N° 357
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

INTERVIEW. “Le roi est un acteur politique comme les autres”
PARLEMENT. A quoi sert la 2ème chambre ?
HÔPITAL. SOS bébés
ENTRETIEN. “Mort à Israël” ne signifie pas “mort aux juifs”
L'ACTU MAROC



Solidarité. Les artistes et M6

Le peintre Mustapha Boujemaoui
en pleine action au Théâtre
Mohammed V de Rabat. (DR)

Deux soirées culturelles se sont déroulées mi-janvier afin de soutenir le peuple palestinien. Entre cris du cœur et collectes de fonds.


Une vente aux enchères d’œuvres d’art, offertes par des peintres marocains au profit du peuple palestinien, sera organisée d’ici fin janvier. Et si le ministère de la Culture peine à fixer la date, c’est qu’une primeur est réservée à Mohammed VI himself, bon amateur d’art. “Il a exprimé son désir d’être le premier à acheter des tableaux”, nous
rapporte un responsable au ministère de la culture sous couvert d’anonymat. “C’est une bonne chose que le roi ait pris cette décision car il achètera au moins la moitié des œuvres”, plaisante Mahi Binebine, qui met en vente un tableau à 80 000 DH. 35?peintres, dont Fouad Bellamine et Farid Belkahia, ont donné des tableaux. “La valeur déclarée de toutes les œuvres s’élève à 1,8 millions de dirhams”, nous explique Mohamed Benyaâcoub, chef de la division des arts plastiques au ministère de la Culture et initiateur de la soirée de soutien organisée à cet effet. La rencontre, mercredi 14 janvier au Théâtre Mohammed V de Rabat, a réuni tout le monde artistique. Mardi 20 janvier, une seconde soirée, organisée par la Coalition marocaine de la culture et des arts et le Syndicat national de la presse au complexe Hassan Skalli de Casablanca avait déjà permis de collecter des fonds. Une grande toile de 6 mètres sur 2 a été réalisée sur place par six peintres. Côté artistes, Nass El Ghiwane, Abdelhadi Belkhayat étaient de la partie. A noter la présence de la gloire du football Aziz Bouderbala qui a chanté une opérette. H.B.


Manifestation. Gaza à Casa

Casablanca, dimanche 18 janvier. Dès 10h30, une centaine de milliers de manifestants obstruent le boulevard Mohammed V, brandissant drapeaux et pancartes géantes à la gloire du Hamas et scandant slogans de soutien au peuple palestinien. Ces marcheurs anonymes d'Al Adl Wal Ihsane, du PJD et d'associations de gauche ont élevé la voix pour Gaza sans présence d’officiels, contrairement à la marche organisée à Rabat au début du mois. Et il faut croire que le peuple gronde plus violemment sans ses représentants. En tête de cortège, des hommes cagoulés et affublés de tenues militaires et des femmes “enfoulardées” multiplient les appels à la haine tandis que des haut-parleurs amplifiant les louanges au Hamas et à Hugo Chavez. “Tire, tire, oh Hamas, tu es le canon, nous sommes les munitions”, résonne dans l’artère casablancaise. Puis, les manifestants empêchent même les clients du KFC de sortir du fast-food avant la fin de l'après-midi, les traitant de mécréants, sionistes, terroristes. Un mélange des genres sans dégâts. Pour cette fois. A.M.


Commerce. Israël non grata

C'est dit (mais pas encore fait) le PJD veut interdire l'importation des produits made in Israël. Le parti de Abdelilah Benkirane a déposé à cette fin une proposition de loi, mardi 13 janvier. Najib Boulif, économiste de formation et député du PJD, soutient formellement qu’il existe “13 à 14 produits qui viennent d’Israël sur le marché marocain, sans parler des marques qui transitent par d’autres pays avant d’atterrir au Maroc”. Néanmoins, l’élu kénitréen ne se fait pas d’illusions. “Le gouvernement adhère à la proposition du PJD, mais qu’il n’aura pas le courage de passer à l’acte” ajoute-t-il, en référence aux déclarations de Abdellatif Maâzouz, ministre du commerce extérieur, qui a récemment nié toute présence de produits israéliens au Maroc. Mais il n'y a pas que les islamistes qui appellent au boycott. Bichr Bennani, éditeur et membre de l'association FPA, (l'Alliance pour une Palestine Libre) a lancé une pétition début janvier réclamant l’interdiction d’entrée de produits agroalimentaires et cosmétiques israéliens au Maroc. H.B.


Fait divers. Massacre à la hache

C’est un week-end sanglant qu’a vécu le douar d’Aït Baâmrane, dans la région de Ouarzazate. Dans la soirée du 17 janvier, un jeune homme de 26 ans a sauvagement assassiné à coups de hache sa mère et ses deux sœurs aînées, avant de jeter leurs dépouilles dans un puits non loin de la demeure familiale. Seuls survivants de ce drame, le père qui était en voyage, et le frère cadet, absent du domicile au moment des meurtres, et qui, arrivé en premier sur les lieux, a alerté les voisins et les autorités. Arrêté dans la foulée, le meurtrier - apparemment connu pour être un grand consommateur de psychotropes-, en mauvais termes avec sa famille qui refusait de lui donner de l’argent, n’a pas tout de suite avoué. D’après une source proche de l’enquête, il a tout d’abord essayé de faire porter le chapeau à son oncle, handicapé mental qui vivait sous leur toit, en affirmant que la jellaba ensanglantée trouvée par la police lui appartenait. M.S.


