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Par Meryem Saadi
Art urbain. Eye of the taggeur
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Mohamed, 23 ans, doit son
surnom à une cicatrice à
lil gauche. (HASSAN OUAZZANI)
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Dès lâge de 13 ans, Aouina a troqué ses stylos décolier pour des bombes de peinture. Retour sur le parcours dun artiste qui na pas fini de faire parler de lui.
Les murs des cages descaliers de limposant bâtiment du Technopark de Casablanca sont depuis quelques semaines recouverts de tags et de graffitis, plus originaux et colorés les uns que les autres. Certains employés en costume-cravate sarrêtent quelques secondes pour admirer Goldorak ou un motif tribal. Certains de nos couloirs |
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ressemblaient à ceux dun hôpital. Les tags les ont rendus plus agréables, et leur ont donné une véritable dimension artistique, affirme Omar Balafrej, directeur général du Technopark. Lauteur de ces fresques new age ? Si Mohamed, un jeune Casablancais de 23 ans, à qui il na fallu que 8 jours pour tagger les escaliers des quatre étages de limmeuble high-tech. Plus connu dans la sphère artistique marocaine sous le nom de Aouina, il doit son surnom à une cicatrice quil a à lil gauche depuis un accident survenu pendant son enfance. Cest mon signe distinctif depuis très longtemps. Jutilise dailleurs le motif de lil comme signature de mes uvres, explique lintéressé, qui est également bénévole au sein de lassociation lEAC-lBoulevard depuis quelques mois.
Des cahiers aux murs
Je dessine depuis que je suis tout petit. Parfois à lécole, je rendais des dessins à mes professeurs à la place des réponses aux examens, se rappelle Aouina. À lépoque, il est également fan de breakdance et partage son temps entre la danse et le dessin. Très vite, ses deux passions prennent le dessus sur tout le reste et le jeune homme quitte les bancs de lécole avant la fin du cycle primaire. Les études nétaient pas vraiment faites pour moi, javais besoin de quelque chose de plus artistique.
Mes parents étaient déçus, mais quand même rassurés de voir que je me débrouillais plutôt bien dans mon domaine, affirme-t-il. A ce moment, Aouina découvre le graffiti sur Internet et regarde régulièrement des vidéos sur Youtube de taggeurs du monde entier. Mais lartiste nose pas encore investir lespace public et ses dessins restent donc sagement dans ses carnets. Il commence néanmoins à acheter des markers et des pinceaux, et se lance dans de très petits essais sur quelques murs pas très loin de chez lui. Il mixe plusieurs styles de tags et intègre même des graffitis en arabe dans ses uvres. Il donne un nom à son style particulier, baptisé le Khouchlaâ.
Le tournant dans son parcours de taggeur sera la rencontre décisive en 2008 avec des artistes de la nouvelle scène marocaine, qui gravitent autour du festival lBoulevard. Des personnes telles que Amine Bendriouich mont vraiment encouragé à ne pas laisser tomber le tag, et à mimpliquer encore plus, confie lartiste. Mi-novembre, le styliste la invité à participer à la présentation de sa nouvelle collection, dans les sous-sols du Technopark. Il décide alors de réaliser des tags en live, devant les invités présents. Au début javais le trac, mais, en fin de compte, tout sest bien passé, et beaucoup de personnes sont venues me féliciter, raconte Aouina avec un sourire au coin des lèvres. Prochain objectif ? Participer au maximum dévénements culturels, pour se faire un nom dans le monde des arts urbains. Et faire du Khouchlaâ un style de tag 100% marocain, qui pourra le faire connaître au-delà des frontières. Bonne chance à lui !
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