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Par Mehdi Sekkouri Alaoui
Mahjoub Tobji
Jai peur de rentrer au Maroc
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Ex-commandant des FAR
(AIC PRESS)
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Antécédents
| 1944. |
Voit le jour à Meknès. |
| 1962. |
Sengage dans les FAR. |
| 1973. |
Combat pendant la guerre du Golan (Syrie-Israël). |
| 1984. |
Fuit quelques mois en France. |
| 2004. |
Sinstalle définitivement en France, à Pau. |
| 2006. |
Publie Les Officiers de Sa Majesté (Ed. Fayard, 2006). |
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Smyet bak ?
Mohamed Belhak.
Smyet mok ?
Mahjouba.
Nimirou dla carte ?
A8021.
Commandant, vous ne vous ennuyez pas trop, à Pau, un peu loin de tout ?
Pas le moins du monde, je suis même très occupé. Tous les matins je fais du bénévolat, les après-midi je passe au sport. Je suis un mordu de natation, de ski de fond et descalade.
Ce nest pas un peu dangereux pour un respectable sexagénaire ?
Si vous voyiez dans quelle forme je suis actuellement, vous ne me poseriez pas cette question. Jai toujours été un sportif de haut niveau.
Cest quoi votre secret, les amphét, du chocolat fourré à la dopamine, une soupe magique ?
Non, non. Je suis né en pleine forme. Je ne suis jamais allé chez un médecin ni pris de médicament. Je ne suis pas de régime spécial, je continue à manger et à boire comme je lai toujours fait.
Vous avez déjà eu loccasion de taquiner la baballe avec Housni Benslimane, quand il était gardien de léquipe de foot des FAR ?
(Rire). Non, le football ne mintéressait pas trop. Javais plutôt un don pour la natation. Jai même battu plusieurs records du Maroc au début des années 1960. Jai aussi représenté le Maroc aux Jeux Méditerranéens de Naples en 1963. Donc, Housni Benslimane nest pas le seul à avoir réalisé de belles performances dans sa vie (sportive).
Vous en voulez toujours au général ?
Oui. Pour moi, lui, comme tant dautres, ont fait du mal à notre Maroc.
Il vous manque, notre Maroc ?
Je suis attaché viscéralement à mon pays. Tout me manque : les murs, les gens, les odeurs, la mer. Hier, pour oublier le manque, je suis parti manger dans un restaurant marocain.
Bon, bon. Quest-ce qui vous empêche de rentrer au Maroc ?
Jai peur quon menlève mon passeport. Et ça, franchement, ça me tuerait.
En publiant Les Officiers de Sa Majesté, vous navez pas limpression davoir violé un code dhonneur, celui du devoir de réserve de larmée ?
La décision de parler na pas été facile à prendre. Je lai mûrie durant vingt longues années avant de la concrétiser.
Pas de regrets, donc ?
Non. Pour la simple raison quaujourdhui je suis en paix avec ma conscience.
Ne lavez-vous pas fait pour largent aussi ?
Cest vrai quavec ses 12 000 exemplaires écoulés, le livre a été un succès. Mais au final, jai touché à peine 6000 euros. Quant à ceux qui disent que jai fait fortune avec ce livre, ils ne savent pas de quoi ils parlent.
Il paraît que vous comptez écrire un deuxième livre
Effectivement. Cest un livre dhistoire sur des gens envoyés par le sultan du Maroc au milieu du 19ème siècle au Japon, pour se former au moteur à vapeur. Dès quils sont revenus au pays, ils ont été assassinés. A ce jour, personne ne sait pourquoi.
Binatna, mon commandant, vous ne seriez pas un agent de la DGED ?
Quelque temps avant de quitter larmée en 1983, jai effectivement été détaché à la DGED, administrativement parlant, à la demande dAhmed Dlimi. Jusquen 2006, jai continué à percevoir un salaire de 12 500 dirhams mensuels. En fait, jétais payé à ne rien faire. Après, la DGED a cessé de me verser cette somme, certainement à cause de mon livre.
Sinon, qui a tué Dlimi ?
Pour moi, il a été liquidé par une équipe de spécialistes recrutés à létranger. A mon avis, Dlimi a dabord péché par arrogance. A un certain moment, il ne répondait même plus aux coups de fil du roi.
Vous écartez la thèse officielle de laccident, même si les routes marocaines sont parmi les plus meurtrières au monde ?
On ne peut pas rouler à plus de 40 ou 50 km/h sur la route où la voiture de Dlimi a été retrouvée. A cette vitesse, il est impossible davoir un accident mortel.
Mon commandant, vous avez réellement traversé le détroit de Gibraltar à la nage, selon une certaine légende ?
Ecoutez, à la fin des années 1960, je me suis préparé de longs mois durant pour réaliser cette performance. Mais le jour J, lassistance technique que mavait promise la Fédération de natation ma planté, et jai donc dû renoncer
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