le choix de Steven Chu, Prix Nobel de physique 1997, comme Secrétaire d’Etat à l’Energie. Directeur du laboratoire national Lawrence Berkeley, cet éminent scientifique est spécialiste des énergies renouvelables et “neutres en carbone”. Une révolution, après l’administration Bush qui a longtemps nié toute responsabilité humaine dans le réchauffement climatique.


NIGER.
Deux diplomates enlevés


Robert Fowler, 64 ans, envoyé spécial de Ban Ki-Moon au Niger, et un autre diplomate canadien, Louis Guay, ont disparu le soir du dimanche 14 décembre, à 40 km à l’ouest de Niamey. La piste d’un acte criminel est a priori écarté par la police, puisqu'on a retrouvé plusieurs biens de valeur dans la voiture. Mardi 16, une revendication de l’enlèvement, signée par un groupe rebelle touareg, le Front des forces de redressement, a été diffusée sur Internet. Mais ses responsables ont vite démenti toute implication, de même que les principaux rebelles touaregs, du Mouvement des Nigériens pour la justice. Cette disparition est très mal tombée pour la république du Niger qui s’apprêtait à lancer les célébrations de son 50ème anniversaire, le 18 décembre, en présence de nombreux invités étrangers.


VITES !

Le 16 décembre, cinq bâtons de dynamite sans dispositif de mise à feu ont été découverts au grand magasin Printemps à Paris. Cet attentat a été présenté comme un avertissement par un “Front révolutionnaire afghan” encore inconnu.

 
 
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