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Par Amal Baba Ali
Politique. Istiqlal show
4500 militants du parti de la balance se sont réunis pour un 15ème congrès placé sous le signe de lentente. Une véritable congress party. TelQuel, comme de rigueur, jette son grain de sel
Sourires, accolades, petits fours, photos souvenirs et consensus... cest ce quon retiendra du 15ème congrès de lIstiqlal, tenu les 9, 10 et 11 janvier à Rabat. La chaleur des retrouvailles a dissipé le froid sibérien qui soufflait sur la capitale, et les invités de marque, venus de tout |
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léchiquier politique, étaient nombreux à répondre à lappel des Istiqlaliens. Entre autres guest stars, Ismaïl Alaoui, patron du PPS, Mohand Laenser, leader de la Haraka ou encore Mahjoub Benseddik, léternel n°1 de lUMT (Union marocaine du travail), avec qui Abbas El Fassi tenait à être photographié. Même le très people Mehdi Qotbi sest, pour loccasion, découvert des affinités avec lIstiqlal. Quant au zaïm, comme de juste, il était tout à sa fête. Souriant et distribuant les embrassades à ses invités, Si Abbas avait tout du jeune marié, sauf que cest en troisièmes noces quil convolait. Mais trêve de persiflage. Après tout, la mariée était consentante.
Une victoire à la Abbas
Dans la petite salle où le mini-gouvernement istiqlalien se réunit avant le démarrage des travaux, on saffaire à distribuer à tours de bras le keffieh palestinien. Question consensus, quoi de mieux en effet que la question palestinienne pour resserrer les rangs. LIstiqlal est dabord une culture de solidarité et dunité. Nous arrivons toujours à régler nos querelles pour faire bonne mine devant les autres, explique un militant istiqlalien. Et il na pas tort. En trois jours de congrès, aucune hache de guerre ne sera déterrée. Même les opposants de toujours à Abbas El Fassi nont pas fait parler la poudre.
La plupart ont préféré faire profil bas. Larbi Messari, par exemple, chef de file de laile contestataire du parti et démissionnaire du comité exécutif, a bel et bien été de la partie pour le troisième triomphe dEl Fassi. La brebis égarée aurait-elle retrouvé le droit chemin ? Que nenni : Le comité exécutif a refusé ma démission. En tant que membre de la plus haute instance du parti, jétais tenu dassister au congrès. Mais je ne suis candidat à rien du tout et je reste opposé à certaines pratiques au sein du parti, nous a confié Messari. En bon Istiqlalien, il nira pas plus loin et se contentera de quitter plus tôt que de raison la cérémonie du sacre de Abbas El Fassi.
Quant à Abderrahim Aouad, lautre Don Quichotte du parti, il sest muré dans le silence, refusant tout commentaire. Conforté dans son poste et porté aux nues par les siens, Abbas El Fassi est sorti revigoré (lui quon dit malade) de cette exhibition politique de muscles. Lastuce pour reconduire le zaïm (selon les statuts du parti il navait droit quà deux mandats) est sortie du chapeau magique de la commission de préparation du congrès. Lamendement apporté aux statuts est une trouvaille du comité exécutif, approuvée par la commission nationale, précise un militant. Les observateurs extérieurs, dans leur grande majorité, ne semblent pas choqués outre mesure. Le politologue Youssef Belal, par exemple, estime que cest une situation dexception, car Abbas El Fassi est en exercice. Le risque aurait été davoir un secrétaire général qui perturbe la majorité et entrave laction du gouvernement. Et de nuancer?: Il serait sans doute préférable que lIstiqlal fasse émerger une personnalité capable de prendre les rênes du parti tout en défendant les orientations du gouvernement.
La relève
A lIstiqlal, les noms ne manquent pas. Taoufik Hejira est pour linstant favori. Désormais surnommé Haj par ses camarades (il a présidé la délégation officielle qui sest rendue à la Mecque), il est aussi très apprécié en haut lieu pour ses réalisations au sein du ministère de lHabitat. Les autres étoiles montantes de lIstiqlal semblent plus en retrait, notamment Adil Douiri qui, pendant le congrès, sest réfugié à la quatrième rangée, bien loin des projecteurs. La seule voix dissonante aura finalement été celle de Mhamed Khalifa, un des cadors du parti, mais elle a fait leffet dun pétard mouillé. Lenfant terrible de lIstiqlal avait osé annoncer quil se portait candidat contre Abbas El Fassi. Mal lui en a pris au vu des quolibets quil a essuyés. Celui qui avait brillé par son absence à louverture du congrès a sorti son joker à quelques minutes de lélection du secrétaire général.
Hué par la salle, Khalifa a pris la parole pour annoncer son retrait de la course au profit de son campagnon de 50 ans de militantisme, conscient sans doute que sa candidature allait essuyer un revers sans précédent au soir dune carrière politique déjà très malmenée. Mais chez les Istiqlaliens, on ne tarde jamais à récompenser les enfants chéris qui rentrent dans le rang. Comme il lespérait, le revirement de Khalifa lui a permis de décrocher un siège au sein du comité exécutif. Il savait que cétait une bataille perdue et quil allait se griller, commente-t-on dans les coulisses du congrès.
La grande surprise du week-end reste tout de même larrivée de 12 nouveaux membres au comité exécutif. Parmi eux, trois sont âgés de moins de 40 ans. A en croire certains Istiqlaliens, ce renouvellement massif est dû à Abbas El Fassi. Le Lider maximo aurait imposé son choix au nez et à la barbe de plusieurs ténors du parti. Nest pas zaïm qui veut ! Côté chiffres, lIstiqlal ne cache donc pas sa satisfaction. Le taux de participation a atteint 96% et le vote sest déroulé de manière exemplaire, le dépouillement étant même diffusé en direct sur un écran géant accessible à tous les congressistes. LIstiqlal na pas lésiné sur les moyens, faisant même appel à une agence de com événementielle pour la troisième intronisation de Abbas El Fassi. A star is born again ! |
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Recrutement. I want you for Istiqlal
Vieux mais performant. LIstiqlal est sans doute le parti le plus attractif du moment. Beaucoup de jeunes cadres se jettent dans le bain politique en ralliant le parti : des jeunes recrues venues de la CDG, de lONA et de bien dautres prestigieuses entreprises. LAlliance regroupe 150 membres représentants la fine fleur des cadres marocains, se targue un membre fondateur du think tank istiqlalien chapeauté par Adil Douiri, ancien ministre du Tourisme. Ce groupe de réflexion est un véritable réservoir didées et de profils où puise le parti pour les postes à forte valeur ajoutée. La médiatisation des ministres new wave a fait des émules : motivés par la nouvelle génération des ministres istiqlaliens (Karim Ghellab, Yasmina Baddou, Nizar Baraka et consorts), les jeunes technocrates bon chic bon genre affluent. Très dynamique, lAlliance a fait une sortie remarquée lors des dernières discussions sur la Loi de Finances en fustigeant léventuelle cession de la RAM à un opérateur étranger. Acte considéré contraire à la doctrine et au programme du gouvernement du parti de lIstiqlal. |
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