N° 355
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

ENERGIE. Le royaume du carbone
INFLATION. Les prix nouveaux sont arrivés
AGRICULTURE. Etat de non droit fiscal
L'ACTU ÉCONOMIE



Par Zoé Deback

Inflation. Les prix nouveaux sont arrivés

(TNIOUNI)

2009 a commencé sous le signe de la cherté de la vie. Après la hausse des tarifs du lait, des tickets de bus et des péages autoroutiers, tous les yeux sont tournés vers le prix du gasoil.


C’est la tradition : nouvelle année, nouveaux tickets de caisse... à commencer par le berlingot d’un demi-litre de lait pasteurisé, qui vient de passer de 3,20 à 3,30 DH. La Centrale Laitière a donné la même explication qu’en janvier 2008, où il était passé de 3 à 3,20 DH. “Ce n’est pas une hausse à proprement parler, mais une correction
technique du prix, due à des augmentations des coûts de l’énergie et de l’emballage, pas systématiquement répercutées depuis deux ans”, nous a déclaré la responsable de communication, Hanaa Foulani. Pourtant, nul doute que pour l’acheteur, il s’agit bien d’une hausse à proprement parler. Il en va de même pour les nouveaux tarifs autoroutiers, qui augmentent de 2,9% en moyenne, d’après Autoroutes du Maroc. Et ce en résultat de l’augmentation de la TVA sur les péages, passée de 7 à 10% dans le cadre de la Loi de Finances 2009. Du côté du transport urbain, la compagnie casablancaise M’dina Bus a surpris ses usagers en augmentant tous les tickets de 50 centimes.

Inquiétude sur le gasoil
“Toutes ces hausses sont passées comme une lettre à la poste, commente Souad Guennoun, membre de ATTAC. Il n’y a pas eu de manifestation populaire, parce que l’opinion publique était focalisée sur les événements de Gaza”. Pas découragés, les acteurs associatifs continuent à réclamer non seulement un contrôle, mais même une baisse des prix des aliments. “Le pouvoir d’achat avait baissé au premier trimestre 2008, avec la flambée du cours du pétrole. Mais les cours de l’énergie et des matières premières ont nettement baissé depuis, sans que cela se répercute sur les prix des aliments”, rappelle Mohammed Najib Boulif, économiste et membre du PJD. “On prévoit à présent un baril de pétrole stable autour de 40 dollars, mais l’Etat n’en a pas tenu compte dans le prix des carburants”, explique un autre économiste, Mehdi Lahlou.

Et s’il y a un sujet sensible en ce début d’année, c’est bien les carburants. La plus grande confusion règne encore sur le prix du nouveau gasoil « écologique”, le fameux 50 ppm. Ce carburant, bien livré aux stations, a remplacé le 350 ppm, tout en affichant le même prix (10,13 DH). Mais les pompistes ont peu d’informations sur l’approvisionnement en gasoil normal pour les semaines à venir. “Le gouvernement n’a pas tenu ses promesses d’un 50 ppm à environ 8,50 DH dès janvier”, se plaint Abdelilah Hifdi, le président de la Fédération nationale du transport routier. “Le secteur des transports, déjà sinistré, n’est pas prêt à payer un centime de plus que le prix actuel du gasoil normal (7,20 DH). Le 6 janvier, nous avons interpellé plusieurs ministères par écrit et, si le gouvernement n’est pas plus réactif, je prévois de graves perturbations sociales”.

Le ministre des Affaires économiques et générales, joint au téléphone, balaie ces inquiétudes qui, selon lui, viennent d’un problème de communication. “Il n’y aura aucune augmentation. Le gasoil normal sera disponible pendant toute la période transitoire. Et au mois d’avril, il sera retiré en même temps qu’entrera en vigueur une nouvelle structure de prix, qui devrait se traduire par un impact positif pour les citoyens”, nous a déclaré Nizar Baraka. Et ce n’est pas tout, le ministre promet que “l’inflation sera beaucoup plus faible en 2009 qu’en 2008 [3,9%], car nous avons les moyens de compenser”. C’est (encore) la tradition : nouvelle année, nouvelles résolutions…

 
 
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