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Par Meryem Saadi
RETRO. 2008 le best of
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Après une décennie, le Festival
a toujours son public. (DR)
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L'Boulevard.
10 ans et toujours là !
Momo Merhari, Hicham Bahou et leurs joyeux compères ne baissent jamais les bras devant l'adversité. Et cette année encore moins qu'à laccoutumée. Pour le dixième anniversaire de L'Boulevard, les organisateurs du plus grand rassemblement de musiques urbaines d'Afrique du Nord ont eu une série de mauvaises surprises. Mais les obstacles, ils connaissent. Entre les sponsors qui jouent à cache-cache, |
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| les artistes qui décommandent leur venue au dernier moment, ou encore les autorisations administratives qui n'arrivent pas, L'Boulevard a encore une fois survécu. Un joli pied de nez à tous ceux qui critiquent ce festival, le premier à programmer du metal ou encore du hip hop au Maroc. Entre le 18 et le 22 juin 2008, le Stade de l'Etoile - qui accueillait LBoulevard pour la première fois - a vibré au rythme des grosses pointures de la nouvelle scène, qui sont presque tous passés par le Tremplin du Boulevard au début de leur carrière. Darga, Hoba Hoba Spirit, H-Kayne ou encore Fez City Clan ont répondu présent. Contrairement au public, qui n'a pas toujours pris la peine de faire le déplacement, chaleur et Euro 2008 obligent. Mais le plus important, c'est que l'Boulevard is not dead. Et que la 11ème édition est déjà en préparation. |
Cinéma.
Joyeux cinquantenaire !
Cette année, le cinéma marocain a fêté son cinquantième anniversaire. En effet, c'est exactement en 1958 qu'a été réalisé le premier long-métrage marocain, Le fils maudit de Mohamed Osfour. Pour célébrer cet événement, le Festival international du film de Marrakech et le Festival national de Tanger ont, tous les deux, organisé des rétrospectives de longs-métrages qui ont marqué l'histoire de notre 7ème Art. Par ailleurs, l'année écoulée a prouvé que le cinéma marocain se portait plutôt bien. Une grande partie de nos salles de cinéma ne survivent que grâce aux productions locales, qui arrivent encore à attirer du public, malgré l'existence du piratage. La preuve : la première place du box-office marocain de l'année 2008 (publié par le Centre cinématographique marocain) est occupée par Whatever Lola Wants de Nabil Ayouch. Il a donc réussi à faire mieux que les films égyptiens et les blockbusters américains. D'autres films, comme Les jardins de Samira de Latif Lahlou ou encore Les curs brûlés d'Ahmed Maânouni, ont comptabilisé, eux aussi, un nombre d'entrées loin d'être négligeable. Encourageant. |
Arts Plastiques.
Le phénomène Binebine
Lannée 2008 a résolument souri à Mahi Binebine. Ses uvres ont été exposées dans trois prestigieuses galeries parisiennes au mois d'avril dernier, et il figurera bientôt avec cinq autres artistes marocains triés sur le volet, dans un livre sur l'art contemporain dans le monde arabe. En juin dernier, cet artiste aux multifacettes a encore fait parler de lui dans le monde de l'art. La raison ? Une de ses sculptures - en bronze, mesurant 2m61- a été adjugée au prix de 1 510 000 dirhams à Bank Al-Maghrib, lors d'une vente aux enchères de la Compagnie marocaine des uvres et objets d'art. Pour la première fois dans l'histoire de l'art au Maroc, l'uvre d'un artiste local dépasse la barre du million de dirhams. C'est également une véritable révolution dans la sphère de l'art contemporain marocain. Car jusqu'ici, ce sont les toiles du peintre Hassan El Glaoui qui avaient la cote sur le marché des collectionneurs d'uvres d'art. Mais la vente de la sculpture de Binebine a montré qu'aujourd'hui les objets d'art sont également appréciés et achetés à prix fort. Il était temps. |
Mawâzine.
Le roi des festivals
Qui a dit que la vie à Rabat était ennuyeuse ? En 2008, la capitale a accueilli la 8ème édition du festival Mawâzine, tout fraîchement chapeautée par Mounir Majidi, le secrétaire particulier du roi himself. Au programme : 9 jours de concerts sur 9 scènes différentes, avec des artistes de styles musicaux variés, venus du monde entier. Les Rbatis ont pu donc déguster sans modération la musique de Dee Dee Bridgewater, George Benson, Ziggy Marley, Goran Bregovitch, ou encore la diva américaine Whitney Houston. Sans oublier le clan des chanteurs venus du Moyen-Orient, comme Nancy Ajram ou Amr Diab. Quant au budget de cette grandiose édition, il n'a pas été officiellement révélé mais il est certain qu'il dépasse de plusieurs millions de dirhams celui de la plupart des festivals qui existent au Maroc. Pas étonnant lorsqu'on jette un coup d'il aux sponsors et partenaires de Mawâzine. Entre la Fondation ONA, CDG Développement ou encore Sama Dubaï, le festival a décidément les moyens de faire une programmation de choc. La nouvelle scène marocaine n'a pas été marginalisée lors de cet événement, puisque Darga, Hoba Hoba Spirit, Mazagan ou encore H-Kayne étaient de la partie. Vivement 2009 ! |
Autobio.
