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Football. Le bal des transferts
Reportage. La route de l'essence
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N° 353-354
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par zoé deback

RETRO MONDE

(DR)

ETATS-UNIS.
Black is powerful



La victoire d’Obama le 4 novembre, suivie par des centaines de millions de personnes dans le monde, a été un moment historique. Il faut dire que le nouveau président, le candidat “le moins attendu”, comme il se présentait lui-même, avait des racines familiales en Afrique. Il a cristallisé les espoirs de la minorité afro-américaine, bien sûr, mais aussi de toutes les victimes de la politique économique de Bush. Il
faudra attendre sa prise de fonctions, le 20 janvier 2009, pour savoir si le président Obama pourra réellement transformer la politique internationale américaine, notamment en Irak. D'autant que le monde vit une récession économique directement causée par les dysfonctionnements du marché financier américain, qui ont atteint leur paroxysme début octobre aux Etats-Unis.


KOSOVO.
Indépendance au forceps


Après deux années de négociations stériles entre le gouvernement serbe et les autorités de la province serbe du Kosovo, à majorité albanaise, le Parlement de Pristina déclare unilatéralement, le 17 février, l'indépendance du Kosovo. Des manifestations éclatent à Belgrade et l’ambassade des USA est incendiée pour protester contre le soutien américain au projet. L'Union Européenne, quant à elle, est divisée sur la question : une majorité des Etats soutient l’indépendance du Kosovo, d'autres, comme l’Espagne et la Grèce disent niet. La Serbie annonce qu’elle rompra les relations avec l’Union Européenne si celle-ci reconnaît le nouvel Etat. Allié traditionnel de la Serbie, la Russie de Vladimir Poutine menace même d’utiliser la force si l’UE ou l’OTAN “défiaient l’ONU” au sujet du Kosovo.


COLOMBIE.
FARC et attrapes


Le 1er mars, l’armée colombienne bombarde un campement des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) et fait une petite incursion de 2 km en territoire équatorien, donnant lieu à une crise diplomatique entre les deux pays. Quito rompt alors immédiatement ses relations diplomatiques avec Bogota. La Colombie contre-attaque en accusant le président équatorien Rafael Correa devant le Tribunal pénal international, ainsi que le président vénézuélien Hugo Chavez, de soutenir financièrement les FARC. C’est au tour de Caracas de rompre ses relations avec Bogota. Il faudra une réunion de crise de l’Organisation des Etats américains, le 7 mars, pour ramener la paix dans la région. Le 2 juillet, la Colombie refait parler d’elle à l’occasion de la libération de la Franco-colombienne Ingrid Bétancourt et de 14 autres otages des mains des FARC.


CHINE.
Une année en or ?


Le géant asiatique a profité de l'organisation des Jeux Olympiques pour montrer au monde son boom économique et sa puissance. Pourtant, l’ambiance n’a pas toujours eu la sérénité d'une trêve olympique. Dès la répression, en mars, d’émeutes à Lhassa, des ONG du monde entier ont appelé à boycotter les JO pour protester contre l'occupation du Tibet et les violations des droits humains en Chine. Puis le trajet de la flamme olympique est perturbé par des activistes. Mais dès la somptueuse cérémonie d'ouverture, le 8 août, la magie opère et les griefs contre la Chine sont mis entre parenthèses. La nouvelle puissance mondiale en profite pour rafler le plus grand nombre de médailles d'or.


MAURITANIE.
Grosse déception


Le coup d'Etat du 6 août a marqué l’échec d'un système démocratique qui avait suscité bien des espoirs pour la Mauritanie. Quinze mois après sa prise de fonctions, le président Sidi Abdellahi, isolé politiquement, est renversé “pacifiquement” par le général Mohamed Abdelaziz, le chef de sa garde rapprochée. La veille, le président avait limogé Abdelaziz et trois autres gradés, devenus trop puissants. Le pays se retrouve scindé en deux : les anti-putschistes réclament le rétablissement du président déchu avant toute négociation, les sympathisants de Abdelaziz déclarent que tout est négociable, sauf le retour de Abdellahi. Sous la pression de la communauté internationale, la junte militaire a libéré l’ex-président fin décembre et annoncé des “discussions de réconciliation nationale”.