Constitution. Au nom de la rose

L’USFP s’apprête à initier le débat sur la réforme constitutionnelle, en y associant les islamistes.

C’est une question de temps, “quelques semaines”, nous dit-on, pour que l’ambitieux projet de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) voie le jour. L’idée : entamer une réforme de la Constitution. La méthode : associer toutes les composantes du champ politique, les syndicats et les acteurs de la société civile, notamment la Jamaâ de Cheikh Yassine, Al Adl Wal Ihsane. L’objectif : parvenir à dégager un consensus parmi ces forces politiques, qui rendrait possible des changements notables en matière de gouvernance. “Il est important de discuter avec toute la classe politique pour réussir à instaurer une monarchie parlementaire dans un Maroc régionalisé”, explique un membre du bureau politique de l’USFP. Ajoutant : “Bien évidemment, cela se fera sous l’égide de Sa Majesté.” Historiquement, le parti de la rose a toujours abordé ce chantier, entre happy few, autrement dit avec ses amis de la Koutla (Istiqlal et PPS). Aujourd’hui, les socialistes procèdent à une ouverture politique qui devrait donner plus de légitimité à la future Constitution. “Le PJD est l’un des plus grands partis marocains. Quant à l’association de Cheikh Yassine, elle reste très représentée et il serait illusoire de penser réussir une réforme constitutionnelle sans la participation de ces deux composantes”, argumente notre source. M.R.


Législation. Révolution routière

Allégement des amendes, permis à points et paiement des amendes par chèque... le Code de la route devrait entrer en vigueur fin 2009.

Le projet de Code de la route semble (enfin) voir le bout du tunnel. Après deux années de blocage, le projet a récolté, lundi 19 janvier, une large majorité des suffrages de la Chambre des représentants. Pourquoi tant d’adhésion ? Le ministre du Transport, Karim Ghellab, a su jouer la carte du consensus et consentir quelques sacrifices à l’opposition, notamment la suppression des peines privatives de liberté. Ainsi, l’utilisation du téléphone au volant, le non-respect de la priorité, l’excès de vitesse, la conduite en état d’ébriété, seront passibles d’amendes comprises 600 et 1800 DH. Quant aux piétons, ils écoperont eux aussi d’amendes oscillant entre 20 à 50 DH, en cas d’infraction aux règles de circulation. Mais bien que les montants des sanctions aient été revus à la baisse, une poignée de députés de l’opposition, notamment du PJD, ainsi que des syndicats des transports (qui avaient entamé une série de grèves en 2008), ont appelé à l’allégement des amendes (jugées excessives pour les petites bourses). Le nouveau Code oblige par ailleurs les agents de police à porter un badge, spécifiant nom et numéro de matricule. Fini aussi les agents de police en embuscade, les points de contrôle seront désormais annoncés par un panneau signalétique. Sauf incident de parcours, le texte de loi entrera en vigueur fin 2009, après son adoption par la Chambre des conseillers durant la session d’automne et la publication au Bulletin Officiel. Bonne route… A.B.A


Diplomatie. Belkheir, où es-tu ?

L’ambassadeur algérien n’a pas mis les pieds à Rabat depuis quatre mois. Cette absence prolongée et inhabituelle serait due à l’état de santé de Larbi Belkheir. “En octobre dernier, il a été hospitalisé à l'hôpital américain de Paris. Mais il a dû repartir dans l'urgence à Alger avant d'avoir terminé ses soins, par crainte de faire l'objet d'une plainte en France dans le cadre de l'Affaire Mécili (avocat algérien assassiné à Paris en 1987, ndlr). Depuis, il est soigné en Algérie, à l'hôpital militaire de Aïn Naadja”, a relaté, mardi 20 janvier, le site d’information Tout sur l’Algérie, réclamant par la même occasion un remplacement du diplomate à ce poste “crucial pour les relations maroco-algériennes”. Contacté par TelQuel, l’attaché de presse de l’ambassade, Borhen-Eddine Messaâdia, coupe court à toute spéculation. “Son Excellence l’ambassadeur ne sera pas remplacé, pour la bonne raison qu’il rentrera de sa convalescence à Alger dans les prochains jours. On n’attend plus que le feu vert des médecins”, nous a-t-il déclaré. Z.D.


El Nene. España mi casa

“Rien n’est encore joué. La presse a tort d'écrire que l'extradition est imminente”, s’insurge José Luis Pizarro Carreto, l’un des trois avocats du célèbre narcotrafiquant marocain détenu en Espagne. Ces mousquetaires du droit ne désarment pas malgré les recours juridiques presque tous épuisés et leur dernier refus essuyé, en début de semaine dernière. Ce recours de protection (spécificité du droit espagnol), arguant de la torture dans les prisons marocaines pour empêcher l’extradition prononcée fin novembre dernier, a été rejeté pour vice de forme. Mais les avocats ne comptent pas en rester là pour éviter à Mohamed Taïeb El Ouazzani, plus connu sous le surnom d'El Nene, d’être renvoyé au Maroc. “Mes collègues sont allés, mardi 20 janvier, à la rencontre des magistrats du Tribunal constitutionnel pour comprendre les motifs de ce vice de forme et déposer un nouveau recours”, explique José Luis Pizarro Carreto. Z.D.
 
 
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