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Par Hicham Bennani
Hôpital. SOS bébés
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Lhôpital , rénové il y a deux ans,
manque cruellement de moyens.
(TNIOUNI)
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En quinze jours, dix nouveaux-nés sont morts à lhôpital denfants de Rabat. Décès inévitables ou négligences de létablissement ?
Orange, bleu, vert, jaune, rouge, mauve
près de 250 chambres colorées, des salles de bain refaites, une salle de jeu à chaque étage. Dans les couloirs de lhôpital denfants de Rabat, rénové il y a deux ans, tout le personnel se félicite devant son directeur des nouvelles conditions de travail. Car après la mort de dix nourrissons durant les |
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quinze premiers jours de janvier, les responsables entendent bien vendre la vitrine new-look de lunique hôpital pédiatrique public de la région. Cette mortalité serait due à des cas de maladies dites lourdes, comme les prématurités sévères, le cancer ou les infections graves, justifient-ils. Une routine hospitalière en somme, selon la direction, sachant quenviron 800 bébés sont décédés en 2008, daprès les chiffres officiels de lhôpital.
Mais derrière ce relooking, létablissement public accuse un train de retard, nous confie un médecin, habitué des lieux. Les conditions dexercice sont absolument les mêmes quavant la rénovation, atteste lintéressé. En cause : manque de médicaments, mauvais fonctionnement du laboratoire et absence de téléphone interne. Sajoute une capacité daccueil très largement dépassée avec 94 000 consultations et 18 000 hospitalisations par an. Lhôpital accueille 24h/24 les enfants de moins de 17 ans, pour de simples maladies ou des pathologies complexes nécessitant une expertise médicale et des soins de haut niveau.
De lavis de plusieurs pédiatres, les 400 lits dont dispose lhôpital ne sont définitivement pas suffisants. Nous sommes obligés de prendre en charge tous les enfants qui atterrissent chez nous, même si leur nombre dépasse nos capacités daccueil, avoue Mohamed El Khorassani, directeur de lhôpital. Résultat, les normes de sécurité sont largement dépassées dans lhôpital. Normalement, il doit y avoir 1 infirmier pour 7 malades, ici on arrive parfois à 1 infirmier pour 50 malades !, dénonce un médecin. Lencombrement des malades fait quils sont souvent opérés par terre, nous affirme ce praticien.
Le médecin, au bout du voyage
Dans une des chambres, Fatim Zahra, 50 ans, attend son petit-fils. Atteint dune maladie chronique, il vient se faire soigner deux fois par mois, après un trajet en autocar depuis Figuig, de 20 heures à 4 heures du matin. Le mois dernier, le car a eu deux jours de retard à cause du froid, se remémore la grand-mère en dialecte berbère. Environ 1500 enfants hospitalisés chaque année viennent de régions autres que Rabat, Salé et Témara. Et fréquemment, des enfants arrivent à lhôpital dans un état rendu critique par un long voyage dans des conditions difficiles, traversant des régions froides. Les nouveaux-nés arrivent parfois très fatigués.
Même si tous les moyens sont à leur disposition, on ne peut pas empêcher leur décès, explique un pédiatre sous couvert danonymat. Lintéressé admet tout de même que parfois, lhôpital, débordé, ne peut pas délivrer les soins adéquats à lenfant.Lorsquils arrivent au bon moment, les enfants sont placés dans des couveuses. Et sil ny a plus de place dans le service concerné, on les accueille quand même avec les moyens du bord dans dautres services. Car, sur les 23 millions de dirhams de budget, lhôpital dépense près de 20 millions pour la sécurité, la restauration, leau, lélectricité, loxygène et le sang. Il reste bien peu pour le matériel médical ou les médicaments.
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