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Par Selma Mestiri,
correspondante au Moyen-Orient
Monde arabe. Division au sommet
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Rafah, sud de la bande Gaza. (AFP)
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Alors que le bilan de la guerre de Gaza a dépassé les 1000 morts palestiniens, les gouvernements arabes se divisent sur les mesures à prendre pour faire face au conflit et au Hamas.
La troisième fois pourrait être la bonne. Après deux appels à la tenue dun sommet extraordinaire de la Ligue arabe sur la guerre à Gaza, le Qatar a réussi, à la troisième tentative, à rallier une majorité de pays arabes derrière lui. Un revers, même temporaire, pour les puissantes Egypte et Arabie Saoudite. Mais si le petit émirat du Golfe a remporté |
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une victoire symbolique, il a aussi braqué les projecteurs sur les divisions croissantes au sein du monde arabe. Officiellement, tous les Etats se disent derrière la cause palestinienne et ont condamné en chur la meurtrière offensive israélienne dans la bande de Gaza, qui a fait plus de 1000 morts palestiniens (lire également notre article p.37). En réalité, ils sont scindés en deux camps : ceux qui appuient les islamistes du Hamas, au pouvoir à Gaza depuis quils ont chassé du territoire lAutorité palestinienne de Mahmoud Abbas en juin 2007, et ceux qui soutiennent cette dernière, désormais en charge de la seule Cisjordanie.
Peur des islamistes
Bien quils sen défendent, plusieurs régimes arabes redoutent létablissement dun Etat islamiste allié de lIran chiite dans les Territoires palestiniens. Le Caire ne veut surtout pas dun Etat islamiste à sa frontière, qui plus est dirigé par le Hamas, issu des Frères musulmans, le groupe dopposition le plus important en Egypte. Face à l'opinion publique arabe, fortement mobilisée en faveur des habitants de Gaza et très en colère contre la passivité des gouvernements arabes, ces régimes se retrouvent face à un dilemme.
Comment faire pour uvrer à mettre fin à loffensive, sans paraître se mettre du côté du Hamas et le renforcer ? Le fait que des pays comme la Tunisie et lEgypte aient interdit les rassemblements en faveur de Gaza de crainte de débordements na pas arrangé leur image. Pour lopinion publique, le Hamas rejoint le Hezbollah au panthéon de ceux qui ont osé défier lEtat hébreu. L'opposition dans le monde arabe est désormais conduite par des mouvements islamistes, estime lanalyste égyptien spécialiste de ces groupes, Dhiaa Rachwane.
Lutte dinfluence
La lutte dinfluence continue donc entre le camp des pays dits modérés, c'est-à-dire alliés des Etats-Unis (menés par l'Egypte et l'Arabie Saoudite) et celui des radicaux pro-Hamas, à la tête desquels on retrouve la Syrie et le Qatar qui a bien envie de se retrouver dans la cour des grands après avoir contribué à résoudre la crise libanaise. Aussi, le Premier ministre du Qatar, Cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani, se permet-il de violemment critiquer le clan adverse, en évoquant certains pays arabes aux ordres de l'Occident. Sans aller toutefois jusquà annoncer lui-même la fermeture par son pays du bureau commercial israélien à Doha. Appelées à fermer lambassade dIsraël dans leurs capitales, ni lEgypte, ni la Jordanie nont bronché.
Humour ou provocation, un député koweïtien a proposé de déplacer le siège de la Ligue arabe au Venezuela. Explication : le président Hugo Chavez a montré quil était plus arabe que certains arabes en expulsant lambassadeur dIsraël à Caracas. Une mesure dont ne veulent pas entendre parler les pays arabes, quils soient modérés ou radicaux. |
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