Tragique cul-de-sac
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Ahmed R. Benchemsi
(SEBASTIEN MICKE/PARIS MATCH)
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Avec le jusquau- boutisme guerrier du Hamas, les Palestiniens se disent : Perdus pour perdus, restaurons au moins notre honneur.
Jai toujours estimé lattitude du Hamas insensée, voire suicidaire. On ne dit pas nous naccepterons jamais de reconnaître lexistence dIsraël à un Etat qui non seulement occupe et contrôle votre territoire, mais qui est en plus dune supériorité militaire et diplomatique écrasante. Et on ne lance pas des roquettes qui font plus figure de
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pétards quautre chose, sur le sol dun ennemi qui dispose de 200 ogives nucléaires. Simple question de bon sens, et dappréciation des rapports de forces. Partant dune position dinfériorité aussi flagrante, quavait à gagner le Hamas en lançant, le 19 décembre, des roquettes contre le sud dIsraël à part une rétorsion que lennemi avait demblée promis massive ? Mobiliser la rue arabe ? Très bien, cest fait. Une fois de plus. Et après ? Les arabes sont ulcérés par le sort tragique des Palestiniens depuis plus dun demi-siècle. Cela na pas empêché leur situation de se dégrader avec constance
Tout cela étant dit, aussi lucide soit-on sur le Hamas et son aveuglement, aussi motivé que lon puisse être par le désir de comprendre les deux points de vue et de donner une chance à la paix
rien, absolument rien, ne peut justifier leffroyable massacre quIsraël est en train de commettre à Gaza. Plus de 700 morts et des milliers de blessés et mutilés, contre 7 morts en tout et pour tout côté israélien ! En deux semaines à peine !! En noyant sous des milliers de tonnes de bombes des villages, des écoles, des hôpitaux, des mosquées, et même des convois mortuaires (!), Israël a démontré toute létendue de sa barbarie.
Le parallèle entre les Nazis et les Sionistes, commun dans certains milieux, ma toujours mis mal à laise. Mais depuis le déclenchement de la dernière offensive contre Gaza, javoue, en tout honnêteté, être troublé
Comme la écrit le géopolitologue français Pascal Boniface, Israël donne le sentiment de vouloir écraser une noix avec un marteau pilon. Cest impardonnable. Même la guerre a des lois. Le plus dramatique dans cette guerre, cest quelle est, dévidence, perdue davance par les Palestiniens. Les tirs de roquette du Hamas nont, ne peuvent avoir aucun effet dissuasif sur Israël. Certes, ils font quelques dégâts, mais ces dégâts sont ridicules par rapport à ceux que peut infliger le camp ennemi.
Tel Aviv espère que sous le feu et la fureur, le peuple de Gaza va se retourner contre le vrai responsable de son malheur : le Hamas, qui provoque un ennemi trop fort pour lui, et dont lentêtement idéologique a pour effet de prendre les populations civiles en otage. Cest oublier un peu vite que les provocations du Hamas ne sont que la réponse à une politique israélienne de blocus qui a fait des milliers de victimes depuis des années, privant les Gazaouis de tous les biens de base, vivres, médicaments et conditions minimales de dignité humaine. Cest le blocus israélien (et la passivité complice de la communauté internationale, pays arabes en tête) qui est le véritable preneur dotages du peuple palestinien. En se déclarant toujours prêt à négocier, le Fatah de Mahmoud Abbas avait une attitude diplomatiquement plus intelligente en tout cas, moins risquée pour la sécurité de son peuple.
Sauf quelle ne la fait arriver à aucun résultat tangible, parce quIsraël na rien voulu céder. Avec le Hamas et son jusquau-boutisme guerrier, les Palestiniens se disent : Perdus pour perdus, restaurons au moins notre honneur. Barack Obama ne sest pas encore exprimé sur la tragédie que vit Gaza. Il attend dêtre officiellement désigné président des Etats-Unis, le 20 janvier, pour dire son mot. Le monde entier est suspendu à ses lèvres, priant pour que le changement et lespoir, ses deux thèmes majeurs de campagne, ne se fracassent pas demblée sur les mêmes calculs que dhabitude
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