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Par Karim Boukhari
Beau gosse
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Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info
(DR)
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| Avant de devenir un cinéaste de classe mondiale, Abbas Kiarostami a longtemps buté sur un problème propre aux sociétés traditionalistes : la censure. Subversif comme tout intellectuel normalement constitué, il a contourné lobstacle en confiant aux enfants des rôles dadulte. Kiarostami a ainsi pu exprimer, librement, les audaces de son cinéma au nez et à la barbe de lIran des ayatollahs. Transposons lexemple de Kiarostami à celui de Rachid Benzine. Lécrivain marocain (Les Nouveaux penseurs de lIslam, Albin Michel - Tarik, 2004) sapprête à publier un nouveau livre, Le Coran expliqué aux enfants (Le Seuil, sortie en mars 2009). Benzine, comme il nous la expliqué autour dun |
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dîner pas du tout arrosé, reprend la démarche de Kiarostami à son compte. Avec les enfants comme figure de style. Ce nest pas aux adultes blasés que nous sommes quil sadresse, non, cest aux enfants. Mais en leur posant des questions dadulte. Les adultes que nous ne sommes pas capables dêtre. Question de gosse : Papa, le Coran est-il écrit par Dieu ou par un homme ? Le pape ira-t-il en enfer parce quil nest pas musulman ?. Réponse de papa : Lis le bouquin de Benzine pour en savoir plus. En langage courant, cela sappelle tourner autour du pot. En plus académique, pour reprendre un concept cher à Mohamed Arkoun, dont Benzine est quelque part le disciple, cest un moyen de contourner limpasse dogmatique. Ou comment remettre à plat la lecture du livre saint, et des ouragans de passion quil déchaîne, sans se faire prendre par les tenailles de la censure. Beau gosse, donc. Quant à Benzine, qui a pris lhabitude de taquiner ses amis par des Que la subversion soit avec vous distribués comme des tracts le jour du 1er mai, on peut lui retourner le doucereux présage. Tranquillement.
Les silences du Palais
Vous avez pu constater que le roi navait aucun porte-parole. Personne pour répondre au téléphone. Renseigner. Dire oui, non, pardon, merci, au revoir. Répondre placidement : Ici, palais royal. Ou alors, plus classiquement : Euh.. Mmm.. Monsieur nest pas là. Vous savez bien. Hassan II, non plus, navait pas de porte-parole. Mais cétait Hassan II. Une autre époque, beaucoup moins rieuse que ce que peuvent imaginer les 22 000 membres criants et chantants de Sa Majesté Hassan II, roi du Maroc sur Facebook. Les Hassanistes de 20 ans de moyenne dâge ont au moins compris une chose : quand le consensus, ou simplement le silence, nest plus possible, il faut employer la manière forte. Frapper dans le tas, sans discernement si possible. Le modérateur du Fans club le dit le plus fièrement du monde : Maintenant que vous nêtes pas daccord, chuuuut, jimpose la dictature. Il y a comme ça des petits jeux de boutonneux et de militants du Net à la face enfarinée qui méritent au moins une pause café pour essayer de comprendre. Hassan II, on la dit, cétait une autre époque. Besoin simplement dun Driss Basri, un Moulay Hafid Alaoui, et autres illustres serviteurs zélés pour faire le ménage et balayer devant sa porte. Un porte-parole, pourquoi faire ? Maintenant, depuis que Hassan Aourid, lintello du Collège royal, coule des jours heureux à Meknès, la maison de Mohammed VI na plus de porte-parole. Et il faut bien quil y en ait un. Ne serait-ce que pour jouer au standardiste qui ne renseigne jamais sur rien. Mais qui déroche au moins le téléphone. Cest important parce que, comme disaient nos grand-mères et toute personne qui a mis les pieds au moins une fois à La Mecque : Aujourdhui nest pas hier. Aujourdhui, on a forcément besoin davoir quelquun au téléphone.
Swing la Bourse
La crise financière fait aussi chuter la libido. Mais cest en Angleterre, comme nous lexplique une dépêche dagence, avec un joli mélange de cynisme et de mauvais goût (Mais ce n'est pas grave parce que, étant pauvre, vous n'êtes de toute façon pas un bon coup, ou encore 11 % des couples se fritent plus depuis que l'immobilier américain s'est effondré, peut-on lire dans la dépêche). Ici-bas, désolés, on nest pas trop connectés. Comme la courbe de notre libido, la place de Casablanca continue de swinguer comme une folle alors que lorchestre a arrêté de jouer. Déconnectée et bien dans sa peau. En dehors peut-être de Maroc Telecom, reliée par un cordon ombilical à la place de Paris, les valeurs marocaines exécutent leur ballet sans écouter la musique. Il ny a pas de reprise, nous explique-t-on, mais le marasme nest pas lié à la crise. Les petits porteurs nont pas confiance et personne na sondé personne pour essayer den savoir plus. Drôle de swing. Ah si, il y a quand même un resserrement budgétaire qui sannonce à lONA, un flou qui plane sur le sort de Wana
Mais est-ce bien lié à la crise ?
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