INDE.
Attentats en série


Le terrorisme islamiste a violemment frappé l'Inde en 2008. Cinq séries d'attentats ont tué près de 400 personnes et fait un millier de blessés. Cette radicalisation djihadiste “autochtone” a ses racines dans les assassinats de musulmans par des extrémistes hindous en 2002. Mais les dernières attaques, du 26 au 29 novembre à Bombay, ont choqué par leur ampleur (164 morts), leur préparation militaire minutieuse et le choix de leurs cibles, des symboles de l’Occident. Les méthodes et l’idéologie font soupçonner des connexions avec des groupes internationaux. Le gouvernement indien a d'ailleurs clairement accusé le Pakistan d'être lié aux attentats.a


RUSSIE.
La griffe de l’ours


Le 2 mars 2008, le parti de Vladimir Poutine gagne les élections présidentielles sans surprise. Poutine, ne pouvant cumuler plus de deux mandats, devient Premier ministre, et Dimitri Medvedev est élu président. Le 7 août, après plusieurs jours d’accrochages frontaliers entre l’armée géorgienne et des séparatistes d’Ossétie du Sud, étendus à l’Abkhazie, la Géorgie lance un assaut pour reprendre le contrôle de ses provinces. La Russie répond aux appels aux secours des Ossètes par de violentes ripostes. Après une prise de contrôle rapide des régions séparatistes par les Russes, un cessez-le-feu est signé le 16 août. Le 26 août, la Russie reconnaît l’indépendance unilatérale des deux régions. L’Union Européenne proteste un temps, avant d’accepter un compromis : la Russie se retire de la Géorgie, à l’exception des zones contestées.


ZIMBABWE.
De crise en crise


Les élections du 29 mars ont plongé le Zimbabwe dans une grave crise politique. La réélection controversée du président Robert Mugabe a été un feuilleton électoral de 3 mois. Morgan Tsvangirai, leader de l'opposition, accuse les autorités de truquer les élections, mais se retire avant le second tour pour faire cesser la répression contre l'opposition. Mugabe est réélu fin juin avec un résultat peu crédible (85% des voix) et après des négociations, un traité de partage des pouvoirs entre Mugabe et Tsvangirai, nommé Premier ministre, est signé mi-septembre. Mais cette union gouvernementale est fragile et le contexte social dramatique. Selon l'ONU, la moitié des Zimbabwéens a besoin d'assistance alimentaire, et une épidémie de choléra a tué plus d’un millier de personnes.


SOMALIE.
A l’abordage !


Les attaques de pirates se sont multipliées cette année dans l’Océan Indien et dans le Golfe d’Aden, au large de la Somalie. Le Bureau maritime international en a compté plus de 108, deux fois plus qu’en 2007. Le tableau de chasse compte 42 navires capturés, 200 personnes enlevées et 120 millions de dollars en rançons. Face à l’instabilité de cette route maritime majeure, le nombre de navires de guerre dans le Golfe d’Aden n'a cessé d'augmenter. Américains et Russes en ont profité pour renforcer leur présence. La Chine, elle aussi très touchée par le piratage, a décidé pour la première fois d’envoyer deux destroyers à partir du 26 décembre. La Police européenne de sécurité et de défense a lancé le 8 décembre Atalante, sa première opération navale, tandis que le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté, le 16 décembre, une résolution permettant aux forces engagées dans la lutte contre les pirates de les poursuivre sur le territoire somalien.



Crise. 2009 sera pire

En 2008, les Américains et les Européens ont découvert la signification du mot subprimes, à l’origine de la crise financière qui a connu son point d’orgue mi-septembre, lorsque les places boursières internationales ont chuté de manière drastique. Puis de financière, la crise s’est muée en économique. Cessations de paiement, faillites, licenciements en masse… la crise, commencée aux Etats-Unis, s’est propagée au reste du monde. Le gouvernement des Etats-Unis a mis en place le plan Paulson de sauvetage. D’autres États ont partiellement nationalisé des institutions bancaires en faillite ou proches de l'être. La France, durement touchée, a créé un ministère de la crise. Et les observateurs estiment qu’en 2009, la situation va s’exacerber.

 
 
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