La vie de Soukaïna
La benjamine de la célèbre famille Oufkir a attendu plus d'une dizaine d'années avant de se décider à publier elle aussi son autobiographie. Cette chanteuse, installée actuellement à Paris, marche donc sur les pas des autres membres de sa famille qui ont, eux aussi, raconté il y a quelques années le cauchemar de leur emprisonnement, orchestré par Hassan II. Intitulé La vie devant moi, le récit de Soukaïna Oufkir est celui d'une femme mûre de 44 ans qui n'était qu'une petite fille de 9 ans à l'époque des faits. Un élément très important, qui nourrit la trame de son livre. Ecrit sous la forme d'un dialogue avec Hassan II, son autobiographie revient sur les vingt ans d'isolement et d'horreur qu'elle a vécus, mais aussi sur ses rapports avec ses parents, ses 5 frères et surs, et
Mohammed VI, qu'elle n'a, en fait, rencontré qu'une seule fois après sa libération. La vie devant moi est un livre plein de sensibilité, qui n'est pas là pour apporter de nouveaux éclairages à l'affaire Oufkir, mais qui la montre à travers les yeux innocents d'une enfant qui ne comprend rien aux enjeux de pouvoir. Bouleversant. |
Adieu mères.
En route pour Hollywood ?
La presse nationale en parle sans cesse depuis septembre dernier. Avec un peu de chance, Adieu Mères, du réalisateur Mohamed Ismaïl, pourrait être le premier film marocain nominé aux prestigieuses récompenses des Oscars. Le film revient sur l'épisode du départ des juifs marocains en Israël, à travers une histoire d'amitié qui lie deux familles, l'une musulmane et l'autre juive, dans les années 60. Le scénario, qui prône la tolérance, a tout pour séduire dans un contexte international où la religion divise plus qu'elle ne réunit. Sauf que pour le moment, Adieu Mères n'est en fait qu'à la toute première étape d'un long périple. Actuellement, il fait partie des 67 films venus du monde entier, présélectionnés dans la catégorie Meilleur film étranger. En janvier 2009, seuls 5 de ces films resteront en lice et feront le voyage jusqu'à Los Angeles le 22 février prochain. En 1997, Mektoub de Nabil Ayouch avait tenté l'expérience, et en 2007 c'était au tour de La symphonie marocaine de Kamal Kamal. D'ici là, seule chose à faire : croiser les doigts pour qu'Adieu Mères parvienne là ou ses deux prédécesseurs ont échoué. Good Luck Ismaïl ! |
Mode, musique & arts visuels.
L'Alternatif en folie
Quand Amine Bendriouich, l'un des stylistes les plus décomplexés du moment, décide de présenter sa nouvelle collection, il ne fait pas dans la demi-mesure. Il appelle tous ses potes à la rescousse et envahit, le temps d'une soirée, les sous-sols du Technopark, les nouveaux locaux de l'Association l'EAC-L'Boulevard. Résultat ? Le Contemporary moroccan roots a été incontestablement l'événement le plus avant-gardiste de l'année 2008. Mercredi 12 novembre, les personnes présentes ont eu quasiment l'impression d'être téléportées à Londres ou à Berlin. Autour de la collection de Bendriouich, plusieurs artistes exposent eux aussi leurs uvres. En avançant dans les couloirs des locaux, les invités tombent tour à tour sur les photos de Lamia Naji et Déborah Benzaken, sur les installations de Mohamed El Baz et Hassan Hajjaj, ou encore sur les vidéos de Yasmine Bennani et Lamba VJ. Oum, Barry ou encore Myriam Sif étaient également de la partie lors de cette fête qui célèbre la culture urbaine marocaine. Le genre d'événements que l'on aimerait voir plus souvent, et qui auraient sans aucun doute leur place entre les murs des anciens abattoirs de Casablanca, où prendra place un espace culturel
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Carnet noir.
Ladieu aux artises
Lannée 2008 a été marquée par la disparition de plusieurs grands artistes marocains. Surtout dans le monde du cinéma. Parmi eux, le talentueux acteur Hassan Skalli, décédé en août dernier des suites d'une longue maladie. Il est actuellement à l'écran à titre posthume dans le film Casanegra de Noureddine Lakhmari dans les salles, depuis le 24 décembre. La dernière occasion pour le public de le voir sur nos grands écrans. En novembre dernier, c'est l'acteur Omar Chanbout, un des pionniers du théâtre et du cinéma marocain, qui nous a quittés. De jeunes talents du 7ème art national ont également été fauchés dans la fleur de l'âge cette année. C'est le cas de Chems -Eddine Zinoun, fils du chorégraphe et metteur en scène du même nom, qui a trouvé la mort lors d'un accident de circulation en octobre dernier à Casablanca. Une fin tragique pour un acteur prometteur. |